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                  <text>N°

40

TOME IV

(N° 6)

MAI 1931

Anthropologie
Histoire

—

des

—

Ethnologie

Institutions

et

—

Philologie^

Antiquités

populations maories.

Littérature et Folklore.

Astronomie

—

Océanographie

—

Sciences naturelles

Tourisme.

IMPRIMERIE

A

DU

GOUVERNEMENT

PAPEETE

(TAHJTl)

�Les articles publiés dans le Bulletin, exceptés ceux dont l'au¬
a réservé ses droits, peuvent être traduits et reproduits
â la condition expresse, que l'origine et l'auteur en seront in enteur

la

Toutes communications relatives
Société, doivent être adressées

au
au

Bulletin au Musée
Président. Boite

à

ou

110,

Papeete, Tahiti.
Le Bulletin est

envoyé gratuitement à tous ses Membres.

Prix de ce numéro..
Prix de

6 fr

chaque N° déjà paru:

12

fr,

ou

2/-d.

ou 50 cents.

Cotisation annuelle des Membres résidents
Cotisation

annuelle des Membres résidents

SOUSCRIPTION

2

dollars

30

francs.

40

francs.

en

pays français
Cotisation annuelle des étrangers.

50

ou

UNIQUE. ^

8 shillings.

' \.

Membre à vie résidant en France ou dans ses colonies. 500
Membre à

vie résidant à

l'Etranger, six livres sterling

M
fr.
ou

dollars.

trente

se faire recevoir Membre à vie pour cette som¬
versée une fois pour toutes. (Article 24 du Règlement Inté¬

Avantages de
me

rieur, Bulletins N° 17 et N"
i° Le

29).

Bulletin continuera à lui être adressé, quand bien même
Membre résidant à Tahiti.

il cesserait d'être

L'intérêt de cette

modique somme assure-à la Société un
supérieur à la cotisation annuelle de 30 fr. 1
3" Le Membre à vie n'a plus à se préoccuper de l'envoi ou du
paiement de sa cotisation annuelle, c'est une dépense et un souci
2"

revenu

de moins.

conséquence : Dans leur intérêt et
invités â devenir Membre à vie:

En
sont

celui de la Société,

TOUS CEUX qui, résidant hors Tahiti, désirent recevoir le
Bulletin.
TOUS LES jeunes
TOUS

Membres de la Société.

CEUXqui, quittant Tahiti s'y intéressent quand même.

�sjis&amp;aEtf sssr
DE

LA

OCÉANIENNES

D'ÉTUDES

SOCIÉTÉ

(POLYNÉSIE ORIENTALE)

TOME IV

IV 49.

(Nn6)

SI Aï 1931.

-

SOM JVC A. I-33 IE

T

AGES

Assemblée Générale.

Compte-rendu de l'Assemblée générale du 7 mars 1931.
Histoire et

155

Géo&lt;jr«i&gt;hic.

Capitaine Cook dans
XVIII siècle par L. Jore.

Le véritable' but des missions du
les " Mers du Sud " à la lin du

163

Folklore.

Turiet Mahu

(Légende de Raiatea), parj. M.

Orsmond.

E. Ahnne

168

Tourisme.

Quelques souvenirs des Tuamotu, par

H. Bodin.

......

170

Linguist idjne.
Le "Pii" des tahitiens et

le "Fady" de Madagascar, par

181

E. Ahnne
Avis.

Ouvrages reçus

'&lt;83

Acquisitions pour le Musée

184

Société des

Études

Océaniennes

�~

Société des

Études

Océaniennes

�COMPTE RENDU
tic l'Assemblée générale annuelle du 7
Maes 1931.
La réunion annuelle de la S. E. O.,
eut lieu le 7 Mars dans la
Salle des Conférences, sous la
présidence d'honneur de Monsieur
le Gouverneur JORE.
Le Bureau était composé de
Monsieur Ed.

AHNNE, Président ;
Trésorier e; Mademoiselle E. BODIN,
Bibliothécaire ; Monsieur Yves MALARDÉ,
Secrétaire-Archiviste;
Monsieur Charles BÉRARD, Aice Président s'était fait excuser.
Madame

AUGÉ-DAULLc,

Une quarantaine de Membres étaient

présents marquant ainsi
les années précédentes mais ne re¬
présentant guère que le sixième des membres résidents.
Deux dames s'excusent
par lettre de'n'avoir pu assister à la réu¬
nion : Madame la
Supérieure des Sœurs de S1 Joseph de Cluny et
Madame Brault-Hartmann.

légère augmentation

une

sur

La séance est ouverte à
17

l'allocution suivante

h.

15 par

M. Ed. Ahnnequi prononce

:

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames, Messieurs.
Je tiens tout d'abord à.souhaiter la bienvenue au milieu de
nous à Monsieur le Gouverneur
JORE, notre Président d'honneur
qui a tenu à se faire inscrire comme membre à vie de notre So¬
ciété.

Je le remercie de la marque d'intérêt qu'il nous donne en assis¬
j'ose espérer qu'il voudra bien prendre
part à nos études et à nos modestes travaux, collaborer peut-être
tant à cette Assemblée et

à notre Bulletin. Car

nous savons que nous trouvons en lui un
érudit tout particulièiement documenté sur l'histoire et la biblio¬
graphie de Tahiti.
Nous tenons également à remercier en la

Gouverneur, l'Administration

personnne de Mr le
locale qui, après le départ du re¬

gretté M. Bruneau, le trop court passage de l'aimable M. Chan¬
a bien voulu nommer comme
Secrétaire-Bibliothécaire et
Conservatrice du Musée, M"J Estelle Bodin qui s'acquitte de ces
multiples fonctions à notre entière satisfaction.
son

Et

maintenant, permettez-moi, chers Sociétaires, de

Société des

Études

Océaniennes

vous

�—

156

—

rendre compte de la marche de notre Société
écoulé. Je commencerai par des excuses.

pendant l'exercice

D'après le règlement constitutif de notre Société, l'assemblée
en Janvier ; nous sommes en Mars.
Cette dérogation aux règlements se justifie par le fait que jusqu'à
ces derniers jours, notre salle de conférences et de réunion a été
occupée par l'Exposition préparatoire des objets destines à l'Ex¬
position Coloniale de Paris. Tout en regrettant le retard, nous
sommes heureux que notre salle ait pu être utilisée dans ce but.
Je m'excuse également de n'avoir pas organisé au cours de
l'exercice écoulé, la fête du Folk-lore instituée par mon prédéces¬
seur. Non point que j'en conteste l'intérêt et même l'utilité, mais
en tin d'année la situation de notre Société était
précaire, elle l'est
encore d'ailleurs. Il m'a paru que ce n'était pas le moment de fes¬
annuelle aurait dû avoir lieu

toyer.
Autre
sans

excuse : Mon prédécesseur avait conçu le
projet, louable
doute, mais peut-être un peu téméraire étant données nos

faibles

ressources

d'élever

lers étaient

une

déjà engagés
70.000 francs, nous aurions

statue à Pierre Loti. Des pourpar¬

avec un
eu une

sculpteur de renom

; pour

statue qui aurait certainement

contribué à l'embellissement de notre ville et

réjoui les mânes

de Rarahu.

sa

Que Pierre Loti, me pardonne, je ne voudrais en rien diminuer
gloire et j'aurais été trop heureux de lui offrir ce faible tribut

d'admiration

reconnaissance des heures inoubliables que

j'ai
génération, a rêver
la petite Rarahu.
Mais la vie n'est pas le rêve; 70.000 francs c'est une somme
difficile à trouver surtout ici, dans un but purement idéaliste et à
l'époque difficile et pratique où nous vivons. Il a paru plus sage
au Bureau de votre Société
d'ajourner ce projet, sans toutefois y
en

passées,

comme tous les adolescents
à Madame Chrysanthème, Azyadé et

de

ma

renoncer.

Ceci

dit, il est de

devoir de vous rendre compte de l'acti¬
pendant l'année écoulée. Sans être peut-être
très apparente sa vitalité s'est cependant affirmée dans ces trois
manifestations : la Bibliothèque, le Musée et le Bulletin.
mon

vité de notre Société

Bibliothèque.

Depuis 1926, notre bibliothèque s'est spécialisée dans les ou¬
traitant de Tahiti ou de la Polynésieorientale. Elle compte

vrages

Société des

Études

Océaniennes

�actuellement 140 volumes en

langue anglaise et 165 en français,
plus une centaine de brochures.concernant les sciences ou l'eth¬
nographie et quelques manuscrits. C'est peu de chose sans doute,
si l'on considère le nombre des ouvrages concernant Tahiti qui
ont paru surtout en ces dernières années. Jamais, semble-t-il, de¬
puis que le Mariage de Loti a tait connaître au monde civilisé l'e¬
xistence de notre petite Colonie on ne vit pareille floraison litté¬
raire : Dorsenne, Ably, Chadourne ne se lassent point de dé¬
crire le charme de ces plages océaniennes où ils vécurent quel¬
ques années. D'aucuns qui n'y ont fait escale que quelques jours
se croient obligés de publier leurs impressions aussi superficiel¬
les qu'erronnées. D'autres encore se découvrent une âme tahitienne et viennent nous redemander la petite Rarahu qui dorjt depuis
bien des années au pied du grand morne de Borabora et ne renaî¬
tra jamais plus. —■
P'«u*W» ij~ (A^
Mais les ouvrages anciens et vraiment documentaires concer-^t^ (r^
nant le mystérieux passé de nos archipels polynésiens deviennent^v^v*»^
de plus en plus rares et par conséquent plus recherchés des amaCiiO
teurs et les œuvres de Cook, Ellis, Moerenhout, Rienzi, Lesson
etc. atteignent des prix invraisemblables.
Notre bibliothèque possède quelques-uns de ces ouvrages,
d'autres et non des moindres nous font défaut. Que nos Socié¬
taires se souviennent que nous sommes toujours prêts à accepter
avec reconnaissance tous les dons qu'ils voudraient bien nous
faire et à acquérir au meilleur prix les ouvrages qu'ils seraient
disposés à nous céder.
Les livres de la Bibliothèque ainsi que les nombreuses publica¬
tions émanantde Sociétés étrangères peuvent être consultés tous
les jours de g heures à 11 et de 3 heures à 5 heures au siège de
la Société, local frais, confortable et tranquille, éminemment pro¬
pre à l'étude comme à la rêverie surtout le Dimanche quand le
moteur des Travaux publics fait relâche.
Musée.

