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                  <text>39

N°

TOME

IV

(N° 5)

FÉVRIER 1931

Anthropologie
Histoire

—

des

—

Ethnologie

Institutions

—

Fhiicloevie

et

populations maoi'iss.
Littérature et Folklore.

Astronomie

—

Océanographie

—

Sciences naftMt^.âb'

.Tourisme.

A
-

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OOUVRRX

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Société ,de&gt;

Étc

(TAHITI)

v"

v

�Les articles

publiés dans le Bulletin, exceptés ceux dont l'au¬
réservé ses droits, peuvent être traduits et reproduits
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Cotisation annuelle des Membres résidents

pays français
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SOUSCRIPTION
Àïeiiiîii'c

à vie résidant en

Me.-nbre à vie résidant

France
à

M&amp;mbres.
p-

cents.
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en

40francs.
2

do 11 ars

ou

Schillings.

UNIQUE.
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dans

ses

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l'Etranger, six livres sterling

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se

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me versee une

1° Le Bulletin continuera a lui être adressé,
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20
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reçoit pas d'abon¬

11e

nements.

||B 30 L'intérêt
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somme assure à la Société un
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4" Le Membre à vie n'a plus à se préoccuper de l'envoi ou du
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Eu

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TOUS CEUX

qui, résidant hors Tahiti, désirent lecevoir

le

Bulletin.
TOUS LES jeunes Membres de la Société.
TOUS

CEUX-qui, quittant Tahiti s'y intéressent quand même.

tisies

.

..

Ï:QV|-lb

U

�DE LA

SOCIÉTÉ

D'ÉTUDES

OCÉANIENNES

(POLYNÉSIE ORIENTALE)

TOME IV
IV" 39.

-

(No5)

FEVRIER 1931.

SOMMAIBE

F AGES
Littérature et Folklore.
"

Deux

Légendes de Mangareva :
1) Migrations et découvertes polynésiennes
2) Taaki, l'homme le plus heureux du monde
( par Alexis Massainoff, traduit du russe par Mme
Marie Znkrevsky.

122

128

Histoire.
Le Baron de Ville

d'Avray, roi de Nuka-Hiva, par M.

Maurice Besson

134

Archéologie.
Recent
F.

Petroglyph Discoveries on Tahiti, by Kenneth,

138

Emory

Poésie.

Salut à toi Tahiti, par

Anneville

143

Avis.

Ouvrages et périodiques reçus

Société des

Études

. •

Océaniennes

145

�Deux

légendes de Mangareva-

Migrations

et

Découvertes. Polynésiennes.

C'est le chant delà

mer

grondante,

notre

héritage
[éternel.

Des terres

inconnues, ensoleillées, enterrées
[là des

C'est le chant du marin
sage et

eaux

au dedu désert.

joyeux Teagiagi.

I

Lorsque Mangareva fut peuplée d'hommes, telle une baie rem¬
plie de sable, l'encombrement fut grand et l'on pensa à chercher

de nouvelles terres.

A cette époque vivait
mille, le vieux Nua.

sur

l'île, entouré d'une nombreuse fa¬

Il était

aveugle de naissance, mais possédait la force miracu¬
vue secrète et souvent, les
paupières aveugles fixées
l'océan baigné de
lumière, il disait aux enfants qui l'écou-

leuse d'une
sur

taient attentivement.

Je vois sur les ondes, derrière l'horizon lointain, se lever des
inconnues, telles des écuelles renversées. Elles restent là, à
droite, à gauche et attendent l'arrivée de l'homme. Mettez à la
voile sur un bateau, et ce monde
vierge s'ouvrira à vos yeux, à.
la condition que vous
soyez guidés par votre frère cadet Teagiagi.
Nous laisser guider par
Teagiagi! s'écrièrent en riant ses frères
aînés.
Mais il s'amuse encore comme un
enfant, taille des idoles
et des canots de l'écorce des
arbres et se baigne avec les
petits.
Non, c'est l'aîné qui sera notre capitaine.
Ayant ainsi décidé, les neufs fils se mirent en route, mais ils
—

îles

—

errèrent en vain
rien trouvé.
Mais la

mer

sur

l'océan formidable et revinrent

sans

avoir

continuait à chanter et appeler, la mer immense et

rivages et la terre devenait de plus en plus encombrée. Alors,
réparant le bateau brisé par les orages, ils reprirent la mer
guidés
cette fois par
Teagiagi.
sans

Et

comme

si le chemin lui eût été

Société des

Études

connu

dès la naissance des

Océaniennes

�—

123

—

temps, Teaagiagi, oh jeunesse bienheureuse!, mit son gouver¬
nail droit sur le soleil du levant, et après plusieurs lunes une

apparut sur les ondes, pareille
Les oiseaux de mer jetaient des

à une écuelle renversée.
cris stridents. Des pieuvres
énormes nageaient dans l'eau, étincelante de soleil.
Dépassant les monstres, le bateau aborda à une terre belle et
mystérieuse. Des centaines d'idoles en pierre, formidables com¬
me des rochers élevaient sur les talus leurs corps recouverts d'an¬
cienne mousse et paraissaient être les seules à peupler l'île mys¬
térieuse. Néanmoins, à peine le jour tombé, des hommes nus,
solidement bâtis, aux longues oreilles assaillirent les frères, mais
périrent tous jusqu'au dernier après un court combat.
terre

Les frères brûlèrent les vaincus et l'aîné s'établit avec sa fem¬
me sur

découvert dans le monde, Rapanui,
signe de pierre inconnu, situé à la limite

l'île. C'est ainsi que fut

l'île trilatérale

comme un

des choses.

navigateurs continuèrent leur route, attrapant des pois¬
leurs hameçons de nacre et buvant de l'eau amère jus¬
qu'à ce qu'ils aperçurent une terre nouvelle.
Havaiki, la terre de nos hautains ancêtres, le berceau des géné¬
Les

sons sur

rations à venir.
Tu

fumais, enveloppée d'un brouillard, voile des aubes rayon¬

nantes.

long repos mérité. L'aîné des huit
prit possession d'Havaiki, tandis que les autres se dirigèrent vers
Là ils s'arrêtèrent pour un

le sud.

s'éclipsaient, d'autres naissaient. Dans une
les flots s'étalaient sur la nef, cachant
la moitié du ciel ; les longues nuits se penchaient, silencieuses,
sur les eaux noires et le voyage parut décevant aux navigateurs.
Soudain, tel l'œil d'une jeune sauvage amoureuse, attendant
son fiancé, une haute montagne, couverte de blanc s'épanouit
dans le ciel resplendissant et la terre Angauru, que nous appelons
aussi la terre des Maoris (la Nouvelle-Zélande), accueillit les ma¬
rins dans sa fraîcheur humide, pénétrée de rosée. Des cascades
de vapeur chaude tantôt s'élevaient des lézardes fumantes, tan¬
tôt disparaissaient sous la terre telles de blanches apparitions
souterraines. Un sourd ronflement grondait sous les pieds, mais
l'herbe était verte et les vallées riantes. Les frères se vêtirent de
chaudes plumes d'oiseau, se réchauffèrent sur la terre imprégnée
Les vieilles étoiles

écume froide et lancinante

Société des

Études

Océaniennes

�de vapeur,
bétail.

et l'aîné d'entre eux y resta avec sa femme et son

Vers la chaleur, vers la douceur

paisible le capitaine dirigea
navire, et c'est dans l'Archipel de Cook vers l'île Atia qu'a¬

son

bordèrent les marins, l'aîné de

ceux qui restaient s'y établit. Les
cinq autres continuèrent leur chemin ; en route, un jeune per¬
roquet s'établit sur les agrès et conduisit les voyageurs dans la
joyeuse terre Rarotonga.
Comme une jeune fille, entrant dans la mer pour s'y baigner,

elle offrait

en

riant

fois l'aîné d'entre

ses

vertes tresses

aux

vents, et encore une

fît de

Rarotonga son héritage à'jamais.
La nouvelle lune naquit en ce jour et lorsqu'elle eut atteint son
quart les marins aperçurent les beaux contours bleus de caps
rayonnants. Ils paraissaient plonger dans l'eau, comme des bêtes
de montagne qui boivent avidement 1,'océan, mais charmés par
la mélodie des eaux, ne peuvent étancher leur soif.
eux

C'était la Tahiti d'or; couronnée d'un cercle de nuages, entou¬
récifs, et l'aîné des quatre marins,

rée de l'écume blanche des

heureux, y resta avec sa femme et son bétail.
Maintenant, retournons sur nos pas!, décida Teagiagi et tour¬
nant vers l'ouest, il trouva l'île Tonga-Tapu et l'île Vavao, fit dé¬
barquer ses derniers deux frères et se mit à chercher tout seul
tout

lui-mêm:.
légers ouragans tournoyaient dans les cieux, la nef de Tea¬
giagi tournoyait sur les ondes salées, la pluie battait, l'orage
grondait,
N'ayant rien trouvé pour lui-même, brisé et morne, Teagiagi
revint à l'île Mangareva.
Mon père, dit-il a Nua; ta vue ne t'indique-t-elle pas une belle
terre, que j'aurais pu posséder, moi aussi?.
Si, lui répondit Nua. Bien des terres sont encore ensevelies
dans les gouffres bleus, va à leur découverte, ô héros!.
Et Teagiagi garda le silence, cloué sur place, paraissant prêter
l'oreille au bruit d'un orage lointain, enfin il murmura:
Crois-tu que les vagues et les vents n'aient pas assez fouetté
mon corps
et que ma peau ne soit pas assez brûlée par le soleil
ardent comme le varech sur le sable? Dans le temps, tu t'en rap¬
pelles, mon père? j'aimais la danse, Maintenant les folles danses
d'un océan furieux ont chassé ce goût de mon cœur. Dans le
temps, tu t'en rappelles, mon père? j'aimais les chants. Mainte¬
nant seul l'orage gronde dans mes oreilles remplies d'eau salée
une

terre pour

De

—

Société des

Études

Océaniennes

�ma voix elle-même est rauque, comme le hurlement des
trombes, comme les soupirs implorants des vents de Tokarau.
Non, je suis las des voyages mon père!.
Et il s'établit sur l'île Taravai, appartenant à sa sœur chérie.

