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                  <text>BULLETIN
DE

LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES OCÉANIENNES

N° 121

-

TOME X

DECEMBRE

Anthropologie
Histoire

—

1957

Ethnologie

-

Institutions et Antiquités des

Littérature
Astronomie

PAPEETE

-

et

Océanographie

(N° 8)

Philologie

Populations Maories

Folklore
-

Sciences naturelles.

IMPRIMERIE DU GOUVERNEMENT

�Conseil

d'Administration

Président

M. H.

Vice-Président

M. JAUNEZ

Secrétaire-Archiviste

Melle LAGUESSE.

Trésorier

M. LIAUZUN.

Assesseur

M.

Cdt.

Assesseur

M.

Rudolphe BAMBRIDGE.

Assesseur

M. Terai BREDIN.

Assesseur

M. Martial IORSS.

JACQUIER.

PAUCELLIER.

Assesseur

M. Siméon KRAUSER.

Assesseur

M. Yves

Secrétaire-Bibliothé "ah

Pour être reçu
un

e

Musée

du

Membre de la Société

se

MALARDE.

Mlle

NATUA.

faire présenter par

membre titulaire.

ue.

Le Bureau de la Société informe ses membres
que désormais
ils peuvent emporter à domicile certains livres de la Bibliothè¬
que

en

signant

rendraient pas

une reconnaissance de dette en cas où ils
le livre emprunté à la date fixée.

Le Bibliothécaire
La

pré este

Bibliothèque est

leurs invités
Dimanche.

tous

les

La salle de lecture
14 h 17 heures.

ou

a

la formule à signer.

erte aux membres de la Société et à

jours-,
est

ne

14 à 17 heures,

de

ouverte

au

sauf

le

public tous les jours de

iN'Tusée.
Le Musée est ouvert tous les
heures. Les

jours, sauf le lundi de 14 à 17
jours d'arrivée et de départ des courriers : de 9 à

Il heures et de 14 à 17 heures.

�BULLETIN
DE LA

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES OCÉANIENNES

(POLYNÉSIE ORIENTALE)

TOME X

No 121.—

(N° 8 )

DECEMBRE

1957

SOMMAIRE

Pages
Sciences

Conférence du Professeur Hans Pettersson

....

715

Navigation
La Boussole des

Navigateurs Polynésiens (Rey-Lescure).

720

Histoire

Essai

sur

Marc Arnaudtizon

(Cdt J. Cottez)

.

.

723

Correspondance
Lettre de Mr C. A. Elliot

Société des

742

Études

Océaniennes

��..

\

,

f«3.e) (s&gt;Spy '-s^e) (s£e) (aXe)

«,?,&lt;■■

*

sis

"

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.

'

.■

SCIENCES
Conférence du Professeur Hans PETTERSSQN

Le

Professeur Hans PETTERSSQN, -professeur à l'Université
suédoise
à Tahiti
sa femme,
faire une conférence au Musée de Papeete le 15

de Gôieborg et chef de l'expédition océanographique
de 1' " Albatros» ", a bien voulu, durant un court séjour
avec

octobre. Très sensibles à l'honneur fait à leur société, le Prési¬
dent et les Membres sont heureux d'adresser au Professeur

PETTERSSQN leurs

vifs remerciements. A l'intention de ceux
qui n'ont pu y assister, nous en donnons ci après le texte que
le Professeur PETTERSSQN a bien voulu nous communiquer
avant son départ.
k

*

*

Le 24 octobre

1947, YAlbatross, navire océanographique sué¬
dois, arrivait à Papeete, il y aura donc dix ans dans quelques
jours. Durant ces dix années, des travaux énormes sur les ré¬
sultats scientifiques de notre expédition, qui se termina le 3
octobre 1948, ont été effectués. Grâce à la coopération d'il¬
lustres spécialistes des différentes sciences intéressées, la plus
grande partie des 12 volumes de notre rapport a déjà été pu¬
bliée. Je n'ai ici qu'une partie du 1er volume contenant ma des¬
cription du voyage.
J'ai eu l'honneur de publier dans votre bulletin (1) un court
résumé de nos recherches dans l'Océan Pacifique spéciale¬
ment aux environs de Tahiti et de Honolulu. Plusieurs de nos
résultats les

plus inattendus ont été confirmés depuis par des
expéditions américaines et britanniques.
Ce soir je me bornerai à un court résumé de quelques in¬
vestigations plus récentes, basées sur nos résultats avec 1' " Albatross". Il s'agit des produits cosmiques, trouvés dans les sé¬
diments des grandes profondeurs, des fragments des étoiles fi¬
lantes, qui ont un intérêt spécial, non seulement pour les océa¬
nographes mais aussi pour les astronomes, les géologues et
même pour les climatologues et les météorologistes.
Quand nous admirons les étoiles filantes, traçant leur cours

en

(1) Résultats de l'Expédition suédoise obtenus par 1' « Albatross
1947/1948 (Prof. Hans Petlersson). Bulletin de la S.E.O. n" 111.

Société des

Études

Océaniennes

»

�—

716

—

lumineux à travers le firmament sombre,
être

nous

oublions peut-

petits projectiles du cosmos représenteraient un
danger mortel, contre lequel notre seule protection est notre
atmosphère. Ils sont, en général, très petits, avec un poids
de quelques milligrammes ou moins, mais leur vitesse est
tellement énorme, des dizaines de kilomètres par seconde, que
leur énergie cinétique transformée en chaleur par la friction
aérienne les rendent lumineux pour les quelques secondes de
leur parcours. Sans la protection aérienne de notre atmosphère,
la « mort par accident météorique » serait une cause de décès
assez

que

ces

commun.

De

quelques étoiles filantes métalliques, composées de fer
nickel, des petites gouttes de métal fondu se détachent
et se solidifient immédiatement en l'air, tombant à terre com¬
me
des petites sphérules cosmiques. Ceci est tellement rare
que l'on en cherche en vain sur les continents. C'est seulement
dans la mer profonde où l'accumulation du sédiment est ex¬
cessivement lente, quelques millimètres seulement pour mille
ans, que l'on peut trouver ces sphérules cosmiques. Le fameux
océanographe écossais, Sir John MURRAY, en 1876, au retour
de l'expédition avec le " Challenger " a découvert ces sphérules
cosmiques. Il les a extraites du sédiment avec un petit aimant
à main, il n'en a pas trouvé plus de 20 à 30 par kilogramme
d'argile rouge, et seulement une à deux dans le vase à globigérine dont la vitesse de sédimentation est dix fois plus rapide.
et

de

Pour

l'expédition de 1' " Albatross
j'avais prévu des re¬
sur ces composés cosmiques dans les sédi¬
ments de grande profondeur qui avaient été ignorés pendant
les soixante-dix ans passés depuis le retour du " Challenger ".
Dans ce but, j'avais fait construire des carottiers de grand
diamètre afin de prélever des quantités beaucoup plus impor¬
tantes que celles avec lesquelles Sir John avait travaillé. J'avais
aussi monté dans mon institut de Gôteborg, un extracteur élec¬
tromagnétique, beaucoup plus efficace que le ^simple aimant
employé par Sir John. A ma grande joie, les résultats des pre¬
mières extractions ont déjà de beaucoup dépassé notre attente.
D'un kilogramme d'argile rouge, le tapis qui couvre les énor¬
mes
surfaces de l'Océan Pacifique profond, passé trois fois
dans notre extracteur électromagnétique, nous avons obtenu
des sphérules cosmiques, dix à cent fois plus nombreuses que
celles trouvées par Murray. Ceci est une bonne preuve de
cherches intensives

l'efficacité
nous

avons

de

notre

méthode

d'extraction, mais, en outre,
prononcées dans ces nom-

trouvé des variations très

Société des

Études

Océaniennes

�—

bres

probablement causées
trouvons

nous

riations

dans

la profondeur de

avec

la surface du sédiment. Ces variations

sur

étoiles filantes tombant
fois

—

l'âge du sédiment c'est-à-dire

avec

la couche examinée
sont

717

par les variations en fréquence des
la terre. Ainsi, pour la première

sur

enregistrées dans les fonds de l'océan les

l'intensité

du

bombardement

terrestre

va¬

des
projectiles de l'espace. Le fait même que nous avons trouvé
des sphérules cosmiques à une profondeur de quinze mètres
dans le sédiment, prouve que depuis des millions d'années les
météores sont tombés
pas un

notre

sur

phénomène récent

terre.

comme ont

Ils

ne

par

sont certainement

imaginé les auteurs alle¬

mands.
Aux Etats-Unis l'on
mentation

actuelle de

a

fait des essais pour trouver une aug¬

ces

sphérules cosmiques

dans

l'atmosphère,

toits

des observatoires. Malheureusement

rieuse

en

les captant
sur les
complication sé¬
en

exposant des plaques collantes
une

intervenue, donnant des résultats énormément exa¬
gérés, car dans les régions industrielles il y a toujours des
risques de contamination avec de petites sphérules d'origine
terrestre qui sont libérées par millions de toute usine où l'on
fait des soudures de fer, à l'autogène. Ces petites globules de
fer sont transportées par les vents à des distances considérables.
Pour obtenir des valeurs exactes, il faut faire ces expériences
loin de

est

toute

usine. Voilà l'une des raisons pour

lesquelles je

trouve

ici, dans cette charmante île. Je viens de faire
monter mes collecteurs magnétiques dans des gouttières de
toits à Fidji, à Samoa et à Tahiti, à votre station géophysique
de Taravao. Deux autres sont déjà installés à Majuro dans les
Marshalls et à Ivauai. Us sont examinés une fois par mois par
mes
collaborateurs qui détachent les particules magnétiques,
les envoyant à Honolulu, centre de ces recherches.
me