Notre Musée s'est enrichi au cours de l'année dernière d'une
belle collection de nacres offerte par Monsieur BOUGE, de quel¬

spécimens de poissons et de plusieurs tableaux.
regretté que nos finances ne nous aient pas permis
de retenir quelques-unes des plantureuses toiles exposées dans
ques rares

Nous

avons

Société des

Études

Océaniennes

�notre salle par
MOR1LLOT, avant d'être
Coloniale de Paris.

Nous

avons eu

envoyées à l'Exposition

la bonne fortune d'avoir la visite de M

SKIN¬

NER, Conservateur du Musée de l'Université
d'Otago à Dunedin
dont les indications et les conseils nous ont été très
le classement de

précieux pour

collections. 11 y a Lien eu quelques désillu¬
sions: c'est ainsi que, d'une douzaine de cannes
provenant de la
collection Butteaud, M. Skinner, n'en a retenu
que deux comme
réellement authentiques, c'est-à-dire
d'origine polynésienne. Les
autresétaient japonaises, chinoises, indo-chinoises ou
nos

simplement

françaises.
Par l'intermédiaire de M.

Skinner,

également conclu
échanges suivants : En échange
d'un petit cercueil creusé dans un tronc
d'arbre, un tiki tahitien
en pierre, une hache des
Nouvelles-Hébrides, un hameçon en
bois, un penu deMangaia. Nous avons reçu : un poteau
sculpté
avec

nous avons

le Musee de Dunedin les

de maison communale maorie,

gée des Iles Australes (Tubuai

une

pagaie très finement

ouvra¬

Raivavae), une collection de
haches maories, une collection de
hameçons maoris de NouvelleZélande, une rame maorie, une arme maorie sculptée (Taiahu)
ou

etc.

Nous

ne pouvons terminer cette courte
revue de notre Musée
mentionner également avec reconnaissance le concours
de
M. Kenneth EMORY, qui
pendant tout son

sans

séjour dans nos îles,
toujours été pour notre Société, un conseiller aussi avisé que
dévoué. A son départ, il nous a fait
plusieurs dons, entre autres,
une belle
pirogue des Pomotu faite de pièces cousues avec du
napé.
a

Il

également mis à notre disposition une somme de iooofrancs
l'acquisition pour notre Musée d'une grande embar¬
cation de 29 pieds de long, 8
p. de large, 3 p. de profondeur, en¬
tièrement faite de planches cousues comme la
pirogue et qu'il
a découverte dans l'île de
Waitahi. Nous espérons qu'elle sera
a

destinée à

bientôt

en

notre

possession.

M. Emory, emporte avec lui une riche moisson
denotes et d'in¬
formations; nul mieux que lui ne connaît les richesses ethno¬

graphiques de nos îles et le livre auquel il va travailler à Honolulu,
fera certainement autorité dans l'histoire des
antiquités

polyné¬

siennes.

Société des

Études

Océaniennes

�ÏVolrc ISiilIclin.
Le Bulletin de notre Société devrait être la manifestation
la plus
importante de notre activité, car c'est lui qui fait connaître notre
existence et nous met en relations avec nombre de
sociétés sa¬
vantes de différents pays qui veulent bien nous
envoyer leurs pu¬
blications, souvent très importantes, en échange de notre mo¬
deste brochure.
Nous

le

regret de constater que depuis un an notre Bulle¬
toujours été en retard avec une régularité vraiment remar¬
quable. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs, bien que
nous n'y soyons pour rien.
L'Imprimerie du Gouvernement dé¬
bordée de travail n'a pu assurer cette
publication qui lui incombe
et l'industrie privée à
laquelle nous avons dû nous adresser r.e
dispose pas toujours du matériel nécessaire.
Espérons que dorénavant l'Imprimerie du Gouvernement ré¬
organisée sur de nouvelles bases pourra reprendre la composition
régulière de notre feuille.
Mais ce qui est plus difficile à trouver encore
que les impri¬
tin

avons

a

meurs, ce sont

les collaborateurs.
Y"

Je sais bien que si la végétation équatorialc est d'une fécondité
souvent exubérante, on ne saurait en dire autant en ce
qui concer¬
ne les
productions littéraires écloscs au soleil des tropiques. Et)
c'est une remarque qui a souvent été faite
que la lumière nous
vient du Nord et qu'au point de vue des sciences, des arts et sur¬
tout des lettres, aucun artiste de
génie n'est éclos ou plutôt n'est
arrivé à maturité sous les tropiques.
Sans doute on peut citer des noms :
José Marie de Heredia vit le jour a Cuba ; mais c'est à Paris qu'il

écrivit

ses

prestigieux sonnets.
naquit à la Réunion, mais c'est

Leconte de Lisle
décrit

en

France qu'il

harmonieux les merveilles des pays tropicaux.
Robert Louis Stevenson ne séjourna guère que
deux ans dans
nos différents
archipels.
en vers

Chadourne, Dorsenne et tant d'autres ne commencèrent
lorsqu'ils l'eurent quitté.

à par¬

ler de notre pays que
Loti lui-même

qui a décrit avec tant de vérité le charme mé¬
nature et de l'âme tahitiennes ne passa que quel¬
ques semaines dans l'île enchantée. Et c'est fort heureux, car s'il
y était resté plus longtemps il n'aurait probablement jamais rien
écrit.

lancolique de la

Société des

Études

Océaniennes

�—

1 GO

—

Ëst-cc à dire qu'il n'y ait point de place dans nos îles pour la
l'esprit s'y anémie comme le corps et qu'on ne

littérature, que

puisse tenir une plume sous les tropiques? Nullement. Notre
Bulletin en est une preuve. Je crois seulement que l'effoi t créateur
de la pensée est moins pénible et plus fécond dans les pays tem¬
pérés et même glacés que sous les climats où règne un éternel
été.

Mais

sont ni des ouvrages

de longue haleine, ni des œu¬
génie que nous demandons à nos collaborateurs. Que les
jeunes, et il en est qui l'ont déjà fait avec succès, nous donnent
leurs impressions, les vieux leurs souvenirs et nous aurons une

vres

ce ne

de

moisson abondante et variée.

Pensez-y, chers Sociétaires; envoyez-nous vos articles, vous
occupe agréablement votre temps, charmé ou ennuyé vos
lecteurs, contribué à la gloire de votre petit pays, illustré votre
auiez

nom

et

bien mérité de la Société des Etudes Océaniennes.
Finances.

Pour terminer, il est de notre devoir de vous rendre compte de
l'état financier de notre Société et nous ne saurions mieux faire
que de vous donner lecture de l'état que nous a remis notre ex¬
cellente Trésorière Madame Augé-Daullé, qui s'acquitte d'une

tâche

ingrate avec autant de compétence

que

de bonne grâce.

Situation financière «le la S. E. O.
au

31

Décembre 1D30.

Compte Général

Recettes

Solde en caisse au 31 Décembre 1929.
Cotisation de 1930

66
6.73460

Subvention, dons, vente de Bulletins.
Bibliothèque

7.121 33

2.318 65

Musée

1.030

Divers
Solde

1

en

caisse

au

31

décembre 1930.

16.776 61

membres a vie

Solde en caisse au 31 décembre 1929.
Versements et intérêts

6.784 85
1.523 44

Dépenses
en

»

406 36

12.021 40

16.776 61
Compte

Solde

Dépenses.

2.900

caisse

au

31

décembre

1930.

Totaux

Société des

8.308 29

Études

Océaniennes

900

»

7.408

29

8.308 29

�C'est donc nu total une somme de 19 429 fr. 69 que possède
actuellement notre Société et que nous comptons bien employer,

partiellement du moins, à enrichir notre Musée et notre Bibliothè¬
que quand des occasions favorables se présenteront.
Mais je voudrais vous dire encore un mot au sujet du recouvre¬
ment des cotisations; Cette opération est toujours longue et la¬
borieuse et notre excellent gardien du Musée qui s'acquitte de
cette tâche avec beaucoup de zèle y consacre un temps considéra¬
ble. 11

beau attendre le commencement du mois, étudier

a

avec

perspicacité que j'admire les époques lgs plus favorables pour
présenter ses reçus, il est souvent obligé de retourner trois ou
quatre fois pour recueillir une seule cotisation, sans compter les
remarques désobligeantes qu'il encaisse quelquefois au lieu de
l'argent qu'il attendait.
Je sais bien qu'on n'a pas toujours 30 francs dans son porte¬
feuille, que celui qui vient vous demander de l'argent quand on
est occupé, et même quand on ne fait rien, est toujours un fâ¬
cheux ; mais il est un moyen bien simple, chers Sociétaires, de
une

vous

débarrasser de cet ennui de la cotisation annuelle. Faites

voustous recevoir membres à vie:
votre

les

courses

du

Pour 300 francs, vous assurez

diminuez le travail de notre Trésorier
gardien et vous êtes considérés.

tranquiiité,

vous

r.-OHfMOH

JORE prend ensuite la parole.
vœux de bienvenue qu'il lui a ex¬
primés. Il s'intéresse en effet beaucoup à toutes les questions géo¬
graphiques ou historiques particulièrement à celles concernant
l'Océanie et il sera heureux, si l'occasion s'en présente, de témoi¬
gner à la Société des Eludes Océaniennes tout l'intérêt qu'il lui
porte, de favoriser son développement et éventuellement décolla
Monsieur le Gouverneur

Il remercie le Président.des

borer à

ses

travaux.

rappelle, que sur les fonds d'emprunt pourla Colonie, il a été
prévu la construction d'un bâtiment qui abriterait la bibliothèque
Il

qui permettrait dedonner beaucoup plus d'exten¬
bibliothèque et de mettre mieux en valeur les collections
du Musée. Edifié sur l'emplacement qu'occupent actuellement les
Contributions, ce bâtiment place au cœur de la ville et sur les
quais, entouré d'un petit parc, traversé par la rivière de la Reine
contribuerait certainement beaucoup à l'embellissement et à l'aet le Musée ce

sion à la

Société des

Études Océaniennes-

�—

162

—

grément de Papeete et il est à souhaiter que ce projet puisse bien¬
tôt

se

réaliser.

