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                  <text>BULLETIN
DE

Société

N"

Etudes

des

157

156,

—

TOME

-

SEPTEMBRE

Anthropologie

LA

-

—

Sociologie

et

-

7, 8)

—

Linguistique

Folklore

Physiques et Naturelles

PAPEETE

(N°«

Contemporaine de la Polynésie

Littérature

Sciences

XIII

DECEMBRE 1966

Ethnologie

Histoire Ancienne et

Océaniennes

IMPRIMERIE

—

Océanographie.

OFFICIELLE

�Conseil d'Administration

Président

M. Henri JACQUIER

Vice-Président

M. Bertrand JAUNEZ

Secrétaire

Mlle Janine LAGUESSE

Trésorier

M. Yves MALARDE

Assesseur

M. Cdt Pierre JOURDAIN

Assesseur

M.

Assesseur

M. Terai BREDIN

Assesseur

M. Siméon KRAUSER

Assesseur

M. Raoul TEISSIER

Rudoiphe BAMBRIDGE

reçu Membre de la Société
membre titulaire.

Pour être
par un

se

faire présenter

Bibliothèque
ses membres qu'ils
domicile certains livres de la Bibliothè¬
que en signant une reconnaissance de dette au cas où ils ne
rendraient pas le livre emprunté à la date fixée. Les autres
peuvent être consultés dans la Salle de lecture du Musée.
La Bibliothèque et la salle de lecture sont ouvertes aux
membres de la Société tous les jours, de 14 à 17 heures, sauf

Le Conseil d'Administration informe

peuvent emporter à

le Dimanche.

Musée

Le Musée est ouvert tous les
14 à 17 heures.

jours sauf le dimanche de

�BULLETIN
DE LA

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES OCÉANIENNES

(POLYNÉSIE ORIENTALE)

TOME XIII

N°

—

(N° 7, 8)

SEPTEMBRE, DÉCEMBRE 1966.

156, 157

SOMMAIRE
Pages

Compte rendu de l'asssemblée générale du
645

11 août 1966

Recensements officiels de la

çaise (Une bibliographie

Polynésie fran¬
Robert C.

par

651

Schmitt)
le fonctionnement de l'école de
1889 (communiqué par M. le
Pasteur Charles Vernier)

Rapport

sur

Raiatea

en

657

Histoire

La France dans l'Océan

Pacifique

-

Tahiti

(C. de Varigny)

661

Divers

Dons et

acquisitions

688

Table des matières du Bulletin de la Société
des
n°

Etudes

Océaniennes du n° 118

au

693

143 inclus

Société des

Études

Océaniennes

�»

■

■

Société des

Études

Océaniennes

�COMPTE RENDU DE

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

DU 11 AOUT 1966
L'assemblée

générale

a

lieu dans la salle de lecture du Mu¬

sée. La séance est ouverte à

Etaient présents
tration

17 h 30.

parmi les membres du conseil d'adminis¬

:

M. Jacquier, Président
Mlle Laguesse, Secrétaire
M. Y. Malardé, Trésorier
Me R. Bambridge, Assesseur
M. Terai Bredin, Assesseur.
Absents

:

M. Jaunez, en voyage
M. Martial Iorss, décédé
M. S. Krauser, excusé
Cdt. P. Jourdain, en voyage
Cdt. P. Peaucellier, en voyage.
La séance est ouverte à 17 h 30. Le
de

son

rapport

président donne lecture

annuel.

Mesdames,

Messieurs,
d'abord à m'excuser pour avoir tardé cette
l'assemblée générale. J'ai dû le faire car nous
désirions obtenir certaines précisions au sujet d'un projet qui
Je

tiens

tout

année à réunir

intéresse tous au plus haut point : celui de l'édification
d'un nouveau musée. Je vous ferai part dans un instant des in¬
formations assez précises que nous avons pu recueillir sur ce
nous

au cours d'une réunion qui s'est tenue il y a
semaines mais, auparavant je voudrais vous entretenir
tence de notre société durant l'année écoulée.

point

quelques
de l'exis¬

avons malheureusement éprouvé une grande perte avec
disparition de Martial Iorss, membre de notre comité. Nous
lui avions délégué la présidence de la commission de Toponymie
et certes, nul autre n'était plus qualifié pour occuper ce poste.
Je ne vous apprendrai rien sur cet ami sympathique, jovial,
linguiste hors pair à qui nous avions recours si souvent et en
tant d'occasions. Que sa famille veuille bien trouver ici l'hom¬
mage reconnaissant de la Société des Etudes océaniennes.

Nous

la

Société des

Études

Océaniennes

�—

646

—

Notre Bulletin trimestriel, baromètre de notre activité, a
malencontreusement subi un certain retard dans sa parution,
et ceci n'est pas tout à fait de notre faute. Comme vous le

l'imprimerie du gouvernement — je veux dire l'impri¬
officielle
cpii réalise ce bulletin, est surchargée de
travail, et ce n'est pas notre modeste publication qui pourrait
prétendre à un rang de priorité. En fait, nous ne pouvons
l'imprimer qu'en acquittant des heures supplémentaires aux.
compositeurs et aux typographes.
savez,

merie

—

ethnologue appartenant â l'ORSTOM
connaissez bien et qui, à deux reprises a travaillé
ce
territoire, a soutenu l'an dernier en Sorbonne une
d'ethnologie sur Rurutu. Il nous a aimablement proposé

Monsieur Pierre Vérin,
que vous

dans
thèse
de consacrer deux numéros de notre bulletin aux îles Australes.
Ce sont les numéros concernant le troisième et quatrième tri¬
mestre 1965. Ils viennent d'être imprimés aux presses univer¬
sitaires de Tananarive. L'université malgache en règle une

partie et notre société le complément. Je crains cependant
qu'étant donné la longueur des communications maritimes entre
Madagascar et Tahiti que ces numéros n'arrivent bien après
la parution de ceux concernant les deux premiers trimestres
1966.
Pendant que nous parlons de publications je voudrais à ce
sujet féliciter et remercier particulièrement M. Bertrand Jaunez
notre vice-président qui, ayant terminé l'impression de
traduction du journal de Morrisson a confié la moitié du
tirage à la Société des Etudes océaniennes qui revendra les
exemplaires à son profit.
Vous savez sans doute que M. Camus, directeur de l'ORS¬
TOM, au cours de son passage à Tahiti en 1963, avait décidé
de faire procéder à l'inventaire des collections du Musée, par

sa

spécialiste, muséologue, Madame Lavondés dont le mari
l'ORSTOM. Madame
jours a, durant deux
ans, mesuré, décrit, photographié, et répertorié tous les objets
de nos collections. Son travail représente un inventaire méticu¬
leux et scientifique de tout ce que le territoire possède ici
et dont nous sommes les gardiens. Pour ce travail remarquable,
qui ne nous a rien coûté, je voudrais remercier ici à la fois

une

lui-même ethnologue au service de
Lavondés qui nous quitte dans quelques
est

Mme Lavondés

A

ce

et

le directeur de l'ORSTOM, M. Camus.

sujet, je voudrais vous résumer

l'histoire de notre

musée.

Société des

Études

Océaniennes

�—

L'arrêté

du

1er

647

—

janvier 1917 qui fondait la Société des

Etudes Océaniennes, créait en principe le Musée en spécifiant
à l'article 4 que « La colonie... devra mettre à sa disposition
les locaux et le matériel mobilier nécessaire pour ses réunions
et la conservation en lieu sûr de ses archives, ouvrages de

bibliothèques, collections etc... ».
Un autre arrêté (11 juin 1917) organisait « la conserva¬
tion des monuments et objets ayant un caractère historique
ou
artistique intéressant la Société d'Etudes Océaniennes et
interdisant l'exportation des fragments et objets de même
nature ». Il était complété par celui du 17 octobre 1917 qui
disposait à l'article 2 «le bâtiment B dépendant de l'ancienne
caserne d'infanterie et comprenant un rez-de-chaussée sur étage
avec vérandah sur la façade et couverture en tuiles sera provi¬
soirement affecté au logement des services des chambres d'agri¬
culture, de commerce et de la Société d'Etudes Océaniennes,
ainsi qu'aux collections archives et bibliothèques en dépen¬
dant

».

Le don d'une remarquable collection privée — celle du
Frère Alain Guitton des écoles chrétiennes — permit au nou¬
veau musée de se constituer. Cependant le local qui lui avait
été alloué était non seulement exigu mais il servait de lieu
de passage pour se rendre dans d'autres locaux. Malgré qu'un
arrêté en date du 28 décembre 1918 ait créé un emploi de

conservateur, fonction purement honorifique d'ailleurs, on con¬
çoit que dans ces conditions et en raison de la terrible épidémie
de grippe pulmonaire qui en 1918 décima et désorganisa tota¬
lement le territoire, certaines pièces avaient pu disparaître,
moins toutefois qu'une légende l'ait prétendu par la suite.
Un pointage opéré récemment sur les documents de l'époaue
que la presque totalité des pièces provenant
collection du Frère Alain, est actuellement présente au
ceci malgré les avatars de trois déménagements.

montre

de la
Musée,

en 1921, par un arrêté du 18 décembre que, sur l'insti¬
gation de l'écrivain Marc Chadourne — à l'époque Chef de
Cabinet du Gouverneur Guedes — que la Société d'Etudes
Océaniennes fut chargé de la gestion du Musée et que les
crédits afférents lui furent délégués.
Par la même occasion, le gardien-surveillant du Musée, un
agent des travaux publics, émargeant au budget de ce service,
passait sous l'autorité de la Société d'Etudes Océaniennes.
Un premier catalogue fut publié en 1926 (c/o : Bulletins
SEO N° 14, N° 15, N° 16). Cette tentative de recensement

C'est

Société des

Études

Océaniennes

�—

il

avait

faut

scientifique ;
cette époque.
Entre

le

648

-

reconnaître, plus de mérite que de valeur
spécialiste ne se trouvant sur place à

aucun

temps le Musée avait déménagé pour être installé dans
où se trouve actuellement le
demeurer jusqu'en 1933 date

bâtiment plus adéquat : celui
Service Judiciaire. Il devait y
un

à

laquelle il lui fallut déménager une seconde fois pour aller
dans l'ancienne résidence

à Mamao

du Secrétaire Général du

Gouvernement. Cette demeure de style
lieu; d'un parc qui avait été le jardin

colonial située

au

mi¬

botanique créé en .1895
le pharmacien de marine Raoulx avait grande allure.

par

réparations urgentes étaient nécessaires
entreprises et l'immeuble continuant à
se
dégrader devenait peu à peu une ruine lorsqu'en 1956
sa
démolition fut décidée autant par mesure de sécurité que
pour faire place à un Hôpital dont la construction devait
être dix ans plus tard entreprise. Rien n'avait été prévu pour
reloger le Musée, et l'Assemblée Territoriale ne semblait guère
s'en soucier lorsque le Gouverneur Toby décida de s'en occuper
personnellement. Le Territoire loua à cet effet, Rue Bréa, un
immeuble assez modeste destiné à un usage commercial. C'était
sans
aucun doute trop petit, mal éclairé et nullement conçu
pour abriter un Musée mais c'était à tout prendre préférable
à la solution qui consistait à mettre définitivement en caisses

Malheureusement des
elles ne furent jamais

livres et collections.

Charles Van Den Brock ethnologue amateur,
l'occasion de passer cinq années auparavant en
Océanie au cours d'un voyage autour du monde sur son Yacht
« La
Korrigane » revint à Tahiti. M. Van Den Brock avait
travaillé quelques temps au Musée de l'Homme sous la direc¬
tion du Professeur Rivet, il entreprit aidé de sa femme Régine,
de cataloguer et de mettre en valeur les collections du Musée.
Quoique très incomplet ce devait être jusqu'à ces derniers
temps le seul catalogue existant.
En

1939

qui avait

On

donc que le travail réalisé par Mme Lavondés
lacune importante et arrive à point pour permet¬
chercheurs de passage de consulter avec profit un

voit

comble
tre

M.

eu

aux

une

catalogue élaboré rationnellement. Malheureusement, la dispo¬
sition et la présentation des collections demeurent ce qu'elles
étaient auparavant c'est-à-dire un entassement d'objets assez
peu visibles dans un local trop exigu et n'offrant, aux profanes
tout au moins, qu'un intérêt assez relatif.

Société des

Études

Océaniennes

�—

Durant

plus de vingt

649

—

les pouvoirs publics

nous avaient
périgrinations,
le
celui qui en
ce
moment pour reprendre une exception consacrée, tombe
sous
la pioche des démolisseurs. En apprenant l'an dernier
cette décision irrévocable nous avons été profondément déçus
et un sentiment d'amertume, je l'avoue, se développa en nous
constatant que la Métropole édifiait au même moment à
en
grands frais à Nouméa un Musée d'Ethnologie. En être rendu
à ce point après cinquante ans de travail et d'efforts persé¬
vérants était tout simplement décourageant. Je reconnais avoir
manifesté ma déception à Paris l'hiver dernier au Musée
ans

dans l'idée de voir, après toutes ces
musée installé dans l'ancien palais Pomare,

entretenu

de l'Homme.

Mais, et ceci je l'espère constituera la partie positive de
exposé, tout vient de changer, car ou Ve plan d'aménage¬
ment du Territoire il est prévu un complexe touristique à
Outumaoro où un Musée d'ethnologie doit normalement pren¬
dre sa place.
Le 7 juillet dernier se tenait à l'office du Tourisme une
réunion où étaient présents Madame Lavondés, M. Prévôt,
M. Régaud tous deux architectes, M. Ata, représentant l'office
du Tourime, enfin moi-même.
Je .n'entrerai pas dans les détails des réalisations de ce
complexe qui doit comporter un jardin botanique, un centre
de métier d'art, un village polynésien, et un aquarium. Je
vous
donnerai simplement les chiffres concernant le projet
mon

du Musée et dont le montant s'élève à 50 millions CFP
—

900 m2

Expositions

Installations scientifiques et techniques (2
laboratoires et 2 bureaux supplémentaires plus
une
salle d'accueil pour les chercheurs de
—

150 —(— 96

passage)
—

—

reau

=

Administration

supplémentaire

servateur)

gardiennage (un bu¬
assistant du con¬
192 -f- 20 =
salle de lecture (une ré¬

—

pour un

Bibliothèque —
serve supplémentaire
et un Centre de Docu¬
mentation)
160 -f- 128 =
—

—

294 m2
206 m2

Réserves

212 m2

288 m2

:

200 m2
2.100 m2

(avec circulation)

2.500 m2

Salle de conférences
Total

Société des

Études

Océaniennes

:

�—

650

—

Comme
comme

on le voit, si ce projet
prend corps et voit le jour,
je l'espère fermement, nous n'aurons pas à regretter

d'avoir attendu si
Je

vous

longtemps.
rappelle aussi que l'an prochain

célébrera le
Wallis le 19
également le cinquantenaire de la Société
on

200e anniversaire de la découverte de Tahiti par

juin 1967. Ce

sera

d'Etudes Océaniennes fondée comme vous le savez en 1917.
C'est donc un double anniversaire que je vous proposerais
de célébrer par une fête folklorique qui pourrait se ^passer
au Marae Arahurahu
par exemple. Nous pourrions en discuter
par

la suite. Je

pense

que

l'Office du Tourisme pourrait à

occasion nous venir en aide, en particulier procéder à la
réfection des constructions édifiées il y a dix ans auprès du
Marae et dont la Société d'Etudes Océaniennes a la charge.
cette

Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention
je passe la parole à notre trésorier qui va vous faire un
exposé de notre situation financière.
et

Le

trésorier

résume

ainsi

expose

ensuite la situation financière qui

se

:

Report disponible

au

1-1-65

frs

Recettes de 1965

182.679,00
973.504,00

1.156.183,00

Dépenses de 1965

712.207,00

Disponible

443.976,00

au

1er janvier 1966

L'assemblée approuve les comptes et donne quitus au tré¬
sorier qui donne lecture ensuite du projet de budget pour
1966.
Le

président reprend la parole, il doit être procédé au rem¬
placement de deux assesseurs : le regretté Martial Iorss et
le Cdt. Peaucellier qui a quitté définitivement le territoire.
Il est proposé le Cdt. Nay et M. Temarii Teai, celui-ci étant
l'un des plus anciens membres de la société. Leur nomination
sera
ratifiée par la prochaine assemblée générale.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 18 h 45.

