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                  <text>Bulletin
DE

h

Société des

la

m
©

s

ÉTUDES OCÉANIENNES
N« 69

TOME VI

(No 8)

JUIN 1943

Anthropologie

—

Ethnologie

—

Philologie.

vwwwvwww

Histoire

—

Institutions et Antiquités

populations maories.

des

Littérature et Folklore.

Astronomie

—

Océanographie

IMPRIMERIE

A

&gt;C1

DU

—

Sciences naturelles

OOBÏERKBHBNT

PAPEETE

(TAHITI)

�Les articles
teur

a

publiés dans le Bulletin, exceptés ceux dont l'au¬
ses droits, peuvent être traduits-et
reproduits
expresse, que l'origine et l'auteur en seront men¬

réservé

à la condition

tionnés.
Toutes communications relatives
la

au

Société, doivent être adressées

au

Bulletin

au

Président.

Musée ou à
Boîte 110,

Papeete, Tahiti.
Le Bulletin est
Prix de

ce

envoyé gratuitement à tous

ses

Membres.

numéro

10

Cotisation annuelle des Membres résidents
Cotisation annuelle des Membres résidents

en

français
Cotisation annuelle des

étrangers

fr.

»

40

francs.

50

francs.

3

dollars.

pays

SOUSCRIPTION UNIQUE.
Membre à vie résidant

en

Membre à vie-résidant à

France

ou

dans

ses

colonies. 500 fr.

l'Etranger, six livres sterling

ou

trente dollars.

Avantages de

faire recevoir Membre a vie pour cette som¬
(Article 24 du Règlement Inté¬
rieur, Bulletins N° 17 et N° 29).
me

versée

une

se

fois pour toutes.

i° Le Bulletin continuera à lui être

adressé, quand bien même

il cesserait d'être Membre résidant à Tahiti.
20

Le Membre à vie n'a

paiement de

sa

plus à se préoccuper de l'envoi ou du
cotisation annuelle, c'est une dépense et un souci

de moins.
En
sont

conséquence: Dans leur intérêt et celui de la Société,
invités à devenir Membre à vie:

TOUS CEUX qui, résidant hors Tahiti, désirent recevoir le
Bulletin.
TOUS LES

jeunes Membres de la Société.

TOUS CEUX

qui, quittant Tahiti s'y intéressent quand même.

Société des

Études

Océaniennes

�de

la

OCÉANIENNES

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES

(POLYNÉSIE ORIENTALE)
TOME VI
IV0

6f».

—

(No 8)

JUIN

lî&gt;43.

SOMMAIRE

Pages
Actualités.

Compte-rendu de l'Assemblée Générale du 5 avril
1943

289

Ethnologie.
Introduction du tabac à Tahiti

-

P. I. Nordmann

..

296

Histoire.

Adolphe Poroi à M. Chessé, commu¬
niquée par T. Teriierooiterai
Le Gouvernement Provisoire de 1842, à Tahiti - B.
Lettre de M.

301
305

Cambazard
Sciences.
Le

Régime pluviométrique de Tahiti

-

J. Giovan-

nelli

321

Divers.

Arrêté n° 303 a.p. approuvant la constitution du Bu¬
reau de la Société des Etudes Océaniennes.....

Avis

Société des

Études

Océaniennes

336
336

�8 Si ■

' il 1.

1.

.

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...

.

.

.......
.

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-

.

'

Société des

Études Océaniennes

«

,

�Assemblée

générale annuelle

du 5 Avril 1943
au

Musée de Mamao.

Ahnne, Président sortant, ouvre la séance en souhai¬
le Colonel Georges Orselli, Gouverneur
des Etablissements français libres de l'Océanie et le remer¬
M.

tant la bienvenue à M.

d'intérêt qu'il a bien voulu donner à noire
acceptantla présidence d'honneur de cette séance.
Il remercie également les membres présents qui, malgré les
préoccupations et les devoirs que les événements actuels
apportent à chacun, ont bien voulu consacrer quelques ins¬
tants à l'étude de questions d'un ordre moins pressant et
d'un intérêt tout spéculatif. C'est pour ces raisons que le Bu¬
reau n'avait pas jugé opportun de convoquer, l'an dernier,
cie de la marque

Société

en

l'Assemblée Générale.

Puis, le Président rend compte de l'activité de
au cours

la Société

de l'exercice écoulé.

Le nombre

diminué, par
départs. Il est actuellement de 195, se

des Sociétaires a quelque peu

suite de décès et de

répartissant comme suit:
Membres à vie
Membres de droit
Membres résidant à Tahiti ou dans les
Membres

en

France

ou

îles.

à l'étranger

27
13
132

23
195

M. Ahnne

évoque la mémoire d'un de nos plus

actifs et

plus fidèles sociétaires, le Lieutenant de réserve André Ropiteau, mort au champ d'honneur au début de la guerre.
Chacun àTahiti connaissait Ropiteau, cet aimable garçon,
plein de vie et d'enthousiasme dont le nom sonore semblait
fait pour la langue Lahitienne. Fils d'un grand propriétaire
de vignobles, à Meursault, il passait une partie de son exis¬
tence à placer les vins paternels, mais il profitait de ses dé¬
placements pour visiter les Musées, Bibliothèques etLibrai«

Société des

Études Océaniennes

�—

ries;

290

très cultivé, bibliophile

s'était fait

—

averti et collectionneur, il

spécialité de l'Océanie, était admirablement,
documenté sur l'Ethnographie des Maoris et avaitréuni une
remarquable collection d'ouvrages sur la Polynésie. Quand
il avait ainsi voyagé pendant deux ans environ, il venait
prendre 6 mois de vacances dans nos îles ou plutôt, dans
l'une des plus petites, des moins civilisées, à
Maupiti.
Là. pendant des mois, il vivait complètement la vie des
indigènes, les accompagnant à la pèche, partageant leurs
occupations et leurs jeux, se nourrissant comme eux et ne
buvant que de l'eau claire, car ce
voyageur en vins de Bour¬
gogne était le plus sobre des hommes. Puis, tout à coup, il
quittait ses amis Tahitiens et retournait dans le monde civi¬
lisé. Je l'ai vu ainsi revenir à Tahiti
cinq fois dans un inter¬
valle d'une douzaine d'années; sa première visite était tou¬
jours pour notre Musée et notre Bibliothèque, et chaque fois
il nous rapportait quelques-unes de ses trouvaillés.
Un trait encore vous le peindra : 11 voyageait en 3e classe
sur les
paquebots. «Pourquoi.» disait-il, « dépenser inuti¬
lement son argent dans la compagnie de désœuvrés dont la
conversation n'a rien d'intéressant? » Mais, un
jour, il ap¬
prend qu'Edwards, le grand libraire de Londrés, mettait en
vente une collection d'ouvrages sur l'Océanie; immédiate¬
une

ment il

prend l'avion et achète pour 25.000 francs .de livres !
C'est à l'initiative de Ropiteau, grâce aussi, pour une
part,
fonds

qu'il a recueillis en France dans une tournée de
conférences, que nous devons la statue de Pierre Loti.
D'aucuns prétendent que ce buste lui ressemble
singuliè¬
rement et, comme je lui en parlais un jour,
il me répondit :
« C'est bien
possible, j'allais si souvent à Paris regarder tra¬
vailler le sculpteur Besnard quand il faisait sa
maquette,
que j'ai bien pu l'influencer. »
La dernière lettre que j'ai reçue de
Ropiteau date de Fé¬
vrier 1940, alors qu'il était au front en Lorraine comme Lieu¬
aux

tenant d'Infanterie. Permettez-moi d'en citer

sages. « Je mène une vie de bête, bien
mais
mes

je suis soutenu

par

le sentiment, du devoir

réserves d'Océanie,
mes

et aussi par

toujours aussi vivantes, car l'Océa¬
place merveilleuse dans ma vie intérieure et
rêves. Sans doute, vous aussi, à Tahiti, souffrirez-

nie occupe une

dans

quelques pas¬
bien grise,

creuse,

Société des

Études

Océaniennes

�—

291

—

de quelques effets de la guerre : absence de nouvelles,
difficultés de ravitaillement, mais ce sera peut-être un bien¬
vous

beaucoup de nos amis des îles de redevenir un peu
plus tahitiens ; plus que jamais, je suis convaincu qu'il y a.plus
de beauté etplus de bonheur à vivre à la manière - à la bonne
manière
des ' ' taata tahiti " plutôt qu'à celle des '; popaa
Gardez-les bien intactes, nos chères petites îles, pour que
nous les retrouvions toujours pareilles, et puissions-nous
mériter des lauriers pour mêler aux fleurs de vos couronnes. »
fait pour

-

En terminant, il

ajoutait

: «

Si je disparais dans cette guerre,

j'ai pris mes dispositions à l'égard de mes amis de Maupiti,
mais je voudrais laisser aussi quelque chose à notre Société
des Etudes Océaniennes: M. Klima a en dépôt pour environ
5.000 francs de livres m'appartenant. Vous lui demanderez
de vous remettre tout l'argent qu'il a pu en tirer et le solde
des livres. Veuillez accepter cela comme une preuve de mon
respectueux attachement au Président et à la Société. »
Quand j'ai reçu cette lettre, ajoute M. Alarme, j'ai bien pen¬
que Ropiteau ne reverrait jamais cette terre, de Tahiti
qu'il aimait,tant: il n'était pas de ceux qui restent en arrière !
sé

BULLETIN.— Le Président explique ensuite pourquoi

le
depuis trois ans, le der¬
nier numéro, le 68, date de Mars 1940. Au début de la guerre,
le manque de papier, puis son prix très élevé, rendaient
cette publication bien difficile. En outre le Bureau s'est de¬
mandé s'il était opportun, alors que des événements si gra¬
ves et si tragiques occupaient toutes les pensées et tous les
cœurs, de continuer des études purement théoriques et d'un
Bulletin de la Société n'a pas paru

intérêt tout rétrospectif.

Le Président demande à l'Assemblée

juge utile de reprendre la publication du Bulletin
comme plusieurs Sociétaires le lui ont demandé.
Avec l'approbation de Monsieur le Gouverneur, qui pense
qu'il eèt matériellement possible de faire paraître le Bulle¬
tin semestriellement, l'Assemblée décide de reprendre la
publication de ce périodique.
Ainsi pourrons-nous reprendre nos échanges avec la plu¬
part des autres Sociétés savantes de Grande Bretagne et des
Etats-Unis qui n'ont pas arrêté leurs publications depuis le
si elle

début de la guerre.

Société des

Études

Océaniennes

�La matière ne manque d'ailleurs pas pour le Bulletin. Le
Président cite entre autres, un travail très documenté sur le

Gouvernement Provisoire de Tahiti (celui de

1842-1843) que
Magistrat Cambazard, mobilisé comme officier d'in¬
tendance quelque part, lui a remis avant son départ.

M. le

Il a également reçu une notice fort intéressante de M. le
Capitaine de Corvette Cottez, qui a profité de ses loisirs, à la
Martinique, à bord du porte-avion "'Bearn " pour faire une
étude sur le Navigateur Russe Lazareff qui visita nos para¬
ges vers 1815.

MUSÉE.—
menter

nos

Très peu

d'acquisitions ont été faites pour

collections

aug¬
des deux dernières années,

au cours

les

objets véritablement anciens deviennent de plus en
plus rares et sont toujours d'un prix très élevé. Signalons
cependant un " Tii " très curieux dont le dos est en forme
de'tortue, trouvé par M. Jay dans une vallée de Ilaapape et
transporté par ses soins dans le jardin de notre Musée.
car

«

Nous connaissons

encore

ties de l'île de Moorea

à Tahiti et dans différentes par¬

plusieurs monuments du passé qu'il

serait intéressant de tirer de l'oubli et surtout du fouillis de

végétation qui les

recouvre de plus en plus, mais les difficul¬
transport, surtout à l'heure actuelle, nécessiteraient
dépe'nse trop lourde pour notre modeste budget.

tés de
une

Cependant, la mystérieuse pierre gravée de Tipaerui, dont
donné une reproduction dans un de nos Bulletins,
est d'un accès plus facile. Jusqu'à présent, par suite d'une
crainte superstitieuse, la famille sur la propriété de laquelle
se trouve cette pierre, s'opposait formellement à son trans¬
port. On dit qu'aujourd'hui un arrangement serait possible.
nous avons

Nous

reprendrons à

nouveau

cette

question,

car

cette

se trouvant dans le lit d'une petite rivière, le relief
s'en efface de plus en plus, sous l'influence des eaux, et il
serait désirable qu'elle pût être transportée ici, aussi bien

pierre

la conservation que pour en faciliter l'étude
qui s'intéressent aux vestiges du passé.

pour en assurer
à tous ceux

BIBLIOTHÈQUE.— La Bibliothèque et la Salle de Lecture

Société des

Études

Océaniennes

�293

—

—

fréquentées par un certain nombre de lec¬
visiteurs d'occasion. Nous avons été heu¬
reux de rencontrer parmi les marins ou les militaires que la
guerre a conduits dans nos îles, plusieurs officiers s'intéressant beaucoup à toutes les questions concernant nos îles :
histoire, linguistique, ethnographie et qui ont consulté avec
intérêt les ouvrages spéciaux et assez difficiles à se procu¬
rer aujourd'hui que possède notre Bibliothèque.
continuent à être

teurs assidus ou de

s'est guère augmenté au cours
deux dernières années : les ouvrages anciens concer¬

Le nombre de nos livres ne

de

ces

nant Tahiti/deviennent

de plus en plus rares et ce

n'est que

de patientes recherches et au moyen d'échanges que nous
arrivons à combler quelques vides. Toutefois, nous avons
continué à recevoir d'Amérique, et surtout du Bisliop Mu¬
séum d'Honolulu, un certain nombre de Bulletins qui con¬
tiennent souvent de très intéressantes études sur nos îles.
par

Le Président conclut

ainsi

son

rapport:

Société continue à vivre : elle a aujour¬
d'existence, ce qui est un bel âge. à Tahiti, pour
une Société. Je n'ai pas la prétention de croire qu'elle répand
autour d'elle et au loin, une lumière éclatante. Je compare¬
En résumé, notre

«

d'hui 26

ans

discrète que répan¬
de pierre alimentée
à la clarté fuligineuse des ba¬

rais plus volontiers son éclat à la lueur
dait, sur les anciens marae, la lampe
d'huile de

coco :

ou

encore

guettes enfilées de noix de bancoul que

les anciens Tahitiens

pourchasser "les tupapau"
peut-être, pour allumer leurs cigarettes.

allumaient dans leurs cases
et,

....