et

Iï

Ayant entendu

parler des exploits de Teagiagi, l'un

des chefs

Poatuto apprêta une grande nef et apprenant que
les marins avaient pris d'abord le chemin du soleil levant, il ex¬
pédia son formidable fils à la recherche de l'île Rapanui.
Le fils de Poatuto trouva Rapanui et vit des statues sans nombre
de dieux inconnus ornant les talus II permit à une ruse méchante
et hardie de s'introduire dans son cœur.
Découvrant le fils aîné de Nua. qui vivait là depuis longtemps
et travaillait la terre dans un dur labeur, le nouvel arrivé lui de¬
manda orgueilleusement :
Comment as-tu osé t'emparer de mon île sans demander

de Mangareva

—

mon

avis?.

établi sur cette île, répondit le
l'arbre de Kauveriki? Je
lorsqu'il n'était qu'un bourgeon, et
maintenant il nous recouvre d'une ombre légère.
Menteur! s'écria le fils de Poatuto. — As-tu vu les centaines
d'idoles qui embellissent mon île? La première fois que j'y suis
venu j'ai apporté une petite idole et l'ai plantée dans la terre. Re¬

Il y a deux ans que je suis
fils de Nua avec indignation. — Vois-tu
l'ai apporté de Mangareva
—

—

garde maintenant, ce que sa race a donné!.
J'ai entendu bien des oiseaux crier en vain en tournoyan
sur les ondes, mais jamais encore il ne m'est arrivé d'écouter un
babil pareil, répondit le fils de Nua l'aveugle. —Allons
aux idoles elles-mêmes de nous dire la vérité.
Et les deux hommes sortirent sur le talus, où se dressait un
—

demander

un

nombre infini de statues
Le voilà! fanfaronna le

—

géants sur le dos.

—

de pierre silencieuses.
fils de Poatuto, frappant

Il est le premier de

l'un des

l'espèce. Je l'ai planté

il y a de cela quelques années!.
Et un miracle sinistre eut lieu.
Avec un éclair étrange dans les yeux, l'idole
formidable et frappa la tête du vantard;

dans la terre

petit, se transforma en un
jetant de petits cris stridents, il s'enfuit loin

dain lout

En

leva une main

celui-ci, devenant sou¬
nain à peine visible.

Société des

Études

Océaniennes

des géants, com-

�—

M6

me un
coq battu, pour rejoindre
cordes, il démarra aussitôt.

—

sa

nef où dissimulé

sous

les

IIS

Pendant ce temps, à
Mangareva, dans le royaume de Poatuto,
vivait le géant Marea Tararoa.
11 vivait tout au sommet de la
montagne et depuis des temps
immémoriaux suppliait son maître de lui accorder de la terre
si¬
tuée plus bas, car parmi les rochers il ne trouvait
pas

de place.

Comment puis-je t'accorde/
de la terre au pied du rocher,
vu que ton
poids est démesuré? Si tu t'établis ici, en marchant tu
feras crouler toutes les chaumières et tout le
long du rivage tu
creuseras des trous profonds avec tes
—

pieds, répondit

l'avide Poatuto
Une grande colère

au

géant

s'empara du géant, et abandonnant Poatuto
la mer à la recherche du bonheur; après avoir erré
longtemps, il aperçut l'île Angauru et s'y établit avec le troisième
fils de Nua l'aveugle, arrivé avant lui Ils vécurent
ensemble dans
il

partit

sur

l'amitié et la paix.
Après le départ du géant, Poatuto, délaissé

fut vaincu par ses

ennemis, et contraint à fuir honteusement lui-même ;
en chemin
il rencontra la nef
rapide de son fils sur le chemin de retour.
Maintenant c'est lui qui me protégera! s'écria Poatuto avec
joie, s'adressant à ses serviteurs.
Sa main est puissante et son
esprit prompt. Sois le bienvenu, mon fils! Tu te
portes bien?
Que j'ai besoin de ta force redoutable!.
Lorsque les navires se croisèrent Poatuto, ébahi, vit le piteux
aspect de l'infortuné nain, il ne put d'abord prononcer une
pa¬
role, puis il hurla comme en délire.
—

—

—

Tournez le gouvernail! Nous allons à

Rapanui!

IV
Ils abordèrent dans la nuit. Deux feux
brûlaient à la porte de
la maison du fils du vieux Nua.

Un chien

aboyait et des cris d'enfant retentissaient

curité.

dans l'obs¬

Les insulaires accueillaient dans la nuit leur
premier-né.
Poatuto ne viola pas leur paix bienheureuse.
Ce n'était pas à eux, mais aux
formidables idoles inconnues
qu'il avait déclaré une guerre inexorable et
s'approchant des sta¬
tues dans les
ténèbres, il cria d'une voix avide de sang ;

Société des

Études

Océaniennes

�—

mon
—

Démons!

Pourquoi

avez-vous

défiguré si impitoyablement

fils bien-aimé?
Parce

qu'il avait menti!, la voix de pierre répondit dans le

silence de la nuit.
Tous mentent, cria Poatuto, sa fureur devenant de

plus en
plus grande; — Le roi ment quand il s'empare de la terre du
pauvre, la mère ment, elle aussi, en faisant l'éloge de sa fille au
fiancé, l'enfant ment lorsqu'il a volé un fruit. Et vous aussi vous
mentez, butors, si vous avez l'intention de nous faire croire que
le monde est mû par la vérité.
Et la terre trembla sous ses pas puissants et les géants, se rap¬
prochant l'un de l'autre entourèrent Poatuto et ses hommes.
Tuez-les! hurla Poatuto en proie au délire, jetez vos lances,
transpercez-les par des nuages de flèches!
Les flèches partirent, et rebondirent sur les corps de pierre;
l'armée terrible avec un sourd frémissement se serra plus étroi¬
—

tement.

de Poatuto effrayés se précipitèrent vers le bateau,
fils nain se tenait parmi les géants, éclairés par
la pleine lune, les accablant d'injures', jusqu'à ce que la main gi¬
gantesque recouvrant les vallées d'une ombre immense, saisit
les malheureux et les jeta par-dessus l'île sur le navire balloté par
Les guerriers

lui seul

avec son

les flots.

Bientôt, des vagues
Poatuto
Ainsi

pareilles à des montagnes s'élevèrent et

avec son navire et ses guerriers.
termina la révolte de l'homme contre

périt
se

l'éternelle vérité

des dieux...
Et l'aube parut.

Impassibles comme toujours, les statues de pierre s'élevaient
les mêmes places anciennes, ainsi qu'elles le feront jusqu'à
ce que le grand Maui se lasse de tenir sur ses épaules notre terre
sur

ancienne et pesante.

Après la fuite de Poatuto, une

vie paisible régna sur l'île Man¬

ga re va.

Teagiagi seul demeurait inconsolable, il ne voulait plus vivre
sur les terres de sa sœur, il désirait une terre pour
lui-même, et, voyant sa souffrance, le vieux Nua lui dit en secret :
L'homme peut tout, Teagiagi. Marcher sur les eaux bouil¬
lonnantes et attraper les étoiles du ciel, comme celui qui se dirige
à une fête cueille les fleurs des arbres; descendre dans une nuit
éternelle et s'élever vers le ciel, où demeurent les grands esprits.

éternellement

—

Société des

Études Océaniennes

�'128

—

—

L'homme peut tout, si son esprit est droit et sa volonté ferme,
non détruite par une vie de débauche. Toi
qui as trouvé huit
terres, ne peux-tu pas en créer une petite pour toi?
Et Teagiagi sortit en pleine mer et troublant les eaux tem
pétueuse, se créa auprès de l'île Taravai un petit îlot Anka-uita,
où il demeura jusqu'à sa mort, aimé de tout le monde et libre
—

comme un

oiseau de l'Océan.

Légende recueillie
Traduite du

par

russe

Alexis MASSA1NOFF.

par

Mmu Marie ZAKREVSKY.

Taaki, l'homme le plus heureux du monde.