Société des

Études

Océaniennes

�Recensements Officiels de la Polynésie française
Une

bibliographie

par

Robert c. schmitt

Cette

bibliographie annotée donne la liste des principaux rap¬
de recensements officiels pour la Polynésie française
depuis le plus ancien établi en 1848 jusqu'au plus récent,
établi en 1962. Y ont été inclus également des publications
officieuses renfermant des indications ne se trouvant pas dans
les rapports officiels.
Toutes ces publications peuvent être consultées à Papeete ou
à Honolulu, principalement au Musée de Papeete, au Bernice
P. Bishop Museum, et au Gregg Sinclair Library de l'Univer¬
ports

sité de Hawaii. Les bibliothécaires de

ces

institutions

ont

ap¬

aide précieuse à l'établissement de cette bibliogra¬
phie, à savoir Mesdemoiselles Aurora Natua, Margaret Titcomb
et Janet E. Bell ; M. Raoul Tessier apporta également son

porté

une

concours

inestimable.

Les totaux de population indiqués par ces recensements ont
été résumés dans les deux tables de statistiques ci-jointes ;
la première indique les chiffres par circonscription ; la deuxiè¬

donne les chiffres pour chacune des îles du Vent.
On peut trouver des études de ces recensements dans des
articles et des monographies de R. Teissier, Mac Arthur, et
de l'auteur, parmi d'autres.

me

INFORMATIONS GENERALES
Ministère

des Affaires Economiques et Financières, Institut
National de la Statistique et des Etudes Economiques, et Mi¬
nistère de la France d'Outre-Mer, Service des Statistiques.

Supplément Série Etudes N° 35. Bulletin Mensuel de Statisti¬
que d'Outre-Mer. Les recensements démographiques dans les
pays d'Outre-Mer (Etude méthodologique). (Paris Janvier 1957).
1) Raoul Teissier, «Etude démographique sur les Etablisse¬
ments français de l'Océanie, de Cook au recensement des 17/18
septembre 1951 », Bulletin de la Société des Etudes Océaniennes,
N° 102, Tome IX (N° 1), mars 1953, pp. 6-31.
2), Norma Me Arthur, The populations of the Pacific islands.
Part I : Territories of french Oceania (Camberra : Université
Nationale d'Australie, Département de démographie, 1955), pp.
I-68b. Ronéotypé.
3) Robert C. Schmitt, Population trends in Hawaii and french

Société des

Études

Océaniennes

�—

652

—

Polynesia. Romanzo Adams Research Laboratory, Université
de Hawaii, Rapport N° 29. Mars 1961. 22 pp. Ronéotypé.
1er Février 1848
« Tableau
du recensement des îles
1er février 1848 »

Taiti et Moorea fait le

Bulletin officiel des E.F.O., N° 5, réédition du Bulletin officiel
des E.F.O., 1847-1849 (Papeete, Imprimerie du gouvernement,
pp. 325-341.
au-dessus de 14
Donne également des

1864),
et

Population indigène

par

âge (au-dessous

ans) et sexe, pour Tahiti et Moorea.
renseignements pour 1860.
1er

Septembre 1857

Etat de la population des îles Tahiti, Moorea, et Tetiaroa
au
1er septembre 1857 », Messager de Tahiti, 8 novembre
1857. Population par sexe divisée en quatre larges groupes
«

d'âges (vieillards, âge mur, adultes, et enfants), pour Tahiti,
Moorea, et Tetiaroa.
G. Guzent, îles de la Société, Tahiti (Rochefort : Ch. Tèze,
1860),

pp.

35-40. Table I identique à celle du Messager de
; tables 2 et 3, même présentation par

Tahiti, 8 novembre 1857
district.

I860
X. Caillet, op. cit. Population océanique par âge (au-dessous
et au-dessus de 14 ans) sexe et situation conjugale, et popu¬
lation européenne par nationalité, pour Tahiti et Moorea. Date
exacte non

indiquée. Donne également des renseignements pour

1848.
1er Janvier 1863
« Recensement
de 1863 », Messager de Taiti :
ciel des E.F.O., 2 mai 1863, p. 91. Ensemble de

pour

Journal offi¬
la population

Tahiti et Moorea.

335-336. Enumeration
Moorea et population
estimée (des deux sexes) pour les Marquises, les Tuamotus et
les Australes. Population étrangère, par nationalité pour l'en¬
Annuaire des E.F.O. 1863, op. cit., pp.
de la population par sexes pour Tahiti et

semble des îles.
1868 et 1872
Il n'a pas

été trouvé de recensement pour ces années.
1er Janvier 1876

Annuaire

des

E.F.O.

Société des

1877

(Papeete

Études

:

Imprimerie du

Océaniennes

gou-

�—

653

—

1877), pp. 86 et 91. Population par nationalité
Tahiti et Moorea.

vernement,
pour

1881

de la population des îles Tahiti et Moorea,
1881, «Messager de Tahiti: Journal officiel des E.F.O.,
23 février 1882, p. 64. Population par âge, (au-dessus de
15 ans et au-dessous) sexe, situation conjugale, religion et
nationalité, pour Tahiti, Moorea et Tubuai. Date exacte non
indiquée.
«

Recensement

année

30

Juin

1887

1888 p. 217 ; 1889, p. 152 : 1891,
239. Population par âge (en dessous et audessus de 14 ans), sexes et situation conjugale pour Tahiti,
Moorea, les Marquises, les Gambiers, Tubuai, Raivavae, et
Rapa ; population totale, seulement, pour l'archipel des TuaAnnuaire des E.F.O. pour

168

p.

1892,

;

j).

motus.

30

Juin

1892

Journal officiel des E.F.O. 22 décembre 1892, p. 421.
lement dans l'annuaire des E.F.O. pour 1893, p. 185 ;

Ega¬
1894,

189 ; 1895, p. 187 ; 1896, p. 187, 1897 p. 182. Population par¬
(au-dessus et au-dessous de 14 ans), sexe et situation con¬
jugale jpour Papeete, le reste de Tahiti, Moorea, les Marquises,
les Gambiers, l'archipel des Tuamotus, Tubuai, Raivavae, et
Rapa.
p.

age

30
Annuaire des E.F.O. pour
p.

188

;

dessous
pour

Juin

1898

p. 191 ; 1902, p.
au-dessus de 14 ans)

1901,
et

1897
p.

190

1889,

;

sexe

192

p.

193. Population

par

;

1900,

âge ,(en

et situation conjugale

Papeete, le reste de Tahiti, Moorea, les Marquises,

les

Gambiers, l'archipel des Tuamotus, Tubuai, Raivavae, Rapa
et les îles Sous-le-Vent ; totaux estimés pour les pays non
énumérés (Maiao,
des Tuamotus.

Rurutu, Rimatara, et partie de l'archipel
30

Annuaire des E.F.O. pour
p.

245

dessous

;

1906,
et

nationalité

p.

259

au-dessus

p.

p.

259

;

1904,

p.

243. Population

221

par

; 1905,
âge (en

14 ans) sexe, situation conjugale,
12 régions les plus importantes.

de

tou race pour

officiel,

1902

1903,

1907,

;

30

Journal

Juin

Juin

1907

23 avril 1908, p. 127.

Société des

Études

Egalement dans

Océaniennes

�654

—

—

1908, p. 243 ; 1909, p. 249 : 1911,
251. Population par âge (en dessous et au-dessus de 14 ans),
sexe, situation conjugale, nationalité ou race pour 13 régions.
l'annuaire des E.F.O. pour
p.

29 Décembre 1911
Journal

Egalement dans
1915, p. 318-319.
Population par âge (en dessous et au-dessus de 14 ans), sexe,
situation conjugale, nationalité ou race, pour 14 régions.
officiel,

des

l'annuaire

27 juin 1912,

E.F.O. pour 1912,

242.

p.

p.

253

;

1916
Le seul témoignage d'un recensement pour 1916
liste par nationalités pour Tahiti et de plus un

consiste

en

total toutes
Papeete indiquée dans l'ouvrage du Dr.

une

comprises pour
Les Etablissements français de l'Océanie, extraits
de l'agence générale des colonies, nos 267, 268,
270, imprimerie administrative, AG. C. 980, 1931, p. 64. Les
mêmes chiffres furent publiés dans le commissariat des E.F.O.
Dans les eaux du Pacifique. Tahiti et ses archipels (1931), p. 64.

races

L. Saportas,
des bulletins

1er Juillet

1921

65. Egalement dans le commissa¬
65. Population pour 12 des
régions les plus importantes, 1921 et 1926. Pas d'indications
sur
l'âge, sexe, situation conjugale ou nationalité.
Dr. L.
riat des

Sasportas,
E.F.O.

;

op.

op.

cit.

cit.,

1er

p.

page

août

1926

officiel, 1er juillet 1927, pp. 263-264. Population
âge (en dessous et au-dessus de 14 ans), sexe, situation con¬
jugale et nationalité ou race pour 12 régions.
Journal

par

1er Juillet 1931
Journal officiel, 16 janvier 1932, pp. 47-48. Population par
âge (en dessous et au-dessus de 14 .ans) et sexe pour 13 ré¬
gions. Les indications concernant la situation conjugale et la
nationalité sont incomplètes ou contradictoires.
3 Mai 1936

officiel, 16 janvier 1938, p. 63. Population totale
Papeete ; population par âge ( au-dessous et au-dessus de
14 ans) sexe, situation conjugale et nationalité pour le reste
de Tahiti et 12 autres régions.
Journal

pour

Société des

Études

Océaniennes

�—

655

—

1er Novembre 1941
Journal

tionalités

officiel, 22 juillet 1942, p. 208. Population par na¬
(pas d'âge, sexe ou situation conjugale) pour 14

régions.
10 Juin 1946

national de la sta¬
tistique et des études économiques et ministère de la France
d'outre-mer, service des statistiques, supplément série statis¬
tique, n° 11, bulletin mensuel de statistique d'outre-mer.
Ministère de l'économie nationale, institut

Résultats du recensement de 1946

—

Territoires d'outre-mer

français de l'Océanie. 1ère partie : Population
océanienne. 15 juillet 1950.
N° 12... 2ème partie : français d'origine métropolitaine et
étrangère 1er novembre 1950.

Etablissements

Ces rapports

donnent des renseignements étendus

sur

l'âge,

la situation conjugale, la religion, la catégorie de
travailleur, nombre d'enfants nés, nombre d'enfants survivants^
nationalité et lieu de naissance par circonscription, île et district.
Ministère de la France d'outre-mer, Polynésie française ; Plan
directeur d'aménagement de l'agglomération de Papeete.
Rapport d'enquête monographique par Robert Auzelle, Pa¬
peete août décembre 1950. Les chapitres I et II comprennent
des renseignements démographiques pour Papeete, y compris
des statistiques pour des petits quartiers. (I. pp. 12-13) non
publiés ailleurs.
17 Septembre 1951
le

sexe,

Ministère des finances et des affaires économiques, institut
national de la statistique et des études économiques, et minis¬
tère de la France d'outre-mer, résultats du recensement de
Territoires d'outre-mer, 4ème partie : Oceanic. (En¬
1951
semble de la population) (Décembre 1954) — Donne des ren¬
—

seignements complets sur l'âge, sexe, race, nationalité, statut
conjugal, religion, occupation, travail, nombre d'enfants vi¬
vants. Niveau d'éducation atteint, et lieu de naissance par
circonscription et district.
13 Décembre 1956
Service de statistique chargé des relations et de la coopéra¬
tion avec les Etats d'outre-mer, République française, terri¬
toire de la Polynésie française, recensement général de la popu¬
lation

(décembre 1956) résultats définitifs.

Société des

Études

(Paris, décembre

Océaniennes

�—

656

—

1960). Renseignements sur l'âge, sexe, nationalité, statut conju¬
gal, occupation, lieu de naissance, année d'arrivée dans le
territoire, naissances, niveau d'éducation, travail, catégorie et
type, famille et parentés par circonscription et district.
9 Novembre 1962

Polynésie française, population de la Polynésie française par
circonscription. Recensement du 9 novembre 1962. Tables ro¬
néotypées. Polynésie française, population de chaque circons¬
cription par sexe et groupe d'âge (avec 9 autres tables). Ro¬
néotypée d'étendue semblable au recensement de 1956.
Table 1. Population
tion 1848 à 1962.

An ée

Total

Iles

du

Vent

(1)

de la Polynésie française

Iles Sous-leVent

(2)

Iles

circonscrip¬

par

Iles

Tuamotu
Gambier

Marquises

(3)

Australes

(4)

i

1) Population de Maiao estimée à 200 en 1897 et 1902.
2) Total pour 1902 comprend 450 personnes non énumérées.
3) Total pour 1897 comprend approximativement 850 per¬
sonnes

non

énumérées.

En

1931

sont

exclus

Hereheretue

et

Hao.

4) Non compris Rapa en 1931 et avant 1887, Rimatara en
et avant 1897, Rurutu avant 1897, et Raivavae avant
1887. Rimatara et Rurutu estimées à 930 habitants pour 1897.
1946
5) Comprend 43 habitants non indiqués par cir¬
conscription.
1931

—

Table 2.
CD
s(D
C

&lt;

Population des îles du Vent
I

lies
du

e

Tahiti

:

(1)
Moorea

Vent

l'île

1848 à 1962.
Makatea

Maiao

Papeete Districts

1) Comprend Tetiaroa.
1860
2) Considère que les 630 étrangers du
—

groupe comme

étant à Tahiti.

1863

—

3) Non compris 400 militaires, l'administration, et

leurs familles.
1902

—

4) Population de Maiao estimée à...

Société des

Études

Océaniennes

�Rapport

sur

le fonctionnement de l'école de Raiatea
en

Nous

recevons

de

1889

Monsieur le

Pasteur

Charles

Vernier

la

lettre suivante.
J'ai le

plaisir de vous envoyer ci-joint la copie d'un rapport
j'ai trouvé dans les archives de la famille JAULMES. Monsieur Edouard JAULMES qui a été aux lies Sousle-Vent à la fin du siècle dernier, a laissé une relation inté¬
ressante de son séjour à Raiatea en 1887 et 1889, à un moment
où des troubles se manifestaient aussi bien à Raiatea qu'à
«

manuscrit que

Tahaa.
A un moment où l'instruction a pris un développement si
important et où le Lycée d'Uturoa va bientôt donner ses
premiers bacheliers, il sera peut-être intéressant de connaître
les tout-débuts de la culture française aux temps agités du

Chef Teraupoo et du Vice-Roi Tavana.
Si

croyez que ce rapport peut encore avoir de l'intérêt
les amateurs de l'histoire de notre fenua natal, je vous
prie d'en disposer de la meilleure façon ».
vous

pour

Nous
l'intérêt

remercions

Monsieur

le

Pasteur

qu'il porte à notre société et

membres liront

avec

intérêt

ce

Charles

nous

Vernier

espérons

de

que nos

rapport que nous publions ci-

après.
Le 10 avril 1889, une commission composée de MM. Alby,
résident des îles Sous-le-Vent, Tavana, Vice-Roi, Fustier, lieu¬
tenant de vaisseau commandant la « Vire », Durosoy, lieute¬
nant commandant le port de Raiatea, Brodien, industriel s'est
réunie sous la présidence de M. le Cdt Fustier pour inspecter
l'école française d'Uturoa.
Cette école qui fonctionne depuis un peu plus d'une année,
comprend actuellement plus de 80 élèves. Fondée au moment
de l'annexion, par M. Jaulmes, envoyé en mission aux îles
Sous-le-Vent, elle a dû subir le contre coup des événements
qui se sont produits à Raiatea. Elle s'ouvrait au mois de
mars 1888, mais par suite du départ des habitants du village,
ne laissant qu'une cinquantaine d'hommes armés, elle fut brus¬
quement supprimée et seulement reprise au mois d'avril. Plu¬
sieurs fois, par suite des départs et retours successifs des

Société des

Études

Océaniennes

�—

658

—

habitants, elle fut interrompue encore. Enfin, vers le mois de
juillet 1888 elle s'organisa telle qu'elle existe actuellement.
La

période d'instruction

ne

comprend donc

pas

plus de neuf

mois.

l'instituteur Jaulmes

M.

a

su

dès

son

arrivée

se

concilier

l'affection et l'estime des habitants, évincer sans
le froisser l'ancien instituteur indigène et changeant le sens
des précédentes études fonder une école exclusivement fran¬
çaise, où toutes les explications sont données dans cette lan¬
gue, et vraiment destinée à servir puissamment les intérêts
français dans cette partie de l'Océanie. Les murs de l'école
peu

à

peu

existaient seuls. Il lui fallut par ses propres moyens se pro¬
curer
un matériel scolaire à
peu près suffisant quoique en¬
core

incomplet.