" peut-être
sur lequel je me per¬
attention, car la date de l'importation

Je terminerai par ce
mets d'attirer votre

du tabac dans nos îles n'a pas encore été fixée d'une manière
précise. Elle a pourtant une certaine importance, car elle peut
apporter une donnée nouvelle dans la question si souvent étu¬
diée et discutée des relations qui ont certainement existé au¬
trefois, avant l'arrivée des Européens, entre les anciens
Maoris et les Indiens de l'Amérique du Sud.
Chers
vos

Sociétaires, je livre ce sujet à vos méditations et

recherches.

»

Société des

Études Océaniennes

à

�—

Conformément

294

—

valide ensuite

statuts, l'Assemblée

aux

l'admission de quelques nouveaux membres qui sont élus à
l'unanimité. Ce sont : M. leCommandant Lorotte etMadame ;

MÔntlezun, Stone, Mordvin'off et Du mien.

M.M. dé

du Rapport financier de notre
Gabouret.

Lecture est ensuite donnée

dévoué Trésorier, M.
Ce
suit

résume comme

rapport qui est adopté à l'unanimité, se

:

SITUATION FINANCIÈRE
Du Ier

janvier I S3A-Î au oi mars

RECETTES
Solde

en

1^443

:

Caisse Janvier 1942

:

Banque de l'Indochine

2.503 85

Cbin Foo

1.166 19

Allocation du Service Local
Cotisations

:

1942/1943

Dons divers
Frs

3.670 04
5.400

»

240

»

11

»

9.321 04

DÉPENSES:
Salaires

Bibliothécaire

du 1/1/42 au

6.000

31/3/43, soit 15 mois à 400 1rs
Electricité, 1/1/42 au 28/2/43
Facture

Laguesse, réparation

machine

à écrire

Achats de livres

Monthly
Timbres et fournitures de bureau.
Abonnt. Pac. Islarid

Boîte

»

121 75

...

postale et gratification facteur.

.

260
121
80
97

»

65

»

»

»
»

en

Frs

Société des

Études

Océaniennes

7.044 75
1.110 10
1.166 19

Caisse Banque de l'Indochine.
Solde Cbin Foo (Pro Mémoire)
Solde

9.321 04

�295

—

—

procède ensuite au

BUREAU.— L'Assemblée

dont les pouvoirs sont
scrutin secret pour une

ment du Bureau

Sont élus au
2

renouvelle¬

expirés.
nouvelle période de

ans :

M.M. E. Ahnne

;

Vice-Président ;

P. I. Nordmann

Secrétaire-Archiviste

A. Cabouret

Trésorier

;

;

Rey-Lescure

Assesseur

A. Poroi

Assesseur.

Comme le
ciété

Président

Rollin

Dr L.

;

prévoit l'arrêté du 1er janvier 1917 créant la So¬
l'élection ne sera validée

des Etudes Océaniennes,

qu'après approbation de M.

le Gouverneur.

donné lecture d'une lettre de M. P. Nordmann
pétroglyphe qui se trouve dans la vallée de Tipaerui et qu'il serait désirable de transporter au Musée de
Mamao. Malgré le poids de cette pierre. M. Nordmann pense
que le transport en serait relativement facile et peu coûteux,
si l'on pouvait obtenir l'aide de la troupe ou de la mainIl est encore

relative

au

pénale.
Après échange de vues à ce sujet, le Bureau est chargé
de faire les démarches nécessaires pour assurer la réalisation
d'œuvre

de ce

projet.

La séance est

levée à 18 h. 30.
LA

Société des

Études

RÉDACTION.

Océaniennes

�296

—

—

ENQUÊTE SUE L'INTRODUCTION DU TABAC A TAHITI
NOTE
Notre

ciété,

a

DE

LA

RÉDACTION

Président, dans l'exposé des activités de notre So¬
soulevé "in fine" la question de l'époque de l'intro¬

duction du Tabac dans

nos

îles. Je

chercher des éclaircissements

me

suis efforcé de

re¬

sujet, en tirant quel¬
conclusions avec la plus grande réserve. Toute commu¬
nication et opinion touchant cette question sera reçue avec
sur

ce

ques

reconnaissance.

Histoire du tabac

en

Polynésie Orientale.

Cette plante a été introduite en Europe par Christophe Co¬
en 1492. C'est Jehan Nicot. seigneur de Villemain, am¬
bassadeur à la cour du Portugal, qui l'a importée en France

lomb

vers

la fin du XVme siècle.

(Nicotiana labacum) n'est probablement pas une
production autochtone en Polynésie. Son introduction remon¬
te à une époque très reculée qu'aucun document certain ne
permet de préciser.
Le tabac

En

Polynésie le tabac

Aux Gambiers

(k) Ava

:

Dictionnaire

se dit:
Mangarévien

Ava

Tous les alcools

Ava

Pyper Methesticum

Aux Tuamotu et Tahiti

:

Tepano

JANSEN, Dictionnaire Tahitien-Français

Avaava

Tabac,

Avaava

runui

Pupuhi

avaava

acide, aigre
Tabac étranger
Pipe
Pyper Methesticum.

Ava
Aux

Marquises

:

amer,

DORD1LLON, Dictionnaire des îles Marquises :
nom des ustensiles pour l'usage du tabac)

(.Nous donnons également le
E

:

Tabac à fumer

ava

pake

/

E maimai

Tabac

E kava a'u

Société des

Études

Océaniennes

:

�—

297

Pyper Methesticum
Amer, âcre, acide
Très amer, qui répand une odeur désagréable
Qui empeste, qui a une odeur forte

Kava (a va)
Kava

KaVahia
Kavaeo
E paepa
E puoro
E

pioro

—

Pipe (anglais: pipe)
Boîte à

briquet
Tuyau de pipe
Charger une pipe

puoro

E vitiviti epaepa
E haohao ite epaepa

Il semble clone que les Polynésiens n'avaient pas de mot
indigène pour désigner le tabac. Comme tous les fumeurs
débutants ils éprouvaient un dégoût, et des nausées à leurs
premiers essais, D'autre part, leur organisme non accoutu¬
mé ressentait, peut-être, un effet ou une torpeur similaire à
l'ivresse provoquée par la consommation du Kava 011 Ava
(Pyper Methesticum) ? Ils ne cherchèrent pas de nouveau mot
et ont simplement dénommé cette drogue Kava ou Avaava.
Nous trouvons dans Bougainville : "Voyage autour du mon¬
de", Edition 1773 à Neuchâtel, page 46, 2me partie :
«

L'odeur seule du vin et de l'eau-de-vie leur donnait de la

répugnance; ils en témoignaient aussi pour le tabac, les
épices, et en général pour toutes les choses fortes ».
et dans la relation de Cook, un exemple frappant:
«

«

Captain Cook
«

The next

«

the tents, and

«

«
«

ce
«

«
«
«
«

«

«

-

First

voyage

1769

-

Edit. Pop. page 25 :

day, Sunday the 30 th, Tomio came running to
taking Mr Banks by the arm (to whom they
applied in ail emergent cases), told him that Tubora Tumaida was clving, owing to something which 11 ad heen given him to eatby the saillors, and
prayed him to go instan¬
tly to him. Mr Banks found.the Indian very sick. He was told
that he had heen womiting, and had thrown up a leaf.
which they said contained some of the poison he had taken. Upon examining the leaf, Mr Banks found it to he nothing more than Tobacco, wihch the Indian had begged of
their people. Mr Banks, now, knowing his disorder, ordered him to drink cocoa-nut mille, which soon restored him
to

health; and he

was as

Société des

cheerful

Études

as ever ».

Océaniennes

�298

—

Wilson- First

—

rnissionary voyage to te South sea Islands :

Mai 1797.— L'un des missionnaires dit:
«
«
«

«

I took occasion " says one

of them " to speak against their
They said it only made them dance
and Tobacco did the same. I wish it never had been brougbt,
here by us ».
intoxication with Yava.

Citons

quelques autres textes ayant trait à l'histoire du

tabac à Tahiti

:

Journal de Maximo

Rodriguez, page 50, 13 février 1775

«

Nous

«

tabac, du pourpier et de l'ail ».

transportons des brocolis et nous semons du riz, du

Captain Cook, premier voyage, 1769, Ed. Pop., page 35
«
"

«

«
«
«

:

Mr Banks

:

engaged the 4 th in planting on each side of
the fort a quantitv of the seeds of watermelons, oranges,
lemons, limes, and Other Plants and trees which he had
brought from Rio de Janeiro. He gave these seeds to the
lndians in great plenl.y and planted many of them in the
woods

was

».

William Ellis

-

Polvnesian Researches

-

Vol. 1, page

464

:

1829.
The Tobacco

plant is another exotic, comnion now in ail
introduced by captain Cook, and has since been cultivated to a small extent by the natives, merely for their own use. Mr. Williams eneouraged its culture
the islands

to

a

;

it

was

considérable extent in the Island of Raiatea, and the

natives

were

taught to

South Wales. in

a

préparé it for the market ot New
that rendered the Raiatean To¬

manner

bacco

equal to any brought into Sydney. A lucrative branch
industry and commerce now appeared open to the enterprising and industrious inhabitants when a heavy duty,
which, according to report, in order to favour ils growth in
New Holland, was laid upon ail taken into the port of Syd¬
ney prevented their continuing i ts culture with the least
expectation of profit. R was therefore in a great degree a
of

bap.doned. The information, however, which the inhabi¬
tants received from the individual whom Mr Williams em-

ployed to instruct them. notonly in i ts growth, butin the

Société des

Études

Océaniennes

�—

299

—

«

methods of

«

forms under which it is offered in the markets, was valua-

«

ble

«

to

préparation, by which it

«
ce
«
«

te

tlie différent

; and though no very advantageous results bave hitherfollowed, it may herafter be productive of good ».

Georges Hamilton
«

assumes

-

Voyage of H.M.S. "Pandora" -1791 :

Itis much to be

lamented, that the endeavours of the philanthropic Sir Joseph Banks were frustrated, by their ra¬
zing of every thing which he took so much pains to rear
amongst them, a few shaddocks excepted Tobacco and
cotton have escaped their ravage ; and they are much mor¬
tified that they cannot eradicate it from their grounds ».

Eugène Delessert — Voyages dans les Deux Océans-1858,
page 274.
Le tabac estune autre

passion desTahitiens ; tous fument,
femmes, les enfants eux-mêmes. C'est pitié de
les voir. Ils aspirent et avalent coup sur coup d'énormes
bouffées sans sourciller. Cet usage immodéré du tabac et
hommes et

liqueurs spiritueuses, qui a déjà altéré chez quelques
son de la voix, finira par dénaturer ce doux par¬
ler si harmonieux de leur langage, composé de voyelles.
Jusqu'ici et malgré l'usage immodéré du tabac et des al¬
cools, l'haleine des femmes est restée pure et fraîche. Ce
fait est d'autant plus remarquable que les infortunées por¬
tent trop souvent la peine des honteuses passions euro¬
péennes ».
des

femmes le

Nous possédons dans les collections de notre musée un
superbe spécimen de pipe marquisienne en "pierre". On
pourrait penser qu'un tel objet, fabriqué de cette manière,
devrait dater de l'époque pré-européenne. Selon l'opinion de
Linton, qu'il nous donne dans sa "Material culture of the
Marquesas Islands (page 334) il s'agit simplement d'un tra¬
vail d'imitation des pipes en argile, importées par les blancs
comme objets de troc. Il existe également des pipes en ivoi¬
re de cachalot, en bois et même en os humain que l'on a
trouvées dans des tombes.

L'usage du tabac aux Marquises, découvertes par Menda1595, est presque sûrement post-européen. Vincendon

na en

Société-des

Études

Océaniennes

�—

300

—

Dumoulin et le Père Mathias Garcia
comme

(p 221) le mentionnent

tel.

Les

Polynésiens auraient-ils rapporté de leurs voyages
d'Amérique ?
Le fait qu'il y a eu des relations précolombiennes de l'ouest
à l'est, donc des contacts entre l'Océanie et l'Amérique, est
un fait historique et archéologique établi. Mais cela est une
lointains le tabac

autre histoire.

Paul

I, NORDMANN,

Secrétaire de la S, JE. 0.

Société des

Études

Océaniennes

�—

Lettre de Monsieur
à Monsieur

301

—

Adolphe Marouo POROI, Conseiller Privé,

CHESSÉ, Délégué de Tahiti 1893.
Papeete, le 9 mai 1893.