L'homme demandait à la mer où demeurait le
plus
des humains ; les vagues roulaient, racontant ce qu'elles
des terres étrangères et inconnues.
Mais

ce

heureux
savaient

n'était pas

L'homme

de notre terre qu'elles parlaient.
interrogeait le vent et celui-ci riait pour toute réponse,

il avait vu bien des choses, le sage vent, et il n'avait jamais
îencontré ni île, ni pays où la maladie et la mort, maîtresse de
de l'univers, n'eussent pas régné.

car

Alors l'homme

interrogea la perle, rejetée sur le sable et elle
jour elle avait étépêchée sur l'île Timoe
le beau et jeune Taaki et qu'il était considéré comme le plus

lui souffla tout bas qu'un

par
heureux des hommes vivant
Ecoute bien

sous

le soleil.

que le sort nous raconta de lui.
Taaki vivait sur l'île Mangareva. On l'appelait
l'heureux, car il
était pourvu de tous les biens de la terre.
Il était si fort et vigoureux,
que d'un coup de
il
ce

lance tuait dans
plus grand des requins.
Il était si gai, que
lorsqu'il dansait, les hommes croyaient que
ce fut la
joie elle-même qui dansait; en vérité Taaki était le meil¬
l'eau le

leur de

Mais

nos

chanteurs.

qu'il avait de plus merveilleux lui avait été donné à sa
: Taaki avait une peau dorée comme le ciel à l'heure de
l'aube, une peau douce et étineelante avait Taaki et, de plus il
ce

naissance
était

Magicien. Mais

comme toute

Société des

Études

magie est

un

Océaniennes

mystère tout le

.

�—

129

—

l'ignorait, même la bien aimée de Taaki ; la belle et étour¬

monde

die Nua.

Lorsqu'une joyeuse jeune fille aime, malheur aux oiseaux! In¬
terrompant leurs occupations, elle chante

du matin

au

soir, et

lorsque descend le crépuscule, elle comble son bien-aimé des
plus incroyables, des plus bizarres des noms, doux comme la
canne

à

sucre.

nom préféré que la bavarde Nua avait donné à son ami
était TEURERE inventé par elle-même, doux comme le roucou¬
lement des tourterelles.

Mais le

...

sa

Avant le

fiancée et il

ses

se

mariage Taaki décida de faire un beau cadeau à
dirigea vers l'île Timoe, fameuse autrefois, pour

perles.

long, le temps orageux et Taaki dut pendant
longtemps lutter avec les ondes, avant qu'il n'arrivât sur l'île.
Deux familles seulement — un étrange peuple aux visages
Le chemin était

blancs

—

habitaient cette île.

Ils écoutaient le vent et se

nourrissaient de coquillages.

Et le soir, se réunissant en rond et regardant le ciel rouge,
chantaient des chansons mélancoliques sur le pays péri dans
sur

mer,

leur royaume inondé par les eaux et sur

ils
la

leur sort

étrange et bizarre.
Ces

hommes étaient

beaux de tous étaient le

beaux comme les fleurs, mais les plus
jeune Teiurangi et la jeune Marama ap¬

pelée Clair de Lune.
Les jours où Taaki plongeait pour trouver la perle. Marama se
tenait assise sur la plage, le contemplant et lui tendant les noix
de coco remplies d'eau pour se rafraîchir.
Et lorsqu'ayant enfin trouvé une perle, grande et brillante,
comme l'étoile du matin, Taaki voulut retournera Mangareva, la

jeune fille s'approcha de lui en pleurant:
"Bien des feux étincellent dans le ciel, bien des feux tombent
en roulant du ciel à l'heure des ténèbres, Taaki, que ton étoile
t'éclaire à Mangareva, si elle ne s'est pas couchée déjà. Mais si
cela arrive, rappelle-toi que mes larmes sont plus chaudes que
le feu et plus salées que la mer dans la nuit.
Après cinq longues lunes d'absence, Taaki arriva à la verte
Mangareva et personne ne vint à sa rencontre sur la rive.
Ce ne fut qu'en entrant dans le village qu'il entendit les cris
joyeux des gens qui revenaient d'une fête. Ils étaient tous ornés
des

couronnes

du festin.

Société des

Études

Océaniennes

�—

130

—

"Tu es venu trop tard Taaki!, crièrent-ils.— Nous venons du
mariage de ta Nua, prise par le pêcheur TUKU!
Mon ami, lorsqu'une femme se met à
parler de son amour
aussi doucement que le fait un oiseau, prends une amie sourde
muette, et tu seras plus heureux en amour".
Taaki n'alla pas à la fête. Il se cacha dans la forêt
voisine, et on
ne le vit
plus. Un vieillard sortit à sa place de la forêt.
Le vieillard trébuchait, s
appuyant sur un bâton, ses yeux pleu¬

raient et il boitait

en

marchant.

Il passa

ainsi devant la nouvelle maison où Nua se tenait avec
mari, l'appelant par des noms bizarres, inventés par ellemême, doux comme la canne à sucre.
son

D'où viens-tu vieillard? demanda Nua
rité et

apitoyée

par

se

tournant

vers

l'obscu¬

l'air malheureux du vagabond, elle l'invita à

passer la nuit sous leur toit.
La remerciant, le vieillard

s'assit, silencieux, dans

un

coin.

Tout d'un coup. Nua dit à son mari :
Mon bien-aimé! la lune n'a pas encore
paru et la
bonne. J'ai follement, follement envie du
—

pêche sera
poisson Ta. N'irais-tu
pa i de suite en attraper pour ta petite Nua?
Etonné par l'étrange prière de sa femme, désirant
manger aus¬
sitôt après la fête, Tuku prit cependant une torche
et le harpon
et sortit dans la
lagune du soir.
Et il vit une quantité innombrable de
poissons, des troupeaux
de poissons, des nuées de poissons, l'eau bouillonnait sons leurs
mouvements précipités et Tuku ému comme un
pêcheur pour¬
suivant sa proie, les frappait l'un
après l'autre en riant et criait
tout

agité

:

Ici les

poissons! la belle Nua vous mangera ce soir même!
Ici, ici, poisson Ta!
Néanmoins quand il retourna à la maison avec la certitude
—

d'apporter des montagnes de
bateau était vide.

Stupéfié

par ce

et retourna au

Pendant

ce

sa

capture, Tuku s'aperçut que le

qui lui était arrivé, il alluma

une autre

temps Nua, regardant dans les ténèbres, où scin¬

tillait le feu rouge de son mari, riait doucement et
ment.

voluptueuse¬

Pourquoi ris-tu?, lui demanda le vieillard assis dans un coin.
Je ris de bonheur, souriaNua.
Et toi, pourquoi n'essuiespas tes larmes, vieillard?

—

—

—

tu

torche

lagon.

Société des Études Océaniennes

�Je pleure ma bien-nimée, qui m'a abandonné. — murmura
coulèrent de plus belle le long
ses joues ridées.
Ta bien-aimée? et Nua éclata de rire, pouvant à peine se

—

le vieillard tout bas et les larmes
de

—

tenir debout.

Oui, répondit le vieillard sévèrement ; — Elle était tout aussi
Nua, ma maîtresse : ne veux-tu pas
à la place de Tuku, ton mari?
Comment t'appelles-tu, fou que tu es? parvint à balbutier
Nua qui ne pouvait plus contenir ses éclats de rire.
Mon nom est Teurere, répondit le vieillard et il baissa les
—

belle et étourdie que toi,
venir avec moi me prenant
—

—

yeux.
Teurere?... Toi,
—

pleurnichard? Que sais-tu de Teurere?

prononça tout bas Nua avec terreur en cessant
Teurere me l'a dit lui-même. — répondit
—

A

ce

moment entra

—

de rire.
le vieillard.

Tuku, fâché et confus.

Je suis ensorcelé!, s'écria-t-il en entrant. —J'ai vu des nuées
poissons, et je n'en ai pas attrapé un seul! Cet étrange vieil¬

—

de

lard

ne

t'a-t-il rien dit?

Rien, répondit Nua en rougissant.
Le vieillard se coucha en silence.
Toute la nuit Nua pleura, amèrement.
—

Lorsque le second soir descendit comme un nuage humide sur
Tuku se rendit à nouveau à la pêche et errant sur la mer,
poursuivit des armées de poissons les plus rares, affaibli d'impa¬

la terre,

tience, il n'en attrapa pas un seul.
Nua, dis-moi, demandait pendant ce temps le vieillard, as¬
sis auprès de la maison, le cœur humain suit-il la beauté ou l'a¬
—

mour?
—

—

—

L'amour, répondit Nua.
Veux-tu me suivre, alors?
Non,

répondit Nua, mais elle ne riait plus.

Et soudain, à la place du vieillard
lui-même son triste et bel ami.
Il sortit de la maison sans

pleurnichant elle vit Taaki

dire un mot.

précipitant denière lui sur le
plage. Pourquoi as-tu voulu m'éprouver, pour¬
quoi t'es-tu transformé en vieillard? Je ne te savais pas aussi puis
—

Mon bien-aimé! criait Nua se

sable froid de la

sant.
—

Le sable n'est pas un

sans se

soutien à la pierre, répondit Taaki

tourner.