La commission a constaté avec stupéfaction la bonne tenue
des élèves dont la déférence et le respect qu'en toute circons¬
tance ils montrent à leur instituteur, l'ont particulièrement

frappée. L'école est mixte, elle se compose de 2 divisions.
Dans la première qui comprend environ 16 garçons et 14
filles, se trouvent les enfants de 10 à 15 ans — la 2ème com¬
prend les plus petits (55 environ) et pour son instruction M.
Jaulmes se fait aider par un de ses élèves, le jeune Tamuta
de Mataiea (Tahiti) qui montre à cette tâche beaucoup d'in¬
telligence et de dévouement.
Les élèves de la 1ère division ont été successivement inter¬

la lecture, l'écriture, le calcul, la géographie et le
joint au présent rapport.
La commission n'a pu, sans un heureux étonnement, constater
les surprenants progrès accomplis par ces élèves. Il y a un an,
pas un seul ne savait un mot de français, quelques uns seule¬
rogés

sur

chant. Le programme est

ment

lisaient

ou

écrivaient

en

tahitien 1

Actuellement ils

répondent en français avec une très satis¬
questions usuelles qui leur sont po¬
sées, écrivent une petite dictée dan3 cette langue et savent
conjuguer l'indicatif présent d'un verbe de la première conju¬
gaison. Ils possèdent une assez grande quantité de mots qu'ils
savent dire indifféremment en français et en tahitien. Appelés
au tableau
ils ont répondu sans faute et avec une étonnante
rapidité aux questions posées sur la numération et la table
de multiplication.
L'école compte au nombre de ses élèves une jeune fille
sourde et muette à qui M. Jaulmes a su cependant enseigner
faisante prononciation aux

Société des

Études

Océaniennes

�659

—

—

les

mêmes matières qu'à ses condisciples grâce à la méthode
phonomimique. Cette jeune fille peut maitenant se faire com¬
prendre de ses camarades et écrire en regardant les signes qui
lui sont faits, une phrase ou des chiffres. Le sentiment de la

commission

a

été unanime

devant de semblables résultats et,

particulier, ceux obtenus avec cette jeune fille dont les
progrès ont fait l'étonnement des tahitiens aussi bien que
en

celui de la colonie européenne.
Les élèves ont aussi répondu à toutes

les questions princi¬
pales concernant la France, ses colonies, leur propre pays et
quelques parties de l'Europe. Enfin ils ont chanté en suivant
au
tableau les notes indiquées suivant la méthode Chevé.
Ils ont aussi fait entendre

un

chœur à deux parties.

La 2ème division n'a pas donné de moins bons résultats. Grâ¬
ce à la méthode phonomimique dont se sert M. Jaulmes les
élèves savent tous leur alphabet et lisent au tableau les lettres
mots

épelés, même de petites phrases ; les moins forts dont
quelques uns ont à peine 2 ou 3 mois de présence connaissent
cependant leurs lettres et peuvent les énoncer sur le tableau.
Le calcul, (addition et soustraction de nombres inférieurs à
10) leur est aussi enseigné avec le chant.
et

Tous ces résultats, la commission a été unanime à le recon¬
naître, [Sont dûs au particulier dévouement de M. l'instituteur
Jaulmes et

pagateur. Il
leur

aux

excellentes méthodes dont il s'est fait le pro¬

a su

prendre

cesse

qui lui manquait et

ce

sur ses

élèves l'ascendant nécessaire,

rendu la tâche attrayante et facile en se mettant sans
à leur portée, multipliant les exemples, improvisant tout

a

ne

craignant

pas

d'ajouter

aux

heures

de classe des répétitions particulières, consacrant tout son temps
et tous ses efforts à l'amélioration de son œuvre.
La classe de Raiatea est certainement à la hauteur des
meilleures de Tahiti et ses succès en si peu de temps obtenus,
sont le meilleur garant de son avenir.
La

commission

tient à constater que le matériel scolaire
insuffisant, que les résultats eussent peut-être été
encore
supérieurs si M. Jaulmes eut eu à sa disposition les
tableaux nombreux, leçons de choses, géographie, numération
etc... dont abondent les écoles de France et qu'il est impossible
à n'importe quel prix de se procurer ici. Elle fait des vœux
pour tpie cette école, appelée à rendre tant de services, ne
soit pas oubliée dans la répartition de ces objets qui sont
indispensables pour ouvrir l'intelligence et le sens pratiaue
des élèves tout en rendant plus fructueux et moins pénible
est

encore

Société des

Études

Océaniennes

�—

660

—

professeur. En signalant à M. le gouverneur des
français de l'Océanie tout le plaisir qu'elle a
eu
à constater de si beaux résultats, la commission croit de
son devoir de la prier instamment de vouloir bien témoigner
tout spécialement de sa haute satisfaction à M. Jaulmes pour
les résultats vraiment surprenants qui ont couronné ses efforts.
Ce témoignage sera pour lui une récompense de tous ses soucis
et un précieux encouragement à persévérer dans la voie qu'il
le travail du

Etablissements

a

brillamment et si fructueusement suivie.
Les membres de la commission.

Signés

:

Alby

;

Tavana, Fustier, Durosoy, Brodien.

Société des

Études

Océaniennes

�LA FRANCE DANS L'OCEAN PACIFIQUE
par

(1)

-

TAHITI

C. de VARIGNY

Le 8 mars 1843, le maréchal Soult, duc de Dalmatie, président
du conseil des ministres, recevait les deux lettres suivantes :
«

Monsieur le

maréchal,

«Voici une communication étrange que je reçois confiden¬
tiellement par un négociant qui promet de la tenir secrète jus¬
qu'à nouvel ordre. Je ne l'ai reçue d'aucune autre source, et

je n'ai nul

de l'expliquer. M. du Petit-Thouars aurait
pris l'initiative de ce procédé.
Recevez, je
vous
prie, monsieur le maréchal, l'hommage de ma haute et
respectueuse considération.
à

tout

moyen

fait

«

A
«

Monsieur

Baron Roussin.

»

Chaucheprat.

Monsieur,

Je reçois à l'instant, par voie de Lima et de Londres, des
lettres de Valparaiso, 30 octobre, et Lima, 14 novembre.
Elles contiennent des nouvelles fort importantes et que M. le
«

ministre

de la marine

sera

probablement content, sinon d'ap¬

prendre, du moins de savoir.
« L'amiral
du Petit-Thouars était arrivé le 29 octobre des
îles Marquises ; outre ces îles, il avait pris possession des îles
de Tahiti. Il paraît avoir été entraîné à cette mesure par l'avis

qu'il avait
du

reçu que

d'autres devaient s'en

emparer.

L'amiral

Petit-Thouars

préparait de nombreuses dépêches pour le
gouvernement, et elles ont dû partir par le navire le Vicomte
de Chateaubriand. Ma correspondance de Lima, qui m'est par¬

Panama, a devancé ce navire.
comprends toute l'importance de la nouvelle que je
vous
transmets, et si nul autre que moi ne l'a reçue, vous
pouvez assurer M. l'amiral Roussin que je ne la communiquerai
venue
«

par

Je

à nulle autre personne que vous.
«

Recevez, etc.
«

(1) Cet article
Livraison du 15

a paru
mars

Roux de

Clausay.

»

dans «La Reine des deux Mondes».

1881.

Société des

Études

Océaniennes

�—

La nouvelle était exacte.

de la France, le 1er mai
sud-est des îles Marquises,
et du groupe nord-ouest,

662

—

Après avoir pris possession, au nom
1842, de l'île Touata et du groupe
le 2 juin suivant, de l'île Nukahiva

le contre-amiral du Petit-Thouars

s'était rendu à Tahiti. Pomare .IV
d'inextricables difficultés. Née le 28

épousé,

en

s'y débattait au milieu
février 1813, elle avait

1834, Ariifaite, le plus bel homme de son royaume,

Son autorité, mal assise, était contestée par
quelques-uns des chefs principaux ; à ces embarras intérieurs
s'ajoutaient les querelles religieuses et les convoitises ina¬
vouées des grandes puissances maritimes. L'occupation par la
France des archipels voisins décida la reine à recourir à tune
mesure extrême qu'elle considérait comme une mesure de pro¬
tection. Le 9 septembre 1842, elle adressait à l'amiral du
mort

en

1873.

Petit-Thouars la lettre suivante
«

:

Parce que nous ne pouvons continuer à gouverner par nousdans le présent état de choses, de manière à conser¬
la bonne harmonie avec les gouvernements étrangers, sans

mêmes
ver

à perdre nos îles, notre autorité et notre liberté,
les soussignés, la reine et les grands chefs de Tahiti,
nous écrivons les présentes pour solliciter le roi
des Français
de nous prendre sous sa protection aux conditions suivantes :
«La souveraineté de la reine et son autorité et l'autorité des
chefs sur leurs peuples sont garanties ;
nous

exposer

nous,

règlements et lois seront faits au nom de la reine
signés par elle ;
«La possession des terres de la reine et du peuple leur sera
garantie. Les terres leur resteront. Toutes les disputes relati¬
vement au droit de propriété ou des propriétaires des terres
seront la juridiction spéciale des tribunaux du pays ;
« Chacun
sera libre
dans l'exercice de son culte ou de sa
religion ;
«Les églises existant actuellement continueront d'être, et les
missionnaires anglais continueront leurs fonctions sans être mo¬
lestés ; il en sera de même pour tout autre culte : personne ne
pourra être molesté ni contrarié dans .sa croyance.
A ces conditions, la reine Pomare et &lt;ses grands chefs de¬
mandent la protection du roi des Français, laissant entre ses
mains et aux soins du gouvernement français ou à la personne
nommée par lui et avec l'approbation de la reine Pomare, la
direction de toutes ses affaires avec les gouvernements étran«Tous les

Pomare et

«

Société des

Études

Océaniennes

�663

—

—

de même que tout ce qui concerne les résidents étrangers,
règlements de port, etc., et le droit de prendre telle
mesure
qu'il pourra juger utile pour la conservation de la
bonne harmonie et de la paix.
Signé : POMARE.
«
Paraita, Régent. - - Utami, Hitoti, Tati. »
gers,

les

L'amiral du Petit-Thouars acceptait la

demande de protec¬
formulée, sous réserve de la décision de son gouver¬
nement, qu'il avisait des faits accomplis et des mesures prises.
Le 25 mars 1843, le roi Louis-Philippe ratifiait dans un
document contresigné par M. Guizot, ministre des affaires
étrangères, l'acceptation conditionnelle de l'amiral ; le 14 octo¬
bre, M. Bruat, alors capitaine de vaisseau, débarquait aux îles
Marquises en qualité de gouverneur des Etablissements français
de l'Océanie et de commissaire du roi près la reine des îles
«

torat ainsi

de la Société.
'

I

L'Angleterre ne voyait pas sans ombrage la France prendre
pied dans l'Océanie. L'entente cordiale n'excluait pas la mé¬
fiance, et le cabinet de Londres la poussait loin quand il
s'agissait d'occupations maritimes. A cette époque, prévoyant
peut-être par une sorte d'intuition secrète, devançant en tout
cas
les rapides développements de la navigation, l'Angleterre
visait à acquérir dans l'Océan Pacifique des ports de relâche
et des points stratégiques. Maîtresse du continent australien,
elle tenait en échec Sumatra, Java, Bornéo, les îles de la
Sonde et l'entrée du golfe de Bengale. Sa colonie du Cap lui
assurait libre accès dans l'Atlantique sud et la mer des Indes.
Dans le Pacifique, deux points importants éveillaient ses con¬
voitises : les îles Sandwich, dans l'hémisphère nord ; les îles
Marquises et l'archipel des Pomotou dans l'hémisphère sud.
Séparés par une étendue de mer de 800 lieues sans port d'atterrissement, l'archipel des Sandwich et ceux des Marquises
et des Pomotou sont les deux clés du Pacifique. Au nord des
Sandwich, 900 lieues de mer libre s'étendent jusqu'à la pres¬
qu'île d'Alaska. Des Pomotou au continent américain, dans
l'est, on compte 1.200 lieues ; dans le sud, quelques îlots
déserts, la mer libre et le pôle.
Aucun océan ne présente d'aussi vastes solitudes. Les jours,
les semaines s'écoulent sans que le navigateur relève une
terre à l'horizon. Entre ces archipels affleurent çà et là quel¬
ques atolls, îlots madréporiques que des insectes invisibles

Société des

Études

Océaniennes

�—

664

—

édifient

patiemment, gagnant quelques pieds en des siècles,
poursuivant silencieusement une œuvre mystérieuse et confon¬
dant l'imagination par le calcul des
temps qu'il a fallu pour
dresser du fonds de l'océan ces inébranlables assises qui défient
les

efforts des flots et lentement s'exhaussent. A ce travail
continu des infiniments petits de la création se joignent les
efforts puissants des plus effrayants phénomènes naturels. Par

étrange contraste, les volcans créent en quelques heures
des insectes édifient en des siècles. Les archipels du
sud aussi bien que ceux du nord sont d'origine
volcanique,
et l'on peut suivre d'une île à l'autre les
phases diverses de
cette création, depuis celles où les éruptions sévissent encore
jusqu'à celles où la lave, désagrégée par l'action continue des
pluies et du soleil, s'est convertie en un sol fertile que recou¬
vre une exubérante
végétation.
un

ce

que

Ces archipels sont-ils les cimes d'un continent
englouti ou
bien les assises récentes d'un continent naissant ? La première

supposition a rencontré de nombreux adhérents. Nous n'hésitons
cependant pas à nous prononcer pour la seconde. Un séjour
prolongé dans l'Océanie nous a permis de constater la marche
régulière des phénomènes volcaniques, de les étudier de près
et de noter l'accroissement constant des îles où ils se
produisent.
Pour être plus lent, le développement des atolls n'en est pas
moins soumis à des lois invariables. Dans l'archipel madréporique des Pomotou, des groupes d'îlots nouveaux apparais¬
sent, et il n'est pas douteux que dans un avenir éloigné ces
îlots

ne

se

soudent et

ne

forment

une

seule île.

C'est surtout dans
volcan connu, celui

l'archipel des Sandwich, où le plus grand
de Kilauea, est en pleine activité, que
l'on peut suivre les phases diverses de la création volcanique.
Chaque année la grande île de Hawaï gagne sur l'océan, dont
elle repousse les flots, élargissant sa ceinture de récifs et
projetant au large ses puissantes coulées de lave, véritables
fleuves de feu et de matières incandescentes. Nous avons vu
des grandes éruptions, des torrents de lave qui mesu¬
raient près de 3 kilomètres de large, descendre des flancs
des montagnes, comblant les ravins et les vallées, plongeant
dans la mer avec le sifflement d'une barre de fer rouge, la

lors

refoulant lentement, accumulant les scories jusqu'à une
teur de 300 mètres et formant .un cap noir et menaçant

de jours avant

se

avoir assisté

se

hau¬
là en

creusait un golfe profond. On ne peut,
figurer la puissance de ces feux souter¬
rains, l'amoncellement de matières qu'ils rejettent au dehors.
peu

sans

y

Société des

Études

Océaniennes

�—

Un fait seul

665

—

une idée. L'île de Hawaï compte deux
deux supérieures en élévation au MontBlanc et toutes deux uniquement composées de laves et de
scories. Si l'on tient compte qu'elles surgissent, non comme
le Mont-Blanc, d'un plateau élevé et du centre d'un continent,
mais de l'océan même, et qu'avant d'affleurer au niveau des
tflots il a (fallu combler le fond de la mer, on se fera une idée
de la quantité prodigieuse de matière en fusion que représente
une
pareille masse et de la puissance des forces mises en
œuvre pour
l'élever à une telle hauteur.

montagnes,

en

donnera

toutes

A 800 lieues de distance de
forces ont fait surgir de

l'archipel des Sandwich, les mê¬
l'océan l'île de Tahiti et l'archi¬
pel des Marquises. Le terrain de nature volcanique, est formé
de laves poreuses, dont les cavités renferment des cristaux
zéolithiques, des conglomérats en couches stratifiées composées
mes

de
pas

roches et

de scories entremêlées de

corail.