Bulletin, Monsieur le Gouverneur espère bien qu'à
l'Imprimerie pourra en assurer régulière¬
ment la publication. C'est une part très importante de l'activité
de la Société ; ce Bulletin est lu avec intérêt en France et à l'étran¬
ger et tous les membres devraient lui apporter une collaboration
active et dévouée. Sans doute, comme l'a fait remarquer Monsieur
Ahnne, le soleil des tropiques ne semble pas très favorable à la
production littéraire. N'en ont que plus de mérite ceux qui s'y
adonnent et, à ce propos, Monsieur le Gouverneur félicité le jeune
Secrétaire-Archiviste de la Société dont il a lu avec intérêt les ar¬
ticles dans le Bulletin aussi bien que dans différents journaux.
Il l'engage à continuer dans cette voie et espère que d'autres jeu¬
nes suivront son exemple.
Le Gouverneur termine en renouvelant à la Société des Etudes
Océaniennes l'assurance de son appui et en lui exprimant ses
vœux de prospérité et de longue vie.
Des applaudissements unanimes accueillent cette péroraison.
Quant

au

l'avenir le Service de

Avant de

se

séparer, l'Assemblée discute encore la question de

la statue de Pierre Loti.

rappelle que l'an dernier le Docteur Cassiau,
réduire les frais, avait suggéré l'idée d'érige'r un buste com¬
me celui de Bougainville, au lieu d'une statue en pied.
Le sculpteur pressenti à ce sujet à répondu qu'un buste i/io
plus grand que nature reviendrait à 22.000 francs, prix net sans
frais d'emballage, ni d'expédition.
Monsieur le Gouverneur, émet l'idée que l'on pouirait peutêtre obtenir à bon compte une réplique de la statue de Loti qui
vient d'être élevée à Hendaye. La marine consentirait sans dou¬
te à fournir de vieux canons pour le bronze. C'est une question
Le Président

pour

à étudier.

Bodin, pensent que dès maintenant on peut
spécial dans ce but et qui serait ali¬
menté par le produit de dons, souscriptions ou fêtes.
Cette proposition est mise aux voix et adoptée.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 19 heures,
MM. Cassiau et

décider la création d'un fond

Société des

Études Océaniennes

�—

163

bistoirs: mt

-r

qûo@has&gt;h:xîb

Le véritable but des missions du Capitaine

COOK

dans les " Mers «lu Sail" à la lin du XVIIIe sièele.

Le retard

apporté à l'exploration Je la partie méridionale du

Pacifi ]ue échauffait quelque peu les esprits au XVIII" siècle. Sans
doute insuffi sa m ment avertis des difficultés d'une telle entreprise,
les hommes cultivés de l'époque se demandaient pourquoi les
marins évitaient

soin

régions.
première traversée du Grand Océan, le Portugais
Magellan, après avoir découvert le détroit qui porte son nom,
était remonté au Nord sans trop s'éloigner des côtes occidentales
de l'Amérique et ne s'était décidé qu'assez tard à faire enfin voi¬
le vers l'Ouest pour aboutir aux Philippines où il trouva une
mort glorieuse (i 521). Les Espagnols Alvar de Saavedra (1526) et
Alvar de Mendoce ( 1567) partis l'un du Mexique, l'autre du Pé¬
rou. avaient également navigué au Nord de l'Equateur rejoi¬
gnant les mêmes îles. Les Anglais Drake (1577-1580) et Cavendish
(1586 1588) ne s'étaient pas écartés du même itinéraire. Alvar de
Mendana ( 159s) ancien compagnon d'Alvar de Mendoce et du Hol¬
landais Olivier de Nort (1598-1601) s'y conformèrent aussi.
Seul Qiiiros fou Queiros) portugais au Service de l'Espagne et
qui avait déjà traversé le Pacifique en qualité de Second d'Alvar
de Mendana, ou se rapprocherde l'equateur au-dessous duquel
il descendit même Légèrement, reconnaissant l'Archipel des Tuamotu peut-être aperçu quatre-vingts ans plus tôt par Magellan
et découvrant les Nouvelles-Hébrides (1605-1606).
Ses successeurs, les Hollandais Jacques Le Maire et Guillaume
Schoutcn (1615-1617) visitèrent aussi quelques atolls des Tuamotu. mais leurs compatriotes Spilbcrg (1616) et Jacques l'Hermite(iÔ32) passèrent plus au Nord.
Il en fut de même des navigateurs qui après soixante années
d'interruption reprirent les voyages dans le Pacifique ( 1 ) et il faut
avec

ces

Le héros de la

(I) Go sont : les Anglais Cowley (1683-168o) et Dampicr 11 (»881. Pliai ion
Ge.nclli-Cârrcri (11)98). le Français du Bocage de Bleville (1708), l'Anglais
Woodc

Rogers (1708-1711 le français Le Gentil de la Barbinais
siielvoeke (1719-1722).
,

l'Anglais

Société des

Études Océaniennes

(1714-18)

�—

164

—

attendre le Hollandais

Roggewein pour assister à une nouvelle
l'hémisphère Sud qui valut d'ailleurs à son auteur
la découverte de l'île de Pâques (1721) (H.
Ces hésitations étaient fort légitimes. Si l'on connaissait la dis¬
tance séparant l'Amérique, du Japon, des Philippines et des Ar¬
chipels de la Mélanésie, l'existence de terres entre l'Amérique
du Sud et l'Afrique demeurait problématique (2). S'élancer à tra¬
vers les Mers du Sud sans être certain d'y rencontrer des conti¬
nents ou des îles constituait une entreprise des plus hasardeuses
puisqu'on risquait de mourir en route de faim ou de soif. Les
navires de cette époque ne disposaient pas de " frigorifiques" et
les provisions de bouche conservées d'ailleurs avec la plus ex¬
trême difficulté, s'avariaient et s'épuisaient rapidement.
Cependant les imaginations allaient leur train. L'Atlas d'Ortelius contient une carte des Mers du Sud datée de 1589 qui indique
d'un trait à vrai dire assez incertain, un continent immense re¬
tentative dans

montant de la terre de Feu

vers une

Nouvelle Guinée de dimen¬

exagérées. Ce continent est qualifié "Terra Australis
sive Magellanica nundum détecta".
Le Président de Brosses dans son "Histoire des Navigations
aux Terres Australes"
publiée à Paris en 1736 à l'instigation de
Button, prend à son compte, non sans réserves toutefois, la
croyance persistante qu'il existait un Continent Austral. 11 incite
même nos compatriotes à se couvrir de gloire en achevant la dé¬
couverte de ces régions. « Toute la partie méridionale de notre
globe, écrit-il, est encore inconnue. Il n'y a pas d'apparence
qu'une aussi vaste plage ne soit occupée que par des mers. On y
a découvert des
caps et des côtes, signes certains d'un conti¬
sions très

nent.

.

.

.

Le continent austral est certainement tout à fait isolé

des autres,

puisque dans cet hémisphère, on a plusieurs fois fait
le tour du monde parallèlement à l'Equateur, en laissant
toujouis les terres australes du même côté. (Elles peuvent com¬
prendre) 8 à 10 millions de lieues carrées faisant plus du tiers de
notre globe. 11 n'est pas possible qu'il n'y ait dans une aussi
par mer

(1) Lord Anson, dans
à 1741

se

maintint dans

son voyage de circumnavigation accompli de 1740
l'hémisphère Nord.

(2) Les Hollandais avaient bien défini dans la lre moitié du XVIIe siècle
quelques positions sur la Côte Ouest de l'Australie et do la Nouvelle-Zélande
niais elles étaient peu connues

et peu sûres.

Société des

Études

Océaniennes

�165

—

plage quelque immense continent de terre solide

Vaste

au Sud de
capable de tenir le globe en équilibre dans sa rotation et
de servir de contrepoids à la masse de l'Asie Septentrionale. »
A peu près à la même époque, le Géographe anglais Daltymple n'hésitait pas à affirmer que non seulement le continent Aus¬
tral ne pouvait pas ne pas exister mais que, de plus, il était
même très peuplé.

l'Asie

Les

navigateurs d'autrefois

subissaient

un

ne se décourageaient pas lorsqu'ils
échec. Le Commodore Byronqui se trouvait à bord

d'un des navires

composant l'expédition de Lord Anson et qui

avait dû regagner la Grande Bretagne à
sur les côtes de l'Amérique du Sud, fit

la suite d'un naufrage
la tentative, heureuse
cette fois, d'accomplir vingt ans après un voyage autour du
Monde (1764-1766). Il avait auprès de lui un jeune officier qui, à
peine revenu dans ses foyers, se mita la tête d'une nouvelle ex¬
pédition : c'étaitSamuei Wallis. Au cours de son voyage et cin¬
glant délibérément au Sud de l'Equateur, Wallis eut la bonne
fortune de découvrir l'île de Tahiti (1767). Il fut suivi de près par
notre compatriote Bougainville. Celui-ci après avoir reconnu un
itinéraire à peu près semblable et après avoir séjourné notam¬
ment à Tahiti qu'il appela la Nouvelle-Cythère, retrouva Wallis
au Cap de Bonne-Espérance.

L'hémisphère Sud était ainsi entamé. Inquiète de ne pas se
(1), l'Angleterre chargea un officier d'origine mo¬
deste, mais qui s'était fait remarquer par d'éminentes qualités de
marin et de savant, de s'assurer de l'existence du Continent Aus¬
tral et d'en prendre possession au nom de Sa Majesté Britanni¬
laisser distancer

que.
Pour
de

ne
pas donner l'éveil, le Capitaine Cook
rendre à Tahiti et d'y observer le passage

reçut la mission

de Vénus sur le
scientifique une fois terminé devait faire place
une exploration méthodique des régions inconnues.
Le grand navigateur anglais fut pourvu à cette fin d'instrucse

soleil. Ce travail
à

(1) Lors do

son

deuxième voyage, James Cook fit escale en nouvelle Zélan¬

de en même temps que notre compatriote JVlarion-Dufresnc qui
dans ce pays en 1772. Ses lieutenants DuClcsmeur et Crouzet

deux navires de

l'expédition en France.