Mon

séjour de 9 mois à l'Université de Hawaii à Honolulu,
«
guest professor of geophysics » m'a donné la possibi¬
lité d'étudier un autre composé cosmogène à
peu près ignoré.
C'est la poussière ultrafine dans laquelle les étoiles filantes
sont dispersées pendant leur parcours
dans notre atmosphère.
Cette poussière intéresse beaucoup les astronomes ainsi que les
météorologistes et les climatologues. Selon la théorie du fameux
géophysicien de Sydney, Dr BOWEN, cette poussière peut servir
comme centre de condensation de la
vapeur d'eau dans les cou¬
ches élevées de l'atmosphère, augmentant ainsi la pluie après
des chutes intensives de météores. Il est même possible, que
cette condensation ait des influences importantes
sur l'équicomme

Société des

Études

Océaniennes

�—

718

—

libre en température entre notre atmosphère et l'espace. Si cette
hypothèse est confirmée, il semble possible que de telles inten¬
sifications dans le bombardement terrestre que nos carottes de
mer
profonde ont enregistrées, peuvent avoir déclenché des
chutes de climat peut-être même être à l'origine de congéla¬
tions importantes.

L'Université

de

Hawaii

m'a donné accès

aux

observatoires

de

grande altitude Mauna Loa de Hawaii et Halekala de Maui,
élevés de 11.000 et de 10.000 pieds au-dessus de la mer, alti¬
tudes où l'air est presque libre de poussière terrestre. Las in¬
vestigations du « smog » sur Los Angeles, ont développé des
méthodes pour faire passer de grands volumes d'air dans des
filtres ultrafins. La « Atomic Energy Commission » des EtatsUnis a été intéressée par ces filtres et a mis les appareils à
ma
disposition et m'a réglé les frais de transport. Depuis plu¬
sieurs mois, les filtres obtenus à Mauna Loa et à Halekala, ont
été envoyés d'une part à Washington pour l'analyse radioactive
de Sr 89 et Sr 90, d'autre part à Vienne pour microanalyse
sur
fer et nickel. Les résultats déjà obtenus sont assez inté¬
ressants. Mes chimistes de Vienne ont trouvé des quantités con¬
sidérables de nickel dans mes filtres, élément caractéristique
d'une origine cosmique. Suivant les analyses des filtres que la
Atomic Energy Commission » m'a envoyée, il y a des quan¬
tités d'isotopes de l'élément Strontium avec des poids atomiques
de 89 et 90 dans mes filtres. Ils sont produits par une explosion
atomique qui a eu lieu au début de septembre de l'année der¬
nière, c'est-à-dire qu'ils ont été en suspension dans l'atmos¬
phère durant au moins 6 mois.
«

Il est actuellement trop tôt pour dire avec certitude quelle
quantité de poussière des étoiles filantes tombe chaque année
sur
notre planète, mais il s'agit probablement de millions de
tonnes. Ces recherches dans un champ nouveau dont je suis
le promoteur, seront poursuivies après mon départ de Honolulu. Dans un an je crois être en état de publier les chiffres
exacts.

Je crois que ces

recherches donnent une illustration de la cor¬
qui existe entre les différentes branches de la géophy¬
sique moderne, où un océanographe peut trouver dans Je fond
dej mers des dates intéressant les géologues, les astronomes et
les météorologistes. Je suis bien heureux de l'occasion que m'a
offerte votre Société de pouvoir, pour la première fois, parler
rélation

de l'intervention

des

étoiles filantes dans

Société des

Études

l'océanographie.

Océaniennés

�—

719

—

Je terminerai par

la projection de quelques photos en cou¬
expédition de 1 Albatross " prises par mon
lils, le plus jeune membre de mon équipe scientifique.

leurs

de

notre

Prof.

Société des

Études

Hans

PETTERSSON.

Océaniennes

�720

—

—

NAVIGATION
La Boussole des
Nous

Navigateurs Polynésiens

dans un très ancien Magazine anglais
plusieurs articles d'un nommé William
Wyatt Gill B.A. sur ce qu'il appelle le Groupe des Hervey, qui
fait partie aujourd'hui de l'Archipel de Cook voisin de Tahiti.
des

retrouvé

avons

années

1874-1876

On

a souvent
parlé de la fameuse calebasse qu'employaient
Polynésiens dans leurs périples. Ici c'est un autre point de
vue
qui est donné. Nous traduisons de l'anglais et laissons la

les

notation

anglaise.
REY-LESCURE.
*

L'honneur
l'ère

avant

d'avoir

découvert

chrétienne, revient

des Arabes dès le

*

*

la

boussole, le compas, bien
Chinois. Elle fut connue
les Croisades la firent connaître
aux

Moyen-Age ;
l'Europe.
11 n'y a pas de doutes à avoir, la Polynésie a été
peuplée
par l'Asie. Pourquoi ceux qui se sont établis dans les mers du
Sud n'auraient-ils pas emportés la boussole avec eux ou
quelqu'instrument analogue ? Les ancêtres des habitants actuels
de ces mers ne pouvaient-ils pas être
plus civilisés que leurs
h

descendants ?

Le manque total de fer
l'absence de magnétisme.
Des
avons

pour

Le

en

Polynésie rend compréhensible

lèvres de vieux
recueilli ce plan.

prêtres du Groupe des Hervey nous
Avec quelques variations il est valable
les autres groupes de Polynésie.
nombre

des

«

trous

points du
portance lui était donné
voyages d'île à île.
exactement

aux

du vent

»
dans ce plan correspond
de marine. Une grande im¬
la pêche et surtout pour les

compas
pour

Au bord de l'horizon il y a une
des
du

série de
petits et des grands, à travers lesquels
vent et ses enfants, aiment souffler.

De

cavernes,

là

«

RAKA

de trous,
le dieu

»,

proviennent les mots si souvent employés de « RUA
»
( trou du vent ) où les Européens parleraient sim¬
plement de vent.
MATANGI

Société des

Études

Océaniennes

�—

La

tête

721

—

des vents est

supposée être dans l'E. ; au moment
by W il est appelé « IKU » ou queue ; eil
fait, il meurt jusqu'à ce qu'il devienne dans SSW simplement le
URU » (comme le contact d'une plume). Les cyclones com¬
mencent naturellement au NE et vont en augmentant de vio¬
lence jusqu'à ce qu'en atteignant le « IKU » ou queue, ils se
modèrent. Poursuivant vers le « URU » ( plume ) il y a un
calme plat.
Tous ces termes ont une signification figurée.
«

»

où il tourne de SW

«

Le lecteur remarquera
il revient souvent.
Prenons par

«

ANAU » ( donner naissance )

N., le vent en tour¬
( le nord donnant
naissance à un nouveau vent) N by W. Quand le vent tourne
vers NNW il est appelé « AKARUA TU » c'est-à-dire « akarua »
nant

W.

vers

exemple

le terme

devient

«

«

AKARUA » pour
AKARUA ANAU

»

fort.

assez

Prenant

«

MAOAKE

»

pour

le NE, quand le vent dévie quel¬

que peu il devient le « MAOAKE ANAU » c'est-à-dire le NE
donnant naissance (NE by N). Avançant encore vers le N il
est

appelé

NNE à

«

» ou le terrible et mortel « Maoake »
de l'extrême violence de ce vent quand souffle un

MAOAKE TA

cause

cyclone.
Cette grosse

partie concave ci-contre ( du plan ) est symbo¬
l'intérieur d'une calebasse dont la partie inférieure
est percée de petits orifices qui correspondent aux différents
trous des vents situés sur l'horizon. Chaque orifice est bouché
par un chiffon. Si le vent n'est pas favorable pour une grande
expédition, le grand prêtre commençait son incantation en ti¬
rant le tampon de l'ouverture à travers lequel le vent défavo¬
lisée

par

rable était censé souffler.

vent, il bouchait l'orifice et avançait devant
intermédiaires, enlevant tampon après tampon
jusqu'au trou recherché. Celui-ci était laissé ouvert comme
pour une suggestion aimable aux enfants de Raka de la part
du prêtre qui désirait que le vent soufflât tranquillement de
ce
quartier.
L'officiant ayant une bonne connaissance de la course ordi¬
naire des vents et de ses variations, le danger de l'expérimen¬

Repoussant

tous

les

ce

trous

tation était minime.
La Providence
ble de

a pourvu les insulaires d'une intuition infailli¬
l'approche des cyclones. Cela est exprimé dans les mots

Société des

Études Océaniennes

�—

«

722

—

KUA TAVIRIVIRI TEKAO 0 TE MEIKA

».