On

ne

trouve

trace de cratères récents. Tout semble indiquer que, de¬

puis la dernière convulsion qui a donné naissance au Diadème,
montagne basaltique, l'effort volcanique s'est déplacé et, son
œuvre terminée, a laissé la nature accomplir la sienne.
Sous l'action combinée du soleil et des pluies, les scories
désagrégées, les strates d'argile calcinée délayées par l'eau et
entraînées
et

d'une

dans les vallées ont formé un sol d'une richesse
fertilité incomparables, envahi par une végétation

puissante. Toutefois des siècles ont dû s'écouler avant d'assu¬
rer
définitivement la conformation actuelle des archipels du
Sud. A de longs intervalles, les volcans ont plus d'une fois
bouleversé ces îles, incendié ces forêts, dévasté ces plaines,
modifié la configuration du sol. On retrouve encore dans les
débris de lave des branches d'arbre à l'état de charbon, des
empreintes de fougères et même de coléoptères.
Quels furent les premiers habitants de ces archipels ? S'il
vrai, comme l'affirment quelques savants, que l'existence de
l'homme se soit manifestée simultanément sur les divers points
du globe, cette manifestation n'a pu se produire qu'à ceux de
ces points où se trouvait un sol
définitivement assis et réu¬
est

nissant les conditions nécessaires au maintien et à la continua¬
tion de l'espèce. Or nous avons constaté que, dans le Pacifique,
ce sol est encore, en partie du moins,
en voie de formation,

les archipels sont comparativement de date récente.
qui s'impose est qu'ils ont dû être peuplés tar¬
divement et par voie d'immigration.
et

que

La conclusion

Société des

Études

Océaniennes

�-

666

-

A quelle race appartenaient les premiers occupants ? On
l'ignore, et les traditions de leurs successeurs ne nous appor¬
tent à ce sujet que des données confuses au début, et qui
deviennent plus obscures chaque jour. Ici, comme ailleurs, les
légendes remontent à des antiquités fabuleuses, à des dieux
dont les tribus aiment à
Dans

dire issues.

dont il a été rendu compte ici
marquis de Nadaillac examine les diverses
hypothèses auxquelles a donné lieu le .peuplement de l'Améri¬
que et de l'Océanie. On l'a attribué tour à tour aux Sibériens,
aux
Chinois, aux Indiens, Egyptiens, Phéniciens, Celtes, Scan¬
dinaves, Juifs même. Pour l'expliquer, on a ressucité du fonds
des mers cette terre mystérieuse, l'Atlantide, abîmée dans les
flots. Elle s'élevait, dit-on, au-delà des colonnes d'Hercule et
s'étendait au loin dans l'Océan Atlantique. Anéantie en une
seule nuit par un déluge tel que les hommes n'en virent
jamais de pareil, il ne subsisterait plus de ce vaste pont jeté
entre l'Europe et l'Amérique que des cimes isolées, les Cana¬
ries, les Açores, les îles du Cap-Vert et Madère. C'est ce que
racontèrent à Solon des prêtres égyptiens qui assignaient à
un

M.

même,

ces

livre

se

récent

et

le

événements

une

date

antérieure

de

neuf mille

ans

à

sa

Egypte. Quoi qu'il en soit de ces hypothèses qui
attribueraient à l'Europe et à l'Afrique le peuplement de
l'Amérique et, par une supposition plus hardie et plus inad¬
missible encore, celui de l'Océanie, l'étude des temps présents
nous atteste la
disparition complète de ces premiers habitants
et leur remplacement par une race bien différente. Les habi¬
tants actuels, les Kanaques, comme ils s'appellent eux-mêmes,
du mot kanaka, qui dans leur langue signifie « homme »,
les Kanaques n'ont occupé ces îles que vers la fin du XHe
siècle. Nous avons toute raison de les croire originaires de
venue

en

Sumatra.
On n'ignore pas que, dans la seconde moitié du XHe siècle,
les vastes plateaux de la Haute-Asie ont, à la suite d'épouvan¬
tables famines et de guerres sanglantes, déversé sur le monde

alors

connu ces terribles avalanches humaines qui,
conduites
Tchingis-Khan, ont envahi les Indes, la Perse, la Syrie,
la Moscovie, la Pologne, la Hongrie et l'Autriche. Sur le
versant opposé, le même phénomène s'est accompli. Ainsi qu'un
flot pousse l'autre, l'émigration est descendue jusqu'à la pres¬
qu'île de Malacca, refoulant tout devant elle, acculant à la
mer
les populations éperdues qui n'ont plus trouvé d'abri
que sur leurs bateaux. Le choc dut être terrible pour entraîner

par

Société des

Études

Océaniennes

�—

667

—

ainsi des millions de

fuyards et pour les jeter sur les côtes de
Célèbes, des Nouvelles-Hébrides. Ils étaient si
nombreux que les plus aventureux durent céder la
place sur
ces îles et
gagner comme ils purent les îles Fjjis, des Naviga¬
teurs, Hervey, Tahiti enfin. Un dernier reflux en poussa quel¬
ques-uns aux îles Sandwich. Au-delà, il n'y avait plus rien
que le continent américain ; les vents contraires opposaient

Bornéo, des

barrière à leurs frêles embarcations.

une

Ainsi, d'une part, un vaste courant qui poussa, au Xlle
siècle, les Tartares Mongols de l'est à l'ouest, et un courant
en
sens inverse qui se dirige de
l'ouest à l'est. Le premier
envahit l'Europe, le second inonda les Indes, et refoula la
population sur l'Océanie. Il y aurait une étude curieuse à
faire sur ce double mouvement dont l'impulsion subsiste en¬
core aujourd'hui, sur cette marche
plus lente, mais constante,
qui entraîne l'Europe vers l'Amérique, l'Amérique vers l'Océa¬
nie, le Japon et la Chine ; puis, en sens inverse, on pourrait
suivre les étapes successives du Chinois, qui envahit peu à peu
l'Océanie, peuple une partie de la Californie, franchit la SierraNevada, et dont l'avant-garde vient enfin s'implanter à NewYork, Boston, Cincinnati, en dépit des efforts de la législation
des haines de

et

race.

La

théogonie tahitienne n'offre qu'un médiocre intérêt. Nous
dans toutes les îles de l'Océanie, le pou¬
voir absolu du chef confirmé ou tenu en échec par le pouvoir
théocratique représenté par un grand-prêtre, sacrificateur, de¬
vin et prophète. Cà et là quelques légendes curieuses, telle
que celle de Hanai, demi-dieu, sorte d'Hercule auquel on attri¬
bue des travaux gigantesques. A l'aide d'une ligne, il fit surgir
de l'Océan les îles Gambiers et les îles Marquises. Nouveau
Josué, il contraignit le soleil à s'arrêter sur Tahiti, le saisit
par un de ses rayons et l'attacha à un arbre au moment où
y retrouvons, comme

il

se

levait à l'horizon.

Les premiers documents sérieux que nous possédons sur Ta¬
hiti sont dus au célèbre circumnavigateur anglais, Cook qui
relâcha quatre fois dans cette île, en 1769, 1773, 1774, et 1777.
Trois chefs absolus se disputaient le pouvoir. Il finit par
échoir entre les mains de l'un d'eux qui fit proclamer roi son
neveu,

Otuu,

se

Otuu fut le
Parti
une
une

réservant la régence (1770).

de la dynastie actuelle.
nuit, surpris par le froid, il contracta
bronchite dont il guérit partiellement, tout en conservant
toux opiniâtre. En souvenir de cette campagne, ses eouren

chef et

expédition

le fondateur

une

Société des

Études

Océaniennes

�—

668

—

tisans

l'appelèrent Po-mare, la nuit de la toux. Otuu adopta
sobriquet, qui devint le nom de sa dynastie.

ce

A la naissance de

son fils, Otuu, se conformant aux
usages,
faveur de son héritier, qu'il fit reconnaître sous
le nom de Pomare II, et continua à exercer le pouvoir en
qualité de régent. Son fils et lui accueillirent avec faveur
les missionnaires anglais et se convertirent au christianisme.

abdiqua

en

Cette conversion faillit leur coûter la

couronne.

Défaits deux

fois par

les partisans du paganisme, ils ne durent qu'à l'inter¬
vention de l'Angleterre de l'emporter enfin en 1815. Le paga¬
nisme fut supprimé, les idoles brûlées, les maraes détruits et
la religion chrétienne proclamée religion de l'Etat.
La fin du règne

de Pomare II ne répondit pas aux espéran¬
l'Angleterre avait conçues. A Tahiti, comme dans tou¬
tes les îles conquises à la civilisation, le débitant d'eau-de-vie
suivait de près le missionnaire et n'y faisait pas moins de
recrues. L'ivrognerie se propageait
d'une façon effrayante. Po¬
mare II y isuccomba en 1821.
ces

que

Son fils lui succéda

sous

le

nom

de Pomare III.

était

Sa tante

régente. Femme énergique, autoritaire et absolue, elle
rappelle par plus d'un côté la veuve de Kamehameha 1er aux
îles Sandwich. Elle aussi entreprit de relever l'autorité despo¬
tique, de résister aux empiétements des missionnaires, qui rê¬
vaient à Tahiti, comme aux Sandwich, l'organisation d'un
gouvernement théocratique, seul capable à leurs yeux de tenir
en
échec les progrès de l'ivrognerie et l'influence désastreuse
des aventuriers européens, dont l'exemple et les mœurs con¬
trariaient leurs enseignements. A huit cent lieues de distance,
nous voyons des faits identiques aboutir aux mêmes conséquen¬
ces. Une race douce et malléable, accessible aux influences exté¬
rieures, semble offrir à la civilisation une conquête facile et
pacifique, et pourtant c'est par milliers que se comptent les
victimes. Il semble que, par une foi fatale de l'humanité, le
progrès ne puisse s'accomplir que lentement ; partout où sa
marche est violentée, comme le char de Jaggernauth, il écrase
les retardataires. L'histoire nous montre, en Europe, la civili¬
sation grandissant péniblement, rejetant à chaque étape suc¬
cessive, sous forme de débris, les préjugés qui entravent
sa
marche, les institutions mêmes dont elle s'est servie pour
avancer. Ici,
nous la voyons parcourir en quelques années plus
d'espace qu'ailleurs en un siècle, ne rencontrant devant elle
aucune
résistance, appelée, désirée de tous. " Le paganisme

Société des

Études

Océaniennes

�—

699

—

avait vécu ; il s'écroulait de toutes parts. L'abus atroce pro¬
voquait la réaction violente. On avait soif de vivre, de respirer,
de secouer ce joug écrasant.

Les missionnaires trouvent
accueillis par une population

la

voie

ouverte.

Ils

sont

bien

lasse des excès d'une théocratie
sans
règle morale, d'un despotisme sans frein. H semble qu'ils
n'aient qu'à semer pour récolter. En peu d'années, les habi¬
tants passent d'une nudité presque
complète à l'usage des
vêtements européens. Détail tout extérieur ; mais dans ces
quelques années la dépopulation fait des ravages effrayants.
Les sauvages, aussitôt vêtus, contractent des maladies incon¬
nues
parmi eux ; la pneumonie, la bronchite font des milliers
de victimes.
En

1774, Cook estimait la population tahitiemie à 240.000
Son calcul se fondait sur le chiffre des guerriers que
le chef Toouha embarquait sur une flotte de deux cent dix pi¬
rogues de guerre destinées à opérer une descente sur l'île
Moorea. En 1797, les missionnaires anglais portent à 50.000
la population de l'île. Elle n'est plus que de 10.000 en 1838
lors du séjour des corvettes l'Astrolabe et la Zélée. Le dernier
âmes.

recensement l'évalue à 9.551.

Le contact

avec

les blancs amène les maladies vénériennes.

L'eau-de-vie, le plus terrible des poisons pour ces races des
climats chauds, les décime. C'est une grande erreur de croire
que la civilisation se présente aux races barbares uniquement
par ses bons côtés. Il n'en est rien. Elle pénètre autant par
ses vices, que le sauvage
greffe sur les siens propres, que par¬
ses

vérités élevées et

ses

théories morales.

Nous

avons vu la vraie lutte
s'engager moins entre le Kanaréfractaire et la civilisation envahissante qu'entre le mis¬
sionnaire blanc et l'aventurier blanc, entre la religion et
l'eau-de-vie se disputant l'indigène. Les missionnaires l'em¬
portent. Instructeurs du peuple, n'est-ce pas à eux de l'ini¬

que

tier à cette

civilisation nouvelle dont ils sont évidemment les

représentants les plus autorisés ? Pour bien juger leur œu¬
vre, il importe de se rendre compte des obstacles dont ils
avaient à triompher. D'une part, le paganisme vaincu. mais&gt;
tenant encore par mille racines, les appétits sensuels comprimés
mais non éteints ; et de l'autre, leurs compatriotes, avides de
gain, impatients de tout contrôle, bien autrement redoutables

les Kanaques. Plus religieux que politiques, plus
qu'expérimentés, les missionnaires voient dans leur

pour eux que

croyants

Société des

Études

Océaniennes

�670

—

propre

domination le salut de la

—

race

qu'ils convertissent

;

ils

taillent dans la Bible une sorte de gouvernement théocratique ;
ils empruntent aux lois de Moïse un code civil ; ils croient

pouvoir réformer les

mœurs

à

coups

de décrets.

C'est ce que tentaient les missionnaires américains aux îles
Sandwich. Aux Sandwich, comme à Tahiti, ils se trompèrent ;
mais

une

partie de leur

de leurs fautes il

ne

œuvre

reste que

subsiste encore aujourd'hui, et
le souvenir.

Pomare III vécut peu. Sa sœur Aimata lui succéda, en 1825,
le nom de Pomare IV. Elle avait alors douze ans.
C'est sous son règne que s'accomplirent les événements dont
sous

nous

parlé et que, par l'acceptation du protectorat, la
prit pied dans l'Océanie.

avons

France

Les Missionnaires et les résidents

anglais ne pouvaient voir
inquiétude et sans dépit le protectorat de la France
s'étendre sur un archipel civilisé et colonisé par eux. Ils avaient
mis à profit le long délai exigé alors par les communications
avec
l'Europe ; les actes de l'amiral du Petit-Thouars étaient
subordonnés à la ratification du roi et n'avaient jusque-là
qu'un caractère essentiellement provisoire. Ils s'en autorisèrent
pour agir sur l'esprit mobile de la reine et des principaux
chefs, leur démontrer que l'établissement du protectorat n'était
autre chose que l'aliénation et la perte de leurs droits de sou¬
veraineté. Pomare, jusqu'alors de leur part l'objet d'une consi¬
dération passablement dédaigneuse, devint tout à coup une
reine, sœur, par le rang, de la reine d'Angleterre, investie de
droits et de responsabilités sacrés. Les bâtiments anglais lui
rendirent les honneurs dus aux souverains, et n'eut pas de peine
sans

à

la

faire

Tahiti, elle

revenir
se

sur

réfugia

sa

aux

détermination

première. Quittant
attendant les

Iles Sous-le-Vent,

événements.
En France, le gouvernement regrettait que l'amiral n'eût pas
purement et simplement arboré le pavillon français au lieu
du pavillon du protectorat. On estimait l'attitude prise comme

dangereuse, en ce sens qu'elle compromettait la France, vis-àde l'Angleterre sans lui donner une compensation réelle
par une prise de possession définitive. Ces regrets, connus
ou devinés par l'amiral, le décidèrent à profiter des circons¬
tances nouvelles que lui offraient le revirement de la reine et
la résistance des grands chefs.
En arrivant à Tahiti, le commandant Bruat se trouva en
présence d'un désaveu de l'acte du 9 septembre 1842 et d'une
vis

Société des

Études

Océaniennes

�-

résistance

à

G71

-

main

armée, soutenue et encouragée par les
Anglais. La lutte s'engagea avec vigueur ; des rencontres san¬
glantes eurent lieu à Mahauta, à Punaauia, et les hostilités ne
cessèrent que par la prise du fort de Fautaua, emporté par
les Français.
En France, l'opinion publique s'émut. Le gouvernement, qui
comptait sur une occupation pacifique et qui redoutait des
complications avec l'Angleterre, manifesta hautement son déplai¬
sir. L'amiral du Petit-Thouars fut désavoué et son rappel
décidé.
Nous trouvons dans la Revue rétrospective une dépêche de
l'amiral qui prouve bien que la passion de parti faisait fausse
route

affirmant

qu'il n'ait fait qu'exécuter des instructions
prenant possession des Etats de Pomare, et que son
désaveu, bien ou mal entendu, n'était pas une lâche contra¬
diction du cabinet du 29 octobre, ni une comédie à laquelle
l'amiral n'eût pu se prêter sans compromettre son honneur.
Cette dépêche est datée du Callao, 6 juillet 1844.
en

secrètes

«...

en

J'espère dans la justice du roi et de

son

gouverne¬

S'ils ont été prompts à me frapper, ils me réhabiliteront
sans doute lorsqu'ils connaîtront toute la
vérité, lorsqu'ils auront
sous les yeux le tableau des
intrigues mises en jeu pour rendre
illusoire le protectorat de la France, lorsqu'ils verront que
ment.

si

je laissais subsister le pavillon couronné que l'on avait fait
Pomare, l'autorité protectorale eût été plus tard un
pouvoir subalterne aux yeux des étrangers, hérissé de diffi¬
cultés et d'embarras pour la France, dont le gouvernement
n'eût pas tardé à se fatiguer. Ils reconnaîtront enfin je l'espè¬
re, que dans une position aussi difficile qu'inattendue, livré
à moi-même a 4.000 lieues de France, je ne pouvais agir
hisser par

autrement sans forfaire à l'honneur
les intérêts du roi et du pays ».

et

sacrifier

indignement

« On
a dit que j'ai
outre-passé mes instructions ; mais Votre
Excellence sait fort bien que je n'en avais d'aucune espèce,

et

je n'ai donc

pu

les suivre et

encore

moins les outre-passer.