Société des

Études

Océaniennes

�Je serai forte! criait Nua

—

terre.

désespoir,

au

roulant

en se

sur

la

—

Je te jure que je serai forte, Taaki!
Si tu es forte, répliqua Taaki, suis-moi.
—

Et il marcha
Nua

sur

les vagues, comme sur le sol dur,

précipita derrière lui et les flots commencèrent à l'en¬
gloutir. puis la rejetèrent sur la rive.
Anéantie, elle retourna à la maison. Là son mari l'attendait,
examinant la proie qu'il avait apportée.
Je suis ensorcelé ! s'écria-t-il de nouveau, montrant un tas
de pièces de bois noir, qu'il
avait attrapé au lieu du poisson Ta.
Et Taaki, se
rappelant la fidèle Marama, dirigea sa voile
vers l'île Timoe, où il avait
péché les perles.
Le soir, il arriva à la côte et se
transformant de nouveau en.
un vieillard, il
s'approcha de la maison de la jeune femme.
Marama était assise avec le
jeune Teurangi et interrogeait les
se

—

vagues montantes

sur

l'avenir.

Regardant le vieillard elle sourit et murmura :
Vieillard, nous venons d'interroger les vagues sur l'avenir
et la mer m'a dit
que j'épouserais le plus bel homme de la terre.
Tu seras ma femme,
répondit sinistrement le vieillard.
Et Marama la
joyeuse éclata de rire.
Non, j'épouserai Teurangi le plus bel homme de la
terre
perdue. Mieux que lui il n'y avait que Taaki, mais il est
parti
—

—

—

bien loin et il ne m'aime
pas.
Et si j'étais Taaki, dit le vieillard
—

en se

aimé tel que je suis,
repoussant?
—

levant, m'aurais-tu

Oui, répondit Marama, fermement.

Et le vieillard redevint tel
que
dorée, comme le ciel couchant.
Et emmenant Marama il revint

Taaki, heureux,
avec

elle

avec

l'île

sur

la peau

Mangareva.

*
*

Apprenant

*

rival était de nouveau sur l'île, le mari de
plus puissant des magiciens et
ensorcelant tous les poissons Ta, ceux
qu'il n'avait pu attraper
pendant ces deux soirs mémorables, organisa une grande fête.
Celui-là sortirait vainqueur, qui
plongerait à la plus grande
profondeur.
que son

Nua, Tuku s'en alla

Et à

trouver le

peine Taaki, qui avait été aussi invité

Société des

Études

à la fête

Océaniennes

avait-il

�plongé dans les profondeurs que les poissons Ta, ensorcelés
par le magicien, l'entourèrent en nuées et lui enlevant sa peau
dorée, s'en affublèrent et se dispersèrent gaîment dans tous les
coins de l'océan.
Voilà comment les
fois dans la

poissons

rouges

parurent pour la première

mer.

ensanglanté ne voulut plus revenir sur la terre et
rejoignit volontairement sa défunte mère dans l'éternelle nuitPo.
Mère, dit Taaki, passant par les chemins déserts de la Nuit, ils
m'appelaient l'heureux, mais il n'y a pas de bonheur sur terre.
Donne-moi l'oubli, l'éternel, l'immortel oubli, donne-le-moi ma
Mais Taaki

—

mère.
Mon fils tu es peu raisonnable, lui répondit sa mère en sou¬
riant. Tout bonheur doit être mérité et ce n'est que maintenant
—

que tu en es digne.
Et donnant à Taaki

une

peau encore

plus éblouissante, elle le
le peuple s'agitait et

renvoya dans le monde sous-lunaire, où
criait sur la rive, croyant Taaki perdu.
Le voilà, le voilà ! Où étais-tu Taaki ?

criait la foule, aperce¬
qui se soulevait au-dessus des flots,
Je suis allé chercher mon bonheur répondit le jeune hom¬
me sortant de l'eau.
On dit que tout bonheur doit être mérité.
Et pour le mériter, j'ai dû faire un bon bout de chemin!
Et brillant avec sa peau éclatante et dorée, il se dirigea gaî¬
—

vant le nageur
—

—

ment vers sa maison.
*

★
*

Depuis ce jour, Nua quitta son mari.
Apprenant des poissons rouges que Taaki était allé en quête
de son bonheur dans la Nuit Eternelle, elle se dirigea elle-même
dans le royaume souterrain et rencontrant la mère de son bienaimé, se mit à se plaindre de son triste sort, et pleura amèrement.
Et tu sais, mon ami, qui pleure dans la Nuit Etemelle, ne re¬
tourne plus à la clarté du soleil.
Et jusqu'à maintenant, sous les voûtes des grottes noires et
désertes Nua l'infidèle ef la solitaire sanglote amèrêment.
Légende recueillie par ALEXIS
Traduite du

russe

par

Mme AlARIE

Société des

ZAKREVSKY.

Études

Océaniennes

MASSAINOFF.

�—

134

—

msToxmss

Le Baron de

Ville-d'Avray, Roi de Nouka-Hiva,

Sous la révolution vivait à Londres de l'existence
précaire des
émigrés un jeune homme de belle prestance : le baron Charles
de Thierry de Ville
d'Avray. Ce Français se plaisait à rappeler à

compatriotes qui pouvaient l'ignorer qu'il avait comme par¬
d'Artois, mais omettait d'ajouter qu'il ne s'appe¬
lait que Charles Thierry, et qu'il
était le neveu du fidèle valet de
chambre de Louis XVI, Le " de Ville
d'Avray " se justifiait par
l'existence d'une bicoque sise à
Ville-d'Avray, sur la route de
ses

rain le comte

Sèvres à Versailles.
Comment notre baron parvint-il à
joindre les deux bouts en
la cité londonienne de
1792 a 1815 ? Archives et précisions man¬
quent sur ce point. Ce qui est certain, c'est l'apparition,
en 1815,
dans les couloirs du congrès de
Vienne, de Charles de Thierry
de Ville d'Avray sous la
d'un des secrétaires du

physionomie
marquis de Marialva. Cette fonction, d'allure pourtant pacifique,
le conduisit à une nomination de sous-officier au
23e régiment de
dragons anglais. Le baron ne devait pas faire du reste, une longue
carrière dans l'armée britannique, car usant de son
parrainage
royal, Charles de Thierry se faisait nommer secrétaire de l'embassade de France à Londres.

Pourquoi et comment après avoir abandonné la carrière des
armes, le baron lâcha en 1819 la "carrière" tout court? Nul ne le
sait. Le fait est que Charles
Thierry était en
logie! Le

1819 étudiant

nez

de

Cléopâtre intervint-il

en

l'occurence? Il

sible de le supposer car en I821 notre
la blonde jeune fille d'un

en

théo¬

est pos¬

ex-émigré convolait avec
respectable clergyman de l'Eglise angli¬
cane. C'est vers cette
époque qu'entre deux sermons édifiants de
son
beau-père, le baron Charles Thierry de Ville d'Avray faisait

la connaissance d'un homme.de
Dieu, le missionnaire Kendall.
Ce dernier arrivait d'un
étrange pays ; la Nouvelle-Zélande, rame¬
nant avec lui deux
"grands chefs maoris"

de

répondant

aux noms

Shon-ghi et de Waïkoto.

Il est probable
que les propos échangés entre le baron et l'ho¬
norable missionnaire ne se limitèrent
point à des

gieuses. On aborda,

en

questions reli¬
effet, des problèmes touchant au tempo-

Société des

Études

Océaniennes

�à Charles de Thierry une affaire, excel¬
acheter pour la somme de 20.000 francs un vaste
Nouvelle-Zélande et situé sur les bords de la ri¬

rel et M. Kendall proposa
lente selon lui

territoire sis

:

en

vière Hokiawa.

L'affaire fut conclue et le missionnaire
les

mers

anglican, de retour dans
australes, arrondit encore ce domaine par l'achat de

40.000 acres de terres moyennant le don de trente-six haches!
Voici le baron Charles de Thierry de Ville-d'Avray possesseur
d'un domaine

ce n'est pas tout, il s'agit de monnayer
maorie et, pour cela se faire, sinon sacrer, du
moins reconnaître officiellement. Le cabinet de Saint-James,

royal. Mais

cette couronne

d'une requête en ce cens
Nouvelle-Zélande n'étant
pas terre britannique, l'affaire ne le regardait pas, Charles se re¬
tournait alors vers Paris ; dans une lettre datée d'avril 1825, le ba¬
ron proposait au gouvernement royal de lui céder "son territoire"
moyennant le titre de gouverneur et une rémunération honnête,
et son transport sur une frégate. Il faut croire que l'affaire ne fut
pas classée purement et simplement selon la formule adminis¬
en la personne de lord Bathurst
décembre 1823, répondait que, la

saisi
en

ministère de la
marine, M. delà Reinty, fit prendre des renseignements sur le
personnage et pria Dumont d'Urville de sonder le terrain au

trative. Le Directeur du bureau des colonies au

cours

de

son

voyage au

Pacifique.