Le

cœur

du ba¬

nanier est

étrangement tordu et contourné quelques semaines
précédant un cyclone, comme pour prévenir d'un danger. Cela
est

associé

aucun

cette

à

une

extraordinaire

croissance

des

fruits.

Sans

doute, l'extrême chaleur et humidité qui occasionnent
rapide croissance et qui donnent naissance à l'étrange

torsion

des

feuilles

délicates

sont

les

véritables

cyclones.

Société des

Études

Océaniennes

causes

des

�A.
O

Société des

Études

Océaniennes

��723

—

—

HISTOIRE

ESSAI SUR MARC ARNAUDTIZON
( 1815
Lorsque j'ai donné, il

quelques mois, dans le Bulletin n°
« Voyage aux Mers du Sud et
la Chine » de Marc ARNAUDTIZON, entre les années 1850
1854, j'ignorais, alors, tout de la vie de son auteur.

117 de la
de
et

f 1860 )

—

S.E.O.,

un

y a

extrait du

Après de laborieuses recherches et grâce à la bonne volonté
mes
divers correspondants, très spécialement des très ai¬
mables conservatrices des Bibliothèques Municipales de ROUEN,
puis du HAVRE, j'ai réussi à entrer en relations directes, avec
une
petite nièce de notre voyageur : Madame ARNAUDTIZONde

MONTHIERS. Les souvenirs recueillis dans la famille de celle-

ci, et complétés sur certains points, aux Archives des Affaires

Etrangères,

dépouillement de la Correspondance Com¬
Politique des Consuls à MANILLE me permettent
maintenant de dessiner de Marc ARNAUDTIZON (1815-1860)
une brève
esquisse, à laquelle, évidemment, il manque quelques
touches, car ses lettres intimes, écrites à sa famiRe, n'ont en¬
core pu
être retrouvées. Mais si incomplète qu'elle demeure,
nous croyons faire œuvre utile en la livrant, aujourd'hui, au
public, et en la substituant, pour ainsi dire, au néant car, dans
les sphères les plus autorisées, aucune réponse n'avait pu, jus¬
qu'ici, être donnée à nos questions, concernant la biographie
par un

merciale et

de

ce

voyageur.
*

*

*

est né à CANTELEUX (Seine-Infé¬
1815, petit-fils de Claude ARNAUDTIZON et de
Catherine Françoise DESCHAUX (1750 — f 1826) (1). Son
grand-père était lyonnais, sa grand-mère d'ascendance hollan¬
daise. Ce ménage avait eu quatre enfants, trois filles et un
seul garçon, Lucien, (1780-1860) destiné à devenir le père

Marc

rieure)

ARNAUDTIZON

en

de Marc. Disons tout de suite

un

mot des

filles.

(1) Il existe d'autres branches ARNAUDTIZON ; dans le recueil
« Les Maréchaux de l'Empire et leur descendance »

de VALYNSEELE
on

trouve

une

alliance SUCHET

chet est le propre

—

Adèle

ARNAUDTIZON.

Ce Su-

frère du Maréchal de France, Duc d'ALBUFERA.

�—

724

—

a) l'aînée, Amélie, devint Madame VITET (1) femme du
et polémiste célèbre. Elle eut deux enfants, un gar¬
çon, et une fille, devenue Madame AUBRY ; c'est dans la des¬
cendance de cette dernière qu'on trouve des alliances particu¬
lièrement brillantes : Cécile ÀUBRY-VITET épouse un ROUANCHABOT ; Jeanne AUBRY-VITET s'allie à un COSTA de
littérateur

BEAUREGARD.

b) La seconde fille devint Madame BARBET, de JOUY,
manufacturier, créateur des toiles fameuses.

femme du célèbre

c) La troisième, plus jeune que Ludovic, devient Madame
RIOCREUX, d'où aussi, une descendance que nous n'avons pas
suivie.

Quant à Ludovic ARNAUDTIZON, il épousa,
demoiselle
fants

THIEBAUT-BRUNET.

Ce

vers 1810,
ménage eut quatre

une

en¬

:

1°) Claudius (1813-1878),
2°) Marie, devenue Madame PREVEL,

3°) Marc, notre futur

voyageur,

né

en

1815,

4°) Auguste, sur lequel on ne sait rien de particulier et qui
sans doute, trouver un
emploi quelconque dans les manu¬
factures paternelles.
a

dû

Claudius est le grand-père
TIZON-MONTHIERS. Il eut
çons

et une fille,

garçons,

Marc,

se

de l'actuelle Madame ARNAUD¬

effet trois enfants, deux gar¬
devenue Madame DOCKIN. L'aîné cle ses
noya accidentellement à l'âge de cinq ans ;
en

(1) VITET. Il existe deux VITET

connus. VITET Médecin français
1736, mort à PARIS 1809. Conventionnel, proscrit com¬
me modéré,
après 1793, obligé de se réfugier en Suisse. Siégea, en¬
suite, au Conseil des Cinq Cents.
né

à

LYON

VITET Ludovic

littérateur et homme

politique, petit-fils du pré¬
1802, mort à VERSAILLES, en 1873. Débuta
comme
journaliste au « Globe ». Après 1830, nommé Inspecteur des
Monuments Historiques ; en 1834, élu député de Rolbec. Il devint
Vice-Président du Conseil d'Etat, Membre de l'Académie Française,
vécut dans la retraite pendant l'Empire ; contre lequel il avait pro¬
testé, rentra dans la politique en 1871 ; représenta la Seine-Inférieure
à l'Assemblée Nationale. Prit une part importante aux
délibérations
qui précédèrent l'établissement de la République. (Grande Encyclo¬
;

cédent, né à PARIS,

en

pédie).

Société des

Études

Océaniennes

�—

le

second, Ludovic

725

(1), devint

—

un

très brillant capitaine

au

long

cours, capitaine de grands voiliers, dès l'âge de 24 ans.
Il devait finir sa vie à la tête d'une importante maison d'ar¬
mement du

HAVRE.

Dans les
sur

ses

premières années de ses navigations, il emmenait
voiliers, sa jeune épouse : c'est ainsi que la sœur aînée

Madame

de

ARNAUDTIZON-MONTHIERS

d'un voyage de ses parents au
détail est intéressant car il montre

est

née

en

mer,

Australie.
Ce
goût des
voyages maritimes était ancré chez les ARNAUDTIZON, à
quelque génération qu'ils appartinssent.
Nous avons vu que cette famille était originaire du Lyonnais.
Elle serait venue se fixer en Normandie, au temps de la Res¬
au

cours

tauration,

en

Chili, et

en
combien le

1814, exactement ; elle fonda diverses manufac¬
d'indiennes, principalement à BAPEAU-

tures de cotonnades et

ME-LES-ROUEN.
Ce mouvement de concentration est lié

développement gé¬
mécaniques, au grand machinisme ; il com¬
mence à
prendre son extension à cette époque. La Normandie
possédait une main-d'œuvre abondante et à bas prix. Le Havre
avait, de tout temps, été un centre important d'importation de
cotons. De plus, les bâtiments pouvaient y charger, directement',
sans
transports nouveaux, les marchandises à destination des
comptoirs et colonies de la côte d'Afrique ou d'Amérique, d'où
avec
des frais moindres, une rotation accélérée des capitaux
et partant, des bénéfices plus grands.
au

néral des industries

(1) Ludovic ARNAUDTIZON :
Descendant d'une des plus vieilles familles de Normandie, est né le
26 Janvier
1874 à « BLQIS ». Capitaine au long cours à vingtquatre ans, il commande les grands voiliers faisant flotter le pavillon
français dans toutes les mers du monde.
Pendant la guerre
nant

de vaisseau

Chevalier de la

de 1914 il se spécialisa en 1917, comme Lieute¬
Auxiliaire, dans la chasse aux Sous-marins, fut fait
Légion d'Honneur, et décoré de la Croix de Guerre.

En 1918, il s'occupa au HAVRE de questions maritimes. Elu au
HAVRE, Membre du Conseil général de la Seine-Inférieure, en 1928
adjoint au Maire du HAVRE, membre de la Chambre de Commerce,
Administrateur du Port Autonome, membre du Conseil Supérieur de la
Marine Marchande, Président de la Fédération Nationale des Pension¬
nés de la Marine Marchande, Officier de la Légion d'Honneur, Consul
de Pologne, Officier de la Polonia Restituta et titulaire de la médaille
d'or de sauvetage. (Biographie des Célébrités locales du
HAVRE).

Société des

Études

Océaniennes

�—

Toutes

ces

726

—

raisons

expliquent, amplement, la prolifération
région de Rouen. On retrouve très fi¬
de cette famille dans un opuscule récem¬

des manufactures dans la
dèlement les traces
ment édité

à Rouen et intitulé
XYIIIe et XIXe siècles» (1).