Société des

Études

Océaniennes

trouva la mort
ramenèrent les

�—

1G6

—

qui n'ont été publiées que récemment. On les
mois de septembre 1929.
Nous en avons eu incidemment connaissance par le compte-rendu
d'un discours publié dans une séance du Pan Pacific research Ins¬
titution par Sir Joseph Carruthcrs (1).
« Vous aurez, disent elles, à vous avancer vers le Sud afin de
découvrir le continent précité en poursuivant votre marche jus¬
qu'au 40" degré de latitude Sud à moins que vous ne le rencon¬
triez plus tôt. Au cas où vous ne le découvririez pas ou si vous
ne recueillez aucun signe certain de son existence dans cette di¬
rection, vous le rechercherez dans la direction de l'Ouest entre la
latitude ci-dessus mentionnée et le 55e degré de latitude Sud jus¬
qu'à ce que vous le découvriez ou que vous rencontriez la côte
orientale de la terre découverte par Tasman.
« Si vous découvrez le continent dans votre course vers le Sud
ou vers l'Ouest vous vous emploierez délibérément à reconnaître
une étendue de côtes aussi grande que possible, en observant
avec soin leur situation exacte, tant en latitude qu'en longitude,
les variations de l'aiguille, la physionomie des promontoires, les
hauteurs, direction et cours des marées, les profondeurs de la
tions secrètes
trouve dans

mer,

les ' Naval Misccllaniès " du

bancs, rochers etc. etc.
Avec le consentement

«

prendre possession des
raîtront utiles, au nom
est

des indigènes, vous aurez aussi à

emplacements de ce pays qui vous pa¬
du Roi de Grande Bretagne. Si le pays

inhabité vous en prendrez

possession au nom de Sa Majesté

appropriées et d'inscriptions prouvant
découverte et notre possession.»
On sait que c'est au cours de cette recherche effectuée sur
1'"Endeavour" que Cook rencontra la Nouvelle-Zélande dont il
prit possession au nom du roi George III, puis la côte orientale
par l'emploi de
la priorité de la

de l'Australie.

Sud

marques

Il revint en Angleterre par

Batavia et l'Afrique du

(177O.

Deux autres voyages d'exploration sur
1'"Aventure" devaient succéder au premier.

la "Résolution" et

De 1772 a 1774 Cook,
Indien, aussi près que

reparti en sens inverse, explora l'Océan
possible des glaces entre le Cap de Bonne Espérance et la Nou¬
velle-Zélande, découvrit les Iles de^Cook passa à/Tahiti, aux Iles
sic c*

(1) The Mid Pacific Magazine n° 2 janvier

Société des

Études

1931.

Océaniennes

1 «IL fa/làfu

�—

46/

—

Hebrides, à la Nouvelle-Calédonie. Àii
visita les lies Kerguelen, la Tasmanie, la
Nouvelle-Zélande, les lies Tonga, Tahiti, Christmas et aborda aux
Iles Hawaii (Sandwich) où il fut massacré par les indigènes.
0779)L'inexistence du Continent Austral tel qu'on l'avait conçu anté¬
rieurement, était démontrée, mais grâce à l'énergie et aux remar¬
quables qualités de Cook, la Grande Bretagne avait complète les
découvertes des Hollandais et des Français dans l'hémisphère
austral et acquis la possession de l'Australie, de la Tasmanie et

Tonga,

cours

aux Nouvelles
de son voyage il

de la Nouvelle-Zélande.

Ainsi, pour ne pas avoir suivi les conseils du Président de
Brosses, les marins français se sont laissés distancer, lis devaient,
au cours du XIXe siècle,
regagner une partie du temps perdu et
nous assurer la possession de la Nouvelle-Calédonie, ainsi
que des Archipels dont l'ensemble forme aujourd'hui la Co¬
lonie des Etablissements

français de l'Océanie dont l'importance
beaucoup moins considérable. Mais en toute équité il
faut reconnaître que notre pays n'aurait sans doute pas pu dé¬
verser dans les mers australes le Ilot d'immigrants dont les des¬
cendants forment aujourd'hui un total de plusieurs millions
est cei tes

d'âmes.

JORE.

Société des

Études

Océaniennes

�—

]GS

—

jP ■© jLt US, X* •© 3P» cE

TURI et MAHU.

L'Ainilié

Tari était de la

plus forte

qsie

l'Amour.

des dieux. 11 était originaire de Faaroa à
s'appelait Raurea; son ami était Mahu.
Un jour. Mahu et Raurea allèrent à l'intérieur pour chercher
des branches de l'arbre à pain avec l'écorce desquelles ils vou¬
laient faire de l'étoffe (tapa).
Tu ri était assis sur le bord de la mer et les observait. Lorsqu'ils
furent arrivés à un endroit nommé Puarairai, Mahu prit Raurea.
Turi les aperçut et cette action lui causa du déplaisir.
11 se mit à la nage et gagna Papetaitai, une source à Tahaa près
de laquelle habitait une femme belle et vertueuse qu'aucun hom¬
me n'avait
jamais possédée. Elle repoussa toutes les avances de
race

Raiatea. Sa femme

Turi.
Il reprit la mer et se dirigea vers la côte ouest
lieu nommé Motufara où vivait une femme qui

de Tahaa en un
s'appelait Farafara-ura. Celle-ci se rendit à ses désirs, mais quand il lui ordonna
de monter sur un cocotier pour lui cueillir des cocos, elle refusa
absolument et l'abandonna.

Cependant Mahu ayant quitté la femme de Turi se mit à la
son ami. 11 l'aperçut comme il nageait
à travers les
récifs vers Raiatea et le poursuivit avec tant d'ardeur qu'il le re¬
joignit à mi-chemin entre Tahaa et Raiatea.
Quand Turi le vit, il lui dit: « Tiens, c'est toi, mauvais ami
qui m'as fait tant de mal ! Retourne vers ta femme. » — « Je ne
retournerai pas, répondit Mahu, je te suivrai partout, jusqu'à la
recherche de

mort ».

Tous deux

nagèrent vers la haute mer, mais le cœur de Turi
plein d'amertume envers la femme qu'il avait perdue.
Cependant comme il était de race divine, les dieux de Faaroa
lui apportèrent des aliments. Il dit à Mahu : « Mange, mais éco¬
nomise nos vivres. S'il y avait ici une grande vallée nous pour¬
rions nous procurer de la nourriture. Mais nous avons à nager la
face tournée vers les eaux, ou à flotter la face tournée vers les
était

Société des

Études

Océaniennes

�169

—

—

deux

jusqu'à ce qu'une récolte ait succédé à une autre récolte,
qu'une saison ait remplacé une autre saison, qu'une génération
ait pris la place d'une autre génération.
Ils

nagèrent ainsi pendant des jours et ils arrivèrent au Pari de
Taiarapu; ils prirent terre à Papaura où ils burent du

Tahiti à
kava.
On
voit
une

sait pas ce

qu'ils devinrent ensuite ; mais à Mauooro on
pierre qui porte une entaille circulaire faite, dit-on, par
corde qu'on y avait attachée dans l'espoir de capturer Turi.
ne

une

C'est

sans

doute

sa

femme

qui voulait le reprendre.

D'après I. M. ORSMOND 1830.
E. A.

Société des

Études

Océaniennes

�—

170

—

Quelques souvenirs des Tuamoîu. d)
Les visiteurs desTuamotu sont

rares.

Je

veux

parler des"Tou-

ristes";

encore faudrait-il plutôt appeler " Globe-Trotter ", lesamateurs de voyages à bord des goélettes et de
C3S

îles

sans

la moindre modeste

villégiatures dans
auberge ni installation confor¬

table.

Dans l'archipel, pasde luxe, peu de bien-être ; un paysage mo¬
notone, le sol blanc qui éblouit et fatigue autant que le miroite¬
ment de la mer, les risques des
perpétuelles descentes sur les ré¬
cifs, des tempêtes et des cyclones....
Ce tableau pourrait à plaisir être poussé au plus sombre
Pourtant il y a

la contemplation des atolls : « Anneaux de terre
chatoyants et verdoyants encerclant la mer et encerclés par elle.
« Aucune côte, aucune
digue ne résisterait aux éternels assauts
« que l'Océan livre à ces bancs de corail. Mais les
vagues qu'il y
«
précipite laissent aux myriades d'infimes architectes qui les ont
« élevees de quoi cimenter et consolider leur œuvre. »
Depuis les premiers navigateurs émerveillés par le travail des
madrépores, de « leurs fleurs de pierre splendides dans la trans« parence de l'eau », rien n'a
changé pas même l'impression de
Bougainville que ce sont « des terres de misère ».
Malgré tout, là commeailleurs, la vie enchaîne les hommes qui
en respirent la lumière et
qui parfois laissent leurs cheveux blan¬
«

chir

aux

endroits même où ils ont abordé.

Les auteurs

ne placent pas encore « Les Paradis du
Pacifique »
Tuamotu ; ils se trouvent, jusqu'à nouvel ordre, à proximité,
comme dans « La Divine Comédie
», les Champs Elysées voisi¬
aux

nent avec les

tourbillons de l'Enfer,

Tahiti et les
L'une

poétisée

l'humour et le
Stevenson.
Le
le

car

Marquises ontautrement fasciné les imaginations.
par un maître comme Loti, l'autre dépeinte avec
sens aigu de la réalite de l'œuvre admirable de

émigrera-t-il jamais dans nos lies
le romancier est souvent le fourrier des

roman

lières et des

Basses ? Espéronsentreprises hôte¬

villégiatures.

(!) La Rédaction laisse

aux

auteurs toute

responsabilité des laits

émis dans leurs articles.