Thierry, de son côté, ne cessa d'intriguer et fît agir
sa sœur, la vicomtesse de Frotte-Cardoy, qui avait quelque cré¬
dit à la cour. A force d'agir, le baron obtint l'assurance " que le
ministre de la marine reconnaîtrait Charles et entrerait en traité
avec lui dès qu'il serait en Nouvelle-Zélande", en un mot. c'était
un : " Frère, il faut partir " que la vicomtesse répétait au baron.
Mais celui-ci était empêtré dans diverses difficultés ; il avait quitté
Londres pour s'installer à Paris pour mieux agir, mais avait dû,
pour vivre, exploiter un " bazar " installé au n° 269 de la rue
Saint-Honoré. Ledit bazar était dirigé par un associé. On mit en
vente le fonds pour pouvoir fréter un bâtiment qui devait em¬
porter le "roi" dans son royaume. Hélas! l'associé qui venait de
toucher le prix delà vente du bazar disparut avec l'argent. Il fal¬
lut indemniser l'armateur de ses premiers débours et Charles de
Thierry, se souvenant qu'il avait été sous-officier de dragons, de
Charles de

s'élancer à la

poursuite de son voleur. Celui-ci était

passé en

Angleterre.
Charles y va et

l'autre, l'apprenant,

Société des

s'embarquait sans

Études Océaniennes

délai

�l'Amérique! due faire? Aucune autre solution n'était pos¬
dehors d'un effort désespéré pour atteindre
la Nouvelle-

pour
sible

en

Zélande. On allait y aller
par" petites journées", si l'on peut
dire, et c'est ainsi que nous voyons le baron
Thierry de Villed'Avray séjourner avec sa famille à Saint-Pierre delà Martinique
et assurant sa subsistance et celle des
siens en accordant les
épinettes des habitations de la colonie. Tous les

pianos de la
Martinique ayant retrouvé leur la, Thierry partit à la Guadeloupe
pour y exercer son harmonieux métier. Mélomane, notre
royal
baron donna, à la
Pointe-à-Pitre, un concert de harpe qui lui
rapporta 400 francs. C'était mieux que rien, mais c'était encore

insuffisant pour fréter le voilier nécessaire. Beau
parleur. Thicr» y
convainquait un commerçant établi à la Guadeloupe, M. Salo¬
mon, de la " valeur de l'affaire". M. Salomon,
avançait alors au
neveu du valet de chambre de
Louis XVI, 12.000 francs.
Cette commandite permit à
Thierry d'arriver à ce que les fli¬
bustiers du dix-septième siècle
appelaient la "terre ferme" et

Thierry parvenait

en Amérique du sud, dans le port de
Chagres.
Mais, une fois de plus, frappé d'impécuniosité, le baron était "en
panne". Esprit subtil, il se révélait Ingénieur et financier, mon¬

tant une société
pour perçer un
et le Rio Grande. Les fonds

canal entre la rivière de Chagres
furent versés, conformément aux
prospectus d'émission, au " senor baron de
Thierry, jefe supremo
de la "Nueva Zélanda". Et si le canal ne fut
jamais commencé,

et pour cause, le
"jefe
terres néo-zélandaises,
"

sous

supremo" put enfin s'échapper vers ses
partant de la Jamaïque, le 29 mai 1835,

pavillon de la Nouvelle-Zélande

avec

les honneurs du

sa¬

lut".

.On vit débarquera Tahiti, en octobre
1835, 'e baron, sa fem¬
et ses
cinq enfants; il arrivait des îles Marquises, où un ba¬

me

leinier américain l'avait
déposé. Thierry avait profité de son séjour
chez les Marquisiens
pour se parer du titre de " roi de NoukaHiva ".
Le roi de Nouka-Hiva resta deux ans à
Tahiti, où alors la vie
était pour rien, et dut se
complaire aux douceurs de la musique
maorie. Un capitaine d'un bateau
anglais consentit à le conduire
à Sydney. Le but
créait

une

approchait. A Sydney, Thierry de Villc-d'Avray

" Société

d'exploitation" et réunit une cinquantaine
mon service, écrit-il à sa sœur un
pro-

d'aventuriers. «J'ai pris à
«

«

fesseur destiné à servir d'instituteur à
il doit donner une éducation
classique;

Société des

Études

mes

il

enfants auxquels

sera autorisé à

Océaniennes

recc^

�—

«

voir

«

dront faire

«

—

élèves les fils des principaux habitants qui voujouir leurs enfants des mêmes avantages. Une dame

comme

mes filles et de celles des pereminentes qui m'accompagnent; elle pourra égalcment recevoir comme élèves les filles des habitants de marque

« aura
«

137

soin de l'éducation de

sonnes

qui voudront bien les lui confier. Dans ces deux collèges les
filles et les fils des chefs seront habillés gratuitement et rece« vront une bonne éducation anglaise. »
La Fortune se dérobe, hélas ! souvent et Charles de Thierry de
Ville-d'Avray en arrivant sur les terres de son royaume néozélandais apprit que l'honorable missionnaire. M. Kendall, avait
disparu, oubliant de verser aux "chefs Maoris" les 20.000 francs
remis à Londres. Aussi, menacé d'expulsion, Charles obtenait à
grand'peine d'acheter les 40.000 acres pour 200 livres sterling,
payées, il est vrai, en tabac !
Thierry lançait alors un appel à Paris; à la marine on reprend
l'affaire, le ministre, M. deRosamel, écrivait, le 18 octobre 1838,
à son collègue, M. Guizot : " Ce que mon département connaît
du caractère et de la capacité de M. de Thierry me semble de na¬
ture à inspirer beaucoup de confiance en lui". On n'est pas
prompt en diplomatie et ayant qu'une seule réponse fut donnée
à la proposition, le gouverneur Wakefield faisait annexer la Nou¬
«
«

velle-Zélande, mai 1840.
C'est alors que le baron Charles de Thierry de Ville-d'Avray,
qui végétait sur son domaine réduit de la baie de Hokiouva, mal¬
gré l'aide morale de Mgr Pompalier, évêque de Maromée, apprit
l'annexion des Marquises à la France, annexion réalisée par
l'amiral Dupetit-Thouars. C'était une fois de plus une manifes¬
tation hostile de la part de la déesse Fortune. Aussi le baron
crut-il, tout de même, utile de protester auprès de DupetitThouars. N'était-il pas " roi de Nouka-Hiva" ?
« Amiral, termine le baron, laissé sans protection en NouvelleZélande, le gouvernement anglais ne me laissera presque rien
de mes terres et, après m'être ruiné en Nouvelle-Zélande je ne
vois d'autre espoir qu'en tâchant de m'ouvrit' quelques relations
commerciales, je vous prie, Monsieur le Gouverneur dans cette
vue,

de m'accorder la

bois
établisse¬

grâce de me donner la fourniture de

de tout genre dont vous pouvez avoir besoin dans vos
ments Votre Excellence peut être assurée que, si cette grâce
m'est accordée, tous les bois seront des meilleurs et coupés d a-

près les ordres

que

je pourrai recevoir. »

Société des

Études Océaniennes

�—

138

—

Ce fut l'officier d'ordonnance del'ex-roi de
sieur

Fergus,

Nouka-Hiva,

un

officier supérieur polonais qui porta à Tahiti
la protestation du baron.
Fergus " oublia" de rentrer en Nou¬
velle-Zélande et finit ses jours comme colon
près de Papeete.
Quant à Charles de Thierry de Ville-d'Avray, les archives con¬
sultées ne nous renseignent
point sur sa mort. Il est probable
que la houle qui frange de sa blanche écume les
rouges récifs de
la baie de
Hokinga berce l'ultime rêve de cet aventurier né trop
tard pour avoir été flibustier aux Antilles ou
nabab aux Indes.
ex

Maurice BESSON.
NOTE DE LA
M. Maurice

Besson

a

RÉDACTION

bien voulu

nous autoriser à
reproduire cet
article paru dans le
Temps Colonial du 9 septembre 1930. Peut-être
se Irouvcra-t-il un de nos
lecteurs pour nous donner
quelques détails
supplémentaires sur le séjour de l'ex-roi de Nuhiva à Tahiti 011 la
tin de son officier

d'ordonnance, le sieur Fergus.

Recent

Petroglyph Discoveries

on

Tahiti

By Kenneth P. EMORY.

of

Interest in Oceanic petroglyphs, that is,
carvings on the walls
caves or on cliffs and rocks in the
open, has grown

greatly in

recent years

with the fresh discoveries on every hand and the
promise of many to come. In New Caledonia, this interest has
been guided towards a real
understanding of its carvings, by
the profound study, based on ample
material, ot Luquct, (i)and
most of his generalities are
applicable to Polynesian petroglyphs.
Such is ? his generalisation that
they should be classed as "mani¬
festations artistiques", and that, although the present natives may¬
be ignorant as to the
origin, purpose, and meaning of the petro¬
glyphs, they are never-thc-less unquestionably the work of their
ancestors.

(1) Luquct, G. H.. l'Art Nèo-Calcdonien, Travaux

et Mémoires de l'Institut

d'Ethnologie, Paris, 1926.