«

Les indiennes normandes

aux

A

BAPEAUME-LES-ROUEN, entre 1814 et 1847, on ne
compte pas moins de cinq ARNAUDTIZON, seuls ou associés
à d'autres membres de leur famille, ou encore à des étrangers.
On

peut y lire aussi les noms maintes fois répétés des :
OBERKAMPF, KŒCHLIN, JAVAL, THIERRY-MIEG, DOLLFUS, SGHLUMBERGER, STEINBAGH, SCHWARTZ, etc... dy¬
nasties connues de grands manufacturiers.
Un

bijou de famille, une chevalière, représentant sous un
de chevalier, sur champ d'or, un aigle éployé, portant
sur
son
poitrail un écusson rond chargé de pals, transmise,
de génération en génération, dans la famille ARNAUDTIZON,
permet d'émettre, d'après tout ce que l'on sait déjà, une hy¬
pothèse assez plausible sur les origines et les vicissitudes de
cette famille. Certains avaient pensé que cette chevalière pou¬
vait provenir de l'ascendance hollandaise, et aristocratique,
d'une certaine grand-mère. Les recherches effectuées de ce
côté ne donnèrent, malheureusement, aucun résultat. Par contre,
l'analyse du nom patronymique de la famille considérée, mon¬
trait, à l'évidence, qu'il provenait de l'association, sans doute
fortuite d'un nom (TIZON), et d'un prénom (Arnaud). Or
le nom TIZON évoquait invinciblement, les TIZONI d'Italie.
En effet, à l'article TIZONI, le RENESSE, répertoire bien
connu
des héraldistes donne les renseignements suivants :
famille ancienne, originaire de VERCELLI, province de Novare, près de MILAN ». Armes « écartelé : aux 1 et 4 d'or à
l'aigle éployé de sable, couronné du champ, aux 2 et 3 pal
d'or, et de gueules ; sur le tout, d'argent à 3 flambeaux de
sable, allumés de gueules, posés en bande, rangé en pal.» Ci¬
mier : un aigle de sable, couronné d'or, tenant, en sa patte
dextre, un flambeau de sable, allumé de gueules. Devise « Nil
deierius familiari inimico » (2).
Pour des raisons de commodité il est plausible d'admettre
casque

«

(1) Camille LEON.
XIXème

Siècles

dustriel

et

(2)

«

Rien

et

Les

les

Commercial

indiennes

Collections de
de

ROUEN.

Normandes
tissus

aux

XVIIIème

ROUEN

1952.

de pire qu'un ennemi parmi des proches

Société des

Études

et

imprimés du Musée In¬

Océaniennes

».

�727

—

—

écu ait été simplifié : on retrouve dans la chevalière
pièces essentielles des armes anciennes,
c'est-à-dire (le champ) d'or à l'aigle éployé (de sable) portant
sur son poitrail
un écusson rond, chargé de pals ( un métal
plus un émail) impossible à distinguer, en raison de la finesse
de la gravure. Mais tout permet de penser qu'il était bien
paie d'or et de gueules, en tous cas il est paie.
Et à l'article VERCELLÏ, on trouve dans l'Encyclopédie :
petite ville d'Italie, près de Novare, célèbre pour l'industrie
de la soie ». Alors, après ces investigations tout s'éclaire ! Un
gentilhomme italien de VERGELLI, peu fortuné, spécialisé
dans l'industrie de la soie (l'exercice de ce métier n'était pas
une dérogeanoe ) a
dû, à la Renaissance, émigrer en France. Il
s'est installé aux environs de LYON, où il a fait souche. D'où
l'origine des TIZON de France, devenus ARNAUDTIZON, et
passés en Normandie, tout au début de la Restauration, poul¬
ies raisons économiques exposés ci-dessus ( démocratisation du
costume, naissance de la grande Industrie).
Evidemment, cette hypothèse, très vraisemblable, devrait être
appuyée de recherches dans "les archives du Lyonnais. Mais telle
qu'elle est, elle suffit à la satisfaction de notre curiosité et à
la détermination de la situation sociale des ARNAUDTIZON, au
cours des siècles passés. Nous nous en contenterons donc, pro¬
visoirement, sans pousser nos recherches plus outre.
que cet

des ARNAUDTIZON les

«

*

*

*

On connaît peu de choses de la jeunesse de Marc ARNAUD¬
TIZON, notre héros. Il avait dû être élevé à GANTELEUX, près
de ses parents, puis mis au collège, comme tous les enfants
de son âge. Nous savons, par la « Correspondance » de FLAU¬
BERT, qu'il avait été le condisciple et le camarade de l'illustre
au collège de ROUEN, où il s'ennuyait ferme. Ce
gardait de Marc « bon bougre » un excellent souvenir.
Quelques lettres, datées de 1836, adressées par sa mère à
des parents, nous donnent des renseignements sur les deux
frères, Claudius et Marc « Ils sont, tous deux, au collège. Clau-

écrivain,

dernier

dius est maintenant
Une seconde
que « Marc est
ne mord guère
en

6ème.

cette

aux

»...

nous apprend
toujours le même : il me disait dimanche qu'il
à la science »... Autre lettre : « Marc est faible

Claudius,

90 »... Enfin nous trouvons
s'agit de cadeaux de Noël ou de
enfants, et d'une suggestion de leur mère

16ème

dernière indication

Jour de

séances latines

lettre, datée du 3 décembre 1836,

l'An, faits

aux

:

Société des

sur

il

Études Océaniennes

�—

à

—

Quant à Marc il possède déjà bien des aventures
A seule fin de ne pas faire double emploi, comme
ils grandissent, il faudrait lui envoyer autre chose, par
exem¬
ple, Charles Quint, de ROBERTSON, ou un autre ouvrage de
ce

sujet

728

«

de voyageurs.

ce

genre».

Quelques années plus tard, nous trouvons deux charmantes
aquarelles traitées à la manière des lithographies de la Restau¬
ration, représentant les deux frères en tunique à boutons de
métal. L'un

d'eux, Claudius, est en tenue de chasse, muni d'un
fusil, d'un large couteau à gaine, et d'une poire à poudre, ac¬
crochée à son ceinturon de cuir. Il a l'air déjà viril. Marc pré¬
sente une jolie
figure régulière, attrayante, un nez droit, des
yeux bleus, un front dégagé, des cheveux blonds romantiques,
de jolies lèvres, des traits fins.
Ces deux dessins sont
donc
huit. À
a

signés F.N. BEIGEL — 1833. Claudius
vingtaine d'années, Marc n'en a que dix-sept à dixce
moment, Marc termine ses études. Il fréquente sans
CROISSET avec Gustave FLAUBERT et peut-être

une

doute,

BOUILHET.
Nous

exactement jusqu'à quel degré il a poussé;
a-t-il passé son bachot, comme tout
le monde, peut-être a-t-il fait son droit à Paris, et fréquenté
la jeunesse dorée de l'époque, le bal Mabille, et les concerts
ne

savons

pas

les dites études, peut-être

Métra. Du moins a-t-il dû être orienté
turière de

ses

vers

l'activité manufac¬

parents, et effectuer à l'étranger, Alsace, Angle¬

Allemagne, quelques voyages d'étude, de caractère plus
professionnel. Mais à BAPEAUME-LES-ROUEN, at¬
tiré par ses lectures vers les évasions exotiques, ayant, déjà,
du Port du HAVRE, ou des falaises de SAINTE ADRESSE,
senti l'appel du grand large...
Je vois un port rempli de voiles et de mâts,
«Encore tout fatigués par la vague marine !»
songe-t-il à son tour, comme les grands voiliers blancs, à
appareiller, pour les Tropiques, et les terres lointaines, les
pays des aromates, à la rencontre de prestigieuses Reines de
terre,

moins

ou

«

Saba ?

Finalement,

1850, il réalise son rêve. Il embarque, com¬
HAVRE, sur "l'Arche d'Alliance", Ca¬
pitaine CAZALIS, en qualité de Délégué Commercial de la
Chambre de Commerce de ROUEN, pour un voyage au long
cours, aux Mers du Sud, et de la Chine.
me

nous

Nous

en

l'avons vu, au

avons

donné, déjà, sinon la relation intégrale de

Société des

Études

Océaniennes

ce

�—

voyage (1),
donc plus.
Et

729

—

du moins de larges extraits. Nous n'y reviendrons

si, pourtant, car il faut, encore, citer les impressions re¬

cueillies par

Marc ARNAUDTIZON sur les Philippines, pays,
qui, par la suite, jouera un si grand rôle dans sa vie, puisqu'il
s'y est fixé, et y est mort ; et aussi rapporter incidemment,
quelques-unes du moins de ses idées sur la Chine, contrée à
laquelle il s'est vivement intéressé, et où par la force des cir¬
constances, il est resté presque deux ans, en contact, d'ailleurs
étroit, avec la Marine, représentée, alors, dans ces eaux, par
le fameux Commandant de ROCQUEMAUREL, capitaine de
vaisseau, commandant de la « Capricieuse », corvette à gaillards,
armée de trente canons. Quelques conclusions importantes mé¬
ritent

aussi

d'être

tirées

de

la

lecture

de

cette

relation

de

D'abord en portant si vivement son attention sur les
d'Océanie, Marc ARNAUDTIZON faisait véritablement œu¬
de pionnier. En effet, en 1851 la guerre de Tahiti n'avait

voyage.