A Monsieur

Chessé, Délégué de Tahiti,

Cher Monsieur,
Notre ami commun,

Monsieur DRAPEAU m'a fortement
engagé à vous raconter les détails d'un fait que vous ne con¬
naissez guère probablement que par les renseignements que
contenaient les journaux de l'époque et auquel j'ai pris une
certaine part.
Il

s'agit de la remise solennelle du pavillon Tahitien au
Gouverneur, après la mort du Roi.
Cet acte a mis le sceau à votre œuvre en obligeait tous les
Indigènes à s'incliner devant la suppression des derniers
privilèges de leur Roi.
Voici donc ce qui s'est passé :
Pomaré V étant mort le 12

juin 1891,

ses

obsèques eurent

lieu le 16.
Le

pavillon qu'il avait le droit d'arborer fut mis en berne
décès et resta dans cette position jusqu'au jour de
l'enterrement. Le 17 juin, c'est-à-dire le lendemain des ob¬
sèques, je me trouvais dans ma plantation deTipaerui, quand
un homme à cheval arriva vers moi et me dit que
j'étais de¬
mandé à Papeete où les chefs de Tahiti et Moorea et ceux
des Tuamotu présents en ville, s'étaient réunis à mon habi¬
tation, désirant me parler.
Je pensais immédiatement, qu'il devait y avoir quelques
causes de troubles, ayant fait souvent expérience, que c'était
dans ces occasions que l'on savait le mieux me trouver.
Me rendant à Papeete ; je trouvais chez moi les chefs en
question réunis, et, leur ayant souhaité la bienvenue, je leur
demandai ce qu'ils désiraient. Us me soumirent alors, en me
demandant mon avis, un projet de lettre au Gouverneur, ré¬
digé par Pai a Vetea et dans laquelle, parmi les courtoisies
dès

son

Sociéjté-des

Études Océaniennes

�—

302

d'usage,

un passage légèrement
NOI fut fait la « Tête de Tahiti ».

—

raturé demandant que HI-

Ayant remarqué, le. 15 juin, qu'à la Cour du Palais du Roi,
faisait un bruit de mauvais augure, avant entendu di¬
vers Indigènes dire: le Roi est mort, nous allons mettre
HINOI à sa place ; je compris immédiatement l'intention
d'une partie des Chefs, de travailler en faveur de HINOI.

il

se

Je leur demandai immédiatement où ils voulaient

en

venir

démarche, leur déclarant que leur conduite ris¬
quait de troubler la paix du pays.
Je leur rappelai que des engagements avaient été pris le
jour où ils avaient signé avec moi l'acte d'annexion, qu'il
avec

cette

serait malhonnête de vouloir revenir

sur

ces

engagements,

et

je leur demandai s'ils étaient disposés, dans ce cas, à rem •
bourser au Gouvernement de la République ce qu'il avait
donné au Roi et à sa famille. Enfin, je fis tant que je les vis
avouer

leur

erreur.

Je leur offris alors de

rédiger pour eux une nouvelle lettre,
qu'ils acceptèrent. Cette lettre, en résumé, exposait au
Gouverneur la situation précaire faite à IIINOI par la mort
ce

du Roi et le recommandait à la bienveillance du Gouverne¬
ment de la

République. Les Chefs signèrent cette lettre et
m'ayant demandé de les accompagner chez le Gouverneur
comme leur porte-parole, j'acceptai.
En sortant de chez le Gouverneur, auquel nous avions re¬
mis cette lettre, en le remerciant de ce qu'il avait fait pour
solenniser les obsèques du Roi, et en lui recommandant HI¬
NOI, nous nous rendîmes chez ce dernier. Les Chefs expri¬
mèrent leur désir de le voir

me

choisir

comme son

conseiller^

lui

expliquant la reconnaissance qu'ils me devaient pour les
troubles et les dangers auxquels ils avaient échappé grâce
à moi. HINOI accepta leurs vues.
En sortant de chez,lui, j'entendis, sur la rue de Rivoli, en
face du Palais, un groupe d'indigènes de la division de Teaharoa (Tahiti) dire entre eux : Que fait maintenant ce pavil¬
lon

en

berne? Il faut le hisser

chemin, mais

en

tête

de mât. Je continuai

quelques mots me donnaient beau¬
coup à réfléchir. Je pensais à la faute que l'on avait commise
le jour de l'enterrement en n'amenant pas ce pavillon dont
on aurait pu
envelopper le cercueil, mais cette faute étant
mon

ces

Société des

Études Oeéapiennes

�—

faite il

303

—

y revenir. Je me demandai : Qui donc
pavillon? Ne sera-ce pas l'étincelle qui va al¬
lumer la guerre civile ? Je gardai le silence jusqu'au lende¬
main, mais alors dès le matin, j'allai trouver HINOI dans sa
maison de la rue des Beaux-Arts où je le trouvai'en confé¬
rence avec AITOA, le Chef de Paea. Je leur exposai la néces¬
sité d'amener le pavillon nous-mêmes et d'en faire l'hom¬
mage au Gouvernement de la République entre les mains du
va

n'y avait plus à

amener ce

Gouverneur.
Tous deux

m'ayant approuvé, je chargeai AITOA de réunir

les Chefs pour deux heures, et, accompagné de IIINOI, je me
rendis au Gouvernement, je commençai par demander que
HINOI fut nommé

aux

fonctions de Président de la Haute-

Cour

qu'avait occupées Pomare V, alors qu'il n'était pas en¬
core Roi; ce que le Gouverneur promit de faire dans le cas
où l'âge du Prince ne serait pas un obstacle insurmontable.
Ce fut alors que j'exposai le désir que nous avions d'ame¬
nous-mêmes le pavillon du feu Roi, de donner à la Cé¬
rémonie un caractère de solennité et de la rendre officielle
ner

la présence des troupes et des autorités.
ayant accepté, la Cérémonie fut fixée pour
trois heures de l'après-midi.
Je dus encore lutter pour décider les Chefs à cet acte ; ce^
lui qui mit le plus d'oppositon était le chef de Mahaena, Teriinohorai a Tapuhaaira, mais je vainquis les résistances.
A l'heure dite, les troupes et les autorités présentes, les
Chefs se réunirent au pied du mât.
Le Gouverneur remit tout d'abord à Hinoi la décision qui
par

Le Gouverneur

le nommait aux fonctions de Président de la Haute-Cour.

prend la drisse et amène le pavillon, le
pouvant maîtriser son émotion embrasse
cet emblème de la Royauté disparue. Puis, roulant le pa¬
villon et l'atlachant il le donne à Hinoi pour le remettre au
Le Prince Hinoi

Chef Teriinohorai

ne

Gouverneur.

quelques paroles à l'assemblée que ce pa¬
sur nos Iles depuis 1842, il n'était, pas pos¬
sible que nous vissions sans un serrement de cœur, dispa¬
raître ce témoin de notre histoire pendant cinquante années,
mais nous le remettions avec confiance au Représentant du
Je rappelai, en
villon avait flotté

Société des

Études

Océaniennes

�—

304

—

être envoyé à la Mère-Patrie comme un
symbole de nos sentiments de dévouement et de respect.
H1NOI l'ayant pris de mes mains le remit au Gouverneur
qui remercia en quelques mois et chargea Monsieur DUPRÉ,
Gouvernement pour

Commandant de la " VIRE " de le remettre
la

au

Président de

République.

conseillé
"Journal
Officiel " n'a jamais parlé, preuve que le Représentant du
Gouvernement n'avait pas attaché à cet événement l'impor¬
tance qu'avait eue pour nous ce réel sacrifice.
Je souhaite qu'elle puisse vous intéresser.
Telle est, cher Monsieur l'histoire que l'on m'a
devons faire connaître et dont, à notre chagrin, le

Signé : Adolphe Marouo POROI.

v

Société des

Études

Océaniennes

�305

—

LE

GOUVERNEMENT

(6 septembre- 184-2
par

—

-

PROVISOIRE

5 novembre 1843).

B. CAM3AZARD, ancien Magistrat à Tahiti

-

Docteur

en

droit.

PRÉAMBULE
Il y a

quelque cent ans VICTORIA et LOUIS-PHILIPPE
régnants, florissait déjà l'entente cordiale que nous voyons si
ferme aujourd'hui. Cette pacifique euphorie où vivaient deux
grands peuples faillit être troublée alors par les manœuvres
d'un agitateur, vivant à Tahiti, doué d'une remarquable per¬
sonnalité, PRITCHARD. Les événements qui se déroulèrent
dans la petite île eurent de vives répercussions en Europe.
La première période d'occupation française à Tahiti va du
6 Septembre 1842 au 5 Novembre 1843. Pendant ces 14 mois,
le Gouvernement du Protectorat est assuré par une sorte de
triumvirat. Ce Gouvernement primitif, qui a connu, à leur
source, des difficultés d'où naquit l'affaire Pritchard. a laissé
peu de traces, à notre connaissance, dans les manuels géné¬
raux

de l'histoire tahitienne.

Nous

consulter quelques dossiers des archives
des faits d'im¬
portance inégale, qui sont plus souvent du domaine de la
petite histoire que de celui de la grande.
Nous y avons fait un choix de textes inédits pour tenter de
donner quelques détails sur cette première phase de l'occu¬
pation française de Tahiti.
avons

pu

constituées par ce Gouvernement. On y trouve

#

Société .des

#

#

Études

Océaniennes

�306

—

I.— Constitution (Sk

—

Gouvernement provisoire.

Septembre 1842, le contre-amiral Dupetit-Thouars,
en chef la station navale dans l'océan Pacifique,
écrivait, de la frégate " la Reine-Blanche
au Consul de
S. M. britannique à Papeete.
Le 6

commandant

»

Monsieur le Consul,

La violation manifeste des traités avec la France par

le
gouvernement de S. M. la Reine Pomare avant élevé des
« difficultés d'une nature assez grave
pour amener de promp« tes hostilités, si la
juste réparation que j'ai droit d'atten« dre de ce
gouvernement n'était pas immédiate, je crois de
« mon devoir
de vous en prévenir, pour que vous puissiez,
« vous et vos compatriotes,
mettre vos personnes et vos biens
« en sûreté, contre une telle éventualité.
« Je vous offre, en cas de nécessité, asile pour vous et votre
« famille, à bord de la frégate de S. M. " la Reine-Blanche" ».
Ces dispositions belliqueuses étaient l'aboutissement de
six ans de résistance exercée par l'administration de la reine
contre les Français, de traités solennels bientôt oubliés, de
«

»

remontrances sévères sans effet durable.

Cette fois-ci, l'amiral exigeait des réparations, et
au besoin à prendre des garanties.

s'apprê¬

tait

C'est alors que les Grands Chefs de Tahiti, hostiles pour la
plupart à la politique théocratique qui dominait l'Etat tahitien depuis Pomare II, décidèrent de demander à la France
le protectorat de l'archipel.
La reine Pomare IV signa sans difficultés un pacte avec
Dupetit-Thouars le 9 Septembre 1842. Elle abandonnait à la
France la conduite des affaires extérieures de

son

pays.

L'accord

n'engageait pas définitivement la France..Il fal¬
lait que les clauses en fussent acceptées par le gouvernement
de Paris. Comme une telle opération demandait un temps
considérable, l'amiral Dupetit-Thouars décida d'organiser
provisoirement le régime de protectorat. Il en confia la direc¬
tion à

un

Conseil de trois membres, dit " Conseil du Gouver¬

nement Provisoire ".

L'amiral s'était décidé pour

cette forme de gouvernement

presqu'immédiatement après la signature du pacte avec Po¬
mare. Bien que l'institution ne vit pratiquement le jour
que

Société des

Études

Océaniennes

�307

—

—

Septembre 1842, dès le 11 du même mois, il invitait les
étrangers au maintien de l'ordre « en attendant qu'un
« code de lois
appropriées aux besoins du pays ait pu être
«
rédigé et publié au nom de la Reine, et par les soins du
« conseil
du gouvernement qui dirigera provisoirement les
« affaires à Papeïti. Toutes
les décisions de ce conseil de« vront être
prises à l'unanimité pour être exécutoires. »
En même temps, Dupetit-Thouars, publiait sous la forme
d'une proclamation un règlement définissant les nouveaux
préceptes de droit public et privé. La Reine ne pouvait plus
s'occuper de politique extérieure, ni administrer Français ou
étrangers. Les lois promulguées avant l'avènement du Pro¬
tectorat s'appliquaient à tous sans exception. Les institu¬
tions, les coutumes, les droits indigènes étaient respectés. Le
gouvernement de Pomaré continuait à les régir. La juridic¬
tion des blancs était dévolue au Gouvernement provisoire.
Le Conseil du Gouvernement provisoire fut composé d'un
civil et de deux militaires: MOERENHOUT, le Lieutenant de
Vaisseau REINE, et l'Enseigne GABRIEL1 de CARPEGNA.
L'amiral lui donna deux pages d'instructions et en remit deux
autres à REINE personnellement. Il dota le Gouvernement
de quelques hommes, d'un canot, de modèles d'arrêtés et
d'un registre des délibérations coté et paraphé ! Vingt jours
après la signature de l'acte de protectorat, l'Amiral était re¬
parti sur " la Reine-Blanche
laissant ses mandataires à
le 20

Consuls

leur destin.
#

La lettre
nouveau
«

*

#

ci-après détermine l'essentiel des

attributions du

Gouvernement:

Rade de

Papéiti, frégate " la Reine-Blanche ", le 20 Sep¬

tembre 1842.