Société des

Études

Océaniennes

�——

There is

13 9

•—m

record several thousands of Polynesian petroknow of them from Hawaii, New Zealand, the Mar¬
quesas, Tonga, Pitcairn, Christmas Island, the Society Islands,
and Easter Island. Certain characteristics stand out boldly from
the most cursory study of this wealth of carvings. For the most
part they consist of a few simple representations of the human
figure, or the human figure or parts of the body conventionally
represented, of a few animal figures (turtles, dogs, fowls, lizzards), and, a few geometric patterns which seem in the main to
have been derived from the stylistics representation of the hu¬
man
figure or the body parts. All these forms are repeated over
and over again without attempt at organizing them to portray
events, or, with the exception of incised lines on sacred platforms
in Tonga and the Marquesas, organized to forma decorative pat¬
tern. The petroglyph figures appear as tatoo motives of the his¬
toric inhabitants, and as incised or burnt designs on gourd,
bamboo, or wooden containers, or on clubs, apparently with
little or no significence beyond fhe decorative.
while it is necessary to definitely abandon the idea that these
known petroglyphs may have, in some instances, the signifi¬
cence of heiroglyphs or writing, they are never-the-less of great
importance in the study ofsymbolizm and the motives used in art.
Although so many of the Polynesian petroglyphs, especially
in Hawaii, can hardly be considered as more than idle carvings,
it can not be denied that others take on the dignity of symbols,
placed where found with a serious purpose. Snch seem to be the
numerous turtle
figures on marae slabs in the Iles-sous-le-Vent.
The turtle was, in native belief, a shadow or reflection of the
god Oro, to whom the majority of the Leeward Island maraes
of importance were dedicated. It may be the curious petroglyphs
of ceremonial masks and headdresses on Raiatea, Borabora, and
now just discovered on Tahiti, functioned to represent magic¬
ally the continued presence, surveillance, or influence of these

glyphs :

now on

we

masked personages.

discovery of petroglyphs on the island of Tahiti, is of
particular interest, due to their rarity. Until 1924, we knew of
none. Then the vcy striking carved rock of Tipaerui, came to
light (1). A little later, three rocks carved with series of concenA

new

(1) Fur

0.,

no.

11

an

illustration and full description of this rock, see

pp.

12 el 13

Société des Etudes Océaniennes

bulletin S. C.

�HO

—

trie circles

just back of the school house at Arue, was reported
by Dr. L. Sasportas (i).
These remained the total of
petroglyph finds until 1930, when
Raiarii, chief of Tautira, called attention to two carved rocks at
the east end of the island. In
January 1931, rumors were cur¬
rent in Papeete, to the effect that two Chinese had
contracted
leprosy from a marae and a carved stone which they had cleared
of bush while
preparing the land for planting four kilometers
from the coast in Faaa district.
Investigation proved the rumors
concerning the marae and stone, well founded, thus adding to
our
knowledge, a fourth group of petroglyphs. Undoubtedly
others are awaiting
discovery, and in time we will hear of them
from Moorea.
The Tautira

Petroglyphs.
petroglyphs appear on two of the hundreds of
great bowlders lying at the base of the bluffs at the east extre¬
mity ofTahiti. On one there is a large single petroglyph rather
carefully executed. See Plate, A. There is an oval with a large
The Tautira

dot in the midle and two lines below it. The oval rests
zontal crescent.

Surrounding the oval and

on a

hori¬

crescent are

lines. Underneath all is

radiating
The figure

a large horizontal crescent.
and its rays rising over a canoe. But we would
be completely at a loss as to what it
probably represents, were
it not for its resemblance to a
carving on a chiefs house platform
at Tevaitoa, Raiatea, and, in
turn, the resemblance between both
these carvings and a burnt
design on a Tahitian bamboo quiver

suggest the

sun

in the British Museum.

The Raiatea

carving, the burnt design, and the mask and head¬

dress of the chief mourner' s'costume which I

am quite certain
petroglyphs and design represent, are all figured in bulletin
n° 19. ofthe S. C. O.,
pp. 237-238, and the reasons for supposing
this connection are there set forth
by Mrs. Emory and myself.

the

The essential elements of the headdress of the mourner's cos¬
are : a blank mask of
pearl shell pierced by at least one eye
hole ; the mask is bordered
by a fan of the long, slender feathersof the phaeton ; below the mask is
suspended a crescent board,
a form of
gorged (espèce de hausse-col), called a pautu ; from the
tume

(t) These petroglyphs

all those in the Iles-sous-lc-Yent, will he
forthcoming Bishop Museum publi¬
cation, the Archaeology of the Society Inlands.
as

well

as

described in detail and illustrated in
my

Société des

Études

Océaniennes

•

�pautu arc suspended feather tassels and a fringe of fine pieces of

pearl-shell. Knowing the crudness of execution of Polynesian
petroglyphs, and the ease with which forms become conventio¬
nalized and breakaway from the original form, especially by the
reduplication of striking details, we can not expect a faithful and
realistic representation of anything so complicated as a ceremo¬
of

nial costume. But the resemblence between

this and the Raiatea

carving and the burnt design on the Tahitian quiver is too stri¬
king to be fortuitous, and the latter, in its association with a
figure of a man carrying the shark-toothed sword-club of the
chief mourner, is unmistakably a representation ofthe mourner's
headdress.

petroglyph bowlder, see the plate, B, has eight or
roughly similar figures carved on one face, and on the very
top, one or two more. The carving has been very carlessly done,
still the essentials of mask, radiating feathers, and crescent gor¬
get of the mourner's costume, seem to have been represented.
Directions for finding the Tautira petroglyphs : The two bow¬
lders are 30 meters from the lagoon at a place called Vaiote, on
the mainland opposite the little island called Fenuaino. Travel¬
ling southward, it is necessary to round the point so that the
island is just out of sight. The cliffs here come nearly to the ed¬
ge of the lagoon and the narrow strip of land is covered with a
dense growth of trees and shrubs. Where the land widens a
little there is a a large clump of bamboo trees, the only bamboo
in the immediate vicinity. Fifteen meters south of the bamboo is
the first petroglyph stone and ten meters from this, the second.
The second

nine

To the south another ten meters is an ancient low house ter¬
race,

and before it,

a

great banyan tree.

The Facia

petroglyphs.

gigantic bowlder, three meters long, a me¬
high, and two meters wide, lying on the west
slope of a hill and fifty yards below a small marae crowning the
summit. On the west face of the bolwder is lightly carved a large
face of two eyes and a nose, The eyes are two concentric circles
with a dot in the middle; the nose is stylistic and very much
after the Marquesan style. See Plate C. To the left two meters
from this carving there are traces of another like it, and below
this last, there is a human figure represented by simple lines.
Directions for finding the Faaa petroglyphs : From Papeete proThe Faaa rock is

ter and

a

a

half

Société des Etudes Océaniennes

�ceed past's house (the only
one built in California style,) and
take the road to the left which turns off at the first
bridge.
Follow this road about two kilometers to where it crosses a st¬
ream and branches
just beyond a Chinese house. One branch

the hill to the left ; follow the right branch along the va¬
lley bottom another kilometer where it again forks at another
Chinese house Take the right fork
going up a hill and stop at
the second of two Chinese establishments further
along on the
right. Turn off the road to the left into a peanut field and go
about fifty meters and half way up
the slope ofthe hill.
goes up

�143

—

—

C

(Lejjcnd for plaie.)
Tahiti
The

Petroglyphs.

figure measures.

centimeters in height and breadth.
height of the face is30centimeters, the breadth

A.

Tautira. 48

C.

Faàa. The

40 centimeters.

2POÉ3SH
SALUT A TOI, TAHITI
ou

plutôt AU REVOIR !

J'ai rêvé de toi, par les jours moroses
Où je languissais sous un ciel trop bas.
J'ai rêvé de toi, même quand les roses
Que mai voit fleurir avec les lilas
Offraient

baisers du

aux

printemps joyeux

Leurs lèvres écloses.

J'ai rêvé de toi, par les nuits sans
Où
De

lune

suppliait le ciel
changer le cours de notre infortune.
mon cœur

lassé

Inondé de feux tout

artificiels,

pouvait offrir à mes vœux
Qu'image importune.

Paris

ne

Société des

Études

Océaniennes

�—

144

—

J'ai rêvé de toi, chère Tahiti,
Rêve délicieux, empli du désir
D'achever mes jours, ô terre bénie,
Dans un de tes vais baignés de zéphir,
Silencieux, d'y fermer les yeux
Au soir de la vie.

Rêve

simple et chaste où ne trouve place
gains matériels.
Je n'attends de toi ni l'or qu'on entasse
Ni d'autres profits qu'un peu de ton ciel
Où, léger, fugace,
Le nuage qui passe
Glisse et puis s'efface.
Nul souci cuisant de

Je

veux m'enivrer des senteurs exquises
Que ta riche flore exhale dans l'air,

Je

veux admirer les superbes frises
Que tes coraliens sculptent dans la mer,
Formes imprécises

Que la vague irise
De

poussière grise.

Je veux sur tes fils, héritiers d'un âge
Qui, peut-être fut un bel âge d'or,
Me pencher en frère ; et, dans leur
ramage
Noter les récits que, précieux trésor,
Sous les frais ombrages
Où le long des plages
Conservent tes sages.
Pour te remercier, si ma voix s'élève,
Troublant le repos de tes vais ombreux,
Que mon chant, roulant par de là tes grèves
Célèbre tes dons en termes heureux.
Des volutes brèves
Quand le jour s'achève
Berceront mon rêve.

Raiatea, le

:

24 août 1930.

ANNEVILLE
Instituteur de passage
à Tahiti.

Société des

Études

Océaniennes

�OUVRAGES ET

PÉRIODIQUES REÇUS

Le-Monde Colonial, décembre 1930.
Les Annales Coloniales (illustrées), nov. déc. 1930

De Paris:

(quotidien),

—

—

La Revue des Valeurs Coloniales

—

L'Océanie
Institut

Française, sep. oct. 1930
d'Ethnologie (programme)

Bulletin de la Société Neuchâteloise de

Géogra¬

phie, 1930.
Historiques et Scien¬
tifiques de l'Afrique Occidentale Française,

Bulletin du Comité d'Etudes

juillet-décembre 1929.
Bulletin de la Société

Zoologique de France, nov.