îles
vre

que depuis cinq ans à peine. La prise de
officielle de la Nouvelle-Calédonie n'était pas encore

pris fin

possession

effectuée.
séjour de "l'Arche d'Alliance" à l'île des Pins en 1851,
apparaît donc, comme une prévision heureuse, une belle traite
tirée sur l'avenir. Quant au passage de Marc ARNAUDTIZON,
aux Nouvelles-Hébrides, à ANNATOM,
en 1851, il peut être
célébré comme un véritable exploit, car le commerce « libre »
y était encore, pour ainsi dire, inconnu. Les échanges y conser¬
vaient un caractère essentiellement précaire, autant guerrier
Le

que

commercial

être enlevé

dix

ans

—

( DUMONT d'URYILLE avait bien failli

Tonga,
auparavant).
aux

vers

1838, c'est-à-dire

un peu

plus de

Le moins

que l'on puisse dire est que ces régions mélané¬
apparaissaient, encore, comme peu sûres. Une autre
remarque s'impose, nous en constaterons la véracité, par la
suite, c'est l'extrême conscience avec laquelle ARNAUDTIZON
se
livre à ses enquêtes. Il ne néglige aucun renseignement,
aucune
source
d'information ; la documentation qu'il donne
est, pour l'époque, tout à fait complète. De plus, il a, sur cer¬
taines questions, commerce avec la Chine en particulier, des
vues
originales ( établissement de comptoirs français, etc...
justifiées, ultérieurement, par les faits. Il s'agit donc bien en
siennes

(1) Cette relation se trouve à la Bibliothèque Nationale ainsi d'ail¬
qu'un opuscule de son frère Claudius, sur la culture de la vigne

leurs
à

la

JUSTINIERE.

Société des

Études

Océaniennes

�—

précurseur
des

;

il

ouvre, ou

véritablement

voies

du moins, il entr'ouvre

au

commerce

*

*

qu'il écrit

en

1853

sur

les Philippines,

futur domaine ?

son
«

ce

—

nouvelles.
*

Voyons maintenant

730

Le

cette

4

avril

ville

étions mouillés sur rade de MANILLE,
métropole de l'archipel des Philippines, et
de Luçon, qui en est la principale
et mérite,

nous

la

est

située dans l'île

seule, notre attention».
J'étais enfin dans cette contrée dont j'avais entendu dire
(1) des choses $i curieuses, et bien désireux de voir par moimême ce qu'il en était, Je ne fûs pas longtemps à me mettre
à l'œuvre, et pas longtemps, non plus, avant de me convaincre,
par quelques
courses à l'intérieur, de la véracité de ce
qui m'avait été exposé. J'ai pû m'assurer que ce pays avec
une richesse du sol si
grande, une fertilité si prodigieuse dans
presque tous les endroits que j'ai parcourus, n'attendait qu'une
direction éclairée, et entreprenante pour devenir une colonie
digne de marcher à la tête de celles qui existent, sans en ex¬
cepter Java, le modèle et la reine de l'Orient. »
«

On sait

effet que

le sol des Philippines dont la fertilité
égale celle du sol de Java, avait sur cette dernière l'avantage
d'être favorable à la culture d'un plus grand nombre de
pro¬
duits dont nous ferons la nomenclature un peu plus loin.
Les Philippines se trouvent agglomérées à peu près entre
le 6°

et

en

le

19°

de

latitude

Nord

et

le

117°

et

le

123°

de

longitude Est. Il s'ensuit que le climat est très chaud, généra¬
lement beau, et que l'été y est, pour ainsi dire perpétuel.
Quand les années sont pluvieuses, les pluies ont lieu en Juin,
Juillet et Août, et elles sont, alors, si violentes, que les af¬
faires s'en trouvent ralenties. Autant que possible on doit
éviter d'y faire arriver les cargaisons à cette saison ; le mo¬
ment le plus convenable pour la réception, et l'écoulement des
marchandises est Septembre, Octobre et Novembre. Si ces pluies
(1) Peut-ctrc allusion à Mr de la GIRONNIERE auteur de quatre
relatés dans un intéressant ouvrage « Aven¬
français aux Philippines, le dernier effectué
en
1820 le fait rentrer en France en 1838. Il y parle de son ami le
Consul Général BARROT ; ou mieux, allusion aux récits de Toussaint
voyages aux Philippines,
tures d'un Gentilhomme »

HERVEL,

neveu

des

«

LAFITTE

Société des

».

Études

Océaniennes

�—

731

—

si abondantes ont leur désagrément, elles ont aussi comme la
plupart des choses ici-bas, leur côté avantageux ; elles appro¬
visionnent les rivières coulant de l'intérieur, et celles-ci alimen¬
tent à leur tour, d'immenses lacs d'eau douce, qui faisant of¬
fice de réservoirs, contribuent probablement, à la fertilité de
ces
contrée, en permettant des irrigations au moyen desquelles,
on neutralise favorablement l'influence du soleil
tropical.
Le terrain est généralement formé d'un mélange de sable,
d'argile et de terre marécageuse.
La population des Philippines se divise en deux parties :
l'une soumise aux Espagnols ; elle professe le culte catholique,
et est évaluée pour les îles à 3.600.000 âmes ; l'autre insou¬
mise, ne professant aucun culte, et composée de différentes
races
dont l'importance est inconnue.
LUÇON qui est l'île la plus importante du Groupe et dont
nous
nous
occuperons maintenant, exclusivement, possède, diton, à elle seule, 2.300.000 habitants, convertis au catholicisme,
et, par conséquent, soumis aux Espagnols. L'autre partie de la
population est sauvage et habite les montagnes.
Cette île est divisée en provinces, elles-mêmes, subdivisées
en

districts.

MANILLE, comme nous l'avons dit, est la métropole de l'ar¬
chipel, et possède près de 200.000 habitants en y comprenant
ses
faubourgs et sa banlieue. C'est dans cette ville qu'est la
résidence du Gouverneur Général, de l'Etat-Major, de la haute
Magistrature, de l'Archevêché, ainsi que de tous les hauts fonc¬
tionnaires civils et la direction des Douanes. Toutes les

mar¬

chandises

qui se répandent dans les différentes provinces de
LUÇON et même les autres îles, passent en entrepôt, à Manille.
Le commerce de LUÇON est devenu, depuis plusieurs an¬
nées, plus important, qu'on ne le suppose généralement. En
1851, d'après des statistiques officielles, très minutieuses, il
s'élevait à la somme de 51.773.232 francs, dans laquelle les
importations entraient pour 24.119.790 francs, et les expor¬
tations

27.633.442 francs...
fait, ensuite, la part du commerce national, et du
commerce
étranger, tant pour les importations que pour les
exportations et conclue :
« Tout
le commerce national à l'importation se fait natu¬
rellement par navires espagnols, et en raison du droit protec¬
teur qui favorise ces derniers, la plus grande partie du com¬
merce étranger se fait aussi par la même voie... »
pour

L'auteur

9

Société des

Études

Océaniennes

�—

732

—

Dans l'exportation les choses se
passent tout différemment...
plus grande partie des marchandises est enlevée par les na¬
vires étrangers. Cela
s'explique facilement par la destination
tout à fait contraire des
produits exportés. Les dernières sont
consommées par la population
espagnole, tandis que la majeure
partie des secondes est achetée pour la consommation étran¬
gère. Chaque pays, consommateur a donc intérêt à faire venir
ses marchandises
par ses propres navires... »
«

la

Je ne détaillerai pas toutes les variétés de marchandises
qui
constituent les importations des
Philippines ; mais une observadon sur laquelle
je ne crois pas devoir glisser, puisqu'elle in¬
«

téresse vivement le

Département que j'ai l'honneur de représen¬
c'est que dans les marchandises étrangères, c'est-à-dire
autres qu'espagnoles
importées, le chiffre des étoffes de tout
geii'-e, dont la plus grande partie est en coton, s'élevait à 13
millions de francs, et dans ce dernier
chiffre, les indiennes et
les mouchoirs de coton
imprimés, entraient pour plus de 2
millions de francs, et le
genre rouennais, pour près de la même
somme
( 1.800.000 frs ) »
ter,

J'ai dit

plus haut que je reviendrais sur les produits du
: l'occasion s'en présente au sujet des ex¬
portations. Le sucre, le tabac, l'indigo, le riz, l'abacca, ou
chanvre de bananiers, l'huile de coco, le
café, le cacao, la ré¬
sine, les bois de construction et d'ébénisterie, y compris l'ébène, les bois de teinture, les graines propres à l'extraction de
l'huile, le rhum, la cire, l'arec, l'aloès... forment la base des
«

sol des

Philippines

chargements.

»

Nous devons y ajouter les
peaux, les suifs, les cornes, les
denrées que les côtes fournissent en abondance telles
que la
«

les écailles de tortues, les ailerons de requins, le treles nids d'oiseaux, le corail... le salpêtre qu'on trouve
en plusieurs localités
; et enfin le coton, la cochenille, la ,canelle, le sagou, la vanille, et quelques autres produits pour¬
raient s'y cultiver avec succès, si le
gouvernement espagnol,
animé d'une sage et fructueuse
initiative, favorisait, comme
le fait le gouvernement hollandais à
JAVA, la culture de tou¬
nacre,

pang et

tes
«

de

ces

La
la

plantes... »
fibre d'ananas sert à fabriquer dans le pays des tissus
plus grande finesse, qu'on nomme « pinâ » et que les

femmes brodent
habileté. »
«

On y

avec une

fabrique aussi

extrême

avec une

Société des

Études

patience, et

une

des variétés de

Océaniennes

merveilleuse

«r

l'abacca

»

�—

tissu très

un

733

—

clair, qu'ils appellent

les robes et chemisettes de femmes.