Je n'avais pour guide que cet invariable et antique mandat
de tout chef d'escadre : protéger les intérêts français, et faire

respecter notre pavillon. Je m'y suis religieusement attaché et
je n'en ai point forcé l'interprétation ; dans l'isolement où je
me trouvais, pour bien me pénétrer des
intentions du gouver¬
nement, je priai M. le commandant Bruat de me communiquer
ses
instructions, qu'il mit officieusement à ma disposition

pendant trois heures.

Société des

Études

Océaniennes

�—

672

—

documents

m'apprit le regret éprouvé
le gouvernement de ce que je n'eusse pas mis d'abord le
pavillon français au lieu du pavillon du protectorat ; je crus
dès lors remplir ces instructions en mettant à profit des cir¬
constances que l'intrigue et la mauvaise foi avaient fait naître
pour prendre mon premier arrêté par lequel j'ai placé le pa¬
villon français sur tous les points de protection et de défense
des îles de la Société et réservé le pavillon du protectorat pour
tous les monuments civils d'un usage commun ; j'ai suivi en
cela la pratique observée par les Anglais à Corfou et dans
«

La

lecture

de

ces

par

les îles Ioniennes

».

II
La question religieuse compliquait singulièrement la question
politique. Le 4 mars 1797, les premiers missionnaires protes¬
tants avaient débarqué à Tahiti et commencé, dans des condi¬
tions exceptionnellement favorables, leur œuvre de propagan¬
de religieuse. En 1798, cincr nouveaux missionnaires anglais
étaient venus les rejoindre, huit autres arrivaient en 1801. En
1805, ils adoptaient, d'accord avec Pomare II, l'alphabet tahitien et faisaient imprimer à Londres le premier livre desti¬
né aux écoles, dont le nombre croissait chaque année. Des résis¬
tances partielles, des révoltes locales entravaient, sans l'arrêter,
l'œuvre de propagande. Lorsque, en 1824, le commandant Duperrey visita Tahiti à bord de la corvette la Coquille, il fut
frappé des changements survenus. « L'île de Tahiti, écrivaitil dans son rapport officiel, est aujourd'hui bien différente de
ce
qu'elle était du temps de Cook. Les missionnaires ont tota¬
lement changé les mœurs et les coutumes de ses habitants.
L'idolâtrie n'existe plus parmi eux, et ils professent généra¬
lement la religion chrétienne. Les femmes ne viennent plus à
bord des bâtiments ; elles sont d'une réserve extrême lorsqu'on
les rencontre à terre. Les mariages se font comme en Europe,
et le roi lui-même est assujetti à n'avoir qu'une épouse. Les
femmes sont admises à la table de leurs maris. La secte infâ¬
me
des Arreoys n'existe plus ; les guerres sanglantes crue ces
peuples se livraient et les sacrifices humains n'ont plus lieu de¬
puis 1816. Tous les naturels savent lire et écrire ; ils ont entre
les mains des livres de religion traduits dans leur langue et
imprimés soit à Tahiti, à iUljéta ou à Eimeo. De belles églises
ont été construites, et tout le peuple s'y rend deux fois par
semaine avec une grande dévotion pour entendre la prédica¬
tion. L'on voit souvent plusieurs individus prendre note des
passages les plus intéressants des discours ».

Société des

Études

Océaniennes

�—

673

—

A la même époque, un mouvement identique se produisait
îles Sandwich sous l'impulsion des missionnaires améri¬
cains. En Europe, on suivait avec une curiosité sympathique
aux

cette initiation de

peuples barbares à la civilisation ; on ren¬
publiquement hommage aux efforts heureux des missions
protestantes. En 1826, M. Guizot, faisant ressortir les carac¬
tères qui distinguent des missions catholiques les missions pro¬
testantes, s'exprimait ainsi :
dait

« Le
premier de ces caractères, celui qui me frappe d'abord,
c'est que nos missionnaires ne vont point faire de conquêtes

profit d'une église déjà puissante ; ils n'étendent point
ecclésiastique ; ils n'impor¬
tent pas même, chez les peuples qu'ils s'appliquent à convertir,
une
discipline extérieure déjà réglée, un gouvernement écclésiastique tout fait. Ils leur portent, seulement la foi et la mo¬
rale de l'évangile ; ils prêchent une doctrine pour les esprits,
une règle pour les actions ; ils travaillent à réformer l'homme
intérieur, l'homme moral, l'homme libre : c'est à Dieu seul
et à l'évangile qu'ils lui demandent de se soumettre ; ils lais¬
sent ensuite à la parole qu'ils ont semée le soin de faire le
reste et d'organiser la société chrétienne selon les lieux, les
circonstances, les possibilités. J'en pourrais citer de nombreux
exemples : le plus récent est celui qu'à offert l'île Tahiti, où
la société tout entière, religieusement et moralement réformée
par les missions évangéliques, a réformé à son tour son orga¬
nisation extérieure et civile spontanément et comme il lui con¬
venait. Les missions catholiques ont porté aux païens la foi et
un maître,
tandis que les missions évangéliques leur portent
au

la

domination d'un gouvernement

la foi et la liberté

».

L'établissement du protectorat devait fatalement modifier
état de choses, non par le fait du gouvernement français

cet

d'alors,

peu

Isoucieux de propagande religieuse, mais

par

l'impos¬

sibilité matérielle et morale de dénier libre accès dans l'archi¬

pel

aux

missionnaires catholiques impatients de

se

mesurer

leurs rivaux et de leur disputer leurs conquêtes. Déjà
Chateaubriand avait prêché la croisade nouvelle et signalé
au
zèle de la société des missions ces terres peu connues :
avec

«
Tahiti, écrivait-il dans la préface de son Voyage en Amé¬
rique, a perdu ses danses, ses chœurs, ses mœurs voluptueuses.

Les belles habitantes de la nouvelle Cythère sont aujourd'hui,
leurs (arbres à pain et leurs élégants palmiers, des puri¬

sous

taines qui vont au prêche, lisent
naires méthodistes, controversent

Société des

l'Ecriture
du matin

Études

des mission¬
soir et expient

avec
au

Océaniennes

�—

674

—

dans

un
grand ennui la trop .grande gaîté de leurs mères.
imprime à Tahiti des bibles et des ouvrages ascétiques ».
On sent percer dans ces appréciations le déplaisir que lui
causent les progrès du protestantisme et la nonchalante insou¬
ciance avec laquelle il juge les faits religieux qui ne répondent
pas à son sentiment du beau. L'auteur du génie du christia¬
nisme ne va pourtant pas jusqu'à regretter ouvertement les
changements survenus, mais d'autres affirmaient ce qu'il ne
disait pas et reprochaient aux missionnaires anglais d'avoir
substitué au paganisme antique des mœurs sévères. Un des
compagnons de voyage de Dupperey, M. Lesson, correspondant
de l'Institut et chirurgien en second à bord de la Coquille,
appréciait ainsi les résultats obtenus :

On

« Le cachet
qui caractérisait ces peuplades a disparu sous un
vernis de dissimulation que leur a porté la ferveur du rigoris¬
me
des prêtres protestants. Si les missionnaires, de quelque
couleur qu'ils soient, sont aujourd'hui un vrai non-sens parmi
les populations civilisées, que pense-t-on que doivent être ces

hommes

sans talent, sans élévation dans l'âme, à idées rétrécies
bigotes, agissant comme des énergumènes au milieu des
peuplades de la mer du Sud, leur portant, disent-ils, le pain
de l'évangile, pain lourd et indigeste pour des estomacs qui
n'y sont pas préparés ? Combien je regrette, pour ma part,
la physionomie native des peuplades océaniennes que gâte
chaque jour le contact des Européens ! Certes, cette vie molle
et efféminée des Tahitiens, ce libertinage qu'on leur reproche,

et

encore loin de celui de nos villes et de la corruption
de notre civilisation. Chez eux l'habitude convertissait en un
cérémonial de politesse cette prostitution dont on a exagéré
les résultats !»

étaient

Si les

uns
reprochaient aux missionnaires protestants d'en¬
les indigènes et de substituer au libertinage commode
et facile d'un passé regretté l'austérité des mœurs présentes,
d'autres, au nom d'intérêts privés, se disaient lésés et récla¬
maient une règle moins sévère. Le commerçant suivait le
missionnaire et trouvait fort mauvais que l'observance du di¬
manche, les services religieux, la fréquentation des écoles,
empêchassent les indigènes de se consacrer au travail qu'il
attendait d'eux et qu'il rétribuait peu. A Tahiti, comme aux
îles Sandwich, la vie est facile ; l'indigène trouve en abon¬
dance et sans labeur ce qui est nécessaire à son existence. La
douceur du climat l'affranchit de toute prévoyance. Les besoins
limités et facilement satisfaits n'éveillent point en lui d'idées

nuyer

Société des

Études

Océaniennes

�—

675

—

de convoitise, d'ambition, de richesses ;
efforts à s'assurer le strict nécessaire et

aussi borne-t-il
comprend-il
fallu éveiller

peu

ses

la

nécessité d'un travail rémunérateur. Il a
en lui
des besoins nouveaux, créer des exigences matérielles, élargir
son horizon borné à la satisfaction des appétits pour l'amener
à défricher la terre, à cultiver le sol, à planter, récolter, à
ses îles pour s'embarquer à bord des navires baleiniers,
aller fabriquer sur des îlots déserts l'huile de noix de
cocos. Ce fut l'œuvre du temps ; elle est loin d'être achevée,
à Tahiti surtout ; au début, elle fut lente, difficile, et les
commerçants impatients se joignaient à ceux qui regrettaient
les mœurs faciles pour accuser et dénigrer l'œuvre des mis¬

quitter

pour

sionnaires.

dénigrements étaient de nature à encou¬
les missionnaires catholiques, dont le zèle n'avait d'ail¬
pas besoin d'être stimulé. Une première tentative faite

Ces accusations, ces
rager

leurs
en
1826 aux îles Sandwich avait échoué. Le gouvernement
local s'était "refusé à laisser débarquer les missionnaires catho¬

liques. Le 2 juin 1833, un décret de la propagande, con¬
firmé par le pape Léon XII, confiait à la maison mère de
Picpus la tâche gigantesque de convertir au catholicisme tou¬
tes les îles de l'Océan Pacifique, depuis les îles Sandwich jus¬
qu'au tropique antarctique et depuis l'île de Pâques jusqu'à
l'archipel Roggewein, dont Kotzebue et Krusenstern avaient
cependant 'déjà démontré la non-existence.
A la fin de 1833, les missionnaires catholiques s'embar¬
quaient à Bordeaux pour le Chili et de là gagnaient les îles
Gambier, première étape sur la route de Tahiti. En 1836, ils
abordaient à Papeete et sollicitaient une autorisation de séjour
qui leur fut refusée. Contraints de s'éloigner, ils réclamaient
et obtenaient l'intervention de la France. Le capitaine du
Petit-Thouars, commandant la frégate la Vénus, imposait en
1838 une convention en vertu de laquelle les missionnaires
catholiques devaient être admis à Tahiti et traités sur le
même pied que les missionnaires protestants.
A Tahiti et aux îles Sandwich, la situation était la même.
L'année précédente (1837), le commandant du Petit-Thouars
avait exigé et obtenu du roi Kamehameha III la libre admission
des missionnaires catholiques. Dans les deux archipels, la lutte
s'engageait entre les missions protestantes et les missions ca¬
tholiques, qui se disputaient la suprématie. Elle atteignait
promptement un degré de violence qui mettait en péril les
institutions et le gouvernement lui-même. La question reli-

Société des

Études

Océaniennes

�—

676

—

gieuse

se
compliquait d'une question commerciale dont la
France avait pris l'initiative et qui menaçait d'une
dépopula¬
tion rapide les îles de l'Océanie. En
1830, le commandant

Laplace exigeait
mettre

les

effet du gouvernement des Sandwich d'ad¬
à un droit d'entrée qui ne
pouvait
100 de la valeur.
en

eaux-de-vie

excéder 5 pour
En

agissant ainsi et en engageant son gouvernement dans
voie, le commandant Laplace croyait-il, de bonne foi,
ouvrir aux 'produits
français un débouché de quelque impor¬
tance ? S'il le crut, et c'est sa seule
excuse, il se trompa fort.
Imposer par la force l'admission des missionnaires catholiques
et la
libre introduction des eaux-de-vie, c'était créer dans
l'esprit de ces populations une choquante confusion d'idées,
cette

mettre

une

protestants

arme

et

la honte était
Nous avons pu

redoutable dans les mains des missionnaires

prendre l'initiative d'une mesure fiscale dont
pour la France et le profit pour l'étranger.
constater par nous-même les

tristes résultats

obtenus, l'impopularité qui en rejaillit alors sur notre pays,
et qui subsiste encore. En vertu des traités conclus
avec l'An¬
gleterre et les Etats-Unis, toute concession faite à la France
devait s'étendre de droit à leurs nationaux. Il
les spiritueux anglais et

en

résultait que

américains, tels que le genièvre, l'eaude-vie de grain, antérieurement prohibés, entraient dans la con¬
sommation après avoir acquitté le droit de 5
pour 100 de la
valeur. La France n'ayant aucun commerce direct avec les
îles,
le traité restait lettre morte en ce
qui la concernait ; mais
il n'en était pas ainsi pour
l'Angleterre et surtout pour les
Etats-Unis. Chaque année, plusieurs centaines de navires ba¬
leiniers américains relâchaient dans le port de Honolulu et
débarquaient des spiritueux dont la consommation partout et
toujours dangereuse pour les indigènes, le devenait plus encore
par l'abus résultant du bon marché et par l'excessive chaleur
d'un climat intertropical. Si la France s'était
proposé pour
but de développer le commerce de ses
rivales, de hâter la
dépopulation de l'archipel et d'assurer la prédominance des
Etats-Unis aux îles Sandwich, elle n'eût pu
adopter une me¬
sure
d'une réussite plus prompte et plus infaillible. En
peu
d'années, la mortalité fit des progrès tels que force fut bien
de

se

rendre à l'évidence et de résilier cette clause du traité.

Mais, aujourd'hui encore, dans toute l'Océanie, les adversaires
de l'influence française ont constamment à la bouche le dic¬
ton de : French priests and french brandies
prêtres français,
eaux-de-vie françaises.
.