193°.

United Empire, déc. 1930.
Man, décember i93ojenuary 1931.

Londres:

The

Géographical Journal, déc. 1930.

Natural History,

New-York:

november-décembcr 1930,

American Museum Novitates, décember 1930.

Geographical Review, jenuary 1931,
The Philippine Journal of Science, déc. 1930.
Official Dear book of the Commonwealth of Aus¬

Manila:
Camberra

:

Honolulu

:

tralia,
Bulletin of the Pan-Pacific Uuion, décember 1930
The Volcano Letter, nos 307-309 à 313 et 314déc.
1930, janv. 1931
Na mata, nov. 1930.

Suva:

Wellington :
Batavia:

Journal of the Polynesian Society, déc. 1930.
The National Géographie Magazine, janv. 1931.
Lijst van Tanwinsten der Bibliotheek van het
Museum, oct. 1930.

Lancaster

:

San-Diego:
Nouméa

;

The Biological Bulletin, dec. 1930.
Transaction of the San-Diego Society

History, July 1930.
Le Bulletin du Commerce,
janvier 1931.

Société des

Études

of Natural

Novembre-Déc. 1930,

Océaniennes

�—

m

—

LIVRES
Bulletin of the Vanderbilt Marine Museum,
lume III, by Lee Boone.

vo¬

Klamath Ethnography, by Leslie Spier.
A crow Text, with Grammatical

Notes, by Ro¬

bert H. Lowle.
Yuki Basketry, by

Isabel T. Kelly.
Exploration of Ruins in the white

Mountain

Apache, Indian Reservation. Indian Reservation
Arizona, by Walter Houg.
Hawaiian Quilts, by Stella M. Joned, don de
Monsieur W. J. Wilson, Honolulu.
MUSÉE
I Corail.— Don de M. le Gouverneur
1 Médaille du Dana.— Don de M. le
teur du

JORE, 1931.
professeur Schmidt. Direc¬
laboratoire de Carlsberg, Copen¬

hague (Danemark).

LISTE
&lt;lcs Membres de la Seeiété d'Etudes
Océaniennes
durant l'année 1930.

Membres d'honneur.
MM. le Président de la

République.

G.

JULIEN, Gouverneur fondateur de cette Société, 116, Rue
Lccourbe, Paris.
Maréchal LYAUTEY, Académie Française, Paris.
Monsieur le Ministre des Colonies, Paris.
GRANDIDIER, Guillaume, 53, Avenue Montaigne, Paris.
DUCET, Commissaire E. F. 0., Exposition C. I. 19.31, Paris.
Membres

Bienfaiteurs et à vie.

MM. T. R. P. BERNARDIN

CASTANIÉ, Préfet Apostolique, Rarotonga.
BODIN, Henri, Fakahina (Tuamotu).
BOUGE, L., Gouverneur, Ministère des Colonies. Paris.
CROSSLAND, Cyril, Dept. of Zoology Cambridge, England.
1. R. GRATAMA, chez Jan Kalff Cie,
170, Singcl Amsterdam, Hol¬
lande.

IZRASTSOFF, Constantin. 169, Rue de l'Université, Paris 7°.
GUILD, Eastham, Paca.

Société des

Études

Océaniennes

�147

—

Princesse KAWANANAKOA, Honolulu.

NORDHOFF, Papeete.
P. V. ROUGIER : ROUGIER Frères, 32, Boulevard de la Bastille,
Paris.

ROUGIER, P. E. Ile Christmas.
SMITH, Harrison, Papeari.
Abbé ROUGIER, Emmanuel, Papeete.
M. G. WILDER, Bernice Pauahi Bishop Museum, Honolulu.
Mme G. WILDER, Honolulu.
GAGNEUX, A. Makatea.
ROPITEAU, A. Meursault (Côte d'or).
Z/iNE

GREY, Altadina, Californie.
Membres

MM.

Correspondaitts

Mgr. BLANC, Tonga Islands.
BRUNEÀU, René, 72, Rue de Gergovie, Paris.
BERLAND, Lucien, 45 bis, Rue Buffon, Paris.
CORYELL, J. R. 235, Montgomery St. San-Francisco.
R. P. SIMEON DELMAS, Taiohae (Marquises).
Emory, Honolulu, Bishop Muséum.
KENNETH, Emory, Honolulu.
Alex. Hume FORD, Pan Pacific Union, Honolulu.
Dr ELLESON E. P., Rarotonga, Cook Islands.
Dl H. GREGORY, Director, Bishop Museum, Honolulu.
HANDY, Bishop Museum, Honolulu.
T. A. JAGGAR H. V. Observatory, Volcano House, P. 0. Hawaii.
KENNETH,
Mme

J. M. A.

ILOTT, Jerwis quay, Harris St. Wellington

N-Z.

LACROIX, Musée, Rue de Buffon, Paris.

Mgr. DAVID DECADRE, Vicaire Apostolique (Marquises).
Elmer D. MERRIL, D1' Botanical Garden, Bronx Park New-York.
PERREY, Henri, lie Christmas.
Sydney IL RAY, F ale Ula St. Augustine, Ave Thorpe Bay,
Angleterre.
D' RICHARD, Directeur Institut Océanographique, Monaco.
D1 RIS BEC, Nouméa.
D'" ROLLIN, Raiatca.
D1' RUTLEGE, British Museum, London.
SCHMIDT, Directeur du Laboratoire de Carlberg,
Ralph STRANGE, Fife Building, San-Francisco.
Prof.

SERRE Paul. Consul de France.

Société des

Études Océaniennes

Essex,

Danemark.

�—

Dr

M"e

148

—

RIVET, Museum National, 57, Rue Cuvier, Paris.

VERRIER Marie-Louise, Museum National, 57, Rue

M.

W. F.

Mme

Cuvier, Paris.

WILSON, P. 0. Box, 3255, Honolulu.

OHOFFAT-BERTRANA, Galle de Lauria, Barcelone (Espagne).
R. P. ILDEFONSO ALAZARD,
Congrégation des S. S. Cœurs de
Picpus, 16 Rue P. DamienDerenster, Braîne-Lecomte, (Belgique).

Sociétés et
Académie

Bibliothèques correspondantes.

Malgache, Tananarive, Madagascar.
of Natural History, 77 th. Street and Central

American Museum
Park. N. Y.

American

Geographical Sociétv, 156, th. Street Broadway, New-York
Coloniales, 34, Rue du Mont-Thabor, Paris.
Anthropos, St. Gabriel Nodling, près Vienne, Autriche.
Archives. Bibliothèque du Ministère des Colonies, Paris.
Asiatic Society of Bengal, I, Park Street, Calcutta.
Auckland Institute, 8, Muséum Auckland, N. Z.
Annales

Australian and New-Zealand Association for the Advancement of

Science, c/o Council for Scientific and Industriel Research, 314
Melbourne, Australia.
Australian Museum, Sydney.
Albert Street East

R. Batavia

Society (Museum) Library Konings plein West. 12 Bata¬

via Java.
Bernicc Pauahi

Bishop Museum, Honolulu T. H.
(Natural History), Cromwell road, London, S. W. 7.
Bulletin du Comité d'Etudes, Dakar Sénégal.
Bibliothèque du Musée d'Histoire Naturelle, 8, Rue deBuffon, Paris Ve
Bulletin du Commerce, Roule I Nouméa.
California Academy of Sciences, Golden Gale Park, San-Francisco,
British Museum

California.
Comité de l'Océanie Française,

1)4, Rue de la Victoire. Paris.
Museum, Wellington N. Z.
Ethnological Survty Manila, Philippine Islands.
Fijian Society, Suva Fiji.
Iustitut d'Ethnologie, 191, Rue St. Jacques, Paris.
Institut Ethnographique International, 28, Rue
Bonaparte, Paris.
Kininglight Institut, 14, Van Galcnstraat, La Haye, Hollande.
Marine Biological Library, Woods Hole Mass. E. LT. A.
Museum d'Histoire Naturelle, Bibliothèque., 57, Rue Cuvier, Paris.
Dominium

•&gt;

•

Société des

Études

Océaniennes

�—

149

—

illustré, II Rue Keppler, Taris.
Mata, Editor Suva, Fiji.

Monde Colonial
Na

National Museum

Library, Washington, U. S. A.

New-Zealand Institute, Wellington.

Peabody Museum of Archeology, Harvard, Cambridge U. S. A.
Polynesian Society, Box, 523, Wellington, N. Z.
Queensland Museum, Brisbane, Queensland.
Royal Colonial Institute Northumberland Avenue, London W. C. 2.
Royal Geographical Society, Kintore Avenue, Adelaide, S. A.
Royal Antropological Institute, 52, Upper Bedford Place, London
W. C. I.
Science

Library, Kensington Gard, Londont S.
Washington, U. S. A.

W' 7.

Smithsonian Institution

d'Anthropologia e ethnologia via del

Societa Italiana

Proconsolo 12,

Firenze, Italie.

Zoologiquo de France, Rue St. Jacques, Paris.
Géographie de Paris, Boulevard Saint Germain,
Société Neuchàteloise de Géographie, Neuchâtel, Suisse.
University of California, Library Exchange Department,
Société

Société de

Paris.

Berkeley

California.