Messieurs,

je me suis proposé en créant un conseil de gouprovisoire est de lui donner cette force morale
si utile au pouvoir, et d'assurer par là, le maintien de la
paix, après le départ de la Reine-Blanche.
« Tous trois
réunis, votre force est immense ; individuellement, elle est nulle. Hors du conseil, vous devez ignorer
tout ce qui s'y passe, et ne jamais parler d'affaires.
Le but que

«

«
«

«

«

vernement

Société des

Études Océaniennes

�—

«

«
«

«
«
«

«
«
«

—

Vous êtes

appelés à vous prononcer sur toutes les diffiprésenteront et seront portées à votre tribunal pour une décision définitive.
«
Excepté en matière criminelle, vos jugements, quant à
nos nationaux, seront, sans appel. Quant aux
étrangers, il
ne peut en être de même
jusqu'à ce que le Roi ait résolu
définitivement la question du protectorat. Ils pourront donc
en appeler au Roi,
pourvu que cet appel soit formé par les
Consuls compétents agissant au nom de leurs nationaux.
« 11 ne
peut être appelé de votre tribunal pour toutes les affaires entre les étrangers et les indigènes, lorsque ces affaires auront pour objet un immeuble en litige, a moins
que
la Reine Pomaré, qui s'est réservée exclusivement la
juri«

«

308

cultés

qui

se

«

diction

«

sion du gouvernement provisoire.
« Rien
n'étant encore établi que très

«

fonctions

«

des parties. Vous pourrez cependant vous occuper à améliorer la situation à Papéiti, en vous entendant
toujours avec

«

«
«.

«

sur ces

se

affaires,

ne

réclame d'elle-même

une

déci-

provisoirement,

vos

bornent presque-à ce service de conciliation

le gouvernement de la Reine Pomaré, soit pour régulariser
la police, soit pour l'amélioration des voies de communi-

cation,

ou

la création d'écoles d'enseignement primaire.

Dans les écoles que vous pourrez fonder, la base de l'instruction sera la langue française; aucun élève
«

«
«
«
«.
«

«
«

«

n'y sera adn'appartient à une famille honnête, et s'il ne professe un culte religieux ; il ne faudra pas cependant être
trop rigoureux sur cette dernière clause d'admission, attendu l'indifférence générale qui existe sous ce
rapport.
« Vous ne refuserez
jamais aux consuls étrangers ou aux
ayants-droit les copies conformes des arrêtés pris en conseil pour des affaires qui les concernent directement ou
par procuration.
mis s'il

«
«

«

«

«
«

Toutes les fois que vous serez dans la nécessité d'em-

ployer la force pour faire exécuter vos arrêtés, vous la requerrez par écrit du gouverneur Régent de Papéiti.
« Toutes les communications du
gouvernement provisoire
avec le gouvernement de la Reine Pomaré seront faites
par
écrit, et la discussion en sera soutenue par le Commissaire
du Roi près du Gouvernement de la Reine Pomaré.
« Dans toutes les affaires
contentieuses, le conseil du gou-.

Société des

Études

Océaniennes

�309

—

«
«
«
»

—

verhement

provisoire sera présidé par le consul
dans toutes les affaires relatives à la police, soit

de France

;

extérieure,

soit intérieure, le conseil sera présidé par le gouverneur
militaire. Dans le premier cas, la réunion du conseil sera

«

par le consul ; dans le second, elle le sera par
le gouverneur militaire ; eux seuls ont le pouvoir d'assembler le conseil.

«

sera

«
«

convoquée

Une

copie conforme de tout arrêté sur des affaires mixtes
envoyée officiellement, soit au gouverneur indigène,
soit au consul qu'elle concerne.
« Le conseil délivrera les
patentes de santé et prescrira les
quarantaines, ou donnera l'entrée en libre pratique.
«

«

«

Toutes les lettres adressées

au

provisoire seront décachetées

en

«
«

«

«

de

ciable
«

aux

intérêts de l'Etat.

Toutes les délibérations du conseil du gouvernement pro-

«

visoire seront datées

«

Taïti.

«

libération coté et

style véritable, et selon celui de

en

J'ai l'honneur de

vous adresser ci-joint un
régistre de déparaphé, et des modèles d'arrêtés et de
patentes de commerce et de santé.
«

«

conseil.

Le conseil devra s'assembler le

premier, le dix et le vingt
chaque mois, à moins de convocation nécessitée par
des affaires urgentes dont le retard pourrait être
préjudi«

«

conseil du gouvernement

«

Agréez, Messieurs, l'assurance de la haute considération
laquelle je suis,

« avec

Le G. Amiral Commandant
navale de l'Océan
A.

en

chef la station

Pacifique,

Dupetit-Thouars.
■*

#

L'Amiral avait pris grand soin de créer un préjugé favora¬
ble au protectorat français parmi les étrangers résidant à Ta¬
hiti.

Consuls, ministres de la mission protestante, commer¬
çants, nul n'avait montré d'hostilité au nouveau régime. Cer¬
tains parurent même s'en féliciter; le clergé se réfugia dans
son

domaine

spirituel pour mieux manifester son détache¬
gouvernement. Dupetit-Thuars semble

ment des affaires du

s'être fait des illusions

sur

Société des

la constance de sentiments aussi

Études Océaniennes

�—

310

—

le moment il inclinait à l'optimisme; et en
glisser dans une lettre qu'il envoie à REINE, le 22 sep¬
tembre, et qui complète la précédente :
«
Le concours des consuls étrangers vous est

amènes. Pour
laisse

parleur propre adhésion; voyez-les fréquemment,
d'entretenir les bonnes dispositions dans lesquel-

«

assuré

«

et tâchez

«

les

«

doivent tendre à

«
«

je les laisse à notre égard ; en un mot. tous vos efforts
maintenir la paix et la bonne harmonie
les
et
entre
blancs
les indigènes jusqu'à l'arrivée des ordres du Roi relativement au protectorat demandé. »

supplémentaires:
Ne faites que le moins possible de changement à l'ordre
établi préalablement, et lorsqu'il sera utile de prendre de
nouvelles mesures, ne les ordonnez jamais qu'avec le conSuivent

quelques instructions

«

«
«

du gouvernement de la Reine.
quelque bâtiment de guerre d'une puissance étrangère
se présentait à Taïti, soit pour demander réparation de
griefs antérieurs à la démarche que vient de faire la reine
Pomaré, soit pour traiter de la prise de possession ou de

« cours
«

«
«
«

Si

«

question de politique extérieure, vous notifierez
commandant de ce bâtiment, ou de la force qui
se présenterait, que nous occupons Taïti en vertu de la demande officielle du protectorat qui a été offert à S. M. LouisPhilippe par la Reine Pomaré, et de l'acceptation que j'en
ai faite, sauf la ratification du Roi. De plus vous engagerez
le commandant à s'adresser directement au gouvernement

«

du

«

directe. La

«

les cas,

«

membres.

«

toute autre

«

en

a
«
«
«

«

conseil

Roi,

au

protestant au besoin contre toute autre voie in*
notification et la protestation devront, dans tous
être délibérées en conseil et signées par tous ses

en

« M. de Carpegna,
enseigne de vaisseau, nommé par moi
capitaine de port et membre du conseil, est placé sous vos

marins déje vous ai
du matériel laissé

«

ordres; il sera chargé de l'administration des
tachés de la frégate pour armer le canot que

«

donné pour

«

par

«

le service du port, ainsi que
la frégate. «
Les prévisions de l'Amiral en matière de

nationale

se

fondaient

sur une

tige du pavillon français, rempart

Société des

politique inter¬

confiance absolue dans le pres¬

Études

moral suffisant pour décou-

Océaniennes

�—

311

—

tout assaillant. Son plan était néanmoins à la merci
indiscipline ou d'une inexpérience.
Qu'un Pritchard fit de la politique.avant tout personnelle,
ou jouât le jeu diplomatique hors des règles, alors l'autorité
n'était plus que faiblesse, et les constructions logiques une

rager

d'une

illusion.
Le

viatique du gouvernement provisoire

II.
Il

—

Mcerenkout et

importe de faire plus ample

ses

était léger.

collègues.

connaissance avec les Mem¬

l'Amiral du PETIT-THOUARS pour former
le conseil du Gouvernement provisoire.
Par leur caractère et leurs aptitudes autant que par les
moyens dont ils disposent, ces hommes vont avoir une grande
influence sur la conduite de notre politique pendant la pé¬
riode d'incertitude qui précède la ratification par LOUISbres choisis par

PHILIPPE du traité de protectorat.
Des trois membres du Gouvernement, l'élément civil est

représenté par MOERENHOUT, Commissaire du Roi. et Con¬
sul de France.
Sa
ses

personnalité se dégage nettement de sa carrière et de

mémoires.

apparaît commerçant habile, souple et avisé. Il met ses
des affaires au service de la politi¬
que. Il est doué d'un sens critique très développé, d'un es¬
prit d'observation curieux. C'est en outre une intelligence
vive aux larges conceptions. A cela, il joint une culture assez
poussée, des goûts artistiques, un réel courage, de la dignité,
de la patience, de la fidélité à l'amitié. Il s'avère incapable
Il

connaissances pratiques

de neutralité

-

il l'avait bien montré au temps de l'affaire

CARET et LAVAL.

MOERENHOUT

a

été l'objet d'attaques de la part de ses

contemporains, relatives probablement à ses procédés en
affaire. Ces attaques semblent dénuées de fondement. Pour¬
tant il se peut qu'il ait prêté le flanc à la critique. D'esprit
réaliste, 1a. fin devait s'imposer à son esprit beaucoup plus
que les moyens.
REINE, Lieutenant de Vaisseau, Gouverneur Militaire, se

Société des

Études Océaniennes

�312

—

—

dessine tout autrement. C'est avant tout

un

bon soldat attaché

consigne. Rien ne peut le sortir de la mission qui lui est
ce qui excède son rôle l'effraie. Il connaît d'ail¬
leurs ce rôle plus dans la lettre que dans l'esprit. Il l'inter¬
prète restrictivement et le réduit le plus possible. REINE ne
veut être que le gardien vigilant du traité et de la procla¬
mation de l'Amiral. Dans tous les débats qu'il soutient, ce
respect de la signature donnée est son unique et fastidieux
argument, inlassablement répété. Intimement, il paraît man¬
quer de ce courage vrai, qui consiste à chercher à mieux com¬
prendre son devoir. Il est obstiné, clans sa copception de ce
devoir, et ne veut à aucun prix que ses collaborateurs aient
d'autres vues que les siennes.
Il est formaliste à l'excès ; la manière lui apparaît comme
une légitimation du résultat ; hors de la procédure qu'il croit
normale il ne peut y avoir que des dangers. Pour lui tout est là.
Et si la forme utilisée est irrégulière, il déploie toute son éner¬
gie à la rétablir correctement, sourd à toute objection mon¬
trant que le remède est pire que le mal. Il n'est arrêté alors ni
devant la logique, ni devant l'évidence, ni devant l'existence
d'un intérêt public demandant, le maintien cle ce qui a été fait.
On le voit un jour forcer le Conseil à réclamer la libération
d'un malfaiteur parce que celui-ci a été arrêté sans son au¬
torisation préalable. Il est à noter qu'il refuse d'examiner la
cause de cette arrestation. Et il le regrette ensuite dans une
lettre officielle ; mais la procédure a été respectée.
Une autre fois il s'acharne après MOERENHOUT au risque
de lui faire perdre un crédit si nécessaire pourtant à la bon¬
ne fin de notre cause nationale, parce que le Consul a com¬
mis, dans une bonne intention, un abus de pouvoir:
MOERENHOUT, sur l'avis qu'un indigène nommé POIiUETEA vendait secrètement des spiritueux, commerce illicite
à TAHITI, avait écrit aux autorités indigènes en les invitant
à

sa

confiée. Tout

à faire

cesser ce

trafic.

Ce n'était évidemment pas
était mince d'importance et

dans son rôle ; toutefois l'affaire
le but légitime.
REINE, dès qu'il est au courant de la démarche de son col¬
lègue, lui écrit pour le chapitrer, en lui rappelant fort à pro¬
pos les traités passés entre la Reine Pomaré et la France, et
les instructions de l'Amiral Dupetit-Thouars. L'affaire n'en

Société des

Études

Océaniennes

�313

—

—

là ; la conscience de REINE n'a pas la paix à ce
prix. Le lendemain, il avise MOERENHOUT qu'il a convoqué

reste pas

le Conseil, à l'effet de discuter sur les suites à donner à son
initiative

irrégulière. Le même jour (27 Septembre 1843) il
rapport au Conseil, évoque les principes constitutifs
du Gouvernement Provisoire, expose les faits, et demande
fait

son

que
pour

MOERENHOUT simple particulier fasse son possible
faire rapporter les mesures prises par MOERENHOUT

Consul de France.
En dehors de ces occasions de hargne intempestive
REINE, dans ses rapports avec autrui, est facilement obsé¬
quieux, et d'une incommensurable naïveté. L'histoire qui suit
le dépeint trop bien pour être passée sous silence :
Vers la fin d'Octobre 1842, REINE se brouilla avec quel¬
ques fêtards qui faisaient du tapage nocturne. Depuis cette
date, l'enclos du Gouvernement recevait chaque nuit de mys¬
térieux visiteurs. Les chiens

aboyaient.
qu'il s'agissait d'assassins. Il posta des in¬
digènes, L'avis de ceux-ci fut formel : c'étaient des revenants!
des Toupapahous ! De fait, chaque fois qu'on courait sus aux
intrus, ceux-ci disparaissaient comme par enchantement.
Ce phénomène dure une vingtaine de nuits que le Gou¬
verneur Militaire passe aux aguets.
REINE pensa

Il écrit le 13 Novembre à MOERENHOUT
«

«

«
«
«

«

«
«

Monsieur le Consul,

« J'ai l'honneur de
vous informer que malgré tout ce que
j'ai écrit, et qu'on a dit à la police, une personne est encore
venue cette nuit, vers les deux heures et quart au coucher
de la lune près de notre enclos, jeter plusieurs pierres dans

la direction de la maison de mes hommes.