Société des

Études

Océaniennes

�—

677

—

La question religieuse à elle seule soulevait déjà bien assez
de difficultés et, en apparence, d'insurmontables complications.
On le vit par le retentissement de l'affaire Pritchard, dont les
discussions passionnées, en France et en Angleterre, mirent
un

moment

péril l'entente cordiale des deux
Louis-Philippe. A la distance où nous

en

trône du roi

théâtre des

événements

et

de

ces

événements

pays et
sommes

eux-mêmes,

le
du
on

de si petites causes aient pu produire de si grands
effets, et qu'une rivalité religieuse dans un coin perdu de
l'Océanie ait soulevé des passions si vives. Pour le comprendre,
il faut tout d'abord se rendre compte que la lutte n'était pas
circonscrite à l'île de Papeete, mais qu'elle s'engageait simul¬
tanément sur les principaux points de l'Océanie. Aux îles Sand¬
wich, les missionnaires américains avaient évangélisé l'archi¬
pel, fondé des temples, des écoles, converti la totalité de la
population. A Tahiti, les missionnaires anglais avaient fait
de même. Le protestantisme s'était implanté dans l'Océanie,
il y était maître, partant jaloux d'une suprématie conquise par
de rudes labeurs, des sacrifices considérables et un dévouement
auquel on ne saurait trop rendre hommage. Appelé, accepté
par ces populations alors barbares, il avait introduit la civi¬
lisation, prêché la religion chrétienne, converti les chefs et le
peuple, substitué des lois sages à d'atroces coutumes, triomphé
de mœurs dissolues, proclamé la sainteté du mariage, du ser¬
ment, le respect de la vie humaine, fait cesser les guerres de
tribus à tribus et régner l'ordre et la paix. Leur œuvre ache¬
vée, sur ces terres par eux conquises, initiées à la civilisation,
les missionnaires protestants se voyaient tout à coup menacés
par des concurrents qui proclamaient hautement leur œuvre
mauvaise, leurs doctrines fausses, leurs dogmes impies et qui
prétendaient tout détruire pour tout reconstruire à nouveau.
Ils eussent été plus que des hommes, ils eussent douté d'euxmêmes jet de leur foi en n'opposant pas une résistance vigou¬
reuse
à ces tentatives. Les chefs et le peuple leur étaient
acquis ; les uns et les autres repoussaient ces nouveau-venus
qu'on leur imposait par la force, et qui se présentaient à eux
sous
de fâcheux auspices. Ils encouragèrent ces dispositions
s'étonne que

hostiles. Abrités derrière les droits incontestables des chefs

ou

du roi, ils opposèrent une résistance sourde à l'admission
missionnaires catholiques, et quand la force eut triomphé

des

cette

résistance, ils luttèrent

avec

énergie

pour

entraver

de
une

propagande active.
On

a

souvent

gieuse n'a

pas

agité la question de savoir si la rivalité reli¬
résultat d'aviver la foi et de hâter

eu pour

Société des

Études

Océaniennes

�—

678

—

la conversion

au christianisme des peuples de l'Océanie.
Témoin
pendant quatorze années de ces luttes, nous dirons en toute
sincérité ce qu'il en est. Appelé à prendre une part active, en
qualité de ministre dirigeant, dans le gouvernement de l'ar¬
chipel le plus important de l'Océanie, de celui où ces luttes
ont eu le champ le plus vaste, nous exposerons
le résultat de
notre expérience et de nos observations. Gela nous sera d'au¬
tant plus facile que nous comptions dans les deux camps des
amis sérieux, des hommes dont le zèle et la foi nous ont laissé

des souvenirs d'estime et d'admiration.
Les Kanaques sont facilement accessibles aux idées religieuses.
Isolés pendant des siècles du re3te du monde, perdus au centre
de l'Océanie, face à face avec les plus terribles phénomènes

physiques dont leur ignorance leur cachait les lois, sur ces
terres vierges d'une admirable beauté, sous ce climat incompa¬
rable, ils créèrent de toutes pièces une théogonie cruelle et
barbare. Comparativement simples au début, leurs rites reli¬
gieux n'offrirent bientôt plus qu'un mélange confus de prati¬
ques bizarres dont la signification se perdait dans la nuit du
passé. Des dieux tyranniques et capricieux gouvernaient sans
merci une population sans règle morale. La terreur tenait lieu
de foi. Des cérémonies sanguinaires, des restrictions imposées
par les chefs et les prêtres pu gré de leur fantaisie, formaient
un
ensemble religieux qui ne reposait que sur l'aveugle su¬
perstition du peuple et le despotisme non moins aveugle de
ceux qui le gouvernaient. Les
Kanaques croyaient à une autre
vie, si Ic'est y croire que de redouter un pouvoir toujours mal¬
faisant attribué

aux

morts.

Un Dieu naissait de chacune de leurs frayeurs. La déesse des
volcans engloutissait leurs villages, dévorait leurs récoltes, se¬
mait sur son passage la stérilité et la mort. On retrouve dans
leurs traditions des notions vagues de la création du monde,
d'un déluge, mais ils n'avaient ni la croyance simple et nette
des Indiens de l'Amérique à l'existence d'un grand Esprit,
maître souverain des cieux et de la terre, ni

l'idée païenne d'un
dieu, maître des dieux, trônant, comme le Jupiter antique, dans
l'Olympe soumis à ses lois. Aucune idée philosophique ne se
dégageait du chaos informe de leurs superstitions.
A Tahiti, la secte odieuse et grotesque des Arreoys protestait
à sa manière contre un culte sanguinaire, érigeait la débau¬
che en loi, l'infanticide en droit, et promenait de tribus en
tribus ses triomphales orgies et ses vices dégradants. Mais, en
dépit de ces revendications insensées de la chair contre des

Société des

Études

Océaniennes

�—

679

—

pratiques superstitieuses et cruelles, le fond religieux subsis¬
et dur pour tous. La forme en revanche, s'effon¬
drait de toutes parts. Chefs et peuple étaient las de ces
croyances et de ces rites ; ils accueillirent comme des libé¬
rateurs les premiers missionnaires qui leur révélèrent une re¬
ligion de paix et d'amour. Si austère dans la forme, si dogma¬
tique dans le fond que puisse paraître le ^protestantisme aux
races méridionales de l'Europe, il fut avidement reçu par ces
races indigènes, plus frappées de la simplicité de son culte, de
l'ensemble de ses prescriptionns que de son manque de céré¬
monies et de pompes extérieures. Les missionnaires américains
et anglais débarquaient sur ces îles avec leurs familles ; leurs
femmes secondaient leurs efforts set promptement conquéraient
.par leur exemple, par leur douceur et leur charité, les femmes
indigènes réduites à un indescriptible état d'abjection. Elles
les [relevèrent à leurs propres yeux et à ceux de leurs maîtres ;
elles leur enseignèrent le respect d'elles-mêmes, la sainteté du
mariage, leurs devoirs et aussi leurs droits, qu'elles ignoraient.
En peu d'années, tout était changé. Il n'en fallut pas dix pour
convertir les Sandwich et les archipels du Sud.
tait sévère

Des succès si

rapides n'étaient pas sans danger. Les mission¬
quelques-uns du moins, ne s'en tinrent pas
là. Ils avaient converti, ils voulurent gouverner. La confiance
des chefs et du peuple leur rendait la tâche facile, mais ils ne
surent [pas résister à la tentation naturelle de fonder un gou¬
vernement théocratique. Ils rêvèrent, eux aussi, leur Paraguay.
Ce fut leur faute. Derrière eux marchait l'avant-garde de
la civilisation, négociants aventureux, matelots sans aveu, émigrants de toute classe et de toute condition, pour qui toute
terre nouvelle est une Golconde ; acharnés à la poursuite du
lucre, spéculant surtout sur les vices des indigènes, âpres au
gain et le demandant à tous les métiers, ils s'irritaient des
restrictions imposées par les missionnaires, dénigraient leur
œuvre
et leurs prétentions à gouverner, lesquelles, par des
fautes inévitables, affaiblissaient leur prestige religieux.
naires protestants,

agissant comme ils le firent, en donnant à leur propa¬
gande, au fond très désintéressée, l'apparence de convoitises
politiques, les missionnaires protestants s'engagèrent dans une
voie dangereuse. On le vit bien aux Iles Sandwich où, mena¬
cés par le catholicisme au point de vue religieux, par l'immi¬
gration européenne au point de vue politiqque, ils en furent
amenés par une série de fautes à se poser en champions de
En

l'annexion

aux

Etats-Unis et

Société des

en

adversaires décidés du

Études

Océaniennes

gouver-

�—

680

—

auquel ils n'avaient plus part. On le vit à Tahiti, où,
l'empire des mêmes influences, ils revendiquèrent l'inter¬
vention de l'Angleterre et suscitèrent sous main des résistances
qui aboutirent à une guerre civile. Reconnaître leurs torts,
ce n'est pas
condamner leur œuvre. Elle eut deux phases. La
première mérite l'admiration, la seconde impose des réserves.
Est-ce à dire que l'importation du catholicisme dans ces
îles, déjà converties à la foi chrétienne, fut un bien ? Non,
à n'examiner que le côté religieux. Quatorze années de notre
vie se sont écoulées parmi ces peuples, et nous devons dire
que la foi parmi eux a été s'affaiblissant, que les missionnaires
catholiques ont bien réussi à ébranler leur confiance dans le
protestantisme, mais que, sauf dans un petit nombre de cas
exceptionnels, ils n'ont pas substitué une croyance à une autre.
Année par année, nous avons pu constater cet affaiblissement
de la foi, ce détachement des idées religieuses, cette facilité à
admettre, du protestantisme, ce qu'en disaient les prêtres catho¬
liques et du catholicisme, ce qu'en disaient les pasteurs pro¬
testants. En voyant les hommes de race blanche en qui, pen¬
dant de longues années, ils avaient eu une confiance absolue,
se combattre, se dénigrer, s'accuser réciproquement d'ambition
et de convoitises déguisées sous le masque de la religion, les
Kanaques en sont venus à ne plus les croire que dans le mal
qu'ils disent les uns des autres et à donner créance à ces aven¬
turiers qui, enveloppant dans une même haine la religion et
ses ministres, leur prêchent de
parole et d'exemple le mépris
nement
sous

de l'une et des autres.

Lorsqu'en 1860 l'Angleterre, jalouse de la suprématie
merciale

des

Etats-Unis

aux

îles

com¬

Sandwich, entreprit de la
envoyant à Honolulu une

combattre, elle crut bien faire en
anglicane dirigée par l'évêque Staley. La reine Emma
appartenait à l'église anglicane, le roi s'y ralliait ; leur exem¬
ple entraîna l'adhésion des principaux chefs et d'une partie de
la population indigène, toujours prête à suivre l'impulsion
venue de haut. Dans ces symptômes significatifs
d'indifférence
religieuse et d'engoûment passager, l'évêque Staley et son
clergé ne virent que des conversions nombreuses, qu'un signe
des temps, qu'un éclatant triomphe remporté sur l'austérité
méthodiste et sur l'église catholique. La presse religieuse an¬
glaise retentit de chants de victoire. Qu'en advint-il ? Après
la mort de Kamehameha IV, les églises anglicanes se vidèrent ;
on prêcha dans le désert, et les Kanaques revinrent à l'indiffé¬
rence
dont la rivalité des sectes est la principale cause. A
mission

Société des

Études

Océaniennes

�—

quelque point de

681

—

l'on se place._ on admettra jqu'il eût
peuples rester protestants, mais chrétiens,
de cesser d'être protestants sans devenir catholiques, et
les faihles recrues ainsi faites ne compensent pas le déta¬
vue que

mieux valu pour ces
que
que

chement des

masses.

m
En

1866, l'auteur de

lignes reçut une intéressante commu¬
de nos établissements dans l'Océanie.
Frappé des progrès rapides du commerce et de l'agriculture
aux îles Sandwich, le gouverneur nous écrit pour nous demander
de le renseigner sur les mesures prises par nous. A huit cent
lieues de distance, tous deux, compatriotes, appelés à gouver¬
ner des populations de même race, sous des climats identiques,
nous pouvions et nous devions nous prêter un mutuel concours.
ces

nication du gouvernement

Il se heurtait aux difficultés que nous avions rencontrées au
début ; mais alors qu'aux îles Sandwich nous entrions dans une
voie de prospérité commerciale, à Tahiti tout languissait. L'im¬

migration était nulle, les bras manquaient aux plantations péni¬
blement fondées, les capitaux faisaient défaut, et les efforts
les plus persévérants aboutissaient à des résultats nuls. L'exa¬
men
auquel nous dûmes nous livrer alors nous permit de
constater les causes d'infériorité et d'impuissance qui pesaient
et pèsent encore lourdement sur notre colonie. En les signalant
içi, non pas au nom de théories préconçues, mais au nom d'une
expérience acquise par quatorze ans de travail, d'études et
de tâtonnements, nous pensons faire œuvre utile. Pourquoi
les moyens qui ont porté si haut la prospérité des îles Sand¬
wich, rétabli leurs finances, créé un mouvement commercial,
agricole et maritime important, attiré l'émigration, seraient-ils
inefficaces dans nos archipels du Sud ? La race est la même,
le sol est le même, mêmes aussi le climat et les productions.
Le budget des recettes et des dépenses
1879 par un chiffre de 900.000 francs.

de Tahiti se soldait
Ce chiffre est pres¬
que décuplé aux Sandwich. L'exportation de sucre atteint à
peine 20.000 frs, elle dépasse 8 millions à Honolulu. On compte
en

dans l'île

de Tahiti trois usines à

sucre

et

deux machines à

égrener le coton ; aux Sandwich, il y en a plus de cent, et
nombre de plantations sucrières donnent un bénéfice net de
200 à 300.000 francs par année. Et cependant, aux îles Sand¬
wich, le gouvernement local a dû tout faire par lui-même,
résister aux convoitises américaines, maintenir son indépen¬
dance, éviter de donner prise par une mauvaise administration

Société des

Études

Océaniennes

�—

682

—

à des

plaintes, à des conflits qui mettaient en danger l'autono¬
cela, assurer la sécurité des biens et des personnes,
créer une police, une armée, une magistrature, encourir de
grosses dépenses, tandis qu'à Tahiti, le protectorat résolvait
toutes ces questions, assurait ces services et permettait de
faire concourir toutes les forces vives au développement ma¬
tériel du pays, assuré de son indépendance garantie par une
grande puissance. Que de fois avons-nous vu, aux îles Sand¬
wich, nos efforts entravés, contre-carrés par les représentants
de l'Angleterre et des Etats-Unis, par les réclamations des
gouvernements étrangers prétendant s'immiscer dans des ques¬
tions d'administration intérieure, désireux d'exercer leur in¬
fluence et de faire prévaloir leurs idées. Quand, au nom du
mie ; pour

gouvernement, nous affirmions hautement notre volonté bien
de nous tenir en dehors des questions religieuses, de

arrêtée

limiter le rôle de l'Etat à l'impartialité la plus stricte, la
France nous reprochait de ne pas encourager le développement
de la mission catholique ; les Etats-Unis nous accusaient d'en¬

l'œuvre de propagande des missionnaires protestants,
l'Angleterre réclamait pour les anglicans des privilèges et des

traver

droits
A

[nouveaux.

résistances à la libre admission
qui les frappait ; à Londres
et à Washington, on réclamait la prohibition absolue ; les jour¬
naux américains entretenaient une
agitation annexionniste, met¬
taient leur gouvernement en demeure d'agir et de s'emparer
d'un archipel civilisé par leurs missionnaires et où leurs comp¬
toirs, leur commerce, leurs capitaux et leur immigration pri¬

Paris,

on

s'irritait de

des eaux-de-vie et

au

nos

droit élevé

maient tous les autres. C'est

au milieu de ces difficultés chaque
jour renaissantes qu'il fallait diriger, gouverner, imprimer l'im¬
pulsion, développer les ressources matérielles d'un pays dont la
prospérité croissante éveillait les convoitises étrangères, et dans
lequel on chercherait vainement aujourd'hui un adulte ne
sachant pas lire, écrire et compter. Nos établissements de
l'Océanie, Pacifique du Sud n'ont pas eu à traverser ces
épreuves. Le champ était libre. On pouvait agir sans crainte
et sans entraves. Le problème était autrement simple. Pour¬
quoi et comment n'a-t-on abouti qu'à de si médiocres ré¬

sultats ?
Une première faute a été de confier au début l'administration
de la colonie naissante à des hommes mal préparés par leur
éducation première à cette tâche délicate. Nous prions ici nos
lecteurs de ne pas s'y méprendre : nous n'attaquons personne,