«

cousi

»,

et qui sert pour

»

On connaît de

réputation, les chapeaux et les étuis à ci¬
de Manille, faits en paille de riz, ou de jonc. Les fruits,
quelques-uns sont délicieux, croissent (et fécondent) (sic)
en abondance, dans ces contrées et pourraient encore fournir un
faible article d'exportation.
«

gares
dont

«
Suit la description très détaillée, des usages commer¬
ciaux, les différentes mesures employées, les monnaies locales,
leurs divisions, les droits de douanes, les abus auxquels se
portent les fonctionnaires des douanes, qui taxent les marchan¬
dises, non d'après les prix de factures ; mais d'après leurs
estimations personnelles, souvent fausses, fantaisistes et toujours

exagérées, (jusqu'à 100 % «ad valorem»). Marc ÂRNAUDTlZOPi s'élève, avec force, contre ces abus intolérables, et de¬
mande

gouvernement d'intervenir. Il aborde, aussi, la ques¬
frets, d'aller et retour, entre Manille et l'Europe, les
commissions et les frais divers, supportés par les négociants
locaux. Et il termine ainsi, son exposé, très complet :
au

tion des

«
Après un séjour de deux mois
dus songer à retourner en Chine, à
dant de la " Capricieuse " avait eu la

dans les Philippines, je
MACAO, où le Comman¬
bonté de m'engager à re¬
venir, vers la fin de Juin, afin de me donner passage, sur cette
corvette de l'Etat, pour me rendre en France. Je quittai, donc,
Manille, le 3 Juin 1853, et le 21 j'étais en rade de Macao,
que nous ne quittâmes, contrairement aux prévisions de Mr de
ROCQUEMAUREL que le 1er Septembre 1853 »...

Après différentes escales,

(SINGAPORE et la REUNION),
PALMA de Majorque, le

Marc ARNAUDTIZON atteint, enfin,
27 février 1854.
«

J'étais

attiraient

Nous

aux

portes de la Catalogne, de vives affections m'y

»...

compris depuis notre passage au Havre, en
sibyllin de cette déclaration.
Claudius, le frère aîné de l'auteur, était comme plusieurs
autres membres de la famille ARNAUDTIZON, un ardent ré¬
publicain. A l'avènement du Second Empire, après le coup
d'Etat de 1852, il avait été proscrit par le nouveau gouverne¬
ment. Exilé d'abord, en Grande-Bretagne, il était passé en
Catalogne, où il avait été très favorablement accueilli par Mon¬
sieur MARTINEZ y CAMPOS. Il s'était alors occupé avec suc¬

1957, le

avons

sens

assez

cès de la direction d'une manufacture de velours

Société des

Études

Océaniennes

en

Catalogne.

�—

734

—

Par la suite, autorisé à rentrer en France, à l'avènement de
l'Empire libéral, il achètera la propriété de " la Juslinière " à
coté de BLOIS (à CHOUZY-SUR-LOIRE),
où nous le re¬
trouverons

bientôt.

Marc ARNAUDTIZON venait donc

de prospecter tout l'Ex¬
trême-Orient, de 1850 à 1854. Deux pays avaient, très parti¬
culièrement, fixé son attention, la Chine, où il avait passé près
de deux ans, entre SHANGHAI,
CANTON, HONG-KONG et
MACAO, et les Philippines, dont il avait entrevu la richesse
potentielle, admiré la beauté encore sauvage, apprécié le char¬
me
agaçant et lascif de ses populations tagales.
Son choix est fait. C'est là où il ira s'établir.
Après avoir
rapidement repris contact avec sa famille, revu tous les siens,
rendu compte de sa mission à la Chambre de Commerce de
Rouen, il repart, dans le courant de 1854, pour aller s'installer
aux Philippines,
à Manille, et y fonder une maison de com¬
merce, où il recevra les produits manufacturés de Rouen (co¬
tonnades et rouenneries ) qu'il répartira entre ses différents
comptoirs, dans l'intérieur de LUÇON.
*

*

*

A

Manille, les événements suivants venaient de se dérouler au
de l'année 1854 : rappel de notre Consul Mr de CODRIKA, personnage assez fantasque (Marc ARNAUDTIZON l'avait
sans doute connu lors de son
passage aux Philippines). Rem¬
placement provisoire de Mr de CODRIKA par Mr Eugène
TROPLONG, lequel déjà sur place, avait dût attendre le bon
vouloir de son prédécesseur, pendant plus de six mois, bonne
volonté finalement aiguillonée par un ordre « sans sicut » du
Département.
Le nouveau Consul devait de prime abord, et suivant les
meilleurs usages, constater une grande négligence dans le
service de son prédécesseur. C'est ainsi qu'il se plaint « de ne
pouvoir se rendre dans la maison de son chancelier, un cer¬
tain COSTER, pas assez décemment habitée, pour qu'il con¬
vienne à sa «nouvelle» dignité, de mettre les pieds chez lui»...
Il en est réduit à attendre Mr P AVION, successeur désigné
cours

de Mr COSTER...

Passage de l'aviso « CASSINI » ( Cdt de PLAS ) ; arrivée d'un
Capitaine Général des Philippines, reçu avec tout le
déploiement de faste et de coups de canons propres à sa haute
charge ; passage d'H.M.S. « ENCOUNTER » ; voyage à Singapore du Surintendant don José SANDINO y MIRANDA, aunouveau

Société des

Études Océaniennes

�735

—

quel la France offre
bord

de

çaise

«

«

COLBERT »,

navale

(1)

même

ce

russe

de faveur et de propagande, à
relâche de la corvette fran¬
venant de Macao ; relâche d'une division
un passage

CASSINI

les

sous

—

ordres

»

;

Vice-Amiral

du

PONTENKINE

ravitaillement complet de cette division, en vivres et com¬
bustibles. Détail piquant, on ignorait, alors, à Manille, l'état
de guerre existant, déjà, entre la Russie, la France et la
Grande-Bretagne, (et plus tard la Sardaigne). Des réceptions
très cordiales, avaient réuni les diverses autorités locales, au¬
tour des marins russes. Attaque à main armée du Consul
;

TROPLONG dans la nuit du 17
Notre

au

18 Mai 1854...

voyageur, arrivé,
derniers événements,

ces

Consul, remis de

ses

s'était mis
élire domicile dans

l'arrivant

à

réussi

sans doute, quelques temps après
avait dû commencer par faire au
émotions, une visite protocolaire. Puis
en
quête d'un gîte. Peut-être avait-il
une

de

ces

sévères maisons

cas¬

tillanes, aux hautes fenêtres grillagées, à la porte chargée d'un
heurtoir, en orange, surmontée d'un lourd blason héraldique,
encore plein de la gloire des premiers « Hidalgos ».
Sans
«

doute

miradoi's

maison possédait-elle un de ces fameux
haut duquel Marc ARNAUDTIZON, aimait

cette

du

»

contempler, au-delà de l'île du Gorrigedor, l'arrivée des fins
; ou
des « praôs, sampaps et jonques » ; ou encore
rêver, dans la nuit sereine, à ses navigations polynésiennes

à

voiliers
à

d'antan...
Puis il avait

pôt, installé
clamait du

organisé son commerce, fait choix d'un entre¬
comptoirs, dans les provinces. Tout celà ré¬
temps, et une grande activité.
ses

Cependant, dès le début de 1855, le Commandant TARDY
MONTRAVEL, sur sa frégate « CONSTANTINE » avait dû,
avec
le Consul TROPLONG, régler quelques affaires pen¬

de

dantes.

..

Fin 1855

débarque Mr SAINTE CROIX de BELLIGNY (2). Il
prendre la direction du Crédit Agricole de Manille, sorte
banque locale française. Le Consul TROPLONG profite de

vient
de

(1) Frégate
NICE

»

(2) On

«

«

PALLAS

MENCHIKOF
a vu

»
»,

corvette « OLEVOIRA », transport
goélette à hélice « VOSTOCK ».

dans les affaires de Nouvelle-Zélande

un

Études

Océaniennes

PRI-

Monsieur de

BELIGNY, chargé des intérêts des colons d'AKAROA (1842). Il
rait s'agir du même personnage, devenu disponible.

Société des

«

pour¬

�—

cette
et

se

En

arrivée pour lui
rendre à Macao.