Ne

à rester chez moi je suis sorti
j'avais bien recommandé de
ne pas sortir de l'enclos, décidé moi-même à y rester ; mais
en entendant si parfaitement les pas d'un homme qui se
sauvait, je ne pus encore me retenir, pas plus que leshom«

«

:

avec

pouvant me contraindre
deux hommes auxquels

«

mes.

«

cet homme

«

il

«

comme de coutume, en poursuivant
qui profitait toujours de l'obscurité de la nuit,
s'est encore sauvé dans les broussailles, du côté de la

Malheureusement,

Société des.

Études Océaniennes

�—

«
«

—

montagne, ayant avec lui ce même chien blanc, d'une taille
moyenne, au poil ras et la queue longue, qui a
toujours été

«

«

314

vu dans notre enclos toutes les fois
qu'on a entendu du bruit
dans les environs de ma maison.

Comme je tiens à prouver d'une manière
palpable au pu¬
blic, ainsi qu'aux personnes qui en doutent, la véracité des
laits que j'ai avancés, je suis,
d'après tout ce qui se passe, décidé, pour ma propre satisfaction et quoi qu'il arrive,
à agir moi-même. »
«

ce
«
«

«

La dernière
tre

sonne ne

de

phrase apparaît

l'attitude de

ses

comme une

protestation

concitoyens. Sans doute, à part lui,

prend l'affaire

au

sérieux, et

on

doit rire

sous

avatars nocturnes.

ses

con¬

per¬

cape

REINE avait trouvé l'affaire si
grave qu'il en demanda l'e¬
par le Conseil du Gouvernement Provisoire, en ces
(8 Novembre):
«
Ainsi, Messieurs, d'après tous ces faits et ma
déposition, je demande à ce que le Conseil passe uue déli¬

xamen

termes

«
te
«
«

bération écrite et motivée de la déclaration
que je vous fais
et que des mesures soient
prises pour empêcher ces visites nocturnes et même
«

«
«
&lt;&lt;
«
«

Si

ces

un

assassinat.

personnes peuvent vous être connues,

je

vous se-

rai

obligé qu'en vertu de la Proclamation ainsi que d'après
les lois et usages du Pays, et même
d'après nos lois du
code pénal, page 506, et du Droit des
Gens, qui est la loi
de toutes les nations, (Vattel tome 1er
page 279) ces personnes soient jugées en notre âme et
conscience.
Comme cette affaire m'est tout à fait
personnelle, je seaise, au moment de la délibération, de vous laisser un moment seuls
pour que vous puissiez délibérer
«

«
«

rais bien

«

librement.

«

pectueux

«

Recevez, je
avec

prie, l'assurance des sentiments
lesquels je suis.
vous

Le Lieutenant de Vaisseau Gouverneur

res-

Militaire,

REINE.
#

*

#

On voit que les textes ne manquaient
pas pour sanctionner
les méfaits des espiègles visiteurs qui violaient la
quiétude
du Gouverneur REINE. Le plus
drôle, c'est que l'honnête

Société des

Études

Océaniennes

�—

315

—

fonctionnaire, se sentant parti dans cette sombre aventure,
et ne voulant troubler d'un facteur de partialité involontaire
a le scrupule de les laisser délibérer
méfait contre lequel il invoque jusqu'à la mé¬
taphysique du Droit !
Tel se précise, dans ses contours psychiques et moraux,
l'être qui va opposer sa conception de tactique politique aux
manœuvres nuancées du subtil Pritchard.
Le troisième membre du Conseil GABRIELI de CARPEGNA, est subordonné au précédent; il n'apparaît dans les
délibérations gouvernementales que pour donner sa signa¬
ture. Son action au Conseil ne se distingue pas de celle de
son chef, probablement par le jeu de ce mimétisme, très
bien réglé chez les fils de Mars, et qu'on nomme l'esprit
lame de ses

seuls,

collègues,

sur un

hiérarchique.
#

III.

—

Activité et attributions administratives
du Gouvernement Provisoire.

gouvernement provisoire s'étend aux trois
pouvoirs de l'Etat.
Il détient le pouvoir réglementaire. Il dirige l'administra¬
tion. Ses membres sont chefs des divers services. Il assure
le fonctionnement de la justice. Il constitue en maintes oc¬
casions lui-même un tribunal.
Cette universalité de pouvoirs, la raison de nécessité, la
bonne volonté très inexpérimentée des hommes du gouver¬
nement provisoire, leur donnent parfois la croyance que dans
le domaine des affaires publiques, ils ont une sorte de don
d'ubiquité. 11 leur arrive de mélanger leurs diverses attribu¬
tions. La justice s'inspire parfois un peu trop chez eux des
conseils de la police. Par contre il arrive que le juge se mue
en législateur pour les besoins de ses arrêts - petites faibles¬
ses communes à tous les pouvoirs publics du genre dit au¬
L'activité du

branches des

toritaire.

provisoire paraît avoir eu peu
pouvoir réglementaire. En princi¬
pe, la législation de Pomaré issue en grande partie des lu¬
mières pastorales de la Mission, devait suffire à tout. Les arLe

conseil du gouvernement

d'occasions d'exercer son

Société des

Études

Océaniennes

�—

316

—

rêtés du protectorat ne devaient servir
que
bler les lacunes, accomplir les réformes

d'appoint,

com¬

urgentes. La corres¬
pondance officielle relate peu de préoccupations de cet ordre.
On y trouve un essai de
réorganisation de la police amené à
grands frais de considérations opportunistes, des mesures
« dans l'intérêt de la
conservation de la voie publique », qui
furent prises à la demande de l'autorité
locale, un arrêté ins¬
tituant une étiquette autour de la
personne de la Reine. La

plupart de ces mesures entrent dans
tique du Gouvernement Provisoire et

le domaine de la

poli¬

seront traitées à cette

occasion.
La vie administrative du Protectorat

dans le port

se

montre

surtout

police de la navigation, délivrance des patentes
de santé, surveillance du trafic,
douanes, mouvements des
étrangers, sont de son ressort. En théorie, il y a collabora¬
tion avec l'autorité
tabitienne, qui reste nominalement en
fonctions; en fait, chaque fois que la politique ne s'en mêle
pas, les Français dirigent par eux-mêmes, prennent les ini¬
tiatives qui leur paraissent utiles, et avertissent
après coup.
En ville et dans l'île, le
gouvernement du Protectorat ne
reste pas inactif. D'abord, il
y a ce point délicat qu'est l'ad¬
ministration des Blancs, prétexte à histoires avec les Con¬
suls ; il y a la recherche des vendeurs d'alcool. A ces
deux
tâches, le Conseil consacre bien le quart de sa correspon¬
dance ; ce sont là questions d'importance.
Chaque entrée de
boissons alcooliques déchaîne
l'indignation des bien-pen¬
sants ; chaque saisie, celle des consommateurs
ce sont sou¬
;

-

vent les mêmes

L'alcool

peut être importé à Tahiti qu'à
titre médicamenteux, en petites
quantités, et « en présence
du Régent ». Le Gouvernement
poursuit les fraudeurs sans
ménagements ni grands succès; les autorités talntiennes
marquent une douteuse bonne volonté à le seconder ou agis¬
sent de façon plus ou moins
équivoque aux dépens d'impor¬
tateurs qui ne sont pas toujours
répréhensibles, mais qui
subissent les conséquences d'un zèle
intempestif ou intéres¬
sé. Le gouvernement provisoire ne montre d'ailleurs
pas tou¬
jours un grand esprit d'équité.
-.

ne

Telle

se présente
par exemple l'affaire MAURUC dont l'un
des personnages se retrouvera dans le récit des démêlés
po¬
litiques du Gouvernement Provisoire. Ce Mauruc, sujet fran-

Société des

Études

Océaniennes

�317

—

—

çais, et commerçant à Tahiti, avait fait venir trente caisses
de cognac, destinées à l'île Huahine, où l'alcool n'était pas

quantité de spiritueux n'avait, d'ailleurs rien
ce temps, Huahine était le centre de relâche
des nombreux baleiniers
la plupart anglais et américainsqui fréquentaient les mers australes. L'alcool importé était
donc destiné au moins autant aux blancs qu'aux indigènes.
Comme le voilier transporteur ne faisait pas relâche à Hua¬
hine, il dût débarquer sa marchandise à Papeete, etMaurue
demanda au Régent, chef des douanes indigènes, l'autorisa¬
tion de l'entreposer en transit. Le Régent donna la permis¬
sion. Dès que l'alcool fut à terre la police tahitienne le saisit,
et le fit disparaître sans laisser de traces, avec une équivo¬
que précipitation. Mauruc, qui avait une plume alerte, .récla¬
ma sur tous les tons le prix de la cargaison au gouvernement
provisoire: Vous devez garantir les propriétés des blancs,

interdit. Cette

d'anormal. En

-

écrivit-il.

Dans

«

aucun cas

les Blancs, ni leurs affaires, ne

peuvent dépendre désormais de la
Indiens

».

juridiction exclusive des

Il est interdit de vendre de

vendu? On

a

violé

mes

l'alcool, mais

en

ai-je

droits.

Le'gouvernement provisoire fit la sourde oreille : Les af¬
du ressort des tribunaux :
« la
preuve du fait étant de toute évidence, la pénalité devait
avoir son application immédiate conclut-il ». Mauruc, rap¬
pelé par ses affaires à Huahine, continua la discussion par
l'intermédiaire de son agent, Lucas. Il accusa presque ou¬
vertement le gouvernement provisoire de montrer de la mau¬
vaise foi, peut-être non sans raison Rien n'y fit. La Conseil
répondit sèchement qu'it s'en tenait à ce qui avait été fait.
faires de vente d'alcool ne sont pas

L'activité commerciale

ou

industrielle des blancs est

sur¬

régentée par le Conseil, sur toute l'étendue du roy¬
principe estque nul ne peut exercer une profession,
fut-elle agricole, sans l'autorisation administrative qui se con¬
crétise par la délivrance d'une patente. Ce service suscite un
cas assez fréquent, où il est question de l'octroi de patentes
pour des catégories professionnelles variées, concernant par
exemple le métier de boulanger, de tonnelier, de charpentier,
de calfat, d'exportateur, d'affréteur au cabotage, de cultiva¬
teur, de médecin-pharmacien. L'Adminstration se réserve le
veillée et
aume.

Le

Société des

Études Océaniennes

�—

droit de retirer

ces

318

—

patentes, et de fermer les établissements

dont elle avait autorisé l'ouverture.

préoccupations judiciaires éclipsent manifestement
premier gouvernement.
L'avènement du protectorat ayant séparé l'administration
des Blancs et celle des Indigènes, cette démarcation se de¬
vait d'être particulièrement affirmée dans l'application delà
justice. C'est pourtant là où elle fut réalisée avec le plus de
Les

toutes les autres chez les hommes du

difficultés.
Le principe adopté par l'Amiral fut la création de Jurys,
adjoints aux tribunaux indigènes, pour le jugement des cau¬
ses où étaient mis en question les biens ou les personnes

des Blancs.
Il y eut en pratique quatre sortes de tribunaux : indigènes,
mixtes, consulaires: et en outre le tribunal du Conseil du
Gouvernement Provisoire. A l'égard des étrangers, le Con¬
seil tenait lieu de tribunal d'appel.
Les audiences

de

se

tenaient

Papeete, parfois dans

core

un

parfois dans une salle de l'école
établissement de culte, ou en¬

dans la salle des délibérations du Conseil.

Ces
est

règles sont rappelées à la reine dans une lettre qui lui
adressée, le 2 juillet 1843. Nous en donnons un extrait :

«

La

«

1° par

justice civile

sera exercée à Tahiti :
des tribunaux entièrement composés d'indigènes
par la Reine pour les affaires entre les naturels

«

nommés

«

selon la coutume établie.

«

en

«

«
«
«

a
«

par

nombre égal aux

les affaires entre les blancs et les
«

«

2°

les mêmes tribunaux, auxquels seront adjoints,
jurés indigènes des tribunaux mixtes,
des jurés blancs, nommés par le Conseil du Gouvernement
qui les choisira sur des listes triples de candidats présentés
en nombre égal par chacun des Consuls étrangers, pour
«

indigènes.