Société des

Études

Océaniennes

ou

théories-,

�—

171

—

Déjà les voyages des grands découvreurs du XVIe siècle offrent
captivante littérature à laquelle on ne peut rester insensible.
Suivez les routes de Cook, Bougainville, La Pérouse, Dumont
d'Urville, et de ceux qui ont osé passer les premiers parmi ces
une

récifs inconnus et toutes

Pacifique
«
«
«
&lt;&lt;

La

ces

îles de corail

«

Voie lactée du

»...

navigation dans

ces

archipels, même

encore

aujourd'hui,

est incertaine et

toujours circonspecte, quels n'en étaient pas
les périls pour les vaisseaux qui s'y hasardaient sans route ou
sur la foi de cartes incomplètes et erronées. »

Malgré tout, si je ne connaissais pas les Tuamotu et l'écume
qui déferle sur le roc rugueux et blanc, je serais tenté
en lisant le
voyage de La Boussole" et de " l'Astrolabe", com¬
mandes par la Perousede connaître " Vanikoro" (Iles Salomon):
Piès de trois années de découvertes heureuses et de navigation
héroïque se sont terminées là. Trente-neuf ans plus tard" La Re¬
cherche" et "L'Espérance", voient l'île « au delà d'une ligne de
brisants effroyables» et s'en écartent. Pourtantc'était le but cher¬
che. Quelle lugubre ironie! -- Il se nommait d'Entrecasteaux,
celui qui commandait l'expédition, marin intrépide et désireux
de l'Océan

dessus tout de retrouver les restes de son illustre devancier,
quand même éloigné du récif.
Les touristes, qui ne voyagent pas pour la gloire, eu lisant ces

par

il s'est

relations, ont-ils aussi envie de voir

un " effroyable " brisant,
J'en doute. Evidemment les Tuamotu ne sont pas
faits pour eux, pas plus que les Vanikoro... Laissons les, le cœur
en fête, découvrir, à l'aube de l'accostage de leurs vastes paque¬
bots, les sommets qui surgissent « comme les tours d'une mons« trueuse église surchargée d'ornements.... où on distingue:
« bientôt des vallées profondes, des cascades, des bois aux coloris
« de perle, de
rose, d'olive, le tout couronné de nuages couleur
« d'opale ».... et à l'arrivée: Le palace, les femmes fardées et

même de loin ?

les boissons fraîches.

Cependant, de temps, en temps, un globe-trotter venait nous
pendant les anciennes " plonges", ou les troisquarts des habitants des Tuamotu étaient réunis ; un pale renom
de la pêche des nacres perlières en a amené.
J'ai souvenance d'un Français aimable et courageux; ses dé¬
boires depuis le débarquement jusqu'au départ furent nombreux
et pourtant il affirmait, en nous quittant être enchanté de son

voir à Hikueru,

Société des

Études

Océaniennes

�séjour dans l'île si riche en nacres perlières : Cette année-là,
plonge avait lieu dans le secteur du Sud, il fallait débarquer
sur le récif du nord-ouest, franchir le lagon pour aller au village
des plongeurs. Notre homme avait pour tout bagage des jumelles
et un kodak. Dès que l'embarcation toucha le roc, il s'empressa
d'en sortir, une vague survint qui le roula sans ménagement.
Repêché par un pied ou un bras, il reprit son équilibre et gagna
le sable où son casque l'avait déjà précédé. Ses indispensables us¬
tensiles photographiques et sa longue vue, aux mains d'un ma¬
telot étaient secs, mais lui ne l'était guère.
Pour s'embarquer sur le côtre ancré en dehors des pâtés du
bord du lagon, il n'y avaitqu'une pirogue, bonne pour une seule
personne, le vent était fort et la mer clapotait, le patron passa d'a¬
bord les bagages, puis tenant la pirogue par une ligne de pêche
il la fila à vide jusqu'à terre, notre voyageur y prit place, l'esquif
dansait, la corde hâlée lentement résista mais un clapotis plus
court

la

.

fort survenant

avec un

faux mouvement, mit le balancier

en

l'air

•et le passager

dans l'eau. Accroché à la pirogue devenue bouée,
parvint lentement à bord.
Deux heures de traversée en louvoyant, l'alizé soufflait ferme,
il arriva à terre presque sec maisglacé. Il fut surpris quand même
que personne ne fut allé au travail ; il était venu exprès pour voir
des plongeurs, les photographier et compter les minutes qu'ils
passent sous l'eau. Pour avoir trois sujets d'élite et les decider à
gagner le lagon houleux et froid, il ne fallut rien moins qu'une
bouteille de rhum. On partit, le vent rejetait les embruns sur le
côtre comme une pluie glacée, enfin on accrocha une corde sur
un pâté de corail et les trois plongeurs se mirent à l'œuvre. Deux
ou trois fois le filet fut remonté plein de nacres; le vent fraîchis¬
sait, et comme la goélette repartait le même jour, 11 fallut reve¬
nir au point de départ.
L'ouverture des belles coquilles fut un enchantement et une ri¬
che surprise ; L'une d'elles contenait une superbe soufflure de
perle, grosse comme un œuf d'oiseau, bien blanche et en forme
de cœur. Tout le monde abord contemplait la merveille: le pa¬
tron à la barre ne vit pas un " pukakana ", qui émargeait et mon¬
ta dessus. Le côtre abattu par le vent pencha, jumelles et kodak
filèrent à la mer ; on déséchoua le bateau et &lt;?n route.
il

Le film

perdu ainsi que les appareils éveillèrent quelques re¬

grets mais qu'importait puisqu'il y avait l'objet précieux en for-

Soeiété des

Études

Océaniennes

�de

et le bon souvenir d'une

journée pénible mais co¬
pieusement chargée d'émotion. Très gai et satisfait notre compa¬
me

cœur

triote continua

son

voyage.

Je gage que revenu dans sa province, la belle histoire de plon¬
ge racontée et ornée de détails impressionnants, notre héros ne
devait pas encourager ses auditeurs à tenter l'aventure, même si
par heur ou malheur ils devaient un jour passer à proximité de
l'archipel.

quart de siècle j'ai vu aux Tuamotu, en dehors des po¬
pulations indigènes et de leurs mœurs primitives pleines d'ensei¬
gnements, d'autres personnes que les aimables mais trop rares
passagers amateurs : J'ai connu des capitaines, des commer¬
çants et des colons européens, sans compter de braves Mission¬
naires toujours fidèles à leur rude tache. Je ne parlerai que de
ceux qui sont disparus, ils ont leur grande part dans le dévelop¬
pement économique des îles. Je souhaite que mon récit les sauve
un peu de l'oubli et que leurs descendants voientquejelesai aimés
parce que je les ai tous vus souffrir et lutter âprement contre l'ad¬
versité. Aucun ne s'est enrichi, certains sont morts malheureux
En

un

quand ils revenaientà Papeete, ils ai¬
prospérité; Ils avaient le vin gai
pendant la détente de ces courts séjours, accréditant parfois par
vanité les légendes de « Vastes noces pendant la plonge. .. de
coups douteux là-bas dans le commerce des îles... » légendes
qui persistent encore parmi les sybarites de Tahiti (qui eux ne
connaîtront jamais d'autres îles de corail que celle de la rade, à
Motuuta.) Légendes absurdes bien souvent.
et méconnus. Parlant

haut

maient à donner l'illusion de la

Je les ai vus les gens des îles et à leur table, j'ai médité en leur
compagnie, comme qui dirait devant un verre : Ce n'était pas sou¬
vent le cœur en fête! il y avait l'astuce des indigènes qu'aucun
ne
pouvait... égaler, l'inquiétude des affaires et seulement pour
les jours où ils se sentaient joyeux jusqu'aux larmes le souvenir
du coin de terre où ils étaient nés, en France. Placé entre l'in¬

Kanitos ou Mormons, les aven¬
acharnés à critiquer notre pays et, d'un

sulaire, les pasteurs américains
turiers de toutes

sortes

rare personnel administratif dont la régularité des
répond pas toujours à la bonne volonté, c'est déjà un 1
certain mérite, dans l'Archipel de s'avouer Français, bien peu',
vous en savent gré, au contraire.

autre

côté, le

visites

ne

Société des

Études Océaniennes

�_

ill

Voyons quelques figures qui
E. HUBY

«

—

eurent leur temps de gloire !

né natif de StMalo

»

matelot

en

Islande et à Terre-

Neuve, naufragé cinq fois, il avait des anecdotes de

sa

rude exis¬

tence sur tous les

points du globe. De grande taille et très cor¬
pulent, il soufflait et riait bruyamment. Il soulignait généralement
ses plus jolies histoires d'un
coup de coude dans les côtes de son
proche voisin : bien qu'amical, le geste était parfois redoutable
et vous maintenait à

distance... Mais l'ombre des affaires

vrait l'émotion des vieux souvenirs de

cou¬

là-bas, c'était l'éternel ré¬

cit des vilains tours des clients et de leur mauvaise foi...
puis des
méfaits de la mer. Huby perdit tout ce qu'il avait à Hikueru au

cyclone de 1903, il se remit à la tâche, ruiné encore par celui de
1906, il continua à vivre dans la même île et ne laissa à ses enfants
que le souvenir d'un bon et brave homme qui avait connu toutes
les adversités.

Ch. LUCAS

Le

plus modeste des hommes de bien qui dépensa
pendant plus de trente-cinq ans des trésors d'humanité.
Fondateur du premier Syndicat Agricole (il y en a vingt mainte¬
nant), il avait enseigné aux indigènes de cette île très pauvre, l'u¬
sage d'engrais comme le sulfate de fer et les soins à la culture du
cocotier. Au moment des cyclones la caisse de son
Syndicat avait
des réserves qui sauvèrent l'île de la disette.
:

à Katiu

Malheureusement

on
croyait à cette époque que l'exode sur
plonge enrichissait le commerce et assurait un pro¬
fit aux indigènes. Abandonnant leur élevage, leurs
maisons, leurs
terres, ils se rendaient en foule à Hikueru, à Takume... chercher
les nacres et l'espoir d'une belle perle. Ces
agglomérations, mal¬
saines au moral et au physique, s'aggravaient encore des acci¬
dents de plonge; après des mois d'absence ils revenaient
déçus,
endettés, malades et découragés de cultiver des terres envahies
par la brousse et les rats.
Les îles qui fournissent les plongeurs resteront
pauvres tant
que dureront ces exodes. Lucas le savait depuis longtemps, mais
comment retenir les membres de son
Syndicat quand les com¬
merçants de Papeete attiraient par des avances d'argent et de vi¬
vres, ces populations autour de leurs boutiques, riches de
tout ce que l'indigène désire
pour manger, s'orner et se distraire.
La ruine des plongeurs entraîna celle des
commerçants, tout som¬
bre maintenant sous la coûteuse expérience, les
goélettes ne sont
plus françaises ni Indigènes, elles sont devenues chinoises puis-

les lieux de

Société des

Études

Océaniennes

�-

175

-

les Asiatiques se sont substitués à tous les inconscients qui
pendant si longtemps et même encore maintenant préconisent
ces émigrations massives. Les Syndicats Agricoles comme celui
dont Lucas fut le premier organisateur, fixeront-ils enfin les
indigènes chez eux, sur les terres où le cocotier est plus généreux
que la nacre, avec moins d'imprévu, il est vrai, mais d'une sécu¬
rité féconde d'où dépend un meilleur avenir économique pour
que

les Tuamotu.
Charles Lucas était originaire de la Mayenne, il est mort il y a
quelques années, Chevalier du mérite Agricole, c'est la Légion
d'Honneur qu'il aurait méritée.