Société des

Études

Océaniennes

�—

683

—

discutons un principe. Nul n'a plus que nous le respect
des admirables qualités de notre marine, mais nous tenons pour
certain que ces qualités mêmes ne sont pas compatibles avec
l'administration d'une colonie. Elevés dans le respect d'une
nous

discipline sévère, d'une hiérarchie très marquée, dans le senti¬
d'une responsabilité absolue et du droit à une obéissance
passive de la part de leurs inférieurs, nos officiers de marine
ne sauraient, du jour au lendemain, s'affranchir
d'une tradi¬
tion qui fait leur grandeur et leur force morale. Dans quelque
situation que vous les placiez, ils y apporteront les idées, les
habitudes, la discipline dont ils sont imbus depuis leur enfance,
et ces qualités admirables dont, à l'époque de nos revers, ils
ont donné dans Paris assiégé l'étonnant spectacle. Ceci dit,
rendons-nous compte de ce qu'est une colonie et de ce qu'est

ment

Tahiti.
Situés à plus de 3.000 lieues de distance de la métropole et
dehors des grands courants commerciaux, les archipels de
la Société Isont habités par une race molle, indolente, vivant
sans besoins Isur un sol sans culture.
Une terre riche, fertile,
un climat tropical tempéré par les brises de l'Océan, des mœurs
en

faciles, l'oisiveté, bercent et endorment l'activité humaine. La
population, rare et clairsemée, trouve sans efforts à sa portée
tout ce qui est nécessaire à une existence d'où le froid et la
faim sont bannis. Nuls besoins de luxe ; la nature seule en
fait les 'frais ; l'air, la lumière, la chaleur, les beaux sites,
les fleurs éclatantes et leurs parfums, les fruits, savoureux
sont à fous sans labeur et sans peines. Tout est facile, sauf le
travail ; tout est simple, hormis l'effort. Transporté dans ce
milieu, l'européen lui-même sent son énergie faiblir, les res¬
sorts de sa volonté se détendent ; volontiers, lui aussi, il s'aban¬
donnerait à cette influence molle et dissolvante, n'était que
d'autres besoins, d'autres ambitions., le stimulent et le pressent.
L'homme civilisé ne revient jamais à l'état de nature ; il peut
retomber à l'état de bestialité, ainsi le font ces matelots dé¬
serteurs, ces écumeurs de mer jetés par le hasard des vents
et des flots sur les îles de l'Océanie, vivant avec les sauvages,
plus sauvages et plus cruels qu'eux, mais il n'est pas d'exem¬

ples de l'homme civilisé retournant à l'état simple, d'ordinaire
contemplatif, des races primitives. Au milieu d'elles, il est
meilleur ou pire qu'elles, mais il jest autre.
Dans

ces

archipels dépeuplés

par

le contact

avec

la civili¬

sation, - - nous en avons dit la cause, - - la population décroit
chaque année. On peut, par des mesures énergiques, ralentir,

Société des

Études

Océaniennes

�—

684

—

arrêter pour un

temps cette dépopulation ; nous en avons fait
îles Sandwich, mais il n'est, croyons-nous, au
pouvoir de personne d'en supprimer les causes. Cette loi fatale

l'expérience
suit

aux

Afrique, en Amérique, en Océanie, nous la
L'immigration seule comble les vides,
superposant lentement une race à l'autre en attendant l'heure
son

cours

la

retrouvons

;

en

même.

de la substitution absolue. On

sait

comment

se

recrute

l'im¬

migration sur ces terres lointaines. Les aventureux de toute
classe, les déclassés de toute origine, les impatients, ceux que
la

civilisation

comprime,

ceux

à qui

une

organisation sociale

savante et

compliquée mesure l'air, la place et l'espace, ceux-là
forment l'avant-garde. Derrière eux, les spéculateurs hardis,
les négociants en quête de débouchés nouveaux, les émigrants
maîtres d'un petit capital, désireux de le convertir en grandes
propriétés, les gens de métier alléchés par la perspective
de gros salaires et de petites dépenses.
Tels sont les éléments dont se compose une colonie naissante,
éléments hétérogènes et disparates dont il s'agit de tirer le
meilleur parti possible, qu'il faut diriger dans leur voie et
réunir dans un effort commun : le développement moral, in¬
tellectuel et matériel du pays. Qu'on ne s'y trompe pas, il ne
s'agit pas là de l'emporter de haute lutte, de lancer à l'assaut
de la barbarie toutes ces forces brutales (et impatientes, d'abattre
l'Indien à coups de fusils comme dans le Far-West, pour
s'approprier son champ, ou l'Inca pour lui ravir son or. L'œuvre
est autre, bien autrement compliquée, mais aussi bien autre¬
ment humaine : protéger l'indigène contre la violence ou la
fourberie, tout en faisant leur place à ces nouveaux venus ;
dans la lutte

entraîner

qui sont
qu'elles

danger dans

contre

la nature

ces

forces

violentes

civilisation comme la nôtre parce
y restent souvent sans emploi et que la discipline
militaire leur répugne, mais qui deviennent une bonne fortune
pour une colonie. Ce sont les rôdeurs de prairies qui, les pre¬
miers, s'enfonçant dans les plaines de l'Ouest:, ont découvert
et colonisé le Kansas, l'Arizqna, conquis le Texas et annexé la
un

une

Californie aux Etats-Unis. Ce sont les rudes bûcherons du
Maine qui ont peuplé la région des grands lacs, de même que
l'écume de Londres a envahi l'Australie et: donné un continent
à une île. Qu'étaient ces Espagnols, compagnons de Balboa,
aventurier

lui-même, qui, les premiers, franchissant le Darien,

découvraient le Pacifique et en prenaient possession au nom
de la couronne d'Espagne ? et les soldats ou matelots d'aven-

Société des

Études

Océaniennes

�-

685

—

ture, qui dépensaient au loin et au profit de leur pays une

énergie

sans

emploi dans leur

Etant donnés

ces

pays

même ?

éléments divers, et ce sont invariablement

les inêmes que

l'on retrouve à la naissance de toutes les colo¬
nies, on peut se former une idée juste des mesures générales
à prendre et des aptitudes multiples de ceux appelés à les
mettre en oeuvre. Il n'y a 'rien là qui ressemble au mécanisme
savant d'un Etat social tout organisé, dont les rouages fonc¬
tionnent sans choc et sans heurt, en vertu d'une impulsion
partie de haut et par l'intermédiaire d'une hiérarchie où cha¬
cun a Son rôle, sa place
assignée. Il faut créer, il faut gouver¬
ner, mais sans faire sentir trop lourdement la main ; il faut
laisser une large part à l'initiative individuelle, accepter les
ennuis qu'elle cause en compensation des services qu'elle rend,
éviter les conflits, détendre autant que possible les liens d'une
discipline trop rigoureuse, tolérer beaucoup, s'effacer souvent,
n'intervenir qu'en cas d'absolue nécessité et alors avec une
énergie proportionnée aux résistances.
Ce n'est là le fait ni d'un soldat, ni d'un marin, et l'histoire
de nos colonies le prouve. Esclaves de la discipline, exécuteurs
fidèles des ordres qu'on leur transmet, ils ont administré nos
colonies avec zèle et dévouement, avec une intégrité absolue,
mais sous eux et par eux nos colonies sont restées stationnaires ; or, toute colonie qui ne progresse pas, recule. Le
repos, le statu quo sont l'apanage des nations parvenues à
leur apogée, et qui n'ont plus qu'à descendre.
Pénétrons plus avant dans le détail des faits. Pourquoi l'im¬
migration affluait-elle aux Sandwich et faisait-elle défaut à
Tahiti ? Aux Sandwich, on l'encourageait, on l'appelait, on
la facilitait. L'émigrant n'avait pas, en débarquant, à demander
de permis de séjour, à justifier de ses moyens d'existence.
Il pouvait jailer, venir, sans être entravé dans sa liberté d'ac¬
tion. Les règlements de police étaient simples ; du moment
qu'il s'y conformait, il était en règle. A Tahiti, ou exigeait
de lui des formalités sans nombre. H n'était que toléré au
début ; de là à être isurveillé il n'y a pas loin. Il devait jus¬
tifier de ses moyens d'existence, expliquer d'où il venait, ce
qu'il entendait faire, à quel genre d'industrie il comptait se
livrer. J'assistais un jour sur les quais de Honolulu au débar¬
quement d'une goélette arrivant de Tahiti. Parmi les passagers
je reconnus à ses allures un compatriote ; je l'interrogeai en
français ; tout heureux de trouver quelqu'un qui parlât sa
langue, il me raconta son histoire. Après un séjour au Chili,

Société des

Études

Océaniennes

�—

686

—

il s'était rendu à

Papeete. A peine débarqué, on lui demanda
questions s'il avait des capitaux. « Si j'en avais,
je ne viendrais pas ici ». Cette brusque réponse parut un peu
séditieuse. On l'accueillit assez mal ; ennuyé des formalités
qu'on exigeait de lui, il se lassa ; quinze jours après, il partait
pour Honolulu. Je le revis deux ans plus tard. Il avait gagné
une assez jolie somme pour un ouvrier, environ 25.000 francs,
et possédait en outre un terrain
qu'il plantait en cannes à
sucre, à la suite d'un contrat passé avec une plantation voisine
qui lui achetait ses produits. Il me dit qu'il espérait dans cinq
ans
avoir assez d'argent pour établir un moulin.
entre

autres

Ce n'est pas là un fait isolé. Une petite île dépendant de
l'archipel Hawaïen est louée à bail, pour un long terme, par
une famille
anglaise précédemment établie dans l'archipel de
la Société. Le chef de cette famille disposait de capitaux assez
considérables et voulait se livrer à l'élevage du bétail. Il
faut pour cela de grands terrains. Promené pendant six mois de
l'un à l'autre, découragé par les exigences méticuleuses de
l'administration tahitienne, il çvait, lui aussi, quitté notre
colonie pour émigrer aux Sandwich.
On

bien faire,

effet, en transportant dans notre colo¬
prescriptions administratives de la
métropole. Elles ont, dans une certaine mesure, leur raison
d'être en France, elles ne l'ont pas là-bas. Ces rouages sont
trop compliqués ; il y aurait avantage à les simplifier et à
diminuer du même coup le nombre des fonctionnaires. Sauf un
très petit nombre, il y aurait avantage aussi à les recruter
parmi les colons eux-mêmes, plus directement intéressés aux
progrès commerciaux et au développement agricole du pays,
dont le sol est admirablement approprié à la culture du coton
et de la canne à sucre. En 1875, Tahiti exportait pour plus
d'un million de francs de coton égrené, dont 247.000 en France.
Dans le premier semestre de 1878, l'exportation était tombée
à 31.000 francs pour la France. L'industrie sucrière ne produit
presque rien, alors qu'aux îles Sandwich elle est une des prin¬
cipales Sources de la prospérité du pays et que chaque année
on crée des plantations nouvelles. Les bras et les
capitaux font
défaut à l'agriculture ; l'immigration seule peut amener les
uns
et les autres. C'est elle qu'il importe d'encourager, et
c'est elle que nos prescriptions méticuleuses, nos exigences
bureaucratiques tiennent le plus souvent à distance. Le sol
n'est pas plus riche, le climat n'est pas plus doux, la vie n'est
pas plus facile aux Sandwich que dans notre colonie nouvelle.
nie

a

les

,cru

traditions

et

en

les

Société des

Études

Océaniennes

�—

687

—

Si

l'immigration s'y porte de préférence, si les capitaux y
affluent, si l'exportation grandit chaque jour, la cause en est
moins dans le traité de réciprocité conclu avec les Etats-Unis
et qui assure aux sucres hawaïens la libre admission sur le
marché de San-Francisco que dans une législation très simple,
des impôts modérés, la mise en valeur des terres et des lois
de naturalisation qui permettent à l'émigrant de s'identifier
avec la
population et de prendre part, comme électeur et com¬
me éligible, isous certaines conditions de sens électoral
à la vie
politique du pays. Les lois ne créent pas l'immigration, elles
l'attirent ou la repoussent. A Tahiti, on n'a rien fait pour
l'attirer. Redoutait-on, dans l'état précaire que constituait le
protectorat, l'introduction d'un élément étranger hostile à son
maintien ? Peut-être. Ces préventions doivent disparaître au¬
jourd'hui. La France n'a plus rien à redouter de ce côté. Ces
archipels sont terres françaises ; il dépend de nous qu'ils
deviennent riches et prospères. Abandonnons, parmi nos anciens
errements, ceux que l'expérience a condamnés, empruntons aux
pays voisins les mesures qui leur ont si bien réussi. Un champ
nouveau
s'ouvre à notre activité et à nos efforts ; il est de
nature à

tenter de nobles ambitions.
C. DE VARIGNF.

Société des

Études

Océaniennes

�DONS ET ACQUISITIONS
DONS

:

A

recently discovered marae in the Tuamotu Group
by Bengt Danielsson
Journal of the Polynesian Society
Extract from vol. 61, Nos 3 and 4, Sept. - Déc. 1952
The Polynesian Society
Wellington, New-Zealand.

Raroia

Happy island of the South Seas
by Bengt Danielsson
Translation from the Swedish by F.H. Lyon
Rand Mc Nally and Company
Chicago, New York, San Francisco, 1953.
Contributions

to Marquesan archaeology
by Bengt Danielsson
Journal of the Polynesian Society
Extract from vol. 63, N° 1, March 1954
The Polynesian Society
Wellington, New-Zealand.

Work and life

Raroia

on

by Bengt Danielsson
An acculturation study
from the Tuamotu Group,
French Oceania.

George Allen and Unwin Ltd.
London, 1956.
Forgotten islands of the South Seas
by Bengt Danielsson
Translated by F.H. Lyon
George Allen and Unwin Ltd.
London, 1957.
L'amour dans les

mers

du Sud

Bengt Danielsson
Traduit de l'anglais par Evelyn Mahyère
par

Librairie Stock

Paris, 1957.

Société des

Études

Océaniennes

�—

7

—

8

—

689

—

A unique Tahitian stone

figure
by Bengt Danielsson
Journal of the Polynesian Society
Extract from vol. 66, N° 4, December 1957
The Polynesian Society
Wellington, New-Zealand.

Terry in Australia
by Bengt Danielsson
Translated from the Swedish

by Reginald Spink
Illustrations by Pierre Heyman
George Allen and Unwin Ltd.
London, 1958.
9

—

From raft to raft

by Bengt Danielsson
From the narrative of Alain Brun

Translated from the Swedish

by F.H. Lyon
Doubleday and Company, Inc.
Garden City, New York, 1960.
10

—

rendez-vous d'Eric de Bisschop
Bengt Danielsson
(From raft to raft)
Traduit de l'anglais par Janine Claude
Avec 4 plans et documents photographiques

Le

dernier

par

René Julliard

Paris, 1962.
11

—

12

—

13

—

The voyage

of the Flying Bird
by Margaret Titcomb
Illustrated by Joseph Feher
Dodd, Mead and Company
New York, 1963.

Recherches

archéologiques dans le district de Tautira
(Tahiti, Polynésie française)
par José Garanger (CNRS)
Mission archéologique ORSTOM-CNRS en Polynésie
Rapport préliminaire, 1964.

Récits marquisiens
par

H. Lavondès
Kehueinui

dits par

Société des

Études

Océaniennes

�-

690

—

Texte établi et traduit avec la collaboration
de S. Teikiehuupoko
Centre ORSTOM de Papeete, Tahiti
Publication provisoire, 1964.
14

—

Last

days in Paradise
by George Farwell
The Travel Book Club

121, Charing Cross Road
London W.C. 2, 1964.
15

—

Recherches

archéologiques aux Nouvelles-Hébrides
José Garanger (CNRS)
Mission archéologique GRSTOM-CNRS en Océanie
Rapport préliminaire, 1965.
par

16

—

Ethno-Histoire de
par

Rangiroa

P. Ottino

Centre ORSTOM de Papeete, Tahiti
Publication provisoire, 1965.
17

—

South Seas Paradise

by Julian Hillas
The Travel Book Club
121 Charing Cross Road
18

—

London W.C. 2, 1965.
Récits marquisiens (2e série)
par

H. Lavondès

dits par Yarii, Kehueinui, Pouau, Totio, Tahiahuiupoko
Texte établi et traduit avec la collaboration
de S. Teikiehuupoko
Centre ORSTOM de Papeete, Tahiti
Publication provisoire, 1966.
19

—

Gauguin in the South Seas
by Bengt Danielsson
Illustrated

20

—

Doubleday and Company, Inc.
Garden City, New York, 1966.
Catalogue des collections ethnographiques
et archéologiques du Musée de Papeete
par A. Lavondès
avec

la collaboration de A. Natua

Avant-propos de H. Jacquier, Président de la Société
des Etudes Océaniennes
Centre ORSTOM de Papeete, Tahiti
Publication provisoire. 1966 - 12 exemplaires.