Enfin les blancs déféreront leurs affaires

du pays,

aux

tribunaux

mais dans ce cas tous les jurés seront nommés
par le Conseil du Gouvernement, comme il a été ci-dessus
pour les jurés du tribunal mixte (sic).
« Les
Consuls étrangers conserveront jusqu'à ce que le

Société des

Études

Océaniennes

�—

«

Gouvernement

319

—

français et leurs gouvernements soient in-

leurs nationaux , ils pourront proles conseiller, soit par voie de per« suasion, soit par voie d'arbitrage, ou en appeler au tribu« nal du
pays, à la formation duquel ils concourront en nom« mant les candidats de leur nation parmi lesquels les jurés
devront être pris en nombre proportionnel à celui des nations représentées à Tahiti.
&lt;-&lt; Des jugements du tribunal ils pourront encore en appe1er au jugement du Conseil du Gouvernement auquel ils se« ront de droit adjoints
comme assesseurs; enfin ils pour« ront même
en appeler, du jugement du tribunal directement au gouvernement du Roi.
« Tous les jugements seront rendus d'après les lois du
a
pays déjà promulguées. .. »
Le Conseil agissait parfois dans les cas d'urgence comme
juge des référés. On voit par exemple un médecin américain
retenu au moment de son embarquement, parce qu'il a un
différend avec un autre étranger, sur ordonnance rendue par
le Conseil. On peut trouver le procédé exorbitant, mais à
l'époque la contrainte par corps semblait devoir exister dans
le royaume de Pomare.
En matière pénale, le Conseil a seul l'initiative des pour¬
suites contre les blancs; seul, il peut ordonner leur arresta¬
tion pour les délits et crimes de droit commun. Pourtant il
ne manque pas de ménager les susceptibilités des Consuls
et subordonne parfois son avis au leur.
Ce ne sont là que petits abus. Parfois le Conseil permet
une large autonomie dans la conduite de sa mission répres¬
sive, l'affaire Sayers en fournit un exemple caractéristique :
En Novembre 1842, le Capitaine du " Ilenry Clay
balei¬
nier américain, un nommé Sayers se permet de déchirer pu¬
bliquement, et dans une intention offensante, l'affiche de
«

formés, la juridiction sur

«

céder eux-mêmes pour

«

«

«

«

publication d'un arrêté du gouvernement. Le Conseil, après
pressenti le Consul américain, traduit Sayers devant
son tribunal.
Or, aucun texte ne punissait l'acte de l'irasci¬
ble capitaine. Le Conseil, en tant que Gouvernement, prend
un arrêté réprimant son cas ; en tant que tribunal, il porte
avoir

contre lui deux condamnations.

Sayers trouve la procédure satisfaisante, mais

Soeiété des

Études

Océaniennes

estime exa-

�—

320

—

gérée la dualité des condamnations, et écrit qu'il y en a à sa
trop, et qu'il n'entend pas subir l'autre.
En même temps, le Consul Blackler
proteste contre l'abus
de pouvoir commis par le Conseil, et rend à
Sayers ses pa¬
piers de bord, qu'il lui avait confisqués. Le Conseil fait em¬
prisonner Sayers, et entreprend de soutenir auprès du Con¬
sul une thèse sur la rétroactivité des lois pénales,
en prenant
en considération la situation de la
législation tahitienne. Il
a droit,
expose-t-il, de prendre « de nouvelles mesures
suivant l'exigence des circonstances». Et il
ajoute:
« Un délit d'une nature telle
qu'il n'est pas prévu dans les lois
« du
pays a été soumis à notre jugement. Nous devions déci« der nous-mêmes sur la
pénalité, et cela sans donner lieu
« à une
objection d'illégalité, carie droit d'agir ainsi ne sau« raitnous être
contesté avec juste raison. A l'appui de ce
«
que vous dites se trouve un article emprunté à la Procla« mation disant
que tous les jugements seront rendus d'après
« les lois
déjà promulguées. Nous vous prions d'observer que
«
l'esprit de ces paroles ne saurait être invoqué ici. Des lois
« ne sont
applicables qu'aux circonstances ou au délit qui
«
s'y trouvent mentionnés. Le jour où un cas imprévu vient
« à se
poser, il devient nécessaire de prendre une nouvelle
convenance une de

«

mesure.

Telle

a

été notre conduite. Ce

sera

d'ailleurs tou-

jours celle que nous suivrons, sans quoi tout délit non prévu
«
parles lois du pays, et le nombre en est considérable,
«
pourrait être commis impunément par chacun ».
Le Conseil ajoute dans sa lettre des reproches à
l'égard du
Consul, l'accusant de. fort peu se soucier du maintien de l'or¬
«

dre dans le pays.
Le Conseil, on le voit, n'eût pas
manqué de cynisme, s'il
n'avait agi, en fait, sur les conseils d'une remarquable
ingé¬
nuité.

Mélangeant sans remords tous les pouvoirs de l'Etat,
au profit de l'autre des
prérogatives nettement
distinctes, dénaturant les principes les plus rigides du droit
criminel, il croyait néanmoins servir la justice, l'ordre et la
paix publics, et s'étonnait avec candeur qu'on pût critiquer
utilisant l'une

ses

actes.

Tant il est vrai que

l'ignorance du droit, chez les
nants, est le plus effectif des bonheurs.

(à suivre).

Société des

Études

Océaniennes

gouver¬

�—

321

—

S&lt;CXmwvmM

LE

RÉGIME PLUVIOMÉTRIQUE DE TAHITI (î)

( Par J. GIOVANNELL1, Chef du Service Météorologique des E.F.O. )
:'Le régime pluviométrique d'une région, c'est-à-dire la répariilion moyenne des précipitations entre les douze mois
de l'année, est un facteur déterminant du climat aussi impor¬
tant que le régime thermique. L'abondance ou la rareté des
chutes de pluie, la régularité plus ou moins grande de leurs
variations, ont une influence certaine sur la plupart des for¬
mes de l'activité humaine, qui, comme on le sait, est en re¬

lation

étroite

avec

les caractères de la flore et de la faune

d'un pays. Mais c'est surtout dans la zone intertropicale, où
les oscillations thermométriques sont en général peu accen¬

tuées, que l'influence de la pluviosité sur le climat est très
sensible et on aura, suivant le degré pluviométrique, la fo¬

vierge ou le désert, en passant évidemment par tous les
degrés qui peuvent exister entre ces deux cas extrêmes.
Dans les archipels océaniens, les pluies sont, en général,
très abondantes. Mais, suivant la proximité de l'équateur ou
du tropique, elles tombent à peu près régulièrement au cours
de l'année, ou bien il se dessine, sinon une saison sèche, du
moins une période de pluviosité moindre (Mai à Septembre).
L'étude des régimes pluviométriques peut donc constituer
un moyen simple et commode de comparaison des différents
types de climat et présente de ce fait un intérêt indéniable.
Il importe, cependant, de signaler que la pluie n'est, pas un
élément météorologique simple. Les hauteurs d'eau relevées
en divers points d'un pays doivent être sévèrement discu¬
tées: les erreurs instrumentales, les erreurs joersonnelles, les
co?iditions d'installation, peuvent avoir une grande influence
sur la valeur d'un total et on ne doit se prononcer sur les va¬
riations de la pluviosité qu'avec circonspection.
Nous nous proposons de donner ici quelques indications

rêt.

(i) Cet article est extraii d'un chapitre d'un ouvrage, actuellement
en

préparation,

sur

le climat des Etablissements français de l'Océanie.

Société des

Études

Océaniennes

�aussi

précises que possible sur le régime des pluies à Tahiti,
d'après les séries de mesures effectuées dans les diverses
stations de l'île.
A.— DOCUMENTATION
1° Observations effectuées à

Papçete. — Les mesures
précipitations n'ont été faites à Papeete que de¬
puis 1932, c'est-à-dire, peu après la création du Service Mé¬
téorologique en Océanie. Toutefois, en se référant aux obser¬
vations publiées au Journal Officiel de la Colonie, et à quel¬
ques documents retrouvés à l'Hôpital colonial de Papeete,
on a pu dresser un tableau des chutes de
pluie de 1896 à nos
jours avec seulement une interruption de cinq années (1911
à 1915) pour lesquelles, malgré d'activés recherches, il n'a
pas été possible d'avoir quelques indications. A coup sûr,
la série de mesures ainsi reconstituée n'est pas d'une exac¬
titude rigoureuse, ni d'ailleurs d'une homogénéité parfaite ;
mais elle permet de tracer "grosso modo" une courbe
moyenne des précipitations d'où les erreurs accidentelles
ont pu être éliminées, et d'avoir une idée générale des va¬
riations des chutes de pluies en fonction du temps. Au reste,
pour donner plus d'homogénéité à cette étude, nous n'avons
tenu compte, dans ce qui suit, que des relevés postérieurs
exactes des

à 1920.
2° Observations faites à

Papeari. — M. le Professeur
juin 1922, un pluviomètre
dans sa propriété de Muotovini à Papeari, versant S.E. de
Tahiti et a fait, depuis cette date, des mesures aussi régu¬
lières que précises, des quantités de pluie recueillies. Nous
Harrison W. Smith, a installé, en

tenons à le remercier ici d'avoir bien voulu mettre à notre

disposition les relevés de ses observations, ce qui nous a
permis de composer un parallèle très intéressant entre la
pluviosité des côtes S.E. et N.W. de Tahiti, et de faire res¬
sortir l'influence des vents dominants.
3° Afaahiti.—

.poursuivies

sans

Mesures commencées en juillet 1935 et
interruption depuis cette date.

B.— FORMATION DE-LA PLUIE
Avant

de

d'indiquer les caractères du régime pluviométrique
Tahiti, il nous a paru intéressant de classer, d'après leur

Société des

Études

Océaniennes

�—

mode de formation,
avons

323

—

les divers types de pluies que nous

personnellement observés

orogi'aphsqucs.— Ces pluies, provoquées par
des montagnes, sont
peu importantes à Tahiti, du moins en quantité, et n'intéres¬
sent guère que la partie E. et S.E. de l'île. Il n'est pas rare,
en effet, de noter dans les districts de Papeari, d'Afaahiti,
et en général, dans toute la presqu'île de Taiarapu, des
averses de courte durée apportées par l'alizé. Celui-ci tout
chargé d'humidité, heurte les montagnes tahitiennes (2.200
mètres) qui l'obligent, soit à s'élever, soit à contourner le pi¬
ton central. Dans le premier cas, la condensation s'opère, et
un abaissement, môme léger, de la température précipite
l'eau en excès ; dans le second cas, lèvent, contournant l'obs¬
tacle, ne se refroidit que très légèrement et n'occasionne que
de faibles chutes de pluie (bruines), s'observant même à Pa1

-

Piuies

l'ascension des courants aériens le long

peete, au N.W. de
2

-

l'île.

Plaie de convection.—

tact du sol

L'air qui s'est échauffé au con¬

s'élève assez rapidement et comme il se

refroi¬

qu'il s'élève, l'humidité qu'il contient se con¬
dense à partir d'une certaine altitude, et l'on observe des
pluies dites de convention lorsque la condensation est im¬
portante.
Le refroidissement de l'air peut se faire de plusieurs ma¬
dit à mesure

nières : sort par

détente adiabatique ( pluies relativement

abon¬

dantes). soit par mélange avec d'autres masses d'air plus froi¬
des (pluies faibles et passagères); soit, encore, par rayonne¬
ment (pluies très rares et très faibles).
Le phénomène de convection s'observe en particulier pen¬
dant les belles journées de la saison chaude. Les manifes¬
tations sont les mêmes que celles qu'on a observées dans les
autres pays tropicaux.
Voici une description succincte de ce phénomène par une
belle journée de janvier à Papeete :
7 heures du matin : le ciel est clair. Quelques légères va¬
peurs encore accrochées aux flancs de l'Aorai se dissipent
rapidement Mais déjà des fractocumulus naissent, se grou¬
pent lentement, tous à la même hauteur, dessinant ainsi une
sorte de zone-limite au delà de laquelle ils semblent ne pas

Société des

Études

Océaniennes

�—

su

—

pouvoir s'élever. Puis, des cumulus en grosses balles
appa¬
raissent, se soudent, croissent en volume, et cachent
pro¬
gressivement la montagne. Généralement vers 11 heures,
quelques fois même, à 10 heures, toute l'île est recouverte
d'une nappe de formations
nuageuses à l'aspect imposant.
Dans cette masse, qui semble s'alimenter
par le bas, des
bourgeonnements apparaîtront bientôt, tandis que des
rayu¬
res grisâtres
se dessinant dans le bas
indiqueront la chute
de quelques ondées locales et
passagères. Entre midi et 15
heures, le phénomène de convection atteint son maximum :
de véritables
montagnes de nuages aux assises très sombres
et aux sommets d'un blanc
éclatant, se sont constituées ;
assez souvent on
y note la présence de cumulonimbus sans
enclume mais avec panache
apportant avec eux quelques
ondées sans importance. Les manifestations
électriques y
sont très rares. Vers 16
heures, la lourde masse nuageuse
qui couvrait toute l'île se dissout très rapidement. La mon¬
tagne réapparaît. Les gros cumulus se résorbent, ne formant
bientôt, que quelques bancs peu épais, voguant lentement
vers l'Ouest
où, disposés en strates parallèles, ils donneront
la belle variété
nuageuse appelée " stratocumulus vespé-

ralis

Certains

jours particulièrement chauds

nomène convectif

très intense

sera

et

humides, le phé¬

et s'observera

dès le

matin ; il sera

possible alors de constater, dès 8 heures, la
présence de cumulus puissants, se transformant très
rapi¬
dement

cumulonimbus dont le sommet peut s'élever
jus¬
qu'à 6.000 mètres, Ces cumulonimbus apporteront la
pluie
vers midi, sous formes d'averses
locales, passagères mais
assez

En

en

fortes.

résumé, si la convection peut produire à Tahiti
quel¬

ques précipitations, Celles-ci sont peu importantes et ne sau¬
raient être comparées à celles dues aux "
systèmes nuageux "

qui vont faire l'objet du paragraphe suivant.
3

-

Pluies dues

aux

"systèmes nuageux".— L'obser¬

vation continue de la succession des
différentes espèces nua¬
geuses, abstraction faite des formations
locales, nous a per¬
mis d'étendre, au climat
à

l'organisation des

océanien, les conclusions relatives
nuageuses dans l'atmosphère

masses

Société des

Études

Océaniennes

�—

325

—

régions tempérées et polaires. La présence de " systè¬
nuageux
parfaitement organisés, ayant été ainsi
constatée, il est légitime de penser que leur évolution est la
même que dans les latitudes plus élevées, et non moins lé¬
gitime d'adopter pour les pluies océaniennes la classification
indiquée par J. Bjerknes et Ii. Solberg (1). Toutefois, il est
bon de remarquer que les " systèmes nuageux " semblent,
ici, se déplacer avec une plus grande rapidité qu'en pays
tempérés et qu'ils sont accompagnés de précipitations plus
des

mes

abondantes

:

a/ Pluies dites de (l front froid'', c'est-à-dire provoquées
l'ascension de l'air chaud sous la poussée d'une inva¬
sion d'air froid, ou mieux, relativement moins chaud.
La succession des variétés des nuages observés est, à peu
de choses près, la même que celle qui est indiquée par J.
Bjerknes et H. Solberg. Le " système " s'annonce par l'arri¬
vée de cirrocumulus en petites balles disposées en files, pré¬
cédant de très pendes alto-cumulus en bancs plus ou moins
organisés affectant quelquefois la forme lenticulaire et cou¬
vrant progressivement et rapidement tout le ciel; un altostratus apparaît peu après généralementsous la variété opacu's, et avec lui des rouleaux de cumulus puissants qui dé¬
versent d'abondantes pluies pendant quelques heures (deux
ou trois, tout au
plus). Le passage du " système nuageux "
est donc de courte durée; la fin est marquée par la disso¬
ciation des cumulus en fractocumulus s'éloignant rapide¬
ment. Cependant il arrive parfois en certains points de Ta¬
hiti que la pluie dure pendant toute une journée sous forme
déchûtes légères; dans ce cas, elle semble avoir pour cause
par

déterminante l'élévation de l'air chaud associée à l'influence
du relief. Mais ceci est essentiellement local.
Le réseau peu

serré de nos stations météorologiques, le
de sondages de température, ne nous permet pas de
suivre, d'une façon précise, l'évolution et les manifestations
du front polaire en Océanie. On peut dire, toutefois, que l'in¬
manque

fluence du relief

daire. Les

sur

cette évolution est certainement

quelques îles que les

masses

secon¬

d'air peuvent ren-

(1) J. Bjerknes et H. Solberg : Meteorological conditions of the
Formations of Rain.