JAVELOTavait commardédcs bateaux, il lut armateur, per¬
se fixa dans l'île presque sans ressource de Tatakoto.
C'est pendant sa vie que les plantations de cocotiers remplacèrent
la maigre brousse, elle compte maintenant parmi les plus riches
A.

dit le sien et

dans l'Est de

l'archipel.

Eloignés de Tahiti et dépourvus de passes, les atolls de cette
région ont connu l'exploitation agricole plus tard que les autres.
Sauf Fakahina, dont l'histoire comporte une période tragique
survenue en
i860, après l'assassinat des matelots de Paiore.
L'histoire de ce drame écrite parle R.P. Hervé Audran, a été pu¬
bliée dans le Bulletin des Etudes Océaniennes (n° 20 du mois
d'Août 1927). Ramenés quelques temps après, de l'exil, les
Fakahiniens plantèrent leur île vers 1862.
Fangatau le fut plus tard. Je connus cette terre pour la première
en septembre 1905, à bord de la goélette St. Michel, Capi¬
taine F. Hervé, actuellement Administrateur de l'Archipel. Un
passager d'origine alsacienne, nommé Marchai s'y fixa.
Grâce à lui l'île est maintenant aussi riche en cocotiers que Fa¬
fois

kahina.

plus longues à produire : L'Ad¬
transporta des cocos en 1905, les fit plan¬
ter, mais à son retour, l'année suivante, les habitants avaient dé¬
terré les noix et tout mangé. Il fallut recommencer. L'île soumise
à l'indécision des indigènes, malgré les sages conseils des mis¬
sionnaires catholiques, fut lente à se mettre à l'œuvre.
NAPUKA et TEPOTO ont été

ministrateur Marcadé y

PUKAPUKA est

plantée depuis moins de vingt ans. C'est grâce
Temapu, Chevalier du Mérite

à l'effort du vieux chef Mahui a

Agricole. Très vieux et très fatigué il

Société des

Études

dirige encore une partie de

Océaniennes

�—

la

176

—

population de Faknhina qui réside ici. Mahui fut l'exécutant,

mais l'animateur était le R. P. Hervé Audran.

Je

me

fais gloire moi-même d'avoir participé à cette transfor¬

mation d'une île.
L'île de Pukapuka

revendiquée et plantée par la population de
Fakahina, autrefois n'était pas habitée (Kotzebue 1824). Napuka
et Amanu prétendent encore
y avoir des droits. Très fertile, point
d'élection des oiseaux, les goélettes y
venaient chercher des œufs
et des tortues. En 1905 on
y trouvait encore l'oiseau mouton "
qui niche dans la terre, '' le paille en queue" et " l'oie de Christmas", sans compter toutes les autres espèces communes dans
l'archipel; il reste le "Kavcka" toujours fidèle à Pukapuka, les
autres espèces ont fui vers des terres moins habitées. Autrefois
le marin altéré n'aurait pas trouvé un coco,
aujourd'hui sans la
bourre de ces fruits on manquerait de combustible
pour alimen¬
ter le feu et cuire

les aliments.

J'ai connu des capitaines commerçants indigènes comme MAPUHI, un vrai pilote dont la science de navigateur, toute de pra¬
tique élait surprenante.
MERW1N dont la nombreuse descendance compte parmi
les
plus sympathiques et les meilleurs patrons de la colonie.
Avant 1906 il y avait NAR11 SALMON, frère de l'ex-Reine de
Tahiti ; ce gentleman plein de séduction portait d'une
façon in¬
finiment distinguée ses nombreuses générations de vieille
noblesse et d'alliance royale indigène. Il disparut avec la
goélette
Eimeo" pendant le cyclone de 1906.
Tous ces hommes et quelques autres que je ne cite
pas, ont eu
leur part d'influence dans le développement
agricole et écono¬
mique des îles. Les plus belles plantations se sont développées
là ou le commerçant européen s'était fixé à
demeure; autour
d'eux il y avait plus de bien-être et plus d'ordre. Pourtant l'indi¬
gène ne suit pas longtemps l'enseignement qui lui est offert, son
besoin d'émancipation se manifeste non pas par le désir
d'appren¬
dre et de choisir un éducateur mais plutôt
par l'envie de s'en
passer. " Ces pauvres gens que l'on exploite " disent ceux qui
n'ont pas vécu avec eux. C'est encore là une idée toute faite
qui
ranime souvent ce qu'il y a d'anti-français dans l'âme
locale, ou
celle de leurs conseilleurs étrangers... ou bien est-ce la sottise des
encyclopédistes qui dure encore? L'homme de la nature d'après
les philosophes du XV1I1'1 siècle et Jean Jacques
Rousseau en par¬
ticulier ne pouvait être que bon.
"

Société des

Études

Océaniennes

�opinion qui faussa le jugement des grands navigateurs
: Que l'on se rappelle la mort de COOK
1779 dans la baie d'Owhyhee aux Sandwich : Après une hospi¬
talité et un empressement poussés jusqu'à l'importunité, le célè¬
bre explorateur fut massacré par ceux qui l'avaient reçu comme
Cette

leur fut souvent fatale

un

dieu.

Est-ce par bonté naturelle que les indigènes de Tutuila massa¬
crèrent sans raison et par trahison M. De Langle, Commandant

"l'Astrolabe", avec onze hommes de l'équipage et en blessèrent
vingt autres ; c'était en 1789.
Et avant, ceux de ROGGEWE1N, en 1772 attaqués par surprise
à Makatea.... etc.
Il n'y a pas eu un explorateur qui n'ait eu à se
confiance et l'humanité dont il voulait faire preuve

reprocher la
dans ses rap¬

ports avec les indigènes.
C'est

grosse injustice de croire que l'astuce, le men¬
si chers aux primitifs, leur ont été enseignés par¬

encore une

songe et le vol,
les Européens.

soit la valeur morale du commerçant qui a fréquenté
fut-elle médiocre, elle n'a jamais été suffisante
pour exploiter réellement l'indigène : Vingt-cinq millions de
Quelle

que

les Tuamotu,

francs sont dus

au commerce

local par tout

l'archipel, l'une après

l'autre les Sociétés qui, soit disant, les exploraient, se sont effon¬
drées. Le " natif" contemple son œuvre en souriant, conscient

puissance destructrice. L'art qu'un indigène sait développer
emprunter n'a d'égal que son audace pour ne pas rendre.
Il ne nie pas sa dette, mais il cherche à se placer en victime, en
mineur irresponsable et ne rien payer.
Le Rd. P. ISIDORE à Raroia, Takume et autres îles, menait son
monde avec une rude poigne : ii était craint, aime et obéi.
Du côté de Tahanea, Faaite, vivait le Rd. P. PAUL (Il mourut
dans l'une de ces deux îles pendant le cyclone de 1906). Ce brave
homme suppliait ses ouailles, ne se fâchait jamais et pleurait
abondamment sur leurs fautes. Il était aimé et obéi.
de

sa

pour

En conclusion, avec ce double exemple d'efforts ci/ilisateurs,
ces hommes sans faire appel à leur soit disant

l'un dominant

au contraire ne s'adressant qu'aux seniipitié et de dou:eur, obtenant tous les deux le même
résultat, je ne sais plus si Jean Jacques Rousseau a menti, ou si
c'est moi qui juge mal les âmes primitives de çes îles,

bonté native et l'autre
ments de

Société des

Études Océaniennes

�—

178

—-

Je crois surtout à leur intelligence et à leur cruauté.
Je vais à ce sujet raconter la découverte faite en 1915 à Fakahina, découverte macabre mais riche d'un renseignemeni ethno¬
logique important.
Vers 1915 le Chef actuel ayant terminé sa maison voulait nive¬
ler le sol de l'enclos, un groupe de terrassiers avait fait une fosse
pour en extraire le sable et comme la profondeur devenait trop
grande on attaqua la terre à côté. Dès les premiers coups de pio¬
ches on découvrit un crâne, puis tout le squelette.
Il fallut dégager l'ensemble avec
précaution, les racines en¬
chevêtrées formaient un feutrage qui pénétrait partout. Le mort
que l'on avait enterré là, à fleur de terre, était dans une posture
étrange : Replié sur lui-même, à genaux, la face en bas, les os du
métacarpe et des mains encore croisées sur le dos. le derrière
tourné vers le soleil levant, les côtes brisées,
probablement par
piétinement énergique, tout révélait une posture volontairement
infamante.
L'examen du crâne était

encore plus troublant : Une fois net¬
toyé du sable et des racines, la face s'ouvrait, non pas par l'arti¬
culation des maxillaires, mais par une
coupure oblique s'éten¬
dant de la dernière molaire supérieure
gauche, restée dans son
alvéole, jusqu'à la tempe droite, le coup de grâce qui l'avait frap¬
pé avait presque entièrement tranché la tête. La boîte crânienne
assez bien conservée
portait sur un côté une marque circulaire
où l'os avait un aspect ondule qui me fit
penser à la soudure qui
se forme pendant la
guérison des trépanés. J'apportais a ce fait
étrange moins d'attention qu'à la posture du squelette, à la lon¬
gueur des tibias qui étaient d'un homme de très grande taille et
surtout à la blessure de la face, souvenir d'une exécution
brutale,
combat ou sentencedu ''Huiraatira ai ii"
agissant en juge suprê¬
me