736

—

céder la gérance provisoire du Consulat,

Octobre, relâche

l'Amiral BAUDIN », superbe voilier,
à SYDNEY (Australie). Au mois
d'Août 1856, on retrouve, dans la correspondance du Consul,
intérimaire de Manille, trace de Marc, ARNAUDTIZON, pour
lequel il demande « le renouvellement d'un permis de résidence
de deux ans, arrivé à expiration ».
En Octobre 1856 parvient la nouvelle de la nomination de
Monsieur MECHAIN comme Consul titulaire de Manille, en
remplacement définitif de Monsieur de CODRIKA (rappelé en
1854).
Peu de temps après, le Département demande au « Consul
provisoire » quelques explications sur les bruits, qui circulent
a
BORDEAUX de l'ouverture au commerce de trois ports des
Philippines, savoir : SUAL, YLO-YLO, et SANBOUGAN.
En Novembre 1856 l'archipel est dévasté par un terrible
typhon.
Le 6 Janvier 1857 le « MARCEAU », aviso à vapeur, com¬
mandé par Monsieur LEFER de la MOTTE, Lieutenant de
vaisseau, entre à Manille. Il porte au Cambodge et en Cochinchine, Monsieur de MONTIGNY, Plénipotentiaire de S.M.
l'Empereur au Siam et au Cambodge. C'est l'occasion, pour le
Consul, de donner un dîner de dix-neuf couverts, auquel AR¬
NAUDTIZON a pu être convié.
Enfin, le 17 Mars 1857, Monsieur Eugène MECHAIN, le
nouveau
Consul, daigne débarquer, en personne. Il se trouve
en fonction,
pour accueillir le 15 juin 1857 deux voiliers fran¬
çais, le « Jean GOUJON » de Bordeaux, allant au Chili, par
San Francisco avec un chargement de « coolies » chinois, et le
allant

de

«

SAINT-MALO

«MONT-RIANT» de

Marseille.

Le 14 Juillet 1857 le Consul

reçoit avis de ce que la de¬
mande de résidence de Monsieur Marc ARNAUDTIZON a été
transmise

favorablement à Monsieur de

TURGOT, notre Am¬

bassadeur à MADRID...

Bientôt

le

Monsieur

de

Département annonce le prochain passage de
la GIRONNIERE, et du Vicomte Charles de
MONTBLANC (1), chargés de mission par le Ministre de l'Ins¬
truction Publique et des Cultes...
(1) Monsieur de MONTBLANC est resté longtemps comme Plénipo¬
France au Japon. Voir de FURTH : Voyage en Extrême-

tentiaire de

Orient. PARIS

1866.

Société des

Études

Océaniennes

�737

—

Un

relevé

de

—

la

population française des Philippines, de
ARNAUDTIZON, célibataire, né à
GANTELEUX, âgé de 42 ans ». Sa résidence est MANILLE.
Il est qualifié de négociant. Le total de la colonie française
monte alors à 30 personnes, dont six femmes. Aucune autre
indication n'est rencontrée, sur notre héros dans le registre du
Consulat. C'est sans doute au cours de cette année qu'il avait
été frappé d'une insolation, accident assez banal, sans doute,
grossi par l'imagination de navigateurs plus ou moins mar¬
seillais, et transformé par ce bon Gustave FLAUBERT, en
décès, heureusement prématuré, de Marc.
1857 cite

Monsieur Marc

«

En fait Marc ARNAUDTIZON est décédé le 8 Février

SUAL

à

fond

1860,

(Province de PANGASILAN), port naturel dans le
baie

d'une

le N-NO de

; il se situe à environ 200 kilomètres dans
Manille, et non à Manille, au cours, sans doute,
à l'un de ses comptoirs.

d'un voyage
La liquidation

succession paraît avoir été laborieuse.
(Alfred), de MONTVILLIERS (SeineInférieure) se trouvait alors à Manille pour y procéder, ou
du moins y concourir.
Une lettre du Ministre des Affaires Etrangères à notre Con¬
sul (30 Mai 1863) « blâme ce dernier de ne pas avoir pris en
Un

certain

de sa
AC1ÏARD

main la défense des

obligé

intérêts de feu ARNAUDTIZON, et d'a¬

famille à s'adresser, directement, au Capitaine
Général des Philippines ». Comme c'est la dernière fois que
nous verrons notre héros figurer dans une correspondance offi¬
cielle, on nous permettra de reproduire, intégralement, cette

voir

sa

lettre, intéressante de divers points de
«

Le Ministre des Affaires

vue :

Etrangères à Monsieur MECI1AIN,

Consul de France à Manille.

Paris, le 30 Mai 1863.
Monsieur,

Après vous avoir adressé depuis deux ans, environ, plusieurs
restées, jusqu'à ce jour, sans réponse, Monsieur AR¬
NAUDTIZON, demeurant à ONZAINS (Loir-et-Cher), dont les
intérêts se trouvent compromis, par suite de votre silence
prolongé, m'a prié de vouloir bien assumer l'envoi d'un nou¬
veau
pli, dans lequel il sollicite copie de certains documents
relatifs à la succession de son frère, qui existent dans les Ar¬

lettres

chives du Consulat de Manille.
En

vous

transmettant

cette

Société des

demande, à laqueUe je vous in-

Études

Océaniennes

�—

738

—

vite à faire droit, dans le plus bref délai possible,
j'ai le regret
a
constater, une fois de plus, le peu d'empressement

d'avoir

apportez à tenir compte des recommandations qui
faites, à diverses reprises.
Vous avez mis un Français dans la nécessité
regrettable
de recourir a l'obligeance du
Capitaine Général des Philip¬
pines, et vous exposez mon Département à des plaintes jour¬
nalières, à l'abri desquelles vous voudrez bien le mettre,
que

vous

vous
ont

été

désormais

».

Le Ministre des

DROUYN
*

*

Affaires Etrangères.
de

LHUYS.

*

En conclusion, nous croyons pouvoir émettre ces brèves ré¬
flexions : délégué technique de la Chambre de Commerce de

Rouen, dans
Marc
cile

un

voyage

ARNAUDTIZÔN
mission. La

être rendu

à

de circum-navigation, long et délicat,

s'est admirablement tiré de cette diffi¬
Chambre de Commerce de Rouen n'a, peut-

mémoire, jusqu'ici, qu'un témoignage de re¬
faible, puisqu'on ne trouve plus, aujourd'hui,
aucune trace de l'action de notre
voyageur, dans les Archives
de cette docte Compagnie, pas même un
exemplaire de la
Relation de son fameux voyage, et encore moins, la collection
des lettres particulières, détaillées,
qu'il dit avoir écrites de
chaque escale, au cours de son périple.
Pour sa famille et ses amis, il demeure un
exemple trop
rare
de conscience professionnelle, d'initiative
courageuse, et
même, dans certaines occasions, d'intrépidité véritable.
Pour nous, Océaniens, il a ,cheminé, sinon le
premier, du
moins un des premiers, sur des voies commerciales
nouvelles,
surtout il demeure le
compagnon de route, et d'exil, le com¬
mensal de voyageurs, ou de
navigateurs célèbres, au cours du
XIXe siècle, tels Jules 11EMY, et le Baron Charles de THIER¬
RY, au moins aux Iles SANDWICH (1851-1852), et peut-être
en
Californie (fin 1850) ; de SAINTE-CROIX de BELLIGNY,
de la GIRONNIERE, du Vicomte de
MONTIGNY, du Vicomte
de MONTBLANC, du Commandant TARDY de
MONTRAVEL,
aux
Philippines ; des Commandants CROSNIER, et de PLAS,
dans le Pacifique ; du Commandant de
ROCQUEMAUREL
dans les Mers de Chine, l'Océan Indien,
l'Atlantique.
A notre tour, nous avons
navigué « dans les eaux » d'ARNAUDTIZON, de VALPARAISO à TAHITI, d'AUSTRALIE à
JAVA, et à MANILLE ; de l'Ile des PINS aux Nouvellesconnaissance

sa

assez

Société des

Études

Océaniennes

�739

—

Hébrides, ( et
Pour toutes

par

le Japon )

—

aux ports

de la

mer

de Chine.

raisons, et quelques autres encore, ce voya¬

ces

normand nous demeure particulièrement cher. Observa¬
sagace et consciencieux, les lettres que ce vieux cama¬
rade de FLAUBERT a dû écrire aux siens, eûssent constitué
geur
teur

témoignages et des recoupements, infiniment précieux sur
(de 1850 à 1854).
Fasse le Ciel, que ces documents uniques, irremplaçables, ne
soient qu'égarés, et qu'un nouveau et heureux hasard nous
permette de les découvrir, pour le bénéfice de tous, un jour...

des

le monde océanien

pas

trop lointain.
Cdt

J.

COTTEZ

Capitaine de Frégate (R)
( Juin 1957)
—

Société des

Études Océaniennes

�Descnda e suive

RIOCEUX

non

DP)hilpnes 4dO'eCo:nQfaùUtsIN, CEBhltaiaenrnclehse

Mme

I

Augste (18e97-n542) ARNUDTIZO-MPES corespndat
Ellen

34 Marc (1P8RE5V-L60)Yoyageur Blanche (trnaèoimsbele

ARNUDTIZO MTBHRIEUlBNAeEUT

aux

1Ludovic 17886-2)

Blanche

(

()f1àBL7iRA0xP8OE-éUe9-SeM3nNMChdalab'routùH,(D(ES5C4:2UX0ts) MLuadorvci kdààlit'rosevmunuièlaés(Bp-Rco)fMSh,A180iz.,
2 MClaaudriies 183- 78) N..

épouse

1

et

Margueit )1926

épouse

f
(

(

IANEX

in)formatce

184.ARNUDTIZO, dLyeon,braplucsih.'Af
(

)âge
bas

de

Guen fey

(19no4yé5)

dBJAOReUEYT MHaerniery CdOSeTA BEAURGD

(f

FldARaNgésmnoUemaDloiTIaiqZiuerOe C1d(àLé7hpp70yzr8oo9è-ulsns3),),L(1Féya7too9eçun02i) AUmBéRlieY ROHAN-CBT dCAChmlOiaeéStTted(MBrEeAAUIRlLigGEoDn) CAdh(ranzLealvuiosp»«ed-netuiirztroyant),dN(1FV'Iia8nxmccieéllimee)4.dtVdCfslèrapcéurusntne,t,dMADearuuioévitehl
Mme

Justin

Jean e

I

V1TE

Amélie

Arbre

AUBRY-VITE

Eugène

A(RNUDTIZO Màunicpal LVuIdToEvic
Oficer

o

deCécile

19-f8 glorieusmnt
Gilbert

no frèe

famile plus d'el , d'muaringe
La

et

L'une

�741

—

—

II

ANNEXE

SOMMAIRE.

BIBLIOGRAPHIE
—

—

—

DUMESNIL

Etudes

—

FLAUBERT.

sur

Correspondances Commerciale et Politique du Consul de
France à MANILLE, (de 1854 à 1863) — Archives Affai¬
res
Etrangères.
Marc ARNAUDTIZON
Relation d'un voyage aux Mers
—

1850 à 1854. ROUEN 1865.

du Sud et à la Chine de
—

DUMONT d'URVILLE

—

Voyage

et le

—

Cte de FURTH

Un Parisien

—

SOUVILLE...

—

—

Ct

de

—

PARIS 1914.

—

Souvenirs, publiés dans les
(1864-1872).

Jeux Floraux de TOULOUSE.

ARNAUDTIZON.

Correspondance particulière de la famille
—

—

Historical Narrative. AUC¬

NZ).

Jules REM Y.

De
sur
—

Asie. PARIS 1866.

Marin et Jésuite. PARIS 1890.

Baron Charles de THIERRY

KLAND
—

—

ROCQUEMAUREL
des

en

Souvenirs Maritimes.

ROBINET de PLAS
Recueils

—

—

Mers du Sud avec
(1840).

aux

" ZELIE ".

1'" ASTROLABE "

VARIGNY et William MARTIN —
les Iles Sandwich de 1850 à 1900).

( Divers ouvrages

Biographies des célébrités de la Seine Maritime. ROUEN
1935.

—

—

—

Correspondance avec Madame ARNAUDTIZON — MONTHIERS, de MONTVILLIERS.
Catalogue des Ouvrages de la Bibliothèque Nationale.
Nouvel Atlas Mondial

ZURICH 1957.

—

—

RIESTAP

—

Familles nobles et armoiries.

—

RENESSE

—

Pléraldique.

Société des

Études Océaniennes

�—

742

—

CORRESPONDANCE

LEJTRE DE Mr C. A. ELLiOT
Nous

donnons

ci-dessous

la

traduction

d'une

lettre de Mr G. A.
de la

«

Nous n'avons malheureusement pas pu
les
nos

intéressante

ELLIOT, bibliothécaire en chef et
Islington Public Librairies » de Londres.

renseignements souhaités et
Membres

s'il s'en

trouvait

nous

parmi

apporter quelques éclaircissements

inscriptions, de

nous

sur

curateur

fournir à Mr. ELLIOT

serions reconnaissants à
&gt;eux

qui puissent

la signification de

nous
ces

les communiquer.
Londres, le 4 Janvier 1957.

Depuis Juillet 1956, j'ai tâché d'éclaircir la signification d'une
inscription et de peintures murales découvertes lors d'une redécoration d'un Foyer de jeunes filles appartenant à l'Union
Baptiste de Grande-Bretagne et d'Irlande. Ces maisons ont
appartenu à l'Union Baptiste depuis 1938. De l'année 1920
à l'année 1938, elles furent utilisées par le Collège Mission¬
naire St Andrew de la Société de l'Eglise Missionnaire. Elles
furent construites en 1854 et jusqu'en 1920 furent des pro¬
priétés privés. Sur l'un des murs se lit l'inscription suivante :
A

Fille

la

Mémoire de

MAITIA

TAAVEA

Chef

Raabuka

de

aînée

du

Rohuga
inscription est gravée la date : 17 juillet 1857
et ce qui apparaît
être une paire de sabres de marine entre¬
croisés. Au-dessous de l'inscription est marquée la date sui¬
vante : Juillet 1858, ainsi que deux pistolets faisant feu.
Sur un autre mur se découvre un triptyque représentant
:
sur la partie
gauche un palmier, au centre un navire, à droite
un
navire se débattant sur une mer agitée. Le navire arbore
un
pavillon rouge sur lequel on semble pouvoir lire en lettres
Sur

cette

blanches " S. C. ".
Aucune indication ayant rapport
les

revues

à ROHUGA n'apparaît dans
mondiales, mais après avoir correspondu avec la

Librairie Alexander Turnbull de

Wellington, Nouvelle-Zé'ande,

j'ai découvert que, dans une gazette de 1814, ROHUGA est le
synonime de UAIJUKA, anciennement connu sous le nom de
l'île Washington. Dans les premiers atlas UAIJUKA est in¬
diqué sous le nom de ROOIIAAGA.

Société des

Études

Océaniennes

�—

743

—

J'ai noté que Va Huka ou Vahuka est
viron à l'ouest de NUKU HIV A et que la
onze

îles

situé à 25 miles en¬
population totale des
Marquises s'élève approximativement à 2.000.

Le bottin
Mer ayant

DIDGT de l'année 1956

des territoires

d'Outre-

rapport avec la Nouvelle-Calédonie et autres dé¬

pendances françaises, établit qu'en 1853, une mission catho¬
lique française prit possession de la Nouvelle-Calédonie et que
jusqu'en 1860, cette dernière faisait partie de ce que l'on

appelait alors « les Etablissements français de l'Océanie »,
gouverné par un officier supérieur de la Marine, commandant
de la Division Navale dans le Pacifique.
De 1874 à 1902, ce qui est connu actuellement sous le nom
de Foyer de jeunes filles à 173 Green Lanes, Londres, N. 16,
était alors appelé « Fort House » et était occupé par un dé¬
nommé Henry Perry Duprey. La présence d'épées croisées, ou
de ce qui paraît être des épées, pourrait, il me semble avoir
rapport avec l'occupation navale française de l'île et rappeler
un incident qui survint entre la fille du chef indigène et les
autorités locales.
Le nom « DUPREY » semble être d'origine française, quoique
l'occupation de la maison pourrait n'être qu'une simple coïnci¬
dence et
Je

l'île

me

n'avoir

aucun

demande

rapport avec UAHUKA.
archives de l'histoire ancienne de

si les

pourraient me fournir des renseignements.

Société des

Études

Océaniennes

�,

Société des Etudes Océaniennes

'

�Le Bulletin

Le

Bureau

de

la

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accepte l'impression de tous les

articles

qui paraissent dans le Bulletin mais cela n'implique pas
qu'il épouse les théories qui y sont exposées, ou qu'il fait sien
les commentaires et les assertions des divers auteurs qui, seuls,
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.

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200 F.P.

en

200 F.P.

français

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Membres.
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pays

ses

étrangers

4 dollars

�Souscription Unique.
Membre à vie résidant

France

en

ou

dans

ses

colonies,

2.000 F.P.

Membre à vie résidant à l'Etranger,
ou

Avantages
ment

1° Le

de

versée

se

faire recevoir Membre à vie

Bulletin

une

continuera

à

lui

même il cesserait d'être Membre
2°

pour cette

fois pour toutes. (Article 24 du
Intérieur. Bulletins N° 17 et N° 29).

somme

du

15 livres sterling

40 dollars.

être

adressé, quand bien

résidant

Le Membre à vie n'a

paiement de

sa

Règle¬

à Tahiti.

plus à se préoccuper de l'envoi
cotisation annuelle, c'est une dépense et

ou

un

souci de moins.

En

conséquence : Dans leur intérêt et celui de la Socié¬
té, sont invités à devenir Membre à vie :

TOUS CEUX

qui, résidant hors de Tahiti, désirent recevoir

le Bulletin.

TOUS LES Jeunes Membres de la Société.
TOUS
même.

CEUX

qui, quittant Tahiti, s'y intéressent quand

�</text>
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        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>La Société des Études Océaniennes (SEO) est la plus ancienne société savante du Pays. Depuis 1917, elle publie plusieurs fois par an un bulletin "s’intéressant à l’étude de toutes les questions se rattachant à l’anthropologie, l’ethnographie, la philosophie, les sciences naturelles, l’archéologie, l’histoire, aux institutions, mœurs, coutumes et traditions de la Polynésie, en particulier du Pacifique Oriental" (article 1 des statuts de la SEO). La version numérique du BSEO dispose de son ISSN : 2605-8375.</text>
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              <text>Bulletin de la Société des Études Océaniennes numéro 121</text>
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              <text>Sciences - Conférence du Professeur Hans Pettersson 715&#13;
Navigation - La Boussole des Navigateurs Polynésiens (Rey-Lescure) 720&#13;
Histoire - Essai sur Marc Arnaudtizon (Cdt J. Cottez) 723&#13;
Correspondance - Lettre de Mr C. A. Elliot 742</text>
            </elementText>
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