1921.

Société des

Études

Océaniennes

�—

326

—

contrer

n'occasionnent, à coup sûr, qu'une perturbation très
minime et essentiellement locale. L'air
chaud se déplace
donc presque aussi vite que l'air
froid ; ce qui expliquerait
l'abondance des pluies qui, en Océanie,
accompagnent tou¬
jours les fronts froids de ce type.

b) Pluies dites de

" front chaud ", c'est-à-dire
provoquées
l'ascension de l'air chaud au-dessus d'une masse d'air

par

froid.
Le

système nuageux s'annonce par la présence de cirrus
incinus associés à la variété vertébratus ou
radiatus. émis¬
saires très lointains de la
dépression qui s'avance. Ces cir¬
rus, assez souvent disposés en bandes
polaires, envahissent
le ciel, se soudent et forment un
cirrostratus filosus très lé¬
accompagné d'un halo solaire ou lunaire. Ces
phéno¬
optiques durent en moyenne quelques heures: leur
intensité lumineuse s'affaiblit
graduellement ; les contours
de l'astre s'estompent et le cirrostratus
s'épaississant, s'a¬
baisse progressivement
pour donner un alto-stratus de plus
en plus
opaque. La pluie apparaît avec les premiers nimbo¬
stratus aux formes mal
définies, hachant de rayures l'hori¬
zon qui se " bouche "
; la visibilité devient très
mauvaise, et
la pluie tombe sans arrêt,
abondante, pendant de longuès
heures, marquée seulement, à certains
moments, par un ma¬
ximum d'intensité. Des fracto-cumulus de
moins en moins
nombreux indiquent la fin de la
dépression : l'éclaircie n'est
cependant pas complète : des cirrus densus ou nothus s'ob¬
serveront encore
pendant un certain temps.
ger,

mènes

4

-

Pluies accompagnant,

qu'au point de
rence

geux

vue

lescyclones tropicaux.— Bien
théorique nous ne fassions aucune diffé¬

entre les pluies nues au
passage des " systèmes nua¬
" et celles qui se produisent pendant les
cyclones tro¬

picaux, et que nous les classions toutes sous le nom de
pluies cycloniques ", il nous a
paru intéressant de donner
quelques indications sur l'importance des précipitations ob¬
servées lors des principaux
cyclones.
A proprement
parler, les cyclones sont très rares en Océa¬
nie et on ne possède sur eux
que des renseignements plutôt
vagues (1). Cependant, des pluies torrentielles,
provenant, à
"

(i) Voir Bulletin des Etudes Océaniennes

Société des

Études

n°

68, du mois de

Océaniennes

mars

1940.

�—

327

—

coup sûr, de dépressions cycloniques, ont été mentionnées
à diverses reprises pendant la saison chaude, c'est-à-dire de
décembre à

mars.

Pour donner une idée de l'abondance des précipitations
pendant un cyclone à Tahiti, nous indiquons dans le tableau
suivant, les quantités d'eau recueillies à Papeete, du 1er au
5 janvier 1926.

TABLEAU No 1

79.3

2

287.3

—

279 5

—

3

200.4

—

361.9

—

4

58.5

—

116 3

—

5

0.1

—

124.3

—

6

0.0

—

0.0

—

625 6

—

942.0

—

297.

—

350.

—

"Normale" de Janvier.

L'examen de
en

60 .0

1

Total

1°

Papeari

Papeete

Dates

ce

min

mm

tableau montre aisément deux choses:

cinq jours, il est tombé à Papeete et à Papeari plus
plus d'eau qu'il n'en tombe généralement tout
de janvier ;

de deux fois
le mois

horaire des chutes pendant la journée du 3
plus de 15 mm ; ce nombre a certainement été dé¬
passé dans de très larges proportions, au cours de la jour¬
2° la moyenne

a

été de

née, pendant les averses dont les

témoins oculaires disent

qu'elles ressemblaient à de " véritables trombes d'eau".
Ajoutons que des dégâts importants furent occasionnés par
ces masses d'eau déversées ainsi en quelques heures: des
inondations et des éboulements eurent lieuen divers points
de l'île.

Société des

Études

Océaniennes

�—

328

—

Ces quelques chiffres suffisent
pour montrer
et aussi les

ayant pour

l'importance
dangers que peuvent présenter les précipitations
cause essentielle le passage d'un cyclone.

De tels faits sont heureusement
le tableau suivant,

assez rares

à Tahiti

;

dans

indiqué depuis 1900 jusqu'à
nos jours, les
plus importantes chutes de pluies en 24 heures
à Papeete provenant,
sans aucun doute, d'une dépression
cyclonique :
nous avons

TABLEAU N° 2

Dates

Chute

Quantité

maximum

recueillie pen¬

en

24 heures

12 Décembre 1900

212.0

mm

22 Décembre 1901

247.0

—

dant le mois

1077.0
505 0

7 Février 1902

142.0

31. Janvier 1919

253.6

-

892.9

2 Janvier 1920

287.3

—

656 8

8 Février 1933

—

mm

1028.9

"

Normale "
du mois

297.0

—

297.0

—

295.0

mm
—

—

—

297.0

—

—

297.0

—

331.4

—

795.9

—

295 0

—

23 Novembre 1933

168.2

—

598.9

—

167.0

—

15 Janvier 1942

150.3

—

348.8

—

297.0

—

18 Mai 1942

275.0

502.2

-

132.0

—

5

-

—,

Averses et grains orageux.— Les
orages s'observent
pendant la saison chaude, lorsque la situation baro¬

à Tahiti

métrique correspond à ce qu'on appelle le " marais baro¬
métrique ". Ce sont principalement des " orages de chaleur "
essentiellement locaux se déplaçant généralement
suivant
la direction

S.E.N.W.

Conformément à la définition presque universellement ad¬
mise, nous appelons " jours d'orages" ceux où l'on a en¬
tendu distinctement le tonnerre.
Voici pour la
servés à

période 1934-19-12, le nombre d'orages ob¬
Papeete :

Société des Études Océaniennes

�—

329

—

TABLEAU N° 3

Orages (nombre de jours où

on a

entendu le tonnerre) :
û.

Totaux

2

1

24

1

3

26

J.

J.

A.

s.

G.

N.

4

0

0

0

0

1

0

0

1

0

1

1

J.

F.

M.

A.

M.

1935

7

3

0

6

1936

4

7

6

2

1937

2

2

4

0

2

2

1

0

2

1

1

7

24

1938

5

2

1

6

3

1

1

1

0

0

1

4

25

1939

15

10

8

5

1

1

0

0

0

2

3

4

49

1940

4

5

3

1

2

0

0

0

0

0

1

3

19

1941

5

4

2

0

0

0

0

0

2

1

1

5

20

1942

5

1

3

0

2

0

0

0

1

1

1

7

21

47

34

27

20

14

4

3

1

6

7

11

34

208

Totaux.

période qui s'étend de décembre à mai est donc la plus
en
manifestations électriques : elle comprend en
moyenne 85 °/0 des orages observés au cours de l'année. Les
pluies qui en résultent, entrent, pour une large part, dans le
total annuel: elles tombent toujours sous forme d'averses
très violentes, de durée variable (mais excédant rarement
20 minutes), suivies en général, d'une pluie d'intensité moin¬
dre, pouvant durer une heure ou deux. Les quantités d'eau
déversées peuvent être considérables : la cadence de 1 mil¬
limètre de hauteur par minute est souvent dépassée. Toute¬
fois nous n'avons à ce sujet que des indications relativement
peu précises : l'Observatoire de Papeete ne possède un pluviographe que depuis 1935 et cet enregistreur journalier ne
nous permet pas, pour des temps très courts, d'apprécier
avec exactitude, l'intensité des pluies.
Néanmoins, les quelques chiffres suivants, quoique ap¬
proximatifs, mais systématiquement inférieurs à la réalité,
nous donneront une idée de la force de quelques averses
La

fertile

orageuses.

Société des

É-tudes

Océaniennes

�—

330

—

TABLEAU N° 4

Dates

4 Janvier 1936
21 Février 1936
7 Mars 1936

...

24 Juin 1936...

27 Mars 1937
•iS Mai 1942

.

.

.

...

....

Heure

Durée

Total

Moyenne

20 h. 35 à 20 h. 45

10 min.

14 3

mm

1.4

09 h. 45 à 09 h. 55

10 min.

16.2

-

1.6

—

02 h. 10 à 02 h. 20

10 min.

14.9

—

1.5

—

01 h. 45 à 01 h. 50

5 min

11.1

—

2.2

—

08 h. 10 à 08 h. 14

4 min.

10.2

—

2.5

—

11 h. 30 à 12 h. 00

30 min.

30.0

1.0

—

—

mm

C'est dans l'après-midi
des que

les

orages

où à la fin des journées très chau¬
éclatent généralement à Papeete.

C.— VARIATION ANNUELLE

Si l'on

considère que

les moyennes mensuelles des chutes
pluies, on peut admettre que la variation annuelle des
précipitations est assez régulière à Tahiti. On peut y distin¬
guer "grosso modo":
une saison très humide, de novembre à avril ;
une saison moins humide, de mai à octobre.
ne

de

Mais

en

réalité, il est possible d'observer

même année

au cours

d'une

d'énormes variations d'un mois à l'autre et

ailleurs, certains mois, avril et mai en particulier, peu¬
vent, suivant l'année, être assez secs ou très humides.
par

Il

été

d'appeler " saison sèche", la période qui
on pourra s'en rendre
compte parles nombres publiés ci-après, cette expression est
assez impropre. On remarquera, en particulier, que le total
des pluies relevées à Papeari en saison dite sèche (1.035 mm),
se rapproche très sensiblement du total des pluies recueillies
à Papeete en saison humide (1.166 mm).
a

convenu

s'étend de mai à octobre. Comme

Dans le tableau suivant,

nous donnons les valeurs men¬
pluies à Papeete, Papeari et Afaahiti.
Afin de rendre comparables entre elles les trois séries d'obervations, nous avons calculé pour Papeete et Papeari les

suelles d'es chutes de

Société des

Études

Océaniennes

�331

—

moyennes

—

correspondant à la série d'observations
inclus).

d'Afaa-

hiti (1936 à 1942

TABLEAU N° 5

Mois

Moyenne
de

Moyenne

Moyenne

des

de

7 dernières

25 années

Afaahiti

Papeari

Papeete

années

20 années

Moyenne

Moyenne

des

des

7 dernières

7 dernières

années

années

296.9

197.9

349.8

348.4

407.2

...

295. o

267.3

231.3

225.5

328.7

Mars......

167.6

132 8

237.0

266 2

389.7

Avril

172.6

127,9

252.0

200.0

284,2

131.6

149 1

219.6

289 0

257.5

Juin

78.2

71.2

180.5

146.5

132.1

Juillet

60.2

60.8

-138.6

169.6

150.7

Août

46.1

53.1

149.0

112.8

■103.9

Septembre.

51 2

69.4

145.8

161.0

135.4

Octobre

87.2

65 1

200.3

175.7

150.1

166.9

213.6

283.4

311.8

401.4

.

297 1

237.0

304.3

372.0

436.3

.

1850.8

1645 2

2691.6

2759.0

3177.2

Janvier....
Février

Mai

-

...

Novembre

Décembre
Totaux

.,

graphique obtenu en portant les mois en abscisses et
quantités de pluies en ordonnées montre que l'on a, sui¬
vant la station, un maximum absolu en décembre ou janvier
et un maximum relatif en mars, avril ou mai. Le minimum
absolu a lieu régulièrement en août.
Le

les

Remarquons que la courbe de pluviosité, pour chaque sta¬
tion, se rapproche assez de celle qui représente le mouve¬
ment du soleil en déclinaison. Ceci, on le sait, a été constaté
dans la
ma

plupart des pays tropicaux. A

de la

soleil

au

Tahiti, les deuxmaxi-

pluviosité s'observent un mois après le passage du
zénith.