Il

!

manquait la double expérience de l'observateur et du sa¬
comprendre toute la valeur scientifique de ces restes
humains; au bout de quelques jours, craignant de froisser les
sentiments des gens de l'île en conservant ma trouvaille,
je mis "
le tout dans une caisse
que l'on porta au cimetière.
Un vieillard m'avait dit: «C'est un des hommes tués
après
« l'affaire de Paiore,
lorsque le bateau de guerre (Le Cassini) vint
« capturer
les Fakahiniens. » Bientôt les commentaires entre les
indigènes fournirent une autre explication : Une vieille femme
raconta, qu'étant enfant elle avait entendu dire qu'un ancêtre
me

vant pour

Société des

Études

Océaniennes

�—

179

—

après avoir « presque été tué
combat contre des gens d'une autre île, s'était remis
de ses blessures mais il avait des moments de folie furieuse et
était devenu tellement redoutable que la population, après ju-

d'une des familles de Fakahina,
«
«
«
«

dans

un

gement des "Feia toroa" (notables), l'avait

ré là

mis à" mort et enter¬

»

Depuis j'avais oublié l'événement ainsi que mes regrets de
quand j'appris que la
Museum de Honolulu,
passant par là avait recueilli le squelette, malheureusement un
peu plus abimé par le temps, j'ai retrouvé ce "scientist'' éminent
à Papeete et lui ai raconté ce que je viens d'exposer.
M. K. EMORY qui lui est un observateur et un savant, avait
apporté à l'examen de ce crâne toute l'attention qu'il méritait :
Cette soudure des os provient certainement d'une trépanation,
d'autres crânes trouvés en Océanie constituent déjà une collection

n'avoir pas osé conserver ces ossements,
mission de M. Kenneth Emory, du Bishop

precieuse réunie à New-York, où celui de notre Fakahinien lésa
rejoints, augmentant d'un anneau la chaîne des documents qui
prouvent la pratique de cette opération délicate parmi les premiers
sauvages de l'Océanie.
La victime à genoux, les mains derrière le dos, dans la position
la plus infamante a bien certainement été punie de quelque crime ;
le malheureux avait l'excuse d'une trépanation qui avait laissé
une fêlure à son cerveau, mais c'était un incurable, il avait fallu
le tuer.

grand calme quand la mer elle-même cesse son
le silence fait peur, lesNapuka, qui vi¬
vent depuis de longues années à Fakahina, mais habitent tou¬
jours en bordure du village, dans des huttes de feuilles de coco¬
tier, n'osent pas dormir. Ils allument un feu, se groupent autour
et improvisent des chants à tour de rôle, qu'ils nomment "Teki".
L'un d'eux psalmodiait un soir:
«On a retrouvé le grand squelette à genoux. -Sa face infamante
« regardait le soleil
se lever. - Le Roi lui a tranché la fête parce« qu'il volait les femmes des autres et tuait les enfants. C'est
« pour cela qu'on l'a tué. »
Un autre chanteur surgissant soudain devant les lueurs vacil¬
lantes du foyer, reprenait comme une réponse :
«Ses grandes jambes n'ont pu le sauver. - C'était un voleur
« et ses descendants sont aussi des voleurs. - Maintenant quand
« ils tournent le dos au soleil ils pensent a l'ancêtre. »
Les nuits de

roulement lointain et que

Société des

Études

Océaniennes

�—

Et

180

—

brusquement il se rasseyait, craignant d'en avoir
troisième reprit :
«Le Tupapau s'était mis dans sa tète. - C'était l'ancêtre de
comme

trop dit,

un

«

Teahio.

«

terre sans être

«

chée.

-

L'ancêtre aussi était

un

voleur et

enveloppé d'une natte, à

on

l'a mis dans la

genoux,

la tête tran-

»

Longtemps dans la nuit ces Teki rompent le grand silence et
portent jusqu'aux dernières maisons ; Chacun les entend mais
les descendants incriminés feignent d'avoir dormi pour ne
pas
être offensés. Ces chants sont en vieux
language de Napuka, pour
cette circonstance

on

affecte de

ne

pas

les comprendre, (i)

Pukapuka, le

10

avril 1931.

Henri BOD1N.

(1) Note bibliographique :
L'ouvrage dont je me suis le plus servi et dont je donne au début de mon récit
quelques citations est celui de M. André BËLLËSSOR : "La Perouse" paru en
1926.

Société des

Études

Océaniennes

�La eo!iItunc tin "I'll"
de

Nous

en
Polynésie et le "FADY"
Madagascar.

publié autrefois, dans ce Bulletin (i) une étude sur
singulière institution qui, à Tahiti comme dans tou¬
tes les autres îles adjacentes, défendait sous les peines les plus
sévères de prononcer ou d'appliquer à quelque personne ou à
quelque objet que ce fût un nom appartenant au roi ou aux prin¬
ces de la famille royale. Même les syllabes composant ces noms
devenaient "tabou" et ne pouvaient plus être employées par le
vulgaire.
C'est ainsi que lorsque Tu prit le nom dePomare, Po qui signi¬
fiait la nuit fut remplacé par"Rui" et Mare la toux devint "Hota".
Sans vouloir renouveler la polémique que souleva cet article
(2), il nous paraît intéressant de signaler une étude parue récem¬
ment dans le Bulletin de l'Académie Malgache (3) et qui nous
montre que pareille coutume existait et existe encore à Madagas¬
avons

le "Pii" cette

car.

qu'il a observées chez les Sakalava du
Sambirano, Monsieur G. Mondain écrit ceci :
Parlant des coutumes

Les

primitifs attachent une très grande importance aux mots
langage. Pour eux, nombreuses sont les expres¬
sions qui renferment comme une puissance cachée s'exerçant
par le seul fait de leur prononciation.
C'est à ce fait qu'on doit rattacher la coutume si répandue à
Madagascar des fady linguistiques.
On sait que dans toutes les tribus de l'île, y compris la tribu
des Merina, il a toujours été interdit d'employer certains mots
ayant formé une partie de noms de princes décédés. C'est ainsi
que le mot "Soherina" (chrysalide) est devenu tabou après la
mort de la reine Rasoherina en 1868 et a été remplacé par la peu
heureuse expression du "zana-dandy" (enfant de ver).
J'ai rencontré pendant mon voyage un assez curieux exemple
de ces fady linguistiques.
«

et

aux

termes du

1)— Février 1926 - Bulletin delaS.E.O. ir 11
2) — Août 1927 - Bulletin iv 20
3; — Bulletin de l'Académie Malgache 1929 tome Xll p. 27 et suivantes.

Société des

Études

Océaniennes

�—

182

—

Après la mort relativement récents de la reine Tsirasy,
plu¬
sieurs mots sont devenus
"fady" dans la tribu sur laquelle elle
dominait. Non seulement le mot "rasa"
(couper, découper) a été
prohibé, mais le mot français carafe qui s'était introduit dans le
parler sakalava a été lui aussi frappé d'ostracisme sous le
prétexte
que sa prononciation se rapprochait de celle de la feue souveraine
;
d'autre part, cette dernière avait un surnom.
Comme déjà très
jeune, elle avait manifesté un goût très vif pour les boucles
d'oreilles (kavina, en
malgache) on l'avait appelée parfois Bekavina. Aussi le mot kavina à Son tour est-il
devenu fady. Pour le
remplacer, les Sakalava ont choisi une expression vraiment bien
extraordinaire. Ils ont forgé un mot au
moyen de deux termes
français. Se référant au fait qu'une boucle d'oreille est un
objet
qui entre dans le lobe auriculaire, ils ont cru bon de
le
prendre
mot français "entrée"
pour former la première partie de leur ex¬
pression nouvelle, et pour la compléter, ils y ont
ajouté le mot
madame, puisque le port des boucles d'oreilles est essentielle¬
ment d'ordre féminin et de cette bizarre
conception est né ce néo¬

logisme, "entrée-madame" pour désigner un pendant d'oreille.
Je ne sais d'ailleurs pas comment un sakalava, sachant écrire,
orthographierait ce vocable si singulier. J'ai simplement entendu
dire d'une élégante
qui passait: "manao entrée-madame izy", ce
qui ne voulait rien dire d'autre que ceci : "Elle porte des boucles
d'oreilles".

»

) 11 y a là, nous semble-t-il, une preuve nouvelle et indéniable
la communauté d'origine des Malgaches et des
Polynésiens.
Nous devons reconnaître cependant que
le "fady" malgache est
d'un ostracisme
beaucoup plus rigoureux que le "pii" tahitien
puisqu'il interdit même l'usage de mots français comme carafe.

; t e

D'autre part, les sanctions étaient
plus sévères peut-être à Ta¬
hiti. Ce n'était rien moins que
l'empalement pour celui qui em¬
ployait un mot réservé à la royauté.
Te taata i hape i te reo ra ; o ohure ura tona ioa.
Tera te au
raa o te ohure
ura, e tabu ia. " Celui qui fait une faute en
"

parlant
empalé, il devient une victime pour les dieux".
Si cette loi était toujours en
vigueur, que de pals il faudrait de
nos jours pour tous ceux
qui font des fautes en parlant et bien
plus encore en écrivant.
sera

Ed. AHNNE.

Société des

Études

Océaniennes

�Acquisitions
la

cl dons pour le Musée de

Ilihliolhèque de la S. E.

Papeete et

O.

M US ÉE
Don de M. le Gouver¬
neur

Jore.

Un plan en relief à l'échelle de i/^oooème
du PortPhaéton et de l'Isthme de Tara-

dressé par le Service des Construc¬
tions de la Direction de l'Artillerie en

vao,

1883.
Dons de MM. Skinner
et

Emory.

Avant et quille de Pirogue paumotu.
Lance paumotu en bois de cocotier.
Pierre à

aiguiser les haches.
Quelques pierres des Maraes de Meetia.
1
pirogue Paumotu.
1
photo représentant un exercice avec des
"

koke "

tu à

1
2

Don de M. Cabouret.