Yanderbilt Marine Museum Hutington, Long

Quand un Membre Correspondant ou une Société Correspondante
correspondu depuis deux ans avec la Société, son silence est regardé
signe que le Bulletin ne l'intéresse plus et son nom est biffé des listes

NOTA.
n'a pas
comme

Island, E. U. A.

—

ci-dessus.

Membres de ■ droit
MM. le Gouverneur,

Patron et Tuteur de

résidents.
la Société,

le Secrétaire Général,
le Procureur de la

République

le Chef du Service de Santé.

Domaines et de l'Enregistrement,
l'Enseignement,
Chef du Service des Travaux Publics et des Mines,
Président de la Société des Etudes Océaniennes,
Directeur de l'Ecole des Frères de Ploërmel.
Directeur de l'Ecole Française Indigène des Garçons,
Directeur de l'Ecole Centrale.

le Chef du Service des
le Chef du Service de
le
le
le
le
le
Mmes la

Supérieure de l'Ecole

Saint-Joseph de Cluny.

Communale.
l'Ecole Française-Indigène des Jeunes Filles.

la Directrice de l'Ecole
la Directrice de

Société des

Études

Océaniennes

�—

Membrt
MM.

résidents.

Bunkley.

Georges.

Brunet, Jean.

Adams, Emile.
Allain, Alphonse.

Dr

Alfonsi.

MM.

Ariège.
Aumont, M.
Assaud, Léon.
Mmes Assaud, Pierre.
Augé-Daullé.
M|le Auffray Hélène.
MM. Bambridge, Georges.
Bambridge Lionel.
Bamhridge William.
Bambridge, Antony.
Barrier, Marcel.
Mlles Banzet.

Cabouret.

Cassfau, F.
Cantellauve, P.
Campbell C.
Cléments J. Morgan.

Cowan, J.
Coulon, Michel.
Coppcnralh, François.
Coppcnrath, Clément.
Mme Coppcnrath. Clément.
Closier.
MM.

Closier.
Curtis.
Chin

Foo, Asam.
Waclaw, S.
Didier, Henri.
Davio, Etienne.
Demay, H.
Dexter, Francis.
Dr.
Dezoteux, H.
MM. Desclaux, Roger.
Czerniewski

Bérard, M.
Bérard, Ch.

M"es Bodin, E.
Bodin I.
MM.

—

Ahnne, Edouard.
Ah mi e.

M.

150

Bolin, Paul.
Bolton, W. W.
Bourne J.

Des

Bouzer, Emile.

Granges.

Deflesselle C.

Braouet.
Mme Brault, Hartmann.

Mme

MM.

Deflesselle, C.
Drollet, Louis.
Drollet, Alexandre.

Mme

Doucet.

M.

Brault, Léonce, père.
Brault, Léonce, père.
M.
Brault, Léonce, l'ils.
Mmes Brault, Léonce, l'ils.
Bergères, Violette.
MM. Bogat, Raphaël.
Boubée, Yves.
Mme

MM.

F err and, Jean.
Fer man.

Fabing.

Bredin Williams.

Bourgeois, Roger.
Bonno, A.
Cap. Brisson, Victor.
Brisson, Emile.
MM. Brinckfield, Louis.
Brown, Charles.
Brooke, G. C*
Blouin.

Farnham.

Mme

MM.
Mmo
M"e

Société des

Distcl.

Elilagé Edouard.

Études

Frogier, Eugène.
Frogier, Terii.
Frogier, Marcel.
Frogier, Marcel.
Gillet, Maurice.
Goupil, Emile.
Goupil, Louise.
Goupil, Jeanne.

Océaniennes

�151
MM.

Grant. M.

—

(botaniste)

Grand, Henri.
Guého, R.
Gu il pain.

Mmes

Malardé, 11.
Malardé, H.
Maston. A.

MM»

Maston, A.
Marchai, Frédéric.

R. P. Gutierrez.

Mme

Marautaaroa.

M.

MM.

Mme

Guilpain.
Halligan, Charles.

Mgr. Her mol.
MM. Hervé, F.
Hervé A.

Manquillet.

Mmes Hervé, A.
M.

M.lle
M.

Manhes, Charles,

Hpppenstedt, 11.
Hoppenstedt, H.

yjmes jianiius

Hintze, Cécile.
Iorss, Martial.

M.

Mmes Jewctt.

Juventin, H.
Juvenlin, Ed.
MM.

Juventin H.
Juventin Ed.

Juventin, A.
Lagarde, Marie.
Mme Laguesse, Emile.
MM. Laguesse, Emile-

Mersmann.

Millaud, Henri.
Miller, Pedro.
Miller, Charles.
Mmes Miller, Pedro.
Morris,
MM. Morris.

Moquet, L.
Nappe.
Noble, Maurice,

Lacoste.

Leboucher A.
L'Herbier.
MM.

Lid in.
Le Brazid ec.
Le Bronnec.

Cap. Le Gayic.
Lévy Julien.
MM. Lévy, Emile.
Lévy, Charles.
Liauzun, H.

Noble. E.
Mlle

Natua, Aurora.
Dr.
Noël, Maurice.
M.
Nordmann, Edouard.
Mm°s Nordmann, Oscar.
Nouët, L.
M.
Nouët, L.
Mme Nimau, Yvonne.
MM. Paraita

Machecourt.

Marcillac.
Malinowski

Malardé, Yves.
Malardé, Georges.
Malardé, Jean.

a

Tehanai.

Pambrun, Georges.
Paillon\, R.

Manarii.

Maraetefau, Charles.
Marcantoni, Pascal.
Martin, Xavier.

Mersmann.

Capt. Mitchell, L. 1).
MM. Millaud, Jules.

MUo

C*

Martin Emile.

Massainol'f, A.
Mauney, André.

Mlle

Perrier.

MM.

Pia, Cuy.
Pierson.

Poroï, Alfred.
Philiponnct.
Pomel.

Pomare, Terii.
Quinn, Bob.

�—

Mlle

Raurea.

MM.

Raiarii.

152

—

Tavae, Anahoa.
Tambrun, Emile.

Raiarii.
.

Mlle

Toulier (France).

Raoulx, Louis.
Raoulx, Victor (fils).
Raoulx. Germaine.

Tabanou, Jeanne.
Tabanou, Louise.
Princesse Teriinui, Pomare.

MM. Teriieroo

Renouard, Jeanne.
Mme

Mlles

Temarii

Réjus, A.

MM. Renneteaud.
Rivnac.

Thirel.

M"e Robert.

Tondon.

Capt. Robin.

Touze.

Salles.

M.

Salles.

Dr.

Mmus
MM.

Tu
Mme

Me
Mmes

Viénol.
MM. Viénol.

Walker. L

Mme

M.

N. B.— Les Membres
initiales

ou

(Nadeaud)

Vinot, Marie.

Solari, René.
MM. Solari, René.
Stimson, Frank.
Snow, Georges.
Tauru. Gabriel.

sur

Temarii

Varney, Léon.
Vernier, Charles.
Vernier, Paul.
Vernaudon, Jules.
Vidal, Paul.
Mile Vigor, Alice.
M.
Villierme, Henri.
Capi. Vincent, Auguste.
M'"es Vincent, Auguste.

Stergios, Alexandre.
Stein, Auguste.
Senac, Marcel.
Siu Rung Po.
Spitz, Georges.
Smith, Irving.
Sigogne. L.
sigogne.

fication

a

Thoinot.

MM.

Sasportas.
Sasportas.
Sage, Georges.
Sage, Georges.
Saint-Mard, A.

Mmes Saint-Mard, A.
MM.

Teriierooiterai.

Teai.

Temarii, Henri.
Toahu, Augustin.

Rebel, Victor.

Mme

a

a

Walker, Edmond.
Wilmet, Jean.
Williams, Johnston, Consul.
Williams, Johnston.
Yune, Sing.

qui désireraient pour 1931 faire une recti¬
l'orthographe de leur nom, ajouter leurs prénoms,
résidence sont priés d'écrire au Secrétaire de la

S. E. O. Boite //0,

Papeete.

�</text>
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                <text>La Société des Études Océaniennes (SEO) est la plus ancienne société savante du Pays. Depuis 1917, elle publie plusieurs fois par an un bulletin "s’intéressant à l’étude de toutes les questions se rattachant à l’anthropologie, l’ethnographie, la philosophie, les sciences naturelles, l’archéologie, l’histoire, aux institutions, mœurs, coutumes et traditions de la Polynésie, en particulier du Pacifique Oriental" (article 1 des statuts de la SEO). La version numérique du BSEO dispose de son ISSN : 2605-8375.</text>
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    <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Bulletin de la Société des Études Océaniennes numéro 39</text>
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              <text>Littérature et Folklore - Deux Légendes de Mangareva :&#13;
1) Migrations et découvertes polynésiennes 122&#13;
2) Taaki, l'homme le plus heureux du monde 128&#13;
(par Alexis Massainoff, traduit du russe par Mme Marie Zakrevsky)&#13;
Histoire - Le Baron de Ville d'Avray, roi de Nuka-Hiva, par M. Maurice Besson 134&#13;
Archéologie - Recent Petroglyph Discoveries on Tahiti, by Kenneth, F. Emory 138&#13;
Poésie - Salut à toi Tahiti, par Anneville 143&#13;
Avis - Ouvrages et périodiques reçus 145</text>
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