Société des

Études

Océaniennes

�—

Il

332

—

est

intéressant, par ailleurs, de souligner la
différence
régime pluvïométrique de nos trois
stations,
différence
qui
met clairement en
évidence l'influence du relief sur la
plu¬
viosité. Suivant
du

que

les observations

ont été faites à l'Ouest
peut avoir des totaux mensuels va¬
riant du simple au double.
Cela est dû, en
majeure partie,
au fait
que ces trois stations sont installées en
des points dif¬
féremment exposés au courant aérien de
surface,
appelé
alizé. Ce courant vient
généralement d'un secteur compris
entre le Nord-Est et
l'Est, mais il a tendance à souffler du
Sud-Est de juin à
septembre. Il apporte, ainsi, à l'Est et au
Sud-Est de Tahiti,
beaucoup plus d'humidité qu'au NordOuest où se trouve
Papeete qui, abritée par la masse mon¬
tagneuse de l'Aorai, jouira de ce fait, d'un
fléchissement sen¬
sible de la pluviosité en cette
ou

à l'Est de

Tahiti,

on

saison.

A

Papeete, la quantité moyenne des chutes de
pluie du
mois le moins
pluvieux (août), représente environ 22
% du
total du mois le
plus humide (décembre), alors que
pour
Afaahiti, cette proportion est de 24
% etqu'elle atteint 30%
à Papeari.
Il n'est pas
superflu d'indiquer,
existe entre les relevés effectués

à
en

de la saison sèche
pour chacune de

1°) Papeete:

ce

sujet, le rapport qui

saison humide et

ces

ceux

trois stations:

De mai à octobre, on a environ
469mm, soit
28,7 % du total annuel.
De novembre à
avril, 1166; soit 71,3 % du
total annuel.

2°) Afaahiti: De

mai à

octobre,

du total annuel.

on a 930 mm,

De novembre à
avril, on
8 °/0 du total annuel.

3°) Papeari:

De mai à octobre, on
5 % du total annuel.

a:

De novembre à
avril, on

a

soit 29,2 %

2248 mm, soit 70,
1035 mm, soit 37,

a:

62,5 % du total annuel.

1724,4

mm soit

Cette répartition des pluies
apparaît d'ailleurs dans le dé¬
veloppement de la végétation qui, luxuriante sur le
versant

Société des

Études

Océaniennes

�—

exposé

333

—

dominants, devient moins touffue, lorsque
points marquent
ce changement, et c'est ainsi
que la pointe de Maraa est bien
connue comme la limite
séparant une région très pluvieuse
(districts de Papara-Papeari) d'une région relativement moins
humide (districts de Paea-Punaauia, jusqu'à
Papeete). Sur
la côte Est, il semble que ce soit la crête de
Haapape qui
joue un rôle analogue (1).
l'on

se

aux vents

trouve

Pour avoir
sur

sur

une

le versant abrité. Certains

vue

d'ensemble aussi exacte que

possible
pluies à Tahiti, il est néces¬
qui précède par des données sur les

les variations annuelles des

saire de compléter ce
maxima et les minirna mensuels observés

depuis le début

des observations.
Les valeurs

fet,

que

sans

indiquées dans le tableau N°5 ne sont, en ef¬
le résultat d'une opération mathématique, très utile

doute,

lorsqu'on veut

comparer

la pluviosité de plu¬

sieurs stations, mais qui ne donne, somme toute,
que " des
nombres moyens " autour desquels peuvent osciller dans une

large mesure, les " nombresrcels". Aussi, nous avons relevé
Papeete, en 1935, plus de 2.544 millimètres, alors que l'an¬
née suivante, on n'obtenait qu'un total de 1.590 mm.
à

Le tableau suivant donne

pour chaque mois les valeurs
depuis 1918 pour Papeete, depuis 1922
Papeari et depuis 1935 pour Afaahiti.

extrêmes observées
pour

(i) L'influence du relief rend très difficile la comparaison du ré¬
gime pluviométrique de plusieurs stations éloignées les unes des au¬
tres. En fait, il semble qlfô l'on ne
puisse établir de comparaison
qu'entre des stations exposées d'une façon sensiblement identique
aux vents dominants. Si,
par exemple, on ne considérait que les va¬
leurs obtenues à Papeete, on classerait Tahiti
parmi les îles du Pa¬
cifique de moyenne pluviosité; par contre, les relevés d'Afaahiti la
feraient entrer dans la catégorie d'îles très arrosées.

Société des

Études

Océaniennes

�—

334

—

TABLEAU N° 6
Valeurs extrêmes des totaux mensuels de la
des observations

Papeetc

pluie depuis le début

:

Papeari

Afaahiti

Mois
Maximum

Minimum

Maximum

Minimum

Maximum

Minimum

absolu

absolu

absolu

absolu

absolu

absolu

Janvier

892.9
en

Février.

61.2
en

79(5.6
en

Mars.

1935

Avril

1928

1929

en

Mai

1938

1940

en

en

1937

Juin

1942

en

1932

en

Juillet

1921

1929

en

Août

1926

1941

173.0
en

1934

1923

on

en

Octobre

1923

1934

277.6
en

Novembre

1926

1932

en

en

Décembre

1938

740.9
en

1924

2838.9
en

1926

en

1930

en

1927

1194.5
en

1927

1934

1936

1926

1942

en

1934

1932

1926

en

1937

en

1925

4403.0
en

1926

en

1935

1939

1931

1929

1929

en

1929

en

1923

1539.2
en

1927

1939

1942

1939

1936

en

1936

1938

1935

4111.9
en

1938

1937
51 3

en

1939
86.4

en

1938

120.0
en

651.9
en

1939

52.3
en

575.9
en

1941

34.4
en

214.4
en

1939
14.6

218 0
en

1941

68 0
en

163.6
en

115.2
en

1938

1941
78.2

en

392.5

69.5
on

1938

1937

241.2
en

244.7

92.3
en

1937

1939
60.7

en

648.6
en

28.2
en

Pour achever cette étude sommaire

nuelle de la

1927

1940

587.4
en

11.9

565.6
en

1927

117.0
en

622.5
en

31.9

569.9
en

1925

57.6

440.5
en

en

35.9
en

412.1
en

1937

1938

359.6

81.4
en

599.0

65.6
en

en

395.6

10.3
en

1942

693.7
en

52.3

616.3

3.4

598 9

en

541.7
en

2.6
en

1935

1939

36.2

721.7
en

1.3

187.6

Septembre

en

0.2
en

101.4
en

365.5

0.0

183 8
en

en

0.5

183.0

1926

506.8

14.2

502.2
en

1040 9
en

28.1

448.7
en

1939
70.1

312.5
en

Année

1919

1935

234.1
en

1936

2185.1
en

de la variation

1939

an¬

pluie, il est indispensable de faire connaître

Société des

Études

Océaitiennes

�—

335

—

se répartissent les jours de pluie au cours de l'an¬
indépendamment de la quantité d'eau recueillie,
nous avons noté soigneusement et classé, suivant leur im¬
portance, les jours où il a plu.
Dans le tableau qui suit, nous avons porté, pour chaque
station, le nombre de jours où le total d'eau de pluie re¬

comment
née. car,

cueillie

a

été

:

a) supérieur ou égal à 1 dixième de millimètre ;
b) supérieur ou égal à 1 millimètre ;
c) supérieur ou égal à 10 millimètres ;
d) supérieur ou égal à 50 millimètres.
Rappelons que l'on désigne habituellement comme jour de
pluie toute journée où l'on a relevé au moins 1 dixième de
millimètre d'eau de pluie sous quelque forme que ce soit
(on ne compte pas, bien entendu, l'eau provenant de la rosée).
TABLEAU N° 7
Nombre de

jours où la pluie a été supérieure ou égale à :
0

mm

1

1

mm

10

0

mm

50

mm

Mois

PH

Janvier

19

20

22

14

18

20

1

Février

18

18

21

14

13

19

1

Mars

•15

19

G) S)

11

16

20

l

Avril

12

15

17

8

13

13

1

Mai

10

16

16

13

14

1

Juin

9

12

14

6

11

12

0

14

13

5

11

12

0

12

13

3

10

11

0

12

13

3

10

11

0

11

16

13

7

14

13

0

Novembre

14

17

18

11

14

16

3

Décembre

17

19

91

13

17

19

2

130

190

203

106

162

182

10

Juillet
Août.

.....

Septembre.
Octobre

....

.

Totaux

(à suivre)

Société des

Études

Océaniennes

�—

ARRÊTE

n°

336

—

303 a.p., approuvant la constitution du Bureau de
la Société des Etudes Océaniennes.

(Du 16 avril 1943).
Etablissements français de l'Océanie, Officier de la Légion d'Honneur,
Vu le décret organique du 28
décembre 1885 concernant le
Le Gouverneur

des

gouvernement de la colonie et les actes modifieatifs subsé¬

quents ;
Vu l'arrêté du 1er
janvier 1917 portant création de la So¬

ciété des Etudes Océaniennes;
Vu les arrêtés du 7 mai 1932 et du 1er
juillet 1936 modifiant
l'arrêté ci-dessus en ce qui concerne la
composition du bu¬
reau de ladite Société
;
,

Vu les élections en date du 5 avril 1943 à l'effet
de renou¬
veler le bureau de la Société des Etudes
Océaniennes ;
Sur la proposition du Secrétaire Général du

Gouvernement,

Arrête

:

Article 1er.— Est confirmé le résultat des élections aux¬
a été procédé le 5 avril 1943, en assemblée
géné¬
rale, constituant ainsi qu'il suit le bureau de la Société des
Etudes Océaniennes :

quelles il

M.M. Ed. Almne
Dr Rollin

Président

A. Cabouret
P. 1. Nordman

Art. 2.
et

;

Vice-Président.
Trésorier

;

;

Rey-Lescure

Secrétaire ;
Assesseur ;

A. Poroi

Assesseur.

Le

présent arrêté sera enregistré, communiqué
publié partout où besoin sera.
—

Papeete, le 16 avril 1943.
ORSELLI.

AVïS
On demande à acheter
ros

au prix de 20 francs l'un des numé¬
6, 11, 20, 25 et 29 de la Société des Eludes Océaniennes.

S'adresser

au

Musée de

Bibliothécaire de la Société,
Mamao, de 14 h. à 16 h.

Société des

Études

Océaniennes

�BUREAU DE LA

SOCIÉTÉ

Président

M. E. Ahnne.

Vice-Président

M. le Dl&gt; Rollin.

Trésorier

M. A. Cabouret.

Secrétaire-Archiviste

M. P. I. Nordmann.

Assesseur

M. M. Rey-Lescure.

Assesseur

M. A. Poroi.

Secrétaire-Bibliothécaire-Conservateur du Musée Mlle Ahnne.
Pour être reçu Membre
membre titulaire.

de la Société

se

faire présenter par

un

BIBLIOTHÈQUE.
Le Bureau de la Société informe

ses

Membres que

dé¬

sormais ils

peuvent emporter à domicile certains livres de
la Bibliothèque en signant une reconnaissance de dette en
cas où ils ne rendraient pas le livre emprunté à la date
fixée.
Le Bibliothécaire
La
et à

présentera la formule à signer.
Bibliothèque est ouverte aux membres de la Société
leurs invités tous les jours, de 14 à 17 heures, sauf le

Dimanche.
La salle de lecture est ouverte
de 14

à

17

au

public tous les jours

heures
MUSÉE.

Le Musée est ouvert tous les

jours, sauf le lundi de 14 à 17 h.
jours d'arrivée et de départ des courriers : de 9 à 11 et de 14
17 h.

Les
à

Pour tout achat de

Bulletins, échanges ou donation de livres
Société, ou au Bibliothécaire du
Musée, Boîte 110, Papeete.
s'adresser

au

Président de la

LE BULLETIN
Le Bureau de la Société accepte

l'impression de tous les articles
qui paraissent dans le Bulletin mais cela n'implique pas qu'il
épouse les théories qui y sont exposées, ou qu'il fait sien les
commentaires et les assertions des divers auteurs qui, seuls, en
prennent toute la responsabilité.
Aux lecteurs de former leur appréciation.
La Rédaction.

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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>[30]Bulletin de la Société des Études Océaniennes (BSEO)</text>
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                <text>La Société des Études Océaniennes (SEO) est la plus ancienne société savante du Pays. Depuis 1917, elle publie plusieurs fois par an un bulletin "s’intéressant à l’étude de toutes les questions se rattachant à l’anthropologie, l’ethnographie, la philosophie, les sciences naturelles, l’archéologie, l’histoire, aux institutions, mœurs, coutumes et traditions de la Polynésie, en particulier du Pacifique Oriental" (article 1 des statuts de la SEO). La version numérique du BSEO dispose de son ISSN : 2605-8375.</text>
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                <text>2605-8375</text>
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              <text>Actualités - Compte-rendu de l'Assemblée Générale du 5 avril 1943 289&#13;
Ethnologie - Introduction du tabac à Tahiti - P. I. Nordmann 296&#13;
Histoire&#13;
- Lettre de M. Adolphe Poroi à M. Chessé, communiquée par T. Teriierooiterai 301&#13;
- Le Gouvernement Provisoire de 1842, à Tahiti - B. Cambazard 305&#13;
Sciences - Le Régime pluviométrique de Tahiti - J. Giovannelli 321&#13;
Divers.&#13;
- Arrêté n° 303 a.p. approuvant la constitution du Bureau de la Société des Etudes Océaniennes 336&#13;
- Avis 336</text>
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