" kiene "

photo représentant

1

1

ou

l'abri dans

(lances).

une

pirogue paumo¬
indigène (fare

une case

niau).
lampe (mori) en pierre.
ancre (tutau) en pierre.
clichés pour imprimer des photographies
dans le Bulletin de la S. E. O.
crâne humain trouvé à

1

l'emplacement

de la Maison Stuart.

Don de M. Massaïnoff.

1

pirogue

en tamanu ayant appartenu

à

la Reine Pomare IV.

ECHANGES fait avec le
Donné par le
Musée de

Papeete.

Musée de Dunedin N. Z.

Un dieu (tiki) en pierre rouge de Tahiti.
Un petit cercueil ancien.
Un manche de hache sculpté des Nouvel¬
les-Hébrides.
Un

grand hameçon

Société des

Études

en

bois.

Océaniennes

�'184

—

Reçu du

—

Un pilon (penu) de Mangaia.
Un pilier sculpté (poupou) d'une Maison

Musce de Dunedin.

Communale maorie.
Une

pagaie des Iles Australes sculptée.

Une collection de haches maories.
Une collection de

Achats de la S.E.O.

Une

rame

maorie.

Une

arme

maorie

Une

arme

maorie,

tableau à

i

Hervé.

l'huile de Mademoiselle A.
Scène de

—

Fond de la

i
1

sculptée (Taiahu).
en os, sculptée.
plonge,

tableau à l'huile de M. Dommartin.

i

4

hameçons maoris.

—

mer.

aquarelles de Monsieur Dommartin.
Paysages ou couchers de soleil,
portrait de Pom are V.
tableau en pied de Pomare IV.

Couronne et sceptre ayant appartenus
Pomare 111.

—

à

Décorations de Pomare V.
2

sabres et décorations du roi et du Piince
Hinoï.

ItlBlLI O

TIIÈ

I E

Dons.

Don de M. le Gouver¬
neur

Instructions

Jore.

l'Institut

d'enquête linguistique de
d'Ethnologie de l'Université de

Paris.
La

Marine

Marchande

Française.

—

G.

Candace.
i

photographie de M. le Gouverneur Joie.
Corps of Auckland — New-

De M. Paul Serre. The consular
Zcaland.
De Mme ChoffatBertrana.

Paradisos Oceanics

De Monsieur de
Montluc.

En Océanic
Tahiti

Société des

—

—

—

A. Bertrana.

Edmond Cotteau.

Jules Agostini.

Études

Océaniennes

�De l'auteur

avec

dédicace.
Nouvelle Contribution à l'Etude des Nudi-

branches Néo-Calédoniens
bec.

—

Jean Ris-

Observations

Biologiques sur quelques
mollusques de la Nouvelle-Calédonie —
M. J. Risbec.

The l.oricates of the New Caledonian Re¬

De Monsieur

J.

gion

—

Le café

en

A. F. Basset Hull and J. Risbec.
J. Risbec.

Nouvelle-Calédonie

—

M.

A. Ilott.

Les derniers sauvages
aux Iles Marquises

(La vie et les mœurs
— Max Radiguct —
Avant-propos de Jean Dorsenne.
La Nouvelle Cythère — Fesche.
Islands Near the Sun
Evelyn Cheesman.
—

De Monsieur le

Docteur Cassiau

Voyage de 1' " Astrolabe"de 1826 à 1829

—

Dumont d'Urville.

Pearls of the

Pacific

—

J. W. Boddam

W h et h a m.
De Monsieur
Paul Nordman.

The

Geography of Witchcraft

Montague

Summers.
Achats.

Légendes de l'Océan Pacifique —
Bruyère.
Le dernier Voilier dans l'Océan Pacifique
La Bruyère.
Le bateau Ivre
Jean Dorsenne.
Polynésie — Jean Dorsenne.
Les Intérêts Français dans l'Océan Paci¬
fique—Paul Deschancl.
Le Premier demi siècle de l'Apostolat des
Picpuciens aux IlesGambier— G. Goyau.
Atlas Universel de Géographie — Vivien

Contes et
La

—

de St. Martin et Schrader.

Chez les Maoris

Aux

—

Levacon.

îles-Sous-le-Vent

Société des

Études

—

Océaniennes

Mme G. Brunei.

�186

—

Nos

—

Etablissements

Océanie

en

H.

—

Courtet.
Le

Partage de l'Océanie
Malayo-Polynésiens

Henri Russier.

—

Les

P. Rivet.

—

El Dcscubrimiento de Oceania

tigueses

—

porlos Por-

Luis Vidait.

The

Savage South Seas — Norman H. Har¬
dy — E. Way Elkington.

Some

Polynesian cuttlefish baits—Beasley.
L'Archipel aux Sirènes — W. Somerset
Maugham.

Les Veillées des lies

Robert-Louis Ste¬

—

venson.

Iles

Marquises

Océanie

—

Océanie

—

—

Gracia.

Henricy.
La m bel.

Chez les Cannibales

Question de Tahiti
ECHANGES
Institut

avec

le

—

—

C. R. de Tolna.

L.

Lecuq.

Bulletin.

d'Ethnologie
Paris.

Essai

sur

la

grammaire Banda

—

R.

P.

Charles Tisserant.

Dictionnaire Banda-Français
les Tisserant.
Bernice
Museum

P.

—

R. P. Char¬

Bishop

Honolulu.

Proceeding Hawaïan Academy of Science.
Report of the Director for 1929 — Herbert
E. Gregory.
New plants from Fiji — John
Wynn Gil¬
lespie.
Hawaïan Proverbs and Riddle
P. Judd.
The

—

Henry

Physical Characters of the Society Is¬

landers

—

H. L.

Shapiio.

Samoan Material Culture
roa

(P. H. Buck).

Société des

Études

Océaniennes

—■

Te

Rangi Hi-

�187

—

—

History and Culture in
lands
E. S. Craighill.
of
the
Director for
Report
E. Gregory.

the

Society Is¬

—

1930

—

Hebert

Vascular Plants of the Leeward Islands
Hawaï
Erling Christophersen and
Edward L. Caum.
—

Social

organisation ofManua

Margaret

—

Mead.

Archaeology of Kauai

—

Wendell Clatk

Bennett.

Proceedings Hawaïan Academy of Science
Fifth Annual

Divers

Der

Meeting 1930.
Ursprung der Gottesidee—

(P. W. Schmidt S. V. D.)
Yaksas—Ananda K.

1931

—

Coomaraswoamv,

Azilian Skeletal Remains from Montardit

Ariège

—

France

—

Ruth Otis Sawtell.

Catalogue of the Hockcn Library

—

Dune-

din.

Archivio per

1'AntropoIogia

e

la Etnologia

(Paolo Mantegazza)

Echanges

avec M. P.
Nordman.
Le Guide des enfants Tahitiens
pour ap¬
prendre le Français — R. P. Richard Le

Moing.
A South Sea Romance
fa ury.

Conversation

Herbert Mors-

Canaque sur les phénomènes

de la nature

Les

—

lies

Marquises.
plantes indigènes de l'Ile Tahiti
—

—

Dr.

J. Nadeaud.
1

Papeete

—

lot de 27

Imprimerie

Société des

Bulletins du Bishop Museum.

du

Gouvernement

Études

Océaniennes

��BUREAU DE LA SOCIÉTÉ
Président.

M. E. AhnNE.

Vice-Président
Trésorier

M; C; Bérardi
M. A. GaËouret,

.

Secrétaire-Archiviste.

'.

M. Y. Malardé

.

Bibliothécaire et Conservatrice du Musée M116 E. Bodim
Pour être reçu Membre
membre titulaire.

de la Société

se

faire présenter par

un

BIBLIOTHÈQUE
Le Bureau de la Société informe

Membres que

dé¬
peuvent emporter à domicile certains livres de
la Bibliothèque en signant une reconnaissance de dette au
cas où ils ne rendraient pas le livre emprunté à la date
ses

sormais ils

fixée.
Le Bibliothécaire

présentera la formule à signer.
Bibliothèque est ouverte aux membres de la Société
et à leurs invités tous les jours de 9 à 11 heures et de 15
à 17 heures.
Le Dimanche de 14 à 17 heures.
La

MUSÉE
Le Musée est ouvert le
et les

Jeudi et le Dimanche de 14 à 18 heures ;
jours d'arrivée et de départ des courriers. Mêmes heures.

Pour tout achat de Bulletins,
s'adresser

au

échanges

Président de la Société,

ou

ou
au

donation de livres
Bibliothécaire du

Musée, Boîte 110, Papeete.

LE BULLETIN
Le Bureau de la Société accepte l'impression de tous les articles
qui paraissent dans le Bulletin mais cela n'implique pas qu'il
epouse les théories qui y sont exposeés, ou qu'il fait sien les
commentaires et les assertions des divers auteurs qui, seuls, en
prennent toute la responsabilité.
Aux lecteurs de former leur

appréciation.
La Rédaction.

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Société des

Études Océaniennes

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            </element>
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                <text>La Société des Études Océaniennes (SEO) est la plus ancienne société savante du Pays. Depuis 1917, elle publie plusieurs fois par an un bulletin "s’intéressant à l’étude de toutes les questions se rattachant à l’anthropologie, l’ethnographie, la philosophie, les sciences naturelles, l’archéologie, l’histoire, aux institutions, mœurs, coutumes et traditions de la Polynésie, en particulier du Pacifique Oriental" (article 1 des statuts de la SEO). La version numérique du BSEO dispose de son ISSN : 2605-8375.</text>
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    <name>Text</name>
    <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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              <text>Bulletin de la Société des Études Océaniennes numéro 40</text>
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              <text>Assemblée Générale - Compte-rendu de l'Assemblée générale du 7 mars 1931 155&#13;
Histoire et Géographie Le véritable but des missions du Capitaine Cook dans les " Mers du Sud " à la fin du XVIIIème siècle par L. Jore 163&#13;
Folklore - Turiet Mahu (Légende de Raiatea), par M. Orsmond. E. Ahnne 168&#13;
Tourisme - Quelques souvenirs des Tuamotu, par H. Bodin 170&#13;
Linguistique - Le "Pii" des Tahitiens et le "Fady" de Madagascar, par E. Ahnne 181&#13;
Avis&#13;
- Ouvrages reçus 83&#13;
- Acquisitions pour le Musée 184</text>
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