Société des

Études

Océaniennes

�—

ACQUISITIONS
1

—

2

—

691

—

:

Voyage autour du monde
entrepris par ordre du Gouvernement
sur la corvette La Coquille
par P. Lesson
Membre correspondant de l'Institut
P. Pourrat Frères, Editeurs
5, rue des Petits Augustins
Paris, 1839 - 2 volumes.
En Océanie

Aylic Marin
Bayle, Editeur
16, rue de l'Abbaye
Paris, 1888.
par

Charles

3

—

Histoire des mutins de la Bounty
et de l'île Pitcairn 1789-1930

Charles Vidil
Capitaine de Corvette
Payot
106, Boulevard Saint Germain
par

Paris, 1932.
4

—

Mangareva
L'histoire ancienne d'un
par

Missionnaire
—

—

îles Gambier

Librairie orientaliste Paul Geuthner

12,

—

aux

Maison des Pères des Sacrés Cœurs
Braine-le-Comte (Belgique)

Tahiti
par

Vavin
Vie, 1938.

rue

Paris
5

peuple polynésien

Honoré Laval

aux

temps anciens

Teuira Henry

Traduction de Monsieur Bertrand Jaunez
Publication du Musée de l'homme
Paris.
6

—

La
par

mer

Léonard Engel et les Rédacteurs de Life

Traduction de Pierre Germa
1962.

Société des

Études

Océaniennes

�—

7

—

692

—

Grammaire tahitienne

Martial lorss
Imprimerie Officielle
Papeete, 1963.

par

8

—

Les
par

poissons
F.D. Ommaney et les Rédacteurs de Life

Traduction de Madame Françoise Cousteau
1964.
9

—

A

dictionary of some Tuamotuan dialects
Polynesian language
by J. Frank Stimson
with the collaboration of Donald Stanley Marshall
The Peabody Museum of Salem, Massachusetts
of the

—

—

The

Royal Institute of Linguistics and Anthropology

Martinus Nijhoff
The Hague, 1964.
10

—

Les oiseaux
par

Roger Tory Peterson et les Rédacteurs de Life
Serge Ouvaroff

Traduction de
1965.
11

—

Les

plantes
Frits W. Went

et les Rédacteurs de Life
Traduction de Nathalie Gara
1965.
par

Société des

Études

Océaniennes

�SOCIETE

DES

ETUDES

OCEANIENNES

Table des matières du Bulletin du N° 118

au

Nu 143 inclus

Acquisitions
Bulletin N°

141,

page

192.
Archéologie

Rapport publié par le Conseil d'Archéologie de l'Ancien
Monde, par Kenneth P. Emory, traduit de l'anglais par Ber¬
trand -Taunez
Bulletin Nos 127 et 128, page 33.
—

Nouvelle lumière sur la préhistoire polynésienne, par
Danielsson
Bulletin Nos 127 et 128, page 42.

Bengt

—

Iles Wallis, par Bernard
181.
Dernières recherches archéologiques en Polynésie Française,
par Pierre Vérin (ORSTOM) Bulletin Nos 133 et 134, page 205.
Le rocher des pétroglyphes de Tipaerui (Tahiti), par Ken¬
neth P. Emory, traduit par Pierre Vérin — Bulletin N° 135,
page 281.
La plate-forme d'archer et le marae de Afareaitu, Opunohu,
Moorea, par Roger Green —■ Bulletin Nos 136 et 137, page 310.
Notes archéologiques sur l'île de Makatea, par Pierre Vérin
Bulletin N° 139, page 51.
Documents sur l'île Meetia, traduits, révisés et augmentés
par Pierre Vérin (Extraits de « Stone remains in the Society
Islands », par Kenneth P. Emory) — Bulletin N° 139, page
Découvertes archéologiques aux
Villaret
Bulletin N° 132, page
—

—

59.

Quelques informations concernant les marae de Tupai, par
Ropiteau — Bulletin N° 139, page 81.
Prospection archéologique préliminaire de Tetiaroa, par Pierre
Vérin
Bulletin N° 140, page 103.
André

—

Découverte

archéologique aux Iles de la Société, par Kenneth
Emory et Yosihiko Sinoto — Bulletin N° 140, page 125.
Travaux archéologiques en Polynésie Française pendant les
années 1961-1962, par Pierre Vérin — Bulletin N° 141, page

P.

167.

Archéologie et agriculture,
288.

par

Michel Fichait x

—

N° 135, page

Société des

Études

Océaniennes

Bulletin

�—

694

—

Art

Charles Alfred Le Moine, peintre de la

1872-1918,

par

Patrick O'Reilly
Assemblées

Polynésie Française
Bulletin N° 126.

—

Générales

Compte rendu de l'Assemblée Générale du 3 juin 1957
Nos 118 et 119, page 641.
Compte rendu de l'Assemblée Générale du 5 mai 1959

—

Bulletin

—

Bulletin Nos 127 et 128, page 31.

Compte rendu de l'Assemblée Générale du 30 mars 1960
149.
Compte rendu de l'Assemblée Générale du 27 juin 1961
Bulletin N° 135, page 245.
Compte rendu de l'Assemblée Générale du 2 octobre 1962
Bulletin N° 141, page 141.

—

Bulletin N° 131, page

—

—

Bibliographie
Bulletin N°

124,

859.
128, page 57.
137, page 323.
Bulletin N° 139, page 92.
page

Bulletin Nos 127 et
Bulletin Nos 136 et

Botanique
Enumération des

plantes introduites à Tahiti depuis la dé¬
jusqu'en 1885, par Henri Jacquier — Bulletin N°
130, page 117.
couverte

Correspondance
Lettre de Monsieur C.A. Elliot

—

Bulletin N° 121, page 742.

Démographie
Contribution à l'étude de la
par

H. Voisin

—

démographie des îles Marquises,
page 171.

Bulletin N° 141,
Divers

Quarante années
Nos 136 et

137,

en

page

Océanie,
325.

par

Edouard Foley

Découverte d'un serpent à Huahine, par
tin Nos 136 et 137, page 330.
A propos
Bulletin N°

d'un ouvrage
142, page 214.

Société des

sur

Meetia,

Études

—

J. Domard

par

Bulletin

—

Bulle¬

Pierre Vérin

Océaniennes

—

�—

Note
par

sur

un

cas

Louis Bégon

—

695

—

d'empoisonnement
Bulletin N° 142,

par

page

poissons toxiques,
217.

Dons

Bulletin N° 131, page
Bulletin N° 142, page

178.
227.
Ecologie

Observations
P.H. Fisher

d'écologie littorale
Bulletin Nos

—

Iles de. la Société,
137, page 301.

aux

136 et

par

Ethnographie

Faahee, l'ancien sport de Tahiti, par Ben R. Finnev —
128, page 53.
Bapprochements ethnographiques, par J. Cottez — Bulletin
Nos 136 et 137, page 293.
Pièges à détente de Moorea, par Boger C. Green — Bulletin
N° 139, page 87.
Bulletin Nos 127 et

Folklore

Légende de Tevaiteitei, par Emile Teriieroo Hiro
113.
Légende de Havai, par Emile Teriieroo Hiro

—

Bulletin

N° 130, page

—

Bulletin

Nos 136 et 137.

Le
page

tapioi,
211.

par

Emile Teriieroo Hiro

—

Bulletin N° 142,

Géographie
Note

140,

sur

page

l'île

Tetiaroa,

par

Raoul Teissier

—

Bulletin N°

97.
Histoire

Notes

sur

un

voyage

commercial de Marc Arnaudtizon aux
(1850-1854) par J. Cottez — Bulle¬

Mers du Sud et de Chine
tin N° 121, page 723.

Un pays de dieux : Atiu. par
N° 122, page 757.

Ph.

Rey-Lescure

—

Rétrospective des pavillons océaniens, par J. Cottez — Bulle¬
122, page 762.
Jean-Baptiste Rives, de Bordeaux, aventurier hawaïen, par
Cottez
Bulletin N° 123, page 792.
Jean-Baptiste Rives, de Bordeaux, aventurier hawaïen, par
Cottez (suite et Tin) — Bulletin N° 124, page 819.

tin N°
J.

J.

Bulletin

—

Société des

Études

Océaniennes

�696

-

-

Quarante ans de navigation dans le Pacifique. Le capitaine
long cours bordelais Arnaud Mauruc (1800-1872), par L.
fore
Bulletin N° 125, page 863,
Rectificatif
Bulletin Nos 127 et 128, page 58.

au

—

—

Extrait

des

souvenirs du Contre-Amiral Motet
(Charles,
Bulletin N° 125, page 877.
Deux documents pour servir à l'histoire de Tahiti, par Ph.
Rey-Lescure — Bulletin N° 129, page 61.
L'aventure de Tuwari, par Rey-Lescure — Bulletin N° 131,
page 155.

Edouard)

—

Peut-être du

les

origines de Paul Gauguin, par
162.
Yigneti, Commissaire de 1ère classe de la Marine, par J.
Cottez
Bulletin N° 132, page 183.
Rectificatif
Bulletin N° 135, page 288.
Journal de bord du Capitaine Etienne Marchand, par Robert
Juteaud
Bulletin N° 135, page 247.
Le capitaine irlandais Thomas EbriU, par L. Jore — Bulletin
N° 135, page 261.
J. Cottez

—

nouveau

sur

Bulletin N° 131, page

—

—

—

Marins

français à Tahiti,
142, page 197.

N°

Histoire de la Mamaia

1841),

par

Niel Gunson

Pierre Jourdain

par

—

Bulletin

hérésie visionnaire de Tahiti

ou

Bulletin Nos 143 et 144,

—

(1826235-

pp.

292.
Histoire

Une
Henri

Littérature

et

correspondance inédite de Paul Gauguin, présentée
Jacquier — Bulletin Nos 133 et 134, page 215.
Histoire

Les

(J.L.)
—

«

informations

»

Bulletin 117,

—

du
page

locale

Messager de Tahiti
605.

Les « informations » du Messager de Tahiti
Bulletin Nos 118 et 119, page 646.

dossier

Le

120,

Les

«

Paul

la succession

Gauguin

1857-1858

en

1859

en

—

(J.L.)

Bulletin No:

673-712.

pp.

(J.L.)

de

par

informations

—

»

du

Bulletin N° 123,

Messager de Tahiti
779.

en

Quelques naufrages oubliés,
page 847.

par

J. Laguesse

—

124,

Société des

1859-1860

page

Études

Océaniennes

Bulletin N°

�—

697

Histoire

—

naturelle

Quelques notes sur la flore tahitienne,
117, page 630.

par

Yves Malardé

—

Bulletin N°

Littérature

Le

134,

Morai, par
240.

Ph. Rey-Lescure

—

Bulletin Nos

133

et

page

Membres

de la

Société

des

Etudes

Océaniennes

Liste des membres de la Société des Etudes Océaniennes.
Bulletin Nos

Bulletin N°

118 et 119, page

142,

page

659.

219.
Muséologie

La

Bibliothèque du Bishop Museum de Honolulu, par Mar¬
—
Bulletin Nos 136 et 137, page 316.
Note sur la fabrication du tapa dans l'île Rurutu, par Pierre
Vérin
Bulletin N° 141, page 187.
garet Titcomb
—

Navigation
La boussole des navigateurs
Bulletin N° 121, page 720.
A.

polynésiens

L'identité de l'île Grimwood de
Redher
Bulletin Nos 127 et
—

(Rey-Lescure)

Hugh Cuming,
128, page 46.

par

—

Harald

Nécrologie
Le Gouverneur L.J.

Bouge

—

Bulletin N° 132,

page

200.

Sciences

Conférence

121,

du

Professeur

Plans

Petterson

—

Bulletin

N°

715.
Maiao (un ensemble d'articles réunis par Pierre Vérin) —
Bulletin N° 138, pp. 3-47.
Notes sur les groupes sanguins de Makatea, par Pierre Vérin
Bulletin N° 139, page 57.
Observations scientifiques faites à Tahiti à l'occasion de
l'année géophysique internationale 1957-58, par G. Nay —
Bulletin N° 123, page 813.
page

—

Sociologie

Mariage et résidence dans trois districts de Polynésie Fran¬
çaise, par Michel Panoff — Bulletin N° 140, page 129.

Société des

Études

Océaniennes

�—

Table

698
des

—

matières

Bulletins de la Société des Etudes Océaniennes
117
Bulletin Nos 118 et 119, page 654.

Nos

102 à

—

Voyage
Jeanne Baret, la première femme autour du monde,
par
Henri Jacquier — Bulletin N° 141, page 150.
Aller et retour Brest-Papeete
1860, par J. Laguesse —
Bulletin N» 141, page 157.

Zoologie
Les mammifères en Polynésie, par Ph.
letin Nos 127 et 128, page 49.

Société des

Études

Rey-Lescure

Océaniennes

—

Bul¬

�Le

Bulletin

Le Bureau de la Société accepte

l'impression de tous les
qui paraissent dans le Bulletin mais cela n'implique
pas qu'il épouse les théories qui y sont exposées, ou qu'il fait
sien les commentaires et assertions des divers auteurs qui,
seuls, en prennent toute la responsabilité.
articles

Aux lecteurs de former leur
Le Bulletin

ne

appréciation.

fait pas de publicité.
La Rédaction.

Les articles

publiés, dans le Bulletin, exceptés ceux dont
ses droits, peuvent être traduits et
repro¬
duits, à la condition expresse que l'origine et l'auteur en se¬

l'auteur

a

réservé

mentionnés.

ront

Toutes communications relatives
ou

à la

au

Société, doivent être adressées

Bulletin,
au

au

Musée

Président. Boîte

110, Papeete, Tahiti.
Pour

tout achat de Bulletins, échange ou donation de li¬
s'adresser au Président de la Société ou au Bibliothé¬
caire du Musée, Boîte 110, Papeete.
vres,

Le Bulletin
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ce

est

envoyé gratuitement à tous

ses

numéro

Cotisation annuelle des Membres-résidents.

membres.
60 F.P.
200 F.P.

Cotisation annuelle des Membres résidant
en

pays français

Cotisation annuelle des étrangers

200 F. P.

4 dollars

�Souscription Unique

Membre à vie
2.000

résidant

en

France

ou

dans

ses

colonies

F.P.

Membre à vie résidant à

l'Etranger, 15 livres sterling

ou

40 dollars.

Avantages de
somme

ment

se

versée

faire recevoir Membre à vie pour cette
fois pour toutes. (Article 24 du règle¬

une

Intérieur. Bulletins N° 17

et

N°

29).

Le Bulletin continuera à lui être adressé, quand bien
même il cesserait d'être Membre résidant à Tahiti.
1°

-

Le Membre à vie n'a

2°ou

t

plus à

se

préoccuper de l'envoi

du paiement de sa cotisation annuelle, c'est
un souci de moins.

'En

une

dépense

conséquence
sont

: Dans leur intérêt et celui de la Société,
invités à devenir Membre à vie:

TOUS CEUX qui, résidant hors de Tahiti, désirent

rece¬

voir le Bulletin.

TOUS LES Jeunes Membres de la Société.
TOUS CEUX qui, quittant
même

Tahiti, s'y intéressent quand

�</text>
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                <text>La Société des Études Océaniennes (SEO) est la plus ancienne société savante du Pays. Depuis 1917, elle publie plusieurs fois par an un bulletin "s’intéressant à l’étude de toutes les questions se rattachant à l’anthropologie, l’ethnographie, la philosophie, les sciences naturelles, l’archéologie, l’histoire, aux institutions, mœurs, coutumes et traditions de la Polynésie, en particulier du Pacifique Oriental" (article 1 des statuts de la SEO). La version numérique du BSEO dispose de son ISSN : 2605-8375.</text>
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              <text>Bulletin de la Société des Études Océaniennes numéro 156-157</text>
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              <text>Compte rendu de l'Assemblée générale du 11 août 1966 645&#13;
Recensements officiels de la Polynésie française (Une bibliographie par Robert C. Schmitt) 651&#13;
Rapport sur le fonctionnement de l'école de Raiatea en 1889 (communiqué par M. le Pasteur Charles Vernier) 657&#13;
Histoire - La France dans l'Océan Pacifique - Tahiti (C. de Varigny) 661&#13;
Divers&#13;
- Dons et acquisitions 688&#13;
- Table des matières du Bulletin de la Société des Etudes Océaniennes du n° 118 au n° 143 inclus 693</text>
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              <text>La diffusion des copies numériques des panneaux a été cédée à titre gracieux par l'auteur de l'exposition à l'usage exclusif de l'Université de la Polynésie Française sur sa plateforme Ana'ite dans un but pédagogique, éducatif et de recherche. Droits de reproduction réservés, contacter l'auteur.</